Entretiens
L'excellence, en toutes lettres, texte et photos d'Étienne Gosselin
Wikipédia donne la définition suivante du jeu ScrabbleMC : « Jeu de société et jeu de lettres où l'objectif est de cumuler des points. » Comme au Scrabble, les concours de Maître-éleveur exigent l'obtention d'un certain nombre de points pour remporter le titre et la prestigieuse plaque qui y est associée.

On ne sait pas si les Maîtres-éleveurs Ayrshire 2010 agrémentent leurs dimanches après-midi de parties de Scrabble. Par contre, une chose est sûre : ils savent comment former le mot EXCELLENCE. Et que trois d'entre eux – les fermes Gilbert et Cécile Bilodeau, La Sapinière Ayrshire et Lashburn Ayrshires – ont remporté la partie de l'édition 2010!
L'entrée en scène de Christian
C'est bien connu, la prudence est mère de sûreté. Sauf qu'on sait aussi que « qui ne risque rien n'a rien ». Et alors, comme dirait Fred Pellerin : « Advienne qui pourrira! » Non, s'il est un proverbe que Christian Bilodeau honore de ses actes, c'est bien
celui qui veut que la fortune sourie aux audacieux.

Car de l'audace, Christian Bilodeau n'en manque pas. Sorti de l'ITA de La Pocatière en 1998, 10 ans plus tard, il a déjà en poche son titre de Maître-éleveur. Entre-temps, il est devenu actionnaire de la Ferme Gilbert et Cécile Bilodeau et il a eu quatre enfants avec sa conjointe rencontrée aux études, Annie Sirois. En 2010, coup de théâtre : Christian s'inscrit aux auditions de la téléréalité Big Brother, diffusée sur les ondes de V. Non seulement il sera choisi pour faire partie de cette émission style Loft Story, mais il viendra à deux doigts de remporter le grand prix de 100 000 dollars remis au dernier occupant de la maison. Comme rien n'arrête Christian, il est cette année l'un des trois finalistes du concours Jeunes agriculteurs d'élite, section Québec. Oui, du Beauceron fier comme ce n'est pas permis!

D'élevage et de pâturage
Après 113 ans d'exploitation, on peut dire que la ferme des Bilodeau, située à Saint-Odilon-de-Cranbourne, est aujourd'hui bien rodée. Et que la productivité s'est grandement améliorée au fil des quatre générations qu'elle a vu passer. Prenons 2010 : la moyenne de production laitière était de 7624 kg. La moyenne projetée pour 2011 est maintenant de 8025 kg, pas si loin de l'objectif des 8500 kg. La MCR pointait à 212-222-225 en 2010; elle est aujourd'hui à 233-235-253. Et d'une visite du classificateur à la suivante, le troupeau prend du galon : il se compose aujourd'hui de 5 EX, 27 TB, 25 BP et 3 B. Christian Bilodeau, 34 ans, n'est pas peu fier de l'évolution de sa ferme, notamment sur le plan de la génétique, son sujet de prédilection.

Christian Bilodeau, nouveau Maître-éleveur de la Ferme Gilbert et Cécile Bilodeau.

Un nom à retenir, car il n'a que 34 ans : Christian Bilodeau, nouveau Maître-éleveur de la Ferme Gilbert et Cécile Bilodeau.

Ferme Gilbert et Cécile Bilodeau.

Le pâturage (de nuit) fait partie d'un ensemble de principes que Christian aime appeler « faire plus avec moins »


L'alimentation du troupeau
Par Michael Fecteau
Expert-conseil
La Coop Langevin

RTM à un seul groupe en été (accès au pâturage), RTM
à quatre groupes le reste de l'année

Vaches en lactation
Balles rondes hachées
Maïs humide
Tourteau de soya
Supplément Synchro 4055
Minéral Synchro personnalisé

Vaches au tarissement
Balles rondes préalablement choisies
Minéral Transilac VT 0-3C

