Entretiens
Le prix de la terre
Le développement durable est un incontournable. Un nombre croissant d'entreprises et d'organisations, ici comme ailleurs, incluent ce type de développement dans leurs activités au quotidien. En plus de contribuer au mieux-être des gens sur les plans social, économique et environnemental – les trois pôles du développement durable –, elles se dotent d'un avantage concurrentiel. Le présent dossier fait état de ces multiples initiatives en vue d'un monde « plus juste, plus vert, plus solidaire, plus responsable ».
La démarche de deux coopératives du réseau

Le 4 octobre dernier avait lieu le séminaire de gestion du réseau La Coop. Le thème choisi cette année : « Comment le développement durable est susceptible de s'intégrer dans la gestion des coopératives agricoles ». La rencontre a été un succès. En plus des différents exposés sur plusieurs aspects du développement durable, les directeurs généraux de deux coopératives ont présenté la démarche qu'ils ont entreprise dans le cadre d'un projet-pilote avec La Coop fédérée. Nous verrons dans cet article les principaux éléments composant une démarche de développement durable et de quelle façon les parties prenantes (voir l'encadré, p. 46), dont les membres font partie intégrante, peuvent influencer la coopérative dans sa démarche.

Qu'est-ce que le développement durable?
De plus en plus nous entendons ce terme, qui est employé dans diverses communications d'entreprises, de sociétés et d'organismes publics. Mais comme le montre le tableau (p. 47) des princi­­pales dates importantes du développement durable, le concept n'est pas nouveau et il a évolué à travers le temps. Il ne trouve son origine, dans les faits, qu'au début des années 1970, où des interrogations se sont posées sur les effets du développement humain et industriel sur la planète.

Avec le temps, des rapprochements ont été faits entre différents milieux de la société afin d'intégrer les trois principales composantes du développement, soit les variables économiques, sociales et environnementales. La définition la plus couramment utilisée provient du rapport de 1987 de la Commission mondiale pour l'environnement et le développement : Our Common Future (Notre avenir à tous). La Commission était présidée par la première ministre norvégienne de l'époque, Gro Harlem Brundtland, et sa définition du développement durable se lit comme suit : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. » La définition fait mention des besoins qui touchent particulièrement les populations les plus démunies et des principes d'équité, mais aussi du concept d'un développement qui prend en compte les limites sociales et environnementales.

Mais au niveau du particulier, de la ferme et de la coopérative, de quelle façon s'intègre le développement durable? « Malgré une définition qui prête à débats dans les hautes sphères économiques, politiques et scientifiques, un développement durable se traduit au niveau citoyen par des gestes quotidiens qui préservent son environ­nement naturel, une implication dans la vie sociale et politique de la cité et une contribution à la richesse de l'économie locale. Pour l'entreprise, il s'agit d'assurer sa pérennité en créant de la valeur tout en prenant en compte les impacts sociaux et environnementaux de son activité ».

Les projets-pilotes
En octobre 2009, trois coopératives du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont participé à une mission en France au cours de laquelle elles ont visité une coopérative ayant mis en œuvre une démarche de développement durable. Au moment de la visite, la coopérative, nouricia, avait effectué un cycle complet d'un an et rencontrait ses parties prenantes afin de les renseigner sur l'état de la situation et l'avancement de sa démarche. Au retour de cette mission, les trois coopératives se sont senties interpellées et ont su voir une occasion pour, notam­ment : répondre aux pressions et sollici­tations extérieures, se projeter dans l'avenir, réduire leurs coûts, détenir un avantage concur­rentiel, améliorer leur image de marque, assainir les relations internes, respecter la régle­men­tation, et plus encore. Avec l'aide d'une subvention de l'Initiative de développement coopératif, organisme fédéral voué à la promotion de la coopération, deux projets-pilotes ont été mis en route au début 2010. Dans le cadre de ces projets, les coopératives demeurent maîtresses de leur démarche, mais elles sont appuyées par une équipe de profes­sionnels de La Coop fédérée.

La démarche
La démarche se veut un processus d'amélioration continue et vise à intégrer les principes du développement durable dans la gestion quotidienne de la coopérative. Les étapes qui suivent constituent le début de la démarche (voir schéma sur cette page).

