Entretiens
Optimisez l'efficacité du rumen...
Chaque fois que j'ai le plaisir de vous rencontrer, vous êtes nombreux à me dire que vous travaillez à améliorer l'efficacité de votre entreprise. Rassurez-vous, vous n'êtes pas seuls. Peu importe le secteur d'activité, si on demandait à des gestionnaires d'entreprises de nommer le principal objectif qu'ils poursuivent afin d'augmenter leurs revenus, bon nombre d'entre eux répondraient : l'amélioration de l'efficacité.

Notre système coopératif est un partenaire d'affaires de choix, qui se soucie de la rentabilité de ses membres, en offrant continuellement des innovations technologiques. De plus, les fondements du projet Chrysalide visent à améliorer l'efficacité globale afin de vous offrir des produits et services de qualité, au meilleur coût possible, et ce, dans tout le réseau La Coop. En production laitière comme dans toutes les autres productions animales, une bonne gestion de votre entreprise et l'obtention de bonnes performances zootechniques sont essentielles.

Quand la digestion va, tout va!

« Quand l'appétit va, tout va », disait Obélix le Gaulois. Ça vous rappelle quelque chose? Ma foi, c'est à se demander si cet insatiable mangeur de sangliers était producteur laitier plutôt que marchand de menhirs, car cela s'applique très bien aux vaches en début de lactation. En effet, plus l'ingestion est grande en début de lactation, meilleures sont les chances d'obtenir de bonnes performances laitières et de réduire le déficit énergétique. Toutefois, vous vous doutez bien que la quantité ingérée est une chose, mais que la quantité digérée et absorbée en est une autre. C'est là que la notion de digestibilité entre en jeu. Plus une ration sera digestible, meilleure sera sa valeur nutritive pour la vache et meilleures seront les chances d'améliorer les performances de celle-ci.

Si vous me demandiez quel est le rêve de tout nutritionniste, je vous répondrais probablement : obtenir une digestibilité de 100 %. Wow, vous imaginez l'efficacité alimentaire! Tout pour la vache! Fini les problèmes de gestion du fumier! « Mon garçon, c'est trop beau pour être vrai », aurait assuré mon grand-père agriculteur avec toute sa sagesse. Par contre, cela ne veut pas dire qu'il est impossible d'améliorer la digestibilité de nos rations. En effet, les travaux de recherche effectués par CRF (Cooperative Research Farms) nous ont permis d'y arriver en optimisant l'efficacité du rumen avec le concept F3.

Le rumen, une incroyable usine de transformation

Le rumen est le deuxième des quatre compartiments stomacaux qui font des ruminants des animaux si complexes et fascinants à la fois. C'est d'abord et avant tout un immense réservoir d'une capacité de plus de 200 litres (chez une vache adulte de race Holstein), dans lequel se retrouvera l'eau ainsi que tous les aliments ingérés. Ensuite, ces derniers y seront dégradés en composés simples sous l'effet d'enzymes produits par la flore microbienne qui y vit. Pour mieux visualiser le tout, imaginez-vous une longue chaîne qui serait sectionnée en plusieurs maillons de couleurs et formes différentes.

Enfin, une bonne partie des sous-produits de la dégradation des aliments sera fermentée ou utilisée par les microbes du rumen pour leur propre croissance. C'est à partir de la fermentation que seront produits les acides gras volatils (AGV), qui pourront être des précurseurs de glucose (lactose) ou des matières grasses (M.G.) du lait, par exemple. Car, à la différence des monogastriques, les ruminants fabriquent la majeure partie de leur glucose à partir des AGV.

Comme vous le savez, une autre particularité des ruminants est qu'ils sont capables de tirer profit des fourrages. Encore une fois, c'est au niveau du rumen que la transformation – en fait, une fermentation – se fait, grâce aux micro-organismes capables de décomposer les fibres. En effet, c'est sous l'action de certains enzymes propres à la cellulose et à l'hémicellulose (sucres complexes) de la fibre que celles-ci seront dégradées. Les AGV produits à la suite de la fermentation seront ensuite utilisés comme source d'énergie par la vache.

Optimisez l'efficacité du rumen

La ration d'une vache en début de lactation est habituellement constituée de proportions égales de concentrés et de fourrages. C'est connu, la digestibilité et la vitesse de dégradation des concentrés dans le rumen peuvent varier selon la texture, la taille des particules et les traitements. La vitesse de dégradation des sucres (provenant des concentrés et fourrages) doit être synchronisée avec celle des protéines, afin de profiter du mutualisme (interaction positive) des micro-organismes. Un environnement stable au rumen, comme un pH favorable, contribuera à en optimiser l'efficacité. À cet effet, l'ajout d'éléments tampons à la ration est probablement la stratégie la plus connue.

L'addition de probiotiques (levures, etc.) peut aussi contribuer au maintien des bonnes conditions dans le rumen, propices à une bonne digestion de la fibre. L'utilisation d'ionophores pourrait aussi améliorer l'efficacité énergétique en modifiant la fermentation dans le rumen. Toutefois, cette stratégie pourrait entraîner des changements dans la composition du lait dans certains cas. À ne pas oublier que l'utilisation d'ionophores nécessite une ordonnance vétérinaire.

Dans le cas des fourrages utilisés en cours d'année, la digestibilité risque d'être beaucoup plus variable. Humidité, longueur des particules, qualité de conservation sont des facteurs qui influeront sur leur digestibilité.

Et que dire de la maturité à la récolte! À mesure que la plante avancera en maturité, son degré de lignification augmentera, ce qui réduira sa digestibilité. Vous vous souvenez de l'été 2009? Des conditions météorologiques exécrables vous ont obligés à alimenter vos vaches, durant l'hiver, avec des fourrages trop matures. Il ne faut pas perdre de vue que la production de lait sera d'autant « facilitée » que les fourrages seront digestibles. L'ajout d'enzymes appropriés, comme le Pulpozyme, nous avait permis d'obtenir un peu plus de nos fourrages. Mais pourquoi nous arrêter là?

Pulpolac F3 : produire plus… avec la même ration

Figure 1-2

Le concept F3 favorise le maintien des conditions essentielles aux micro-organismes responsables de la digestion de la fibre. Nous augmentons ainsi leur activité enzymatique afin d'améliorer la digestibilité des fourrages. En d'autres termes, le Pulpolac F3 contient des facteurs qui favorisent la fermentation dans le rumen et l'utilisation maximale des micro-organismes qui s'y trouvent. Quatre projets de recherche effectués par CRF ont mené à la formulation du Pulpolac F3.

D'abord, l'essai 567 nous a permis de déterminer le niveau optimal de F3 qui accroît la production laitière. Dans cette expérience, le niveau le plus élevé a entraîné la production de 1,6 kg de lait de plus par jour (figure 1).

Dans l'essai 570, nous avons observé chez des vaches qui n'étaient pas en lactation, alimentées avec une ration supplémentée de F3, une augmentation de 25 % de la concentration en AGV au rumen et de près de 20 % de la digestibilité de la fibre ADF.

Figure 3-4

Ensuite, lors de l'essai 592, nous avons évalué la production de lait et la digestibilité chez des vaches alimentées avec une ration témoin, par rapport à d'autres dont la ration comprenait l'ajout de F3, d'un additif A et la combinaison du F3 et de l'additif. Encore une fois, nous avons observé une amélioration (+ 34 %) de la digestibilité de la fibre ADF lorsque le F3 était ajouté à la ration (figure 2). De plus, la production de lait corrigé à 3,5 % de M.G. a aussi été supérieure de 3,25 kg par jour (figure 3).

Finalement, l'essai 593 a une fois de plus confirmé les réponses positives observées antérieurement avec l'addition du F3, puisque les vaches ont produit 2,8 kg de lait de plus par jour, corrigé à 3,5 % de M.G. (figure 4).

En résumé, ces recherches illustrent que, lorsque le F3 est ajouté, il y a une amélioration de la digestibilité, qui se traduit par une augmentation de la production de lait corrigé à 3,5 % de M.G.

Le Pulpolac étant une source de fibre hautement digestible et un excellent stimulant d'appétit, l'addition du concept F3 fait du Pulpolac F3 un aliment unique et savoureux à servir en début de lactation. Il est recommandé de l'incorporer à une ration bien équilibrée, à raison de 1,5 kg/vache/jour durant les 90 premiers jours de la lactation.

En conclusion, pour bien nourrir une vache, on doit d'abord nourrir les microbes de son rumen. Pour y parvenir, il faut évidemment servir des aliments de qualité, et ensuite obtenir une bonne synchronisation de la disponibilité des nutriments au rumen, pour optimiser la synergie entre les différents micro-organismes. C'est ce dont votre expert-conseil s'assure en formulant vos rations à l'aide du logiciel Synchrowin.

Les résultats des recherches sur le concept F3 sont éloquents : amélioration de l'efficacité du rumen et de l'efficacité alimentaire. Le Pulpolac F3 optimisera la digestibilité de vos fourrages, pour le plus grand bénéfice de vos vaches et, surtout… pour le vôtre!

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