Vaches en transition
Balles rondes
Aliment Transilac 14 %

Génisses
Aliment Goliath 22
Minéral Goliath 12-4

Veaux
Aliment Goliath VO-19 %


Christian Bilodeau pose avec sa plaque – sa toute première – de Maître-éleveur
Fierté beauceronne : Christian Bilodeau pose avec sa plaque – sa toute première – de Maître-éleveur

Alors, pour lui faire plaisir, parlons génétique… Cette plaque de Maître-éleveur est grandement redevable entre autres à Cock Rond Harm Wonderful, classifiée TB-88 (All-Canadian de Réserve en 2005) et qui a produit 10 700 kg de lait à sa cinquième lactation. Mentionnons aussi Cock Rond Dalton Super, qui a engendré la vache souche Cock Rond Patrick Atome (TB-85 3*). Enfin, Christian fonde beaucoup d'espoir sur sa vache élite Cock Rond B-Jurist Neutron (TB-87) pour réaliser un vieux rêve : produire un taureau au préfixe Cock Rond, dûment génotypé, qui servira à faire progresser la race.

Pour Christian, deux facteurs concourent à l'obtention d'une plaque de Maître-éleveur : la chance – oui, il a l'humilité d'avouer qu'elle pèse dans la balance – et une présence assidue à l'étable. Et Christian ne parle pas sans savoir : celui qui a travaillé au PATLQ (aujourd'hui Valacta) de 1998 à 2006 en a vu, des fermes laitières, des façons de faire et… quelques travers.

« Ce n'est pas compliqué, explique maître Christian, plus tu grattes tes vaches souvent à l'étable, plus elles demeurent propres : notre compte de cellules somatiques n'est que de 68 000. Mais ce n'est pas gratter pour gratter… Plus tu passes souvent derrière tes vaches, plus tu as le temps de les analyser, de cibler leurs forces et leurs faiblesses. Dans certaines fermes, on ne gratte qu'une fois par jour; ici, c'est au moins huit fois. »

La philosophie d'élevage de ce nouveau Maître-éleveur se résume ainsi : transfert d'embryons de vaches « Excellente » ou « Très bonne » dans des receveuses (trois ou quatre récoltes par année), utilisation de jeunes taureaux pour plus de 40 % des inséminations et sélection rigoureuse au moment de l'insémination. Ainsi, seules les vaches EX, TB et quelques BP sont inséminées pour l'obtention d'une descendance; les autres servent de receveuses d'embryons.

Originalité chez les Bilodeau, les vaches vont au pâturage la nuit – et seulement la nuit. La traite du soir terminée, c'est l'heure de sortir dans l'une des 10 parcelles les belles, qui s'en donneront à cœur joie sans souffrir de la chaleur et des mouches. Christian souligne en outre que cette pratique a pour effet de réduire les coûts d'alimentation. Oui, le pâturage fait partie d'un ensemble de principes qu'il aime appeler « faire plus avec moins ». Réduire le nombre de vaches pour atteindre son quota, réduire le nombre de génisses élevées, maximiser le lait fourrager... le tout pour atteindre une rentabilité plus que satisfaisante.

On ne peut s'empêcher de poser la question : pourquoi la Ayrshire? Et pourquoi pas la Holstein ou – s'il le faut vraiment – la Holstein rouge et blanc? Christian Bilodeau, qui en a vu de toutes les couleurs (de robes), est catégorique : les bons pieds et membres, le bas compte leucocytaire du lait, la richesse des composants laitiers – qui mènent à une aussi bonne rentabilité que sa cousine noir et blanc – ainsi que la relative rareté des éleveurs Ayrshire le confortent dans son choix pour cette race originaire du comté de Ayr, en Écosse. « Il est plus facile, explique Christian, de se faire un nom et une renommée dans la Ayrshire que dans un océan de Holstein. »

Et avec un titre de Maître-éleveur, voilà de quoi étancher n'importe quelle soif de renommée!

Une ascension fulgurante
Certaines fermes mettent des générations à obtenir un titre de Maître-éleveur. Guylaine Lepage et Jean-Marc Daigle n'ont mis que 14 petites années à parvenir à la distinction la plus prestigieuse en matière d'élevage laitier. Comment ont-ils pu réussir pareil exploit?

