Entretiens
Marylène Beauchemin, texte et photos par Isabelle St-Pierre
Administratrice à La Coop Covilac depuis 2006, Marylène Beauchemin était loin d'envisager l'agriculture comme mode de vie, bien qu'elle ait grandi dans une ferme. La production agricole, c'était plutôt le rêve de son conjoint, Paul. « On pourrait dire qu'il m'a eue à l'usure », lance-t-elle avec un sourire moqueur. Pourtant, c'est une productrice agricole passionnée que nous rencontrons. « Au début, le projet m'insécurisait. J'étais très attachée à mon salaire normal. Maintenant, je sais que je ne serais plus capable de travailler à l'extérieur, de 8 h à 5 h. »

À la fin des années 1990, la production végétale s'étendait sur une soixantaine d'hectares et les deux conjoints s'y adonnaient durant leurs vacances. C'était une entreprise parallèle. En effet, alors que Paul conduisait de la machinerie lourde, Marylène travaillait à la caisse populaire. En 2001, avec trois enfants, Marylène décide de se retirer du marché du travail. Elle accepte alors de remplacer ses parents à la comptabilité de la ferme familiale, qui appartient désormais à ses quatre frères. « Ça m'a permis de rester en contact avec la réalité du marché du travail, de maîtriser un logiciel de gestion comptable et, surtout, de m'initier à la gestion agricole. J'ai tellement appris! Ça m'a donné la piqûre pour m'investir encore plus dans notre ferme », précise la jeune agricultrice de 40 ans.

Le virage entrepreneurial s'effectue en 2004. Le visionnaire et la comptable s'associent et fondent la Ferme de la Vallière, située à Sorel. Prime à l'établissement et soutien de La Financière agricole s'ajoutent aux investissements permettant de doter la ferme d'un poste de séchage. Aujourd'hui, les producteurs cultivent pas moins de 300 hectares (maïs, soya, blé, foin) et entretiennent trois écuries pour accueillir des chevaux en pension. « Mon mari, c'est un visionnaire. Il a le flair pour dénicher les bonnes affaires, tandis que moi, je suis plutôt terre-à-terre et rationnelle. Je dois être convaincue de la rentabilité des investissements avant de donner mon accord. Cette complémentarité, c'est notre force. »

En 2006 commence son engagement au conseil d'administration de La Coop Covilac. On a d'abord pressenti son conjoint, qui avait déjà siégé au C.A. durant deux ans. Sa réponse : « Vous devriez demander à ma femme. » Après quelques hésitations, Marylène accepte. Les débuts sont plutôt ardus, en raison de la crise du porc, important secteur d'activité de Covilac. « Le porc, je n'y connaissais rien. Heureusement, on a pris le temps de m'expliquer », précise-t-elle. Peu à peu, elle s'approprie les dossiers et donne son point de vue, même si elle avoue que ce n'est pas toujours facile. « Ce n'est pas parce que je suis une femme. C'est une question de personnalité. Moi, je suis plutôt réservée, discrète. Tout comme dans mon entreprise, je dois être convaincue de la rentabilité du projet pour l'appuyer. C'est le rôle que je joue dans cette équipe. » Pour Marylène, Covilac se distingue particulièrement en adoptant des solutions coopératives pour mieux réussir. La gestion du secteur porc s'effectue en partenariat avec Comax et tous les administrateurs sont partagés avec d'autres coopératives.

Si l'entreprise du couple est en pleine croissance, il en va de même de la famille, qui compte maintenant quatre enfants : Liane, 16 ans; Pascale, 13 ans; Magalie, 11 ans; et Olivier, 9 ans. Avantage des grandes cultures, la pause hivernale permet aux enfants de pratiquer des sports organisés. Alors que les filles réussissent bien dans le basketball AAA, le garçon joue au hockey. « On investit beaucoup dans nos enfants. C'est normal, c'est l'avenir », conclut-elle avec fierté.

 

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