En premier lieu, il est important qu'il y ait un engagement fort de l'organisation envers le développement durable. Le conseil d'administration doit, par une résolution, établir que la coopérative s'investit et met en place les ressources nécessaires au bon déroulement de la démarche. Par la suite, la coopérative effectuera un diagnostic afin d'établir un portrait de la situation. Dans le cadre de ce diagnostic, et au centre de la démarche, la coopé­rative entrera en contact avec ses parties prenantes. Ce processus est primordial. Il permet de connaître les principales préoccupations des parties prenantes relativement aux enjeux auxquels la coopérative doit faire face dans un cadre de développement durable. C'est à ce moment qu'un contact est établi entre la coopérative et ses parties prenantes. Elles peuvent, dans différentes rencontres, faire valoir leurs préoccupations et perceptions à l'égard des enjeux du développement durable. Ces enjeux touchent toutes les sphères de la coopérative de façon équilibrée et interdépendante, tant au plan de la pérennité économique que du respect des variables sociales, de la préservation des ressources et de la gouvernance. À l'aide des référentiels utilisés dans le cadre de la démarche, 34 enjeux ont été considérés. Le tableau de la page 47 présente des exemples d'enjeux et d'indicateurs pour chacun des domaines.

En plus d'établir les enjeux prioritaires pour la coopérative en matière de développement durable, le processus a des effets collatéraux insoupçonnés par l'information et la formation des parties prenantes sur ce qu'est le développement durable. Comme l'a dit, durant sa présentation au séminaire de gestion, Gervais Laprise, directeur général de La Coop des deux rives : « Les participants mentionnaient que "maintenant on sait ce que c'est que le développement durable!". »
La prochaine étape vise à rassembler toutes les informations et à en effectuer l'analyse. Cette analyse permet de se concentrer sur les enjeux jugés importants et prioritaires, tout en établissant les indicateurs qui permettront d'effectuer un suivi rigoureux. La coopérative sera ensuite en mesure de cibler les stratégies qu'elle croit nécessaire de mettre en place afin d'améliorer la situation. Une série de plans d'action permettra de maintenir le cap sur les engagements.
Il est important de garder en tête que les stratégies ne visent pas à tout régler d'un coup, mais bien à progresser dans un axe respectant les principes de développement durable. Parce que souvent, à vouloir tout faire en même temps, on ne fait rien.

À la fin du cycle, un rapport faisant état de l'avancement de la démarche permettra d'informer les parties prenantes relativement aux éléments discutés avec elles lors des différentes rencontres. Le processus se veut transparent et légitime. Pour cette raison, l'intervention d'une agence de notation extrafinancière viendra établir la cohérence de la démarche entreprise par la coopérative. Mais il ne s'agit pas de la dernière étape, puisqu'à la fin de ce processus le cycle devra recommencer, afin de communiquer les résultats aux parties prenantes et de permettre à celles-ci d'apprécier si l'investissement en matière de développement durable est suffisant et adéquat.

Les résultats et les bénéfices
Les coopératives peuvent tirer un avantage indéniable du fait de s'investir dans une démarche de développement durable. Entrer en contact avec ses membres est profitable et permet de consolider les liens. Comme l'a dit Lovasoa Ramboarisata, chercheuse associée au Groupe international de recherche en éthique financière de l'Université du Québec : « Une communication fluide entre les membres et la direction d'une coopérative est l'élément clé pour forger une véritable stratégie de développement durable. » D'où l'importance d'intégrer les parties prenantes dans la démarche.

Au bout du compte, la coopérative pourra accroître sa valeur et sa durabilité. Dans ce contexte, la valeur ne se confine pas qu'à la dimension financière, mais aussi au « survaloir » de l'entreprise. Nous entendons par cela le capital de marque, la position stratégique, les alliances ainsi que les connaissances.
Dans une démarche de développement durable, il est possible de prendre en considération tant la réputation que l'engagement éthique et social ainsi que la responsabilité envers les parties prenantes. À ce chapitre, les coopératives font figure de proue de par leur structure et les principes qui les gouvernent.