Ce n'est qu'en 1997 que Guylaine et Jean-Marc sont devenus propriétaires de la Ferme La Sapinière Ayrshire, à Saint-Agapit, pas trop loin de la ferme familiale où ils ont commencé leur carrière d'éleveurs laitiers, à Saint-Antoine-de-Tilly.

« Nous n'avions jamais pensé atteindre ce niveau si rapidement », avoue ouvertement Guylaine Lepage. Cette Coupe Stanley de la production laitière acquise, qu'espérer maintenant? « En obtenir une autre! répond Guylaine. Pas question de nous asseoir sur nos lauriers. »

Le couple fait montre d'une certaine désinvolture quant à cet honneur qui ne peut que se mériter.« Nous n'avons pas travaillé dans l'optique d'obtenir ce titre. Mais c'est arrivé! » dit Jean-Marc.

Guylaine et Jean-Marc sont animés d'une passion bien tangible pour l'élevage. Généalogies, croisements, épreuves, indices et déviations… Ils ont tout sur le bout des doigts. Cette connaissance intime de leurs bêtes explique certainement cette première plaque de Maître-éleveur. Mais ne soyons pas réducteur…

Performance totale
Signe d'un travail acharné, de 2000 à 2004 et en 2009, la Ferme La Sapinière a figuré au
tableau d'honneur de l'indice de performance totale (IPT 99) de Valacta. En 2010, le troupeau a enregistré une moyenne de 9512 kg, avec une MCR de 272-262-278. D'ailleurs, de 2000 à 2004, l'entreprise a décroché le titre de meilleur troupeau Ayrshire au Canada pour la MCR combinée. En 2003, le troupeau La Sapinière a été reconnu comme le premier à franchir le seuil des 10 000 kg de moyenne de production laitière. Et plus encore : en 2009, La Sapinière remportait la meilleure MCR combinée, et ce, même avec un recours accru aux fourrages (voir l'encadré sur l'alimentation).

La Ferme  La Sapinière Ayrshire

La Ferme La Sapinière Ayrshire est située à Saint-Agapit, dans Lotbinière.

Guylaine Lepage et Jean-Marc Daigle

Guylaine Lepage et Jean-Marc Daigle ont réussi à remporter un titre de Maître-éleveur après seulement 14 années d'élevage, un tour de force!

La fille de Guylaine et Jean-Marc, Audréanne, qui travaille déjà pour Valacta dans sa région, s'installe lentement mais sûrement à la ferme après avoir obtenu son certificat en production laitière et bovine de l'Université Laval, en 2010. Elle aussi est donc déjà animée par le désir d'excellence et de performance de ses parents.

Un taureau marquant
Poker, Kellogg, Pardner, Calimero, Jerry… Offrir à l'ensemble des éleveurs de sa race le meilleur de sa génétique sous la forme d'un taureau, c'est le rêve de bien des éleveurs, et les gens de La Sapinière ne font pas exception.

Jean-Marc et Guylaine ont goûté à l'ivresse de cette prouesse génétique avec, d'abord, le taureau La Sapinière Cacylite (TB-85), fils de La Sapinière Cacy (EX-91 4E 4*, 92 622 kg de lait en sept lactations, pour une moyenne de 13 231 kg), vache souche par excellence à qui les propriétaires sont fort redevables pour leur titre de Maître-éleveur. Ensuite, avec La Sapinière Cacybo (TB-86), fils de La Sapinière Cacy-B (TB-88, vache Élite) né en 2006. Leurs petits derniers, La Sapinière Dinalistar et La Sapinière Facykie, sont en voie d'épreuve chez Semex.

À La Sapinière, la régie des fourrages est capitale. L'utilisation de balles rondes enrobées individuellement permet de choisir facilement le type de fourrage à servir aux vaches chaque jour. Trois coupes sont faites chaque année. Et les performances sont excellentes, même avec peu de concentrés (pas plus de 10 kg de concentrés au pic de lactation, ce qui représente de 45 à 50 % de concentrés).

