Entretiens
Formation L'avenir de l'agriculture en dépend!
Le concours de l'Ordre national du mérite agricole (ONMA) est de retour cette année et il s'adresse cette fois aux producteurs et productrices de la Mauricie, du Centre-du-Québec et de l'Estrie.
Parmi la centaine d'inscriptions prévues, on s'attend à ce que plusieurs exploitations remplissent les critères pour l'obtention de la Mention de la formation agricole de la relève, remise par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

Les jeunes qui suivent une formation spécialisée en agriculture ont dans leurs poches un atout inestimable, et ce, qu'ils prennent la relève d'une exploitation agricole ou qu'ils se lancent en agriculture », explique Yves Dumont, responsable du concours. C'est pourquoi, depuis 1995, le MAPAQ souligne l'importance de la formation de la relève par un prix remis dans le cadre de l'ONMA. « À cet égard, nous tenons à féliciter les parents qui ont encouragé un enfant à suivre une formation », tient à dire M. Dumont.

Lorsqu'un diplômé en gestion et exploitation d'une entreprise agricole (GEEA) et un bachelier en agronomie se penchent sur un problème qui survient à la ferme, il est réglé en un rien de temps! Maxime et Benoît Laquerre, de Saint-Casimir, dont l'exploitation a obtenu en 2007 la Mention de la formation agricole de la relève, de l'ONMA, peuvent témoigner de l'importance de la formation dans la gestion d'une exploitation laitière. Ils sont un parfait exemple de complémentarité sur le plan des compétences.

« Quand il y a un problème à la ferme, ma réaction est de l'analyser d'un point de vue macro, explique Benoît. Les agronomes ont ce réflexe de regarder ce qui a été écrit à ce sujet, s'il y a des statistiques à l'appui, avant de prendre une décision. La réaction de Maxime est d'essayer de voir ce qui s'est passé du point de vue de la gestion. Son expérience est pratique. Chacun apporte un point de vue différent. »

Maxime et Benoît Laquerre,
Maxime et Benoît Laquerre, producteurs laitiers et de grandes cultures, à Saint-Casimir, et dont l'exploitation a été récipiendaire en 2007 de la Mention de la formation agricole de la relève de l'ONMA, peuvent témoigner de l'importance de la formation dans la gestion d'une exploitation laitière.

Maxime a opté pour le programme de GEEA, en partie parce qu'il offrait des cours pratico-pratiques d'entretien de machinerie et de soudure. De plus, la durée du programme convenait davantage à l'échéancier que la famille s'était donné pour faciliter son intégration dans l'entreprise. Les similitudes entre le programme qu'il a suivi et celui de son frère en agronomie l'ont beaucoup surpris. « Même les noms de cours se ressemblaient, dit-il. Mais Benoît en a appris davantage au sujet de l'acétonémie et peut expliquer le pourquoi d'un ratio cation:anion, par exemple. »
« On s'entend que ce n'est pas à l'université que tu apprends à réparer un tracteur », lance en riant Alexandre Lavoie, titulaire d'un baccalauréat en agronomie et copropriétaire de la Ferme Bona, à Saint-Bonaventure. D'après lui, les jeunes qui n'ont pas grandi dans une exploitation agricole ont tout intérêt à suivre un GEEA s'ils veulent un jour devenir exploitants, et ce, même s'ils songent à étudier à l'université par la suite.

Les parents, Guy et Violette, ont reçu la Mention de la formation agricole de la relève en 2006 pour l'appui qu'ils ont apporté à Alexandre. Mentionnons que leur fille Laurence ainsi que leur belle-fille, Évelyne, sont aussi titulaires d'un baccalauréat en agronomie de l'Université Laval.

Passionné par les sciences pures, Alexandre avoue que ce qui l'attirait le plus en agriculture, c'était le côté scientifique. Sa formation universitaire lui a apporté une bonne compréhension de certains processus moléculaires, notamment de l'effet essentiel des nutriments dans l'organisme et du fonctionnement des herbicides. Il aime être en mesure de décortiquer lui-même l'évaluation génétique d'une bête, en sélectionnant les critères qui lui sont importants.

Une politique jeunesse musclée!
Le plan d'action du MAPAQ mise sur l'établissement de jeunes solidement formés, explique Isabelle Allard, coordonnatrice de la politique jeunesse. Afin de les encourager à poursuivre leur formation, le MAPAQ a mis sur pied un programme d'appui au développement des compétences des jeunes entrepreneurs agricoles et offre de rembourser les frais d'inscription et de déplacement ou les coûts liés aux stages en entreprise, jusqu'à concurrence
de 2000 $. Pour plus d'information, visitez le site : www.mapaq.gouv.qc.ca.

Alexandre Lavoie et sa conjointe Évelyne Breault
Alexandre Lavoie et sa conjointe Évelyne Breault, de la Ferme Bona, à Saint-Bonaventure, ont tous deux un diplôme universitaire en agronomie.

Selon Alexandre, la formation s'est également avérée un bon atout pour la gestion de l'entreprise. Elle lui a permis, entre autres, d'analyser les états financiers. Il songe d'ailleurs à parfaire ses connaissances grâce à une maîtrise en agronomie ou en administration des affaires.

