Entretiens
Honneurs aux jeunesses horticoles d’aujourd’hui! Textes et photos d’Étienne Gosselin

À la lumière du slogan « Laisse ton empreinte dans l'industrie ! », ce sont 13 jeunes entre 18 et 35 ans qui ont déposé leur candidature à la 3e édition du Prix de la relève FIHOQ - La Coop fédérée, ce concours qui récompense l'excellence d'un jeune qui se démarque tant par sa personnalité que par la réalisation remarquable d'un projet. Voici donc les trois finalistes, à commencer par la gagnante, Stéphanie Couture de Serres St-Élie.

 

1. Stéphanie Couture, fleuriste d'exception

Donner le goût de l'horticulture ornementale et des belles choses aux jeunes générations, c'est le défi que la fleuriste Stéphanie Couture a relevé avec brio. Bravo!

L'arme secrète de Stéphanie, qui exerce son métier aux Serres St-Élie situées à Sherbrooke : l'Académie St-Élie, « qui permet de transmettre des connaissances et le goût des arrangements floraux et décoratifs aux clients par la participation à des cours et des ateliers, résume la pétillante fleuriste. Nous voulons faire ressortir le côté créatif chez les gens en leur montrant les nombreuses possibilités qu'offrent des objets, parfois très simples, comme des rubans ou du sapinage. » Pour les clients ou les enfants, par l'entremise d'ateliers gratuits ou de cours payants, thématiques (Noël) ou non, il y en a pour tous les goûts à l'Académie. « Un des effets indirects de l'Académie St-Élie a été de fidéliser la clientèle, et même d'en attirer une nouvelle, explique Mélanie Grégoire, directrice générale de Serres St-Élie. Autre effet insoupçonné : l'instauration d'une sorte de cercle vertueux au sein de notre entreprise puisque le projet montre aux employés quelle place ils peuvent occuper et de quel leadership ils peuvent faire preuve. Tout cela avec un projet qui s'autofinance! »

L'horticulteur et membre du jury de sélection du Prix relève, Bertrand Dumont : « Ce projet d'académie, qui est avant tout une belle opération de vulgarisation, peut toutefois avoir des répercussions financières à long terme, non seulement sur l'entreprise, mais sur l'ensemble du secteur horticole, en faisant la promotion des produits horticoles et des techniques de la fleuristerie ».

Rubans, papiers d'emballage, objets décoratifs
Rubans, papiers d'emballage, objets décoratifs… Une fleuriste passionnée de son métier comme l'est Stéphanie Couture sait marier ces différents éléments pour en faire des agencements décoratifs originaux

Stéphanie rime avec fleuristerie
Fille d'action, Stéphanie Couture, 28 ans, savait dès sa sortie du secondaire que c'est en fleuristerie qu'elle se réaliserait, ce qu'a confirmé sa graduation, un an plus tard, du Centre de formation professionnelle de Coaticook (CRIFA). « Stéphanie permet à la relève de voir qu'avec un DEP, il est possible d'occuper une grande place dans une entreprise même si cette dernière ne nous appartient pas, estime Éloïse Gagnon, agronome et conseillère en produits horticoles à La Coop fédérée et membre du jury du Prix relève. Elle démontre que l'on peut construire et améliorer son emploi en faisant preuve de leadership et d'organisation. »

Si Stéphanie a aujourd'hui l'entière confiance de sa directrice générale et du président de Serres St-Élie (Jean Grégoire), c'est qu'elle a travaillé fort pour la mériter. « Quand je lui expose un projet, Mélanie me demande toujours au moins trois bonnes raisons pour qu'on le réalise, confie Stéphanie. De mon côté, je m'arrange toujours pour lui en présenter au moins cinq! »

L'horticulteur Bertrand Dumont renchérit : «Nous avons senti que la jeune femme a dû faire preuve de ténacité pour vendre son projet auprès de ses patrons. C'est d'autant plus méritoire que la détermination n'est pas une valeur qu'on associe généralement à cette génération… à tort peut-être? »

Recevoir ce prix prestigieux touche beaucoup la principale intéressée. Mais en bonne travaillante, la fleuriste émérite ajoute « qu'il ne faut jamais s'asseoir sur ses lauriers ».
Et le laurier, elle connaît!

 

2. Le monde horticole selon Garneau

De Garneau Terrassement fondé en 1986 à Signé Garneau, fines boutiques d'horticulture, fleuristerie, spa et décoration implantées à Victoriaville, Plessisville et Trois-Rivières, que de chemin parcouru pour la famille Garneau!

Le développement des affaires, c'est son dada. Une farouche volonté de se démarquer l'anime. En fait, Patrick Garneau souffre de boulimie entrepreneuriale! L'horticulture n'est pour lui qu'un moyen pour arriver à ses fins : s'accomplir dans des projets toujours plus grandioses.