Ayrshire, race du patrimoine écossais

Selon le secrétaire de la Société Ayrshire de Grande-Bretagne et d'Irlande, John Cochrane, la Ayrshire est une race créée par des éleveurs du nord et de l'est du comté de Ayr, en Écosse, un endroit très pluvieux où il était difficile de faire de bons fourrages. La race prit d'abord le nom de Dunlop, du village et du district d'où elle vient et où on fabriquait surtout du fromage avec son lait très riche. On appela par la suite cette race la Cunningham.

Toujours selon John Cochrane, la Ayrshire proviendrait de la race Kyloe, vache des Highlands qui aurait elle-même des liens étroits avec une race norvégienne. La Kyloe aurait été croisée avec du bétail provenant des Pays-Bas, les mêmes ancêtres que ceux de la Holstein. Les vaches obtenues étant trop grosses pour les pâturages constamment humides, décision aurait été prise de sélectionner des animaux de plus petite taille pour préserver les sols et diminuer les frais d'entretien en nourriture.

John Cochrane ajoute : « Jusqu'aux années 1970, plus de 80 % des vaches laitières d'Écosse et 95 % de celles du comté de Ayr étaient des Ayrshire, mais elles perdirent graduellement leur place au profit des Holstein, en provenance du Canada notamment. Cela pour deux raisons : les éleveurs de veaux néerlandais payaient 30 fois plus chers les veaux mâles Holstein que les veaux Ayrshire; ensuite, quand est venue l'épidémie de fièvre aphteuse, de nombreux éleveurs ont préféré repeupler leur troupeau de Holstein, qui représentent aujourd'hui 80 % des vaches laitières au Royaume-Uni et dans le comté de Ayr. Toutefois, la Holstein est en baisse, en raison d'une santé et d'une longévité moins bonnes. De sorte que de nombreux fermiers achètent une ou deux Ayrshire pour les essayer de nouveau. C'est aussi pour eux, en quelque sorte, une question de fierté pour une race du patrimoine écossais. »

La Ayrshire est donc encore bien présente dans son patelin, assurément plus que la Canadienne au Québec, qui compte pour moins de 1 % du cheptel.


Cock Rond Calimero Skat et Audréamme Daigle

L'excellence attire l'excellence la vache Cock Rond Calimero Skat, vendue lorsqu'elle était TB-88, est maintenant classifiée EX-91 et fait la joie d'Audréanne, dont c'est la première acquisition.


L'alimentation du troupeau
Par Normand Roy, T.P.
Directeur des ventes,
ruminant/végétal
La Coop Seigneurie

Vaches en lactation
Aliment Synchro Personnalisé
Cube
Supplément Synchro 5038 AUV
Supplément Synchro Pulp-O-Lac
Minéral Synchro 10-9 C
Balles rondes 1re-2e-3e coupes

Vaches au tarissement
Minéral Bloc Transilac T-305
Minéral Synchro Selenor C
Balles rondes 1re coupe

Vaches en transition
Aliment Transilac 17
Balles rondes 1re et 2e coupes

Génisses
Balles rondes 1re coupe
Minéral Bloc Synchro 10-10
Minéral Synchro 15-5 C

Veaux 0-6 mois
Aliment Goliath Star-Pro
Aliment Goliath VO-21 Deccox
Foin sec à volonté

La famille Daigle-Lepage n'a pas peur de brasser les gènes du troupeau en faisant l'acquisition de femelles venant d'autres fermes. Mentionnons trois de leurs bons coups avec Laitquipe Patrick Blanche (TB-87 2*), Laitquipe Patrick Dina (TB-89 2*) et la toute dernière en provenance du troupeau de Christian Bilodeau, la vache Cock Rond Calimero Skat, obtenue lors de la Vente Élite 2011, quand elle était classifiée TB-88 (elle est maintenant EX-91). Celle-ci fait la joie d'Audréanne, dont c'est la première acquisition.