Programmes de formation
Cet enthousiasme pour les études réjouit Carmen Lajoie, conseillère en formation au MAPAQ, dont les préoc­cupations incluent la valo­ri­sation de la formation agricole ainsi que les métiers et carrières en agroalimentaire.

Mme Lajoie explique que la forte demande en main-d'œuvre et la difficulté des entreprises à recruter et à retenir les travailleurs spécialisés démontrent l'urgence d'attirer les jeunes en agriculture. « Les enjeux sont importants, la mondialisation et le flux du marché exigent un certain niveau de formation pour être en mesure de suivre les développements. »

Sur le plan de la formation professionnelle en production agricole, il existe présentement six programmes qui conduisent à l'obtention d'un diplôme d'études professionnelles (DEP). Au total, 44 établissements offrent un ou plusieurs de ces programmes dans 14 régions du Québec.

Du côté de la formation technique, on dénombre huit programmes permettant d'obtenir un diplôme d'études collégiales (DEC) en production, en commercialisation, en santé animale ou en services techniques ainsi qu'en transformation alimentaire. En production agricole, le programme de GEEA est offert dans 12 établissements, répartis dans 10 régions du Québec.

On vise le DEC!
Le programme d'études qui répond le mieux aux besoins des producteurs agricoles est le GEEA, estime Carmen Lajoie, conseillère en formation au MAPAQ. « C'est un programme de niveau collégial, d'une durée de trois ans, qui comprend une solide formation de base et permet aux jeunes de devenir des producteurs autonomes. » Les compétences techniques acquises dans le programme s'appuient sur des stages pratiques en entreprise.

Enfin, pour ce qui est de la formation universitaire, cinq programmes d'études conduisent au baccalauréat dans les disciplines de l'agroéconomie, l'agronomie, l'architecture de paysage, la médecine vétérinaire et le génie agroalimentaire. De plus, les niveaux de la maîtrise et du doctorat offrent de multiples possibilités d'effectuer des études supérieures ou des activités de recherche dans le domaine.

Beaucoup d'efforts et d'argent ont également été consacrés à la formation continue au cours des 30 dernières années, notamment par le Plan de soutien en formation agricole accordé aux collectifs régionaux en formation agricole. En 2009-2010, plus de deux millions de dollars ont été investis par les différents partenaires financiers, ce qui a permis à 8788 agriculteurs de suivre une formation.

D'autres investissements suivront bientôt et leur annonce sera la bienvenue pour le secteur agricole. Alexandre, qui n'a trouvé personne pour le remplacer après avoir subi une opération au genou, espère que l'offre de jeunes gens qualifiés pour travailler en production laitière augmentera d'ici quelques années. Fort heureusement, il a pu compter sur son père, Guy, qui a mis les bouchées doubles en s'occupant seul du troupeau pendant sa convalescence.

Inscription et information
L'édition 2011 du concours de l'Ordre national du mérite agricole se tient dans les régions du Centre-du-Québec, de l'Estrie et de la Mauricie. La date limite pour s'y inscrire est le 1er mai prochain. Vous pouvez obtenir le formulaire de mise en candidature en visitant le site : www.mapaq.gouv.qc.ca/onma.
Des lauréats sont couronnés dans trois catégories, qui correspondent à autant de niveaux d'excellence. Ces catégories sont, en ordre croissant d'importance : le bronze, l'argent et l'or.

Médaille de bronze
Les concurrents du groupe qui se classe au premier rang national reçoivent une médaille de bronze, sont nommés « chevaliers de l'Ordre national du mérite agricole », reçoivent un diplôme portant la mention de « Grand mérite » et se partagent un prix en argent de 1000 $.

Médaille d'argent
Les concurrents du groupe qui se classe au premier rang national reçoivent une médaille d'argent, sont nommés « officiers de l'Ordre national du mérite agricole », reçoivent un diplôme portant la mention de « Très grand mérite » et se partagent un prix en argent de 2000 $.

Médaille d'or
Les concurrents du groupe qui se classe au premier rang national reçoivent la médaille d'or, la rosette et le drapeau de l'Ordre national du mérite agricole, sont nommés « commandeurs de l'Ordre national du mérite agricole », reçoivent un diplôme de « Très grand mérite exceptionnel » et se partagent un prix en argent de 3000 $.

Prix La Coop fédérée à l'agroenvironnement
Pour une sixième année consécutive, La Coop fédérée reconnaît les concurrents s'étant démarqués dans la façon dont ils intègrent les bonnes pratiques agroenvironnementales dans la gestion quotidienne de leur exploitation.

Prix Mérite Promutuel de la prévention
Pour une 19e année consécutive, le Groupe Promutuel souligne et encourage les producteurs qui adoptent des façons de faire originales en donnant la priorité à la prévention et à la sécurité dans leurs activités quotidiennes.

Trois mentions
Mention de la formation agricole de la relève
Mention de la relève féminine
Mention spéciale de l'agrotourisme

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