« Patrick est un entrepreneur né. À 35 ans, il est à la tête d'une entreprise en pleine expansion qui poursuivra assurément sa croissance, car Patrick est réfléchi et à l'avant-garde », pense l'agronome Éloïse Gagnon. « Patrick, c'est l'âme de l'entreprise, poursuit l'horticulteur Bertrand Dumont. Il pourrait se contenter de ses acquis et profiter du passé glorieux de l'entreprise en prenant trois mois de congé l'hiver, mais pas du tout. C'est un jeune qui aime les projets porteurs et qui les porte bien. »

Son nouveau concept de boutique-jardin est un hybride qui plaira à ceux qui recherchent une « expérience de magasinage inoubliable ». « Les gens nous rendent visite régulièrement, car nous stimulons tous leurs sens », révèle Patrick.

Diffuseurs de parfums, musique, couleurs, mobiliers, décors, étalages originaux… Les ambiances changent d'un rayon à un autre. Même les sens du goût et de l'odorat sont stimulés par le bistro santé Gardénia aménagé entre les spas, la jardinerie et la section des pots décoratifs!

Qui inspire Patrick? Pas tellement les autres horticulteurs comme ce pharmacien en sarrau blanc bien connu : Jean Coutu. « J'aimerais ouvrir d'autres magasins, à la grandeur du Québec », lâche candidement le diplômé en horticulture ornementale de l'ITA.

Oui oui! Des Signé Garneau, comme des Jean Coutu!

Boutiques aux décors

Boutiques aux décors léchés qui font appels à tous les sens, une visite chez Signé Garneau vaut toujours le détour, selon Patrick Garneau.

 

3. Québec Vert 8.0, une version signée Emmanuelle Arès

Emmanuelle Arès a mis un visage ouvert, accessible et humain sur le magazine Québec Vert, rebâtissant sa réputation et son lustre d'antan.

Ce n'était pas un poisson d'avril : le 1er avril 2008, Emmanuelle Arès devenait la nouvelle rédactrice en chef de Québec Vert. Un mois plus tard, son éditrice chez Transcontinental lui demandait déjà un exercice de planification stratégique triennal. Six mois plus tard, Emmanuelle entreprend la préparation de l'édition spéciale 40e anniversaire du magazine. C'est vite et bien qu'elle a dû apprendre ses fonctions de rédac-chef!

Comment une bachelière en agronomie ayant rédigé pendant cinq ans des dossiers sur les productions animales décide-t-elle soudainement de se réorienter vers l'horticulture? En apprenant – les mains dans la terre et au salaire minimum – ce que sont l'euphorbe et le Quercus rubra, entres autres chez Pépinière Luc B. Auclair et Fils, à trois coups de pédales de son domicile de Saint-Jean-Baptiste. Puis, c'est elle qui sera l'auteure des premières chroniques horticoles publiées dans Le Coopérateur agricole, en 2007.

Emmanuelle Arès
Vous voulez mieux connaître la communicatrice qu'est Emmanuelle Arès? Facile, elle est de tous les événements horticoles, par obligation d'être proche de son lectorat.

Toutefois, selon la principale intéressée, pour devenir rédac-chef d'un magazine comme Québec Vert, il est moins important de connaître les plantes ornementales que de savoir ce qu'est la mission, l'importance capitale et le fonctionnement d'une publication spécialisée. Pour Emmanuelle, agriculture ou horticulture, animal ou floral, c'était bonnet vert, vert bonnet.

Bertrand Dumont : « Emmanuelle a réussi à recentrer Québec Vert sur ce qu'il est vraiment : non pas d'abord un magazine d'horticulture, mais un magazine sur l'industrie de l'horticulture, son porte-voix. » Dès son arrivée, l'éditorial a été rebaptisé Symbiose, parfaite illustration de la relation magazine-lectorat souhaitée. Le rajeunissement de la maquette graphique venait aussi dynamiser le tout.

« Et les 6500 abonnés, eux? » expose une affiche qu'elle a collée bien en vue dans son bureau, lui rappelant de ratisser large dans le choix des sujets. « Ce que je voulais, c'est aller voir les oubliés, les jeunes, les étudiants, les filles et les employés. Pour leur parler, j'ai créé notre page Facebook et notre blogue Entre les branches. » « Emmanuelle démontre que le milieu horticole à besoin de personnes comme elle, bonnes communicatrices et sensibles au réseautage », estime Éloïse Gagnon.

Aujourd'hui, le magazine ne roule pas sur l'or, mais est étonnamment rentable, malgré la récession et le roulement du personnel qui lui est affecté, prouvant l'attachement de l'industrie envers Québec Vert. Pour encore 40 ans!

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