L'humain ou la machine? Quand vient le temps de choisir un taureau pour une vache, Jean-Marc s'en remet surtout à sa propre jugeote plutôt qu'à l'informatique. « L'ordinateur ne tire pas nos vaches deux fois par jour, mais moi, si! mentionne-t-il. Je préfère m'en remettre à mon flair. »

Les Ayrshire et les autres
On n'est pas au bout de ses surprises quand on visite la Ferme La Sapinière. Premièrement, partout où le regard se pose, il se régale de vaches bien conformées. Normal : la classification actuelle est de 9 EX, 34 TB, 16 BP et 6 NC. Autre surprise : 5 Holstein, 4 Jersey et même 2 Canadienne côtoient les 65 Ayrshire! Il y a quelques années, on aurait même pu apercevoir quelques sujets Suisse Brune! Audréanne explique : « Le fait d'élever différentes races nous permet de réellement les connaître et de nous faire une idée sur ces génétiques, sans argumenter seulement sur des ouï-dire. De plus, l'élevage de plusieurs races permet de fraterniser avec d'autres associations et d'autres réseaux, ce qui est bénéfique pour mieux connaître les standards ainsi que les forces et faiblesses de nos bêtes Ayrshire. »

Mais qu'il s'agisse de Suisse Brune, de Jersey ou même de Holstein, rien n'y fait : pour leur persistance en lait, leur fertilité (intervalle entre les vêlages de 389 jours à La Sapinière), leur santé robuste, leur compte de cellules somatiques

(80 000 en 2010 à La Sapinière) et leur grande efficacité à transformer les fourrages, les Ayrshire l'emportent haut la main chez Audréanne, Guylaine et Jean-Marc!

La Constance du clan
À l'image des clans écossais, les McCaig sont très solidaires. L'esprit de clan,
c'est dans leur sang. C'est donc en équipe qu'ils ont remporté un deuxième titre
de Maître-éleveur. Allons visiter leur ferme, Lashburn Ayrshires, qui a accueilli
le pique-nique Ayrshire en juillet dernier.

Il se nomme Alexander McCaig, mais tout le monde l'appelle Alex. Dans le milieu de la Ayrshire, il est une véritable personnalité – pour ne pas dire un VIP. D'ailleurs, pour son travail acharné, son esprit de coopération, son implication soutenue et son constant soutien moral, Ayrshire Canada lui a décerné le trophée de la Personnalité Ayrshire de l'année en 1996. Signe qu'il est également un juge d'exposition apprécié partout où il officie dans le monde, en plus de figurer parmi les améliorateurs reconnus de la race, un trophée portant son nom est remis chaque année au propriétaire de la Championne intermédiaire de Réserve lors de la prestigieuse Foire royale d'hiver de l'agriculture – la Royale – de Toronto.

La ferme Lashburn
La ferme Lashburn a accueilli le pique-nique Ayrshire en juillet dernier, un rendez-vous qui avait fait relâche pendant de nombreuses années

L'expert-conseil Simon-Pierre Loiselle ne peut qu'encenser son client : « Les portes de la ferme sont toujours grandes ouvertes pour les visiteurs, qui sont nombreux à venir constater la beauté des animaux des McCaig. »

Alexander et son neveu Chris n'ont pas peur de s'impliquer autant dans leur club d'élevage local Ayrshire Howick/Huntingdon qu'aux échelons provincial, national ou international. Ils ont d'ailleurs exporté des embryons aux quatre coins du globe.

La race Ayrshire est très enracinée dans la Montérégie-Ouest, qu'on appelle aussi les Cantons du Sud-Ouest ou le Suroît. Les anglophones, fortement représentés dans cette région, l'ont adoptée en masse dans les années 1940 et 1950. Les troupeaux aux préfixes anglais sont nombreux dans le secteur d'Ormstown, où se trouve la ferme des McCaig (voir l'encadré).

Fabriquer des « Excellente »
Le troupeau Lashburn est véritablement ouvert sur le monde, tant pour la vente de sujets et d'embryons que pour l'achat, souvent en copropriété avec d'autres éleveurs d'ici ou d'ailleurs. Ce fait, jumelé à une intuition redoutable pour la sélection des meilleurs taureaux et vaches pour la reproduction, explique l'ahurissante classification des animaux de cette ferme : 14 EX, 29 TB et 6 BP, pour un score moyen de classification de 87,8 points. Durant sa carrière, Alex McCaig a élevé plus de 100 vaches EX! Reconnaître les forces et les faiblesses des animaux, cet éleveur élite sait faire.

