Entretiens
La Ferme Maskita, jeune depuis 100 ans! Texte et photos d'Étiene Gosselin
La bonne méthode de traite, reconnaître les signes d'une vache en chaleur et « on ne met pas de la paille dans la mangeoire! », la ferme-école Maskita, de l'Institut de technologie agroalimentaire (ITA), a vu bien des apprentis agriculteurs effectuer des « travaux pratiques » en ses murs en 100 ans d'existence. Et comme le souligne Michel Beaulac, directeur de l'ITA et président du conseil d'administration de la Ferme Maskita, « voilà au moins 100 bonnes raisons d'être fier et de fêter! Parce que la Ferme Maskita est un outil sans égal pour l'enseignement agroalimentaire au Québec. »
La ferme Maskita

Ferme de recherche, d'enseignement et de vulgarisation dont la devise est « Chercher, comprendre, réaliser », sa construction remonte à 1910. Elle était alors rattachée à l'École de laiterie et avait pour but de fournir en lait la beurrerie et la fromagerie de l'École. Le troupeau était constitué de 15 vaches de race Canadienne. L'année 1940 marque un tournant important : la race Canadienne est remplacée par la race Ayrshire, qui régnera seule dans la ferme jusqu'à l'entrée progressive des Holstein, en 1968. Mentionnons que la grange-étable a brûlé le 10 août 1950, ce qui a rendu nécessaire la reconstruction complète du principal bâtiment de la ferme. L'étable de la Ferme Maskita date donc de 1950, et elle a été rénovée en 1987.

Depuis le 1er juin 1996, la ferme-école est constituée en société à but non lucratif, dans laquelle sont associés l'Institut de technologie agroalimentaire du Québec, le Centre d'insémination artificielle du Québec (CIAQ), la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal et le Salon de l'agriculture. Cela signifie que les profits de la ferme sont constamment réinvestis dans l'amélioration des infrastructures de production. Depuis 2003, la ferme compte sur un quota de 42 kg/j.

Comme l'explique Sylvain Boyer, premier directeur du Service des ruminants de La Coop fédérée, depuis 1998 cette entreprise s'est jointe à la Ferme Maskita à titre de fournisseur exclusif pour ses besoins en alimentation. L'entente représente une commandite d'une valeur de 35 000 $. En plus d'appuyer les activités d'enseignement, la Ferme Maskita sert aussi de vitrine et de banc d'essai, non seulement pour le CIAQ, situé à un jet de pierre de l'ITA, mais également pour La Coop, qui y effectue des essais sur des produits commerciaux, question de valider des concepts d'alimentation tout droit sortis de CRF (Cooperative Research Farms). Sylvain Boyer est fier de donner une belle visibilité à La Coop fédérée auprès des étudiants de l'ITA, dont il fut de la promotion de 1989.

Les membres du conseil d'administration de la Ferme Maskita

Les membres du conseil d'administration de la Ferme Maskita : Guillaume Ménard (CIAQ), Charles Bachand (Salon de l'agriculture), Marthe Gaucher (ITA), le président du conseil d'administration, Michel Beaulac (ITA), Jean-Philippe Roy (Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal) ainsi que Sébastien Roy, directeur général de la Ferme Maskita et ancien expert-conseil à La Coop Excel (1995 à 2009).


Marcel Bilodeau, directeur de la Ferme Maskita de 1986 à 2009.
Pour les anciens étudiants, voici un visage connu : Marcel Bilodeau, directeur de la Ferme Maskita de 1986 à 2009.

Éducative et productive
Les 100 bovins laitiers, les 65 brebis Dorset-Romanov et la trentaine de bovins de boucherie qu'abrite la Ferme Maskita ne sont pas différents du bétail qu'héberge votre ferme : ils aiment la routine. Or, à Maskita, la routine, connaît pas. Le train est effectué par des novices et étudiants issus du milieu agricole, ayant chacun ses techniques et ses méthodes, souvent perfectibles. Bruit, va-et-vient constant, gestes hésitants, voire approximatifs… L'ancien directeur de la ferme de 1986 à 2009, le bien connu Marcel Bilodeau, mentionne que les vaches laitières sont traites par 150 à 175 étudiants différents par année, qui viennent autant de l'ITA que de la Faculté de médecine vétérinaire ou du programme de Techniques de santé animale du cégep de Saint-Hyacinthe. Et les cohortes défilant, c'est un éternel recommencement que d'apprendre les rudiments des tâches aux étudiants.

Toutefois, rien pour faire fléchir la moyenne de production annuelle, qui se maintient à plus de 10 000 kg (4,1 % de gras; 3,4 % de protéine; MCR de 217-241-223 en 2010). Même le compte de cellules somatiques est « anormalement » bas, à 73 000, signe qu'on enseigne rigoureusement la méthode de traite. Il faut dire que les étudiants ne sont pas laissés à eux-mêmes, étant assistés, outre du directeur, Sébastien Roy, de deux technologues : Jean-Sébastien Savaria et Rick Favreau.

