Entretiens
L'agriculture au Québec
Depuis quelques années, les problèmes liés au monde apicole font régulièrement la manchette, tant au Québec que de par le monde. Cette médiatisation a permis de faire connaître l'importance des abeilles en agriculture. Toutefois, elle montre parfois à tort que l'apiculteur se retrouve sans ressource devant les défis qu'il doit relever. Pourtant, plusieurs organisations bourdonnent d'activité pour l'aider dans son entreprise.

Ces appuis à l'apiculteur s'articulent autour de quatre axes : les organisations, la recherche, la santé et la diffusion de l'information.

Des organisations actives

C'est l'union des travaux individuels des abeilles qui fait la force d'une ruche. Les organisations apicoles du Québec ont la même approche : elles ont toutes à cœur le développement de leur secteur, mais avec des mandats différents.

Les apiculteurs du Québec peuvent compter sur deux organisations syndicales. Leurs mandats consistent à représenter leurs membres auprès des organismes tant publics que privés. Elles sont également actives dans la promotion des produits, la formation et les achats par regroupement pour obtenir de meilleurs prix. Mentionnons que les apiculteurs du Québec sont représentés au niveau fédéral par le Conseil canadien du miel, qui regroupe les associations provinciales du pays.
Le mouvement coopératif est présent depuis plus de 40 ans dans ce secteur, par l'entremise de l'unité apicole de Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d'érable. Riche d'une vaste expérience dans le secteur acéricole, Citadelle travaille à orienter le secteur apicole vers les marchés industriels et l'exportation.

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) est sensibilisé à l'importance de la présence des abeilles dans les cultures (pour la pollinisation) et à l'impact dévastateur en cas de pertes importantes de ruches. La santé, l'expertise et l'aide à la recherche sont les trois axes dans lesquels il est actif.

La santé : Les entreprises apicoles peuvent compter sur un réseau de médecins vétérinaires répartis sur l'ensemble du territoire. Ces profes­sionnels ont accès à des laboratoires afin de dépister les maladies ou les produits qui affectent l'abeille. En raison de l'importance de l'apiculture pour les cultures et des ressources limitées des entreprises apicoles, ces services professionnels sont gratuits. Mentionnons qu'un bulletin sanitaire sur l'abeille est publié quelques fois par année, selon les besoins. La direction de la publication est en contact avec un réseau d'apiculteurs à l'affût des problématiques sanitaires qui surviennent dans leur région.

L'expertise : Le MAPAQ compte plusieurs experts techniques en matière de conduite des ruchers, de gestion des pesticides, de génie et d'économie. Ces professionnels agissent comme personnes-ressources auprès des autorités gouver­nementales et du milieu.

La recherche : Le MAPAQ appuie financiè­rement différents projets de recherche portant sur les problèmes liés à l'abeille.

Les tables filières sont sous la responsabilité du MAPAQ. Leur mandat consiste à regrouper les intervenants, de la ferme jusqu'aux consommateurs, et à travailler à des objectifs communs. La table apicole est active depuis une quinzaine d'années. Elle a travaillé, ces dernières années, à la création d'un cours collégial destiné aux futurs apiculteurs, à des études de prospection de marché, à la promotion des produits apicoles. Elle sert aussi de lien entre les différents intervenants dans la résolution de problèmes, comme ce fut le cas lors des pertes importantes du nombre d'abeilles en 2003.

Sans recherche, pas d'avenir…

La recherche est un palier incontournable. Sans son soutien, le secteur aurait de la difficulté à survivre dans les années actuelles. Le maillage entre les chercheurs et le milieu apicole permet une bonne écoute et une bonne compréhension des problèmes. Issus des universités, ces chercheurs possèdent une renommée mondiale due à la qualité des leurs travaux. Ceux-ci ont porté entre autres sur les abeilles et les pesticides ainsi que sur les méthodes de lutte contre les ennemis et les maladies de l'abeille.

Le Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD) est composé de chercheurs de plusieurs secteurs de production animale, dont une section apicole. Il est administré en partenariat par le MAPAQ et l'Université Laval. On y trouve une expertise, des équipements ainsi qu'une logistique adaptés à l'apiculture. Au cours des années, le volet apicole du CRSAD est devenu un pivot important pour le développement de ce secteur au Québec.

Le CRSAD, par l'entremise des réseaux provinciaux de services-conseils, offre aussi un service technique en apiculture. Un agronome spécialiste conseille les entreprises sur la conduite des ruchers, participe au développement du secteur par le transfert et l'innovation technologiques, et collabore avec les différents intervenants sur des dossiers apicoles.

L'incontournable diffusion de l'information

L'apiculture, comme tous les secteurs agricoles, est soumise à la règle qu'il faut continuellement progresser afin de maintenir sa productivité. Dans cette optique, la diffusion de l'information demeure, sans contredit, un outil à privilégier. Depuis une quarantaine d'années, elle passe par un regroupement d'intervenants du milieu, d'associations apicoles et de chercheurs qui se sont donné comme mandat de transmettre une information de pointe. Ce comité apicole fait partie du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ). Faisant le lien entre les intervenants, le CRAAQ travaille principalement sur deux volets :
• La rédaction et la publication de documents techniques (la Trousse d'information et de démarrage en apiculture ainsi que Gestion optimale du rucher en sont des exemples).
• La tenue de colloques ou de journées champêtres tous les deux ans (en 2011, la journée champêtre a attiré 200 personnes).

Le secteur apicole joue un rôle essentiel en agriculture. Nous devons donc le maintenir et le développer. Au cours des dernières années, il a connu d'importantes difficultés : lutte contre certains parasites, taux anormalement élevé de pertes de ruches, chute du prix du miel. Un réseautage efficace a permis de maximiser les interventions en dépit des ressources humaines et financières limitées. Les apiculteurs, eux, ont maintenu le cap et demeurent optimistes pour l'avenir.

Organismes actifs en apiculture

- Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ)
- Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ)
- Table filière apicole
- Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD)
- Université Laval et Université du Québec à Montréal
- Fédération des apiculteurs du Québec
- Union des syndicats apicoles du Québec
- Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d'érable – Unité apicole
- Cégep d'Alma

 

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