Toujours aussi populaire, la Ayrshire
Selon Jenny Henchoz, registraire et responsable du service aux membres chez Ayrshire Canada, la majorité des animaux de race Ayrshire enregistrés au Canada se trouvent au Québec. Pour l'année 2010, 77 % des enregistrements faits auprès de l'Association Ayrshire étaient pour des animaux du Québec. L'Ontario suivait au second rang.

L'association compte actuellement 700 membres, un nombre toujours en progression, selon Jenny Henchoz. « Nous offrons plusieurs types de cotisation à divers prix pour satisfaire le plus d'éleveurs possible. Pour l'année 2011, déjà 30 nouveaux membres ont rejoint l'Association en six mois

Pour l'année 2010, c'est près de 60 personnes qui se sont ajoutées, ce qui nous prouve que la Ayrshire est encore très populaire auprès des autres éleveurs, qui souvent l'essayent et l'adoptent dans leur troupeau. »

Notons que pour décerner le titre de Maître-éleveur, Ayrshire Canada se base sur les données de production et de conformation
des 10 dernières années.

L'alimentation du
troupeau

Par Simon-Pierre Loiselle
Expert-conseil
La Coop des Frontières

Vaches en lactation
Balles humides légumineuses
Balles humides graminées
Ensilage de maïs
Maïs humide
Soya roulé
Supplément Synchro 4055
Minéral Synchro 22-2

Vaches au tarissement
Foin sec,
Ensilage de maïs
Bloc 305

Vaches en transition
Minéral Bloc Transilac T-305 Supplément C Transilac 911

Génisses
Supplément Goliath Expo et/ou Supplément Goliath 38

Veaux
Aliment Goliath Star Pro>

L'exploit d'obtenir une deuxième plaque de Maître-éleveur est d'autant plus grand que la ferme a essuyé en 2008 un incendie ayant provoqué la perte de 31 sujets, dont 6 vaches EX et 13 TB.

Le cheptel compte plusieurs familles de vaches souches, mais s'il faut n'en mentionner qu'une, parlons de Lashburn Diamond (EX-91 7E 2*), fille de Cornelius, une vache née en 1998 et toujours active dans le troupeau. Cette bête a produit plus de 92 000 kg de lait en 10 lactations.


Les données de production du troupeau sont tout aussi réjouissantes que ses bonnes performances en conformation : 8686 kg de lait par vache et une MCR de 251-249-255 pour le troupeau Lashburn, dont le préfixe rappelle le lieu d'origine de la mère d'Alex, Lashburn, en Saskatchewan, aux portes de l'Alberta.

D'ailleurs, Lashburn Ayrshires fut fondé par le père d'Alex – aussi prénommé Alexander –, en 1952. Vingt ans plus tard, Alex fils se joignait à l'entreprise. Puis ce fut au tour de son neveu Chris de s'établir au sein de l'exploitation avec sa conjointe, Valérie, en 2006.

En plus de ses 45 vaches en lactation, le clan McCaig cultive aussi 202 hectares de cultures variées : maïs-grain, maïs-ensilage, soya, orge, plantes fourragères et cultures de conserverie, comme les pois, les haricots et le maïs sucré.

Small is beautiful
Le but des McCaig pour les prochaines années n'est pas nécessairement de prendre de l'expansion. Leurs 45 vaches en lactation les satisfont pleinement. Non, plutôt que de convoiter la quantité, ils visent la qualité. Après un premier titre obtenu en 2001 et un deuxième en 2011, les reverra-t-on au tableau d'honneur en 2021? Présence, excellence, constance… Si les McCaig adoptent la même recette, on ne peut en douter!

les membres de la famille McCaig

Passionnés, passionnants, hospitaliers, voilà les membres de la famille McCaig : Alex et Chris entourent Judy, Valérie et la jeune fille de Chris et Valérie, Emma, visiblement impressionnée par la plaque!

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