La Ferme Maskita, moderne depuis 100 ans!
Tiré du livre 100 ans de présence maskoutaine :
1910-2010, de la ferme de l'École de laiterie à la Ferme Maskita,
par l'historien Gilles Bachand, 2011.

• Dès 1912, la ferme est équipée
d'une trayeuse mécanique.
• En 1923, la ferme possède un tracteur Fordson ainsi que deux chevaux
pour les travaux aratoires.
• Anecdote : l'année 1923 voit le troupeau passer de 14 à 11 vaches; une vache est vendue pour cause de non-productivité et deux meurent pour les raisons suivantes : congestion cérébrale et insolation!
• Anecdote : voulant augmenter la valeur génétique du troupeau et devenir la référence en matière de bovins de race Canadienne,
le régisseur de la ferme acquiert,
en 1927, la vache Ultra Coquette,
fille d'Ultra Séduisante.
• En 1934, on améliore la productivité des sols par un programme de
fertilisation qui comprend la chaux, les superphosphates granulés
et les fumiers.
• Pour favoriser l'égouttement de
45 arpents en culture, on procède à l'automne 1938 au drainage
souterrain de quatre parcelles.
• En 1946, on considère le troupeau
laitier (devenu Ayrshire en 1940) comme l'un des cinq meilleurs
au Canada.
• On installe un refroidisseur à lait électrique dans la laiterie en 1947
pour remplacer la méthode de
refroidissement avec les blocs
de glace.
• La collaboration entre la ferme et le nouveau Centre d'insémination artificielle du Québec remonte à la naissance du CIAQ; dès 1948, on
insémine la grande majorité des vaches de la ferme, qui sert alors de centre d'essai et de démonstration pour cette nouvelle technique.
• Anecdote : concernant l'incendie de
la grange-étable de la ferme, en 1950, un professeur s'interroge sur la
cause du sinistre : « Est-ce un mégot
de cigarette, un court-circuit ou
une combustion spontanée? Seul
l'Éternel le sait. »
• En 1953, l'École de médecine
vétérinaire emménage tout près
de la ferme, ce qui permet des échanges fructueux entre les
deux établissements.

 

• En 1955, l'intervalle de vêlage est de 12,9 mois et la moyenne d'âge des vaches en lactation de 5,7 ans.
• L'année 1960 marque le début d'essais de variétés de maïs-grain sous la
gouverne du régisseur Philippe Granger, désigné au milieu des
années 1970 comme le « père du
maïs-grain au Québec ».
• C'est en 1960 qu'on mentionne
pour la dernière fois la présence
à la ferme de chevaux, qui
n'étaient déjà plus très utilisés.
• En 1962, la ferme reçoit ses
premiers certificats de production
du contrôle laitier.
• Avec la construction du nouveau bâtiment de l'ITA et le démarrage de l'enseignement de cours d'agriculture, les terres sont insuffisantes pour faire pâturer les animaux; on instaure
en 1964 le système zéro pâturage.
• Le soya fait son apparition dans la rotation en 1961.
• De 1972 à 1985, la ferme, sous la
gestion de la Faculté de médecine vétérinaire, servira de laboratoire pour la mise au point de techniques comme la récolte et la congélation d'embryons.
• En 1985, la production moyenne
par vache est de 6 442 kg.
• Création du préfixe de
troupeau Maskita en 1985.
• En 1995, la ferme compte ses deux premières vaches classées
« Excellente ».
• En 1996, dans la foulée du
redressement des finances publiques du Québec, la ferme se constitue en ferme-école à but non lucratif
soutenue par l'ITA, la FMV, le CIAQ et le Salon de l'agriculteur (devenu le Salon de l'agriculture), ce qui
permet de remédier à son
exploitation déficitaire.
• On aménage en 2002 des installations pour composter tous les fumiers générés par la ferme.
• Le troupeau Maskita comportera en 2008 jusqu'à 11 vaches classées
« Excellente ».

Pas de malbouffe à la ferme-école!
Par Dave Rousseau, agr.
Expert-conseil
Équipe Montérégie-Est
La Coop fédérée

Vaches en lactation
Ensilage de luzerne, ensilage de maïs, foin sec, maïs cassé sec, supplément Synchro VIP, supplément couverture
Synchro 4216, minéral Synchro 15-5 C

Vaches au tarissement
Foin sec
Minéral Bloc Transilac T-305

 

Vaches en transition
Aliment Transimil 15
Ensilage de maïs
Ensilage en grosses balles
Foin sec

Génisses
Supplément Goliath 45AU
Maïs cassé
Foin sec

Veaux
Lactoremplaceur Goliath XLR 27-16
Aliment Goliath VO-21

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