Entretiens
Abattage en douceur, texte et photos par Guylaine Gagnon
Unidindon, une entreprise propriété d'Olymel (à 68 %) et d'Exceldor (à 32 %), adopte une nouvelle technologie pour l'abattage, qui améliore les conditions de travail de ses
employés et le bien-être des oiseaux.

L'usine, située à Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville, est la première au Québec à se procurer cette technologie, qui anesthésie l'oiseau à l'aide de gaz carbonique (CO2) avant de le saigner. La méthode a fait ses preuves en Europe. Quelques usines américaines l'ont aussi adoptée.

Depuis plusieurs années, l'insensibilisation du dindon s'effectuait par électrocution. Or, pour les oiseaux lourds qui peuvent atteindre jusqu'à 18 kg, la technologie au CO2 compte de nombreux avantages. Elle réduit notamment les risques de blessures que pouvaient s'infliger les oiseaux auparavant. Des blessures qui nuisaient à la qualité de la viande et entraînaient des rejets. De plus, elle rend la tâche beaucoup plus facile au personnel.

« La technologie au CO2 fonctionne en deux temps », explique Martin Rondeau, vice-président aux opérations pour la volaille à Olymel. À leur arrivée à l'usine, les oiseaux en cage sont placés sur la chaîne et dirigés vers la chambre d'anesthésie. Cette étape est totalement mécanisée. Dans une première section de la chambre, l'air est en partie retiré et remplacé par une légère concentration de CO2, ce qui a pour effet d'étourdir légèrement les oiseaux. Ils poursuivent leur route vers la deuxième section, dans laquelle une quantité plus importante de CO2 a été injectée. Ce processus dure environ cinq minutes et l'oiseau en ressort totalement inerte. Il devient ainsi facile pour le personnel de l'accrocher, afin qu'il soit dirigé vers la saignée et toutes les étapes subséquentes.

Pas moins de quatre millions de dollars ont été investis dans les travaux d'aménagement. « Un tout nouveau bâtiment a été construit pour intégrer cette nouvelle technologie, précise Pierre Poissant, directeur de l'usine. Des ajustements aux remorques et un agrandissement des cages ont été nécessaires. » Il y a aussi eu quelques adaptations à la ferme, dont celles aux passerelles de chargement des oiseaux.

Ces investissements ont également permis d'augmenter la vitesse d'abattage, donc de produire la même quantité de viande en moins de temps. Ainsi, Unidindon peut dorénavant traiter 4000 dindons légers et 2400 dindons lourds à l'heure.

« Comme on sait que le développement des affaires passe par le dindon transformé, qui nécessite des oiseaux lourds, nous estimons que cet investissement nous permettra d'améliorer davantage nos procédés d'abattage, tout en offrant un meilleur environnement de travail aux employés et en favorisant le bien-être des oiseaux, conclut Martin Rondeau. C'est un plus pour l'ensemble de l'industrie du dindon. »

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