 
Les énergies renouvelables et le développement durable sont deux clés maîtresses de la lutte contre les changements climatiques. Nutrinor, la coopérative agroalimentaire du Saguenay– Lac-Saint-Jean, l'a bien compris et intègre ces deux clés à son trousseau.
Les sources de combustibles ne manquent pas sur le marché, mais toutes n'ont pas les mêmes coûts, valeurs calorifiques (gigajoules1) et empreintes environnementales. Électricité, mazout, propane, gaz naturel, biomasses. Du lot, les granules fabriqués de résidus de bois ou d'autres matières organiques se distinguent généralement par leur coût compétitif, leur haute densité énergétique et leur faible empreinte environnementale, puisqu'ils sont produits près des lieux de récolte et de transformation du bois.
De plus, les granules de bois – à base de résidus forestiers ou de bois issu de plantations – sont à peu près carboneutres, c'est-à-dire que le carbone relâché lors de la combustion équivaut au carbone séquestré lors de la croissance du végétal. Des gigajoules végétaux parfaits pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Place à la biomasse
À l'automne 2010, Nutrinor et sa quincaillerie Unimat, à Saint-Bruno, mettaient en place le projet BioNor Énergies, visant à tester la faisabilité d'un système de livraison à domicile de réservoirs de granules de bois. Ce projet de mode de distribution substitutif aux granules achetés en sac visait à évaluer l'efficacité et les avantages d'une telle livraison en semi-vrac. Six clients résidentiels avaient alors participé à ce projet.
Cette première expérience menée à terme, la coopérative a décidé l'automne dernier d'offrir ce service à sa clientèle de façon régulière. Concrètement, un camion-grue de la quincaillerie dépose dans le garage ou le cabanon des clients un réservoir de plastique contenant 500 kg de granules – l'équivalent de 27 sacs de 40 lb. Les usagers n'ont alors plus qu'à prélever les granules avec un seau, à remplir par l'ouverture d'une guillotine sous le réservoir. Ainsi, plus de sacs lourds à manipuler et plus de sacs de plastique et de matériel d'emballage à recycler. Pour une maison unifamiliale typique de huit pièces, il faut commander entre deux et quatre réservoirs de granules par saison. Le prix plus élevé des granules en vrac comparativement à ceux en sac s'explique par le coût du transport jusqu'aux résidences. La durée de vie du réservoir – qui est réutilisable et recyclable – est estimée à 15 ans.
Rappelons que les granules, qu'ils soient de bois mou ou dur, ont à peu près la même valeur calorifique, soit celle du bois dur d'érable, par exemple. Les granules de pin gris et d'épinette noire distribués par Nutrinor sont fabriqués par l'entreprise Granules LG, qui possède des installations à Saint-Félicien et à Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean.
Pour l'instant, le démarchage n'a ciblé que le secteur résidentiel, mais Nutrinor compte s'attaquer au marché commercial et industriel, qui nécessiterait une livraison 100 % vrac avec souffleurs, comme pour les aliments pour animaux en silo. L'expertise de Sonic et du secteur des productions animales en matière de distribution de produits énergétiques et de moulées serait alors mise à profit.
La distribution n'est toutefois que le dernier maillon d'une chaîne de valeur – ou d'une filière bioénergétique – que Nutrinor se propose de mettre sur pied. Remontons en amont.

Et que ça saule!
Avec la collaboration de La Coop fédérée, Nutrinor et cinq autres coopératives régionales établissaient, en 2009, sept parcelles expérimentales pour évaluer les rendements et les caractéristiques agronomiques du saule à croissance rapide comme source de biomasse à brûler pour le chauffage. Plus d'une vingtaine d'hectares ont donc été plantés en saule dans la région. En 2011, Nutrinor ensemençait aussi deux parcelles d'alpiste roseau avec les mêmes objectifs expérimentaux.
Une petite terre difficilement accessible, une bande riveraine, un ancien pâturage, un lopin peu fertile… Selon le directeur du Service innovation et croissance du Secteur développement durable de La Coop fédérée, Cyrille Néron, les terres marginales totaliseraient entre 300 000 et 560 000 hectares au Québec. De ce nombre, des milliers d'hectares s'enfrichent inexorablement, ce qui anéantit les efforts colossaux fournis pour leur mise en culture des décennies plus tôt.
Disséminées entre Saint-Fulgence et Saint-Edmond-les-Plaines, les parcelles plantées en saule donneront dès l'été 2012 un aperçu de leur productivité, ce qui permettra d'affiner les analyses technico-économiques déjà en cours sur cette culture. Récoltées tous les trois ou quatre ans et ayant une durée de vie estimée entre 20 et 25 ans, ces plantations fourniront alors un volume de biomasse capable de faire passer le projet BioNor à une vitesse supérieure.
En plus du soutien de Cyrille Néron, le coordonnateur de l'innovation, du développement durable et des bioénergies chez Nutrinor, Frédéric Lebrun, reçoit l'aide, pour le projet de culture du saule et de l'alpiste, du Réseau des plantes bio-industrielles du Québec du CÉROM (Centre de recherche sur les grains) ainsi que l'expertise du chercheur et botaniste Michel Labrecque, de l'Institut de recherche en biologie végétale de l'Université de Montréal, spécialiste des espèces à croissance rapide.
Chimiste de profession, Frédéric Lebrun est un porteur de ballon polyvalent. « Dans les projets Saule et BioNor, nous couvons l'œuf tout en prenant soin de la poule. Autrement dit, nous développons l'offre de biomasse des producteurs en même temps que la demande de ce genre de produit de la part des consommateurs. »

Ce réservoir pour la livraison en semi-vrac contient 500 kg de granules de bois, l'équivalent de 27 poches de 40 lb.

Double D
Le développement durable (DD). On reproche souvent à ce concept, créé en 1987, d'avoir été galvaudé, utilisé fallacieusement par des gouvernements et des entreprises qui désiraient surtout verdir leur image. En 2012, que reste-t-il du vrai et vertueux développement durable, qui inclut tant les sphères économique et environnementale que sociale? Le DD chez Nutrinor, c'est du sérieux?

Yves Girard, directeur général de Nutrinor, a une réponse toute prête, car mise par écrit dans une toute nouvelle politique interne qui vise à véritablement positionner le développement durable au cœur des décisions de cette coopérative de 1200 membres et de 400 employés. « Notre volonté est d'instaurer dans notre entreprise une véritable culture organisationnelle basée sur les principes du développement durable, cohérente avec nos valeurs coopératives. D'ailleurs, une coopérative comme la nôtre est normalement plus apte à mettre en place une politique de développement durable qu'une entreprise privée, car l'aspect social est déjà présent chez nous. »

L'homme poursuit : « Notre politique de développement durable, à laquelle nous avons travaillé pendant deux ans, s'applique à l'ensemble de nos activités, de nos lieux, de nos employés et même de nos parties prenantes, comme nos membres et nos fournisseurs. De plus, le développement durable fait maintenant partie de nos valeurs d'entreprise, aux côtés de l'innovation, de la reconnaissance et de la responsabilisation. »
Coordonnateur de l'innovation, du développement durable et des bioénergies chez Nutrinor, Frédéric Lebrun, chimiste de profession, a le développement durable au cœur. Les mots « écoblanchiment » et « greenwashing » le font bondir

Pour accoucher de cette politique et pour d'autres projets, la coopérative jeannoise obtient depuis une dizaine d'années la collaboration du Centre québécois de développement durable (www.cqdd.qc.ca), situé à Alma et créé au début des années 1990. « Notre démarche de développement durable a provoqué un engouement chez nos employés, qui sont avides de ce concept. Il n'y a aucune résistance de leur part, au contraire : les gens y croient », soutient Yves Girard.

Ce gestionnaire va même plus loin : « Nous voulons que Nutrinor devienne synonyme de développement durable. » Attention : Nutrinor ne s'engage-t-elle dans la voie du dévelop­pement durable que pour l'image? Lancés dans la conversation, les mots « écoblanchiment » et « greenwashing » font bondir Frédéric Lebrun. « La pire crainte de notre directeur du marketing et des communications, Jean-Pierre Simard, c'est justement que certains interprètent notre démarche de développement durable comme une sorte de campagne publicitaire. » Au contraire, Nutrinor veut d'abord prêcher par l'exemple et surtout bien cibler ses interventions médiatiques pour publiciser de vraies actions concrètes.

« Nous faisions déjà du développement durable avant de penser revoir nos actions sous cette loupe, rappelle

Le directeur général de Nutrinor, Yves Girard, croit que les coopératives sont mieux positionnées que les entreprises privées pour épouser le développement durable.
Frédéric Lebrun. Par exemple, si une action n'est pas rentable… elle n'est pas entreprise! » Pour lui, le développement durable n'est ni un poste de dépense ni un poste de revenu. C'est davantage une sorte de lorgnette pour examiner les décisions et servir de guide. « C'est une nouvelle philosophie de gestion », résume le DG de Nutrinor, Yves Girard.

Comment soupeser l'importance de critères économiques, environnementaux et sociaux dans un projet? Un projet très vivable et équitable, mais moyennement viable, devrait-il être entrepris? « L'idée, c'est de trouver un bon équilibre entre ces trois sphères [voir la figure ci-dessous] et de ne pas seulement voir les contraintes que chaque sphère apporte », expose Yves Girard. « Notre démarche est encore un chantier en cours. Notre but, c'est d'avancer de façon cohérente dans ce processus, explique pour sa part Frédéric Lebrun. Par exemple, notre formulaire de déboursé majeur, nécessaire pour les dépenses de plus de 100 000 dollars, contient désormais des questions sur notre culture d'entreprise, les communications, la viabilité économique, le milieu de travail, la production et la consommation responsables ainsi que la gestion des ressources naturelles. Pareillement, la politique de développement durable sera fondue dans notre politique d'achat. » Comme Nutrinor a des actifs de 79 millions de dollars et un chiffre d'affaires annuel de près de 300 millions, on comprend que ses actions en faveur du développement durable ne sont certes pas un coup d'épée dans l'eau.

Avec son projet d'entreprise « vendre et produire durable », nouricia permet à ses membres de répondre de façon rentable aux attentes des clients et de la société. Portrait d'une coopérative qui a fait le pari de la durabilité pour ses producteurs membres.

En 2007, nouricia entreprend une démarche de développement durable. En 2008, elle fait le pari de transposer cette démarche chez ses producteurs agricoles en définissant un modèle de production innovant, alliant à la fois les performances économiques, agronomiques et environnementales. En octobre dernier, Christophe Brasset, directeur général de nouricia, est venu présenter aux dirigeants du réseau La Coop la stratégie d'agriculture durable adoptée par cette coopérative et les réalisations qui en découlent.

D'abord, il y a le contexte. L'agriculture doit faire face à des enjeux majeurs : nourrir les humains (population mondiale qui vient de passer le cap des sept milliards d'habitants), atténuer les changements climatiques et s'y adapter, se préparer à la fin du tout-pétrole, protéger les ressources naturelles (eau, sol, air, biodiversité)…

De l'autre côté, les attentes grandissantes des clients et des consommateurs européens. Les consommateurs veulent des aliments sains et de qualité, mais demandent également une garantie que les ressources utilisées pour les produire le sont de façon durable. Leurs préoccupations et exigences sont aussi variées que le prix, l'utilisation de l'eau (un enjeu non négligeable en France), le goût des aliments, l'impact sur le climat, l'origine des produits et la biodiversité. La grande distribution, quant à elle, est à la recherche de positionnement différencié. Les clients industriels priorisent une production agricole plus durable.

Mais le modèle d'agriculture durable proposé par nouricia a également le défi d'assurer la pérennité des exploitations agricoles appartenant à ses membres. Cette pérennité, nouricia la voit dépendante de plusieurs facteurs : revenus supplémentaires, augmentation des marges, réduction des coûts de production, rôle de l'agriculteur dans la multifonctionnalité1 de l'agriculture, préservation des ressources (eau, air, sol, biodiversité).

La stratégie
Une stratégie d'agriculture durable prend en compte à la fois les enjeux de l'agriculture et les attentes de la société. Elle est basée sur la création de valeurs et la recherche de sources d'innovation.
Située dans la région de Champagne-Ardenne, la coopérative nouricia, membre du groupe nouricia, compte 2000 membres. En 2010-2011, elle enregistre un chiffre d'affaires de 290 millions d'euros et un résultat net de 7 millions d'euros (respectivement 578 millions d'euros et 10 millions d'euros pour le groupe).
Dans la vision de nouricia, l'agriculture durable se situe entre l'agriculture « conventionnelle » et l'agriculture biologique; elle se veut « responsable, innovante et durable ». Elle doit utiliser moins d'intrants, mais continuer à produire plus. C'est un peu l'adage de l'agriculture écologiquement intensive2 : « produire plus avec moins ».

Une offre de services adaptée
Ce nouveau modèle est toutefois synonyme de changements. nouricia s'est engagée concrè­tement à accompagner ses producteurs, et ce, à plusieurs niveaux : suivi individuel, outils et conseils. Mais également en facilitant les échanges entre producteurs sur les expérimentations et la mise en place de techniques de conservation des sols, par l'entremise d'un regroupement appelé nouriciAgrosol. nouricia dispose également d'un outil facilitant la concrétisation de ce nouveau modèle agricole : l'écodiagnostic. Il permet d'établir un diagnostic complet des entreprises agricoles en se basant sur les aspects économiques, environnementaux et sociétaux. Un plan d'action est ensuite établi et le suivi de la mise en œuvre de ces actions est réalisé. La totalité de la démarche d'agri­culture durable est alors expliquée au producteur lors d'une journée de formation, au terme de laquelle on lui propose d'engager son exploitation dans cette démarche.

Créer un nouveau modèle économique
Dans son nouveau modèle économique, qui est au cœur de la stratégie de nouricia, Christophe Brasset met l'accent sur la création de valeur, et ce, sur trois plans :

• valoriser les contributions positives du métier d'agriculteur;
• aller au-delà de la couverture des surcoûts des changements de pratiques;
• capter cette valeur pour mieux la répartir équitablement entre les acteurs de la filière (retour aux producteurs).

Pour y arriver, nouricia s'est donnée deux axes stratégiques : produire autrement et construire un marché des biens et services environnementaux.

Axe 1 : produire autrement
Tout d'abord, en mettant en œuvre de façon concrète l'agriculture durable. Ensuite, en valo­risant les produits issus de cette agriculture à leur juste niveau de contribution sur les marchés. En d'autres termes, les producteurs qui y mettent les efforts retirent leur juste part des bénéfices de la filière. Concrètement, nouricia a élaboré un cahier des charges que les producteurs s'engagent contractuellement à respecter. Ce cahier des charges, dont l'objectif est de restaurer l'écosystème agricole, se décline selon les thèmes suivants :

• Biodiversité
• Eau
• Économie
• Sol
• Qualité alimentaire
• Société
• Énergie et climat

Sous chacun de ces thèmes, des exigences particulières. Et un accompagnement par la coopérative.

Retour aux producteurs
D'un côté, nouricia développe des marchés pour valoriser un produit « agriculture durable ». De l'autre, elle s'engage auprès de ses membres qui adhèrent à la démarche d'agriculture durable à leur apporter une valeur additionnelle minimale de 100 euros/ha sur les superficies de blé et d'orge de brasserie.
Lors du lancement de la démarche et de la présentation du cahier des charges aux 100 premiers producteurs « pilotes » sélectionnés par nouricia, certains se demandaient pourquoi ils avaient été choisis en priorité. Une fois la démarche lancée et présentée à l'ensemble des producteurs, beaucoup se demandent maintenant pourquoi ils n'ont pas fait partie des 100 premiers!

Axe 2 : construire un marché des biens et services environnementaux
Christian Rousseau, président de la coopérative nouricia, et
Christophe Brasset, directeur général
Relativement à la multifonctionnalité de l'agriculture1. Un exemple concret de développement de marché : une société des eaux près du territoire couvert par nouricia reconnaît la contribution de certaines pratiques, dans certaines conditions, à l'amélioration de la qualité des eaux en amont des procédés de traitement. Résultat : le producteur est rétribué pour la mise en place et le suivi de pratiques agricoles par une société qui voit ses coûts de traitement réduits. D'autres exemples de biens et services environnementaux qui sont explorés : le stockage du carbone dans le sol, la préservation ou l'amélioration du climat ou de la qualité de l'air, la restauration de la biodiversité.

Une démarche durable et rentable
Même s'il ne peut y mettre un chiffre exact, Christophe Brasset est convaincu : l'évolution des résultats de la coopérative depuis les dernières années est due en grande partie à la démarche de développement durable et aux stratégies axées sur l'agriculture durable qui en ont résulté.
« Vendre et produire durable » en permettant aux membres de répondre de façon rentable aux attentes des clients et de la société? La question mérite très certainement d'être poussée plus loin… de ce côté-ci de l'océan.

Après le pétrole des sables bitumineux, la biomasse canadienne sera-t-elle le nouvel eldorado des sources énergétiques? Les initiatives pour extraire de la biomasse de l'énergie ou des matériaux de toutes sortes se multiplient, ici comme ailleurs. Les Pays‑Bas et l'Allemagne, où une délégation de directeurs généraux du réseau La Coop et de hauts dirigeants de La Coop fédérée a effectué une mission exploratoire l'automne dernier, ont déjà fait des pas de géant dans ce domaine. Et de ce côté-ci de l'Atlantique, de nombreux projets couvent ou sont sur le point d'éclore.
Avec le prix de l'énergie en hausse, le 3-n Klima Center, un centre d'excellence en bioénergies et matériaux durables, offre aux résidents diverses façons d'économiser, notamment en améliorant l'isolation de leurs habitations et en proposant des systèmes de chauffage à la biomasse.l
Le Canada et le Québec sont particulièrement bien pourvus en biomasse. Le pays abrite 10 % des forêts du globe1. Et d'après Cyrille Néron, directeur du Service innovation et croissance à La Coop fédérée, le Québec à lui seul disposerait de quelques centaines de milliers d'hectares de terres marginales qui pourraient être utilisées pour cultiver des plantes destinées à la production de biomasse. Cette « mine d'or vert » à ciel ouvert fait l'envie de beaucoup.
« Le potentiel de biomasse de la forêt canadienne est phénoménal », croit Robin Post van der Burg, directeur du développement des affaires à Topell Energy, une entreprise des Pays-Bas qui torréfie des résidus de bois de toutes sortes – vieilles palettes, résidus forestiers, etc. – pour en faire des granules à haute densité énergétique (30 % plus élevée qu'un granule traditionnel). L'homme d'affaires, qui connaît bien le Canada, fait preuve d'un enthousiasme sans bornes pour ce secteur d'activité qu'il estime plus que prometteur. « Le Canada est un véritable wood basket [réservoir de biomasse forestière]», dit-il. S'ils ne peuvent en obtenir suffisamment chez eux, certains entrepreneurs européens n'hésiteront pas, si nécessaire, à en importer pour alimenter leur croissance.

Ça carbure sur le vieux continent
Face à des coûts énergétiques élevés et en hausse, et pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre (GES), l'Union européenne a mis en place l'objectif 20-20-20, c'est-à-dire combler 20 % de ses besoins énergétiques à partir de sources renouvelables, accroître son efficacité énergétique de 20 % et produire 20 % moins d'émissions de GES, par rapport au niveau de 1991, d'ici à 2020. Cette directive a eu pour effet de favoriser les investissements, le soutien et le développement dans le secteur des énergies renouvelables.
« Plus de 50 % de cette énergie renouvelable sera issue de la biomasse, indique Wolter Elbersen », chercheur principal en biomasse et bioénergie au UR Food & Biobased Research, un centre de recherche rattaché à l'Université de Wageningen, aux Pays-Bas. « La quantité de biomasse requise, d'après notre hypothèse, s'élèverait en 2020 à quelque 655 millions de tonnes, sur une base matière sèche, pour les 27 pays de l'Union européenne – une quantité, toutefois, que l'UE ne saura produire en entier. Des importations seront donc nécessaires, à hauteur de 50 à 150 millions de tonnes de matière sèche, principalement constituées de granules de source ligno-cellulosique. »

Le 3-n Klima Center. La région d'Emsland, où est situé l'organisme, tire 70 % de ses besoins énergétiques de sources renouvelables.
La chancelière de l'Allemagne, Angela Merkel, est formelle : « Nous voulons cesser l'usage de l'énergie nucléaire et entrer dans l'ère des énergies renouvelables le plus vite possible », a-t-elle déclaré en mai dernier2. Le pays, qui obtient actuellement 23 % de son énergie du nucléaire, a bien l'intention de mettre un terme à cette filière énergétique controversée d'ici 2022 (l'Allemagne a annoncé sa sortie progressive du nucléaire après la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima3). Sur les 17 réacteurs atomiques que compte l'Allemagne, 7 ont déjà été fermés. D'ici à 2050, le pays vise à ce que 80 % de ses besoins énergétiques soient comblés par les énergies renouvelables (voir les tableaux 2 à 5). En 2010, 26,6 milliards d'euros (trois fois plus qu'en 2004) ont été investis dans ce secteur, qui emploie 367 000 personnes2.
Cette nouvelle prospérité, la région d'Emsland, en Allemagne, en a aussi ressenti les effets positifs. Accablée par 35 % de chômage il y a 40 ans, cette région, l'une des plus pauvres du nord de l'Allemagne à l'époque, goûte aujourd'hui aux fruits de l'économie des énergies renouvelables : elle tire à présent 70 % de son énergie de sources renouvelables. « Emsland ne compte plus que 3 % de chômage, indique Willfried Lüebs », maire de Werlte, une petite localité qui héberge le 3-n Klima Center, un centre d'excellence en matière de développement de bioénergies (biogaz, carburants solides) et de matériaux durables (bio-isolants, bâtiments verts, composites de fibres, biopolymères). Cet organisme à but non lucratif procure aux municipalités environnantes d'intéressantes retombées économiques et sociales. « Avec le prix de l'énergie en hausse, poursuit le maire, les gens viennent nous voir afin qu'on les aide à réduire leur facture énergétique, et cela passe par l'isolation de leur résidence ou l'achat d'un brûleur à biomasse, dont nous avons quantité de modèles en démonstration. »

Le 3-n Klima Center travaille également main dans la main avec l'industrie, dont le géant de l'automobile Volkswagen Audi. Un projet mené avec le constructeur, et financé par ce dernier, consiste à utiliser le surplus d'électricité d'un parc éolien pour récupérer l'hydrogène de l'eau. L'hydrogène, combiné au gaz carbonique issu de la combustion de biogaz produit en usine par la fermentation de plantes, permet d'obtenir du méthane (CH4), un gaz qui alimentera quelque 30 000 voitures construites par Audi.

La Pre Gülden Yilmaz du UR Food & Biobased Research, de l'Université de Wageningen, aux Pays-Bas.
L'Université de Wageningen et le UR Food & Biobased Research (avec leur 6500 employés et doté d'un budget de 650 millions d'euros) misent à plein régime sur la filière biomasse (chimie verte, bioproduits, biocombustibles) pour développer une véritable bioéconomie. « Notre organisation a adopté une approche client très poussée, indique la Pre Gülden Yilmaz, directrice du programme de la technologie et des applications des fibres naturelles au UR Food & Biobased Research. On s'assure que les recherches que nous menons auront des retombées tangibles et durables pour les entreprises et les industries avec lesquelles nous faisons affaire. »

L'organisme travaille notamment au développement de cultures dédiées à la production de biomasse (huile de calendule, pissenlit russe, betterave à sucre, algues). Les bioplastiques sont aussi dans la mire de l'institut de recherche. « Il n'y aura tout simplement pas suffisamment de pétrole pour subvenir aux besoins en matières plastiques traditionnelles que demanderont à l'avenir les populations de la Chine et de l'Inde, fait savoir la Pre Yilmaz. Ne serait-ce que pour la conservation des aliments, les bioplastiques, sous forme d'emballage végétal, permettent de doubler la durée de conservation de certains légumes par rapport aux matières plastiques traditionnelles. »

Granules de résidus agricoles et culture de peupliers hybrides.
Wolter Elbersen poursuit : « Nous devons, en premier lieu, utiliser la biomasse disponible, qu'il s'agisse de résidus ou de déchets, puis, dans un deuxième temps, faire usage des plantes pour produire de la biomasse dans une niche qui leur est propre. Mais, ce qui importe encore plus, c'est que nous utilisions les terres et la biomasse produite de la façon la plus efficace possible, de manière à ne pas nuire à la production d'aliments et à la biodiversité. Cela passe notamment par la hausse de la productivité par hectare, l'usage de sols inutilisés pour l'agriculture et le bioraffinage. »

« Les Pays-Bas comptent au total quatre millions d'hectares, dont la moitié sont cultivables, fait savoir le chercheur. Nous sommes un petit pays qui a de grandes ambitions. Il n'y a toutefois pas de solution miracle. La plante de tous les espoirs n'existe pas. De multiples facteurs entrent en jeu lorsqu'il s'agit de tirer de l'énergie d'une quelconque biomasse ou de fabriquer, à partir de celle-ci, des bioproduits ou des biocombustibles : coûts et disponibilité de la ressource, composition chimique, émissions de particules lors de la combustion, normes gouvernementales à respecter, etc. »

Biowert Industry produit de la fibre de cellulose qui, combinée à du polypropylène, permet de fabriquer divers produits industriels, dont des pièces d'automobiles.
C'est d'ailleurs pourquoi les essais de culture se multiplient un peu partout en Europe. En Allemagne, par exemple, au Centre for Agronomy and Crop Science, un centre de recherche de quelque 600 hectares situé dans la région de Saxe-Anhalt et relevant du State Institute for Agriculture, Forestry and Horticulture, on réalise nombre d'essais sur la production, la récolte et la combustion de peuplier hybride et de saule, ainsi que de graminées vivaces, tels le panic érigé, le barbon de Gérard, le miscanthus et l'agropyre. Les résidus de culture sont également mis à profit, et on met au point des équipements de récolte novateurs, adaptés à ces cultures.

En matière de bioéconomie, l'entreprise allemande Biowert Industry a mis sur pied une usine qui, dans un premier temps, produit du méthane à partir de la biodigestion de rejets d'aliments et de fumier. Ce biogaz alimente en énergie un processus de raffinage d'ensilage de fourrages fournis par des producteurs agricoles. Le raffinage permet d'en tirer de la fibre de cellulose, qui, combinée à du polypropylène, permet de fabriquer des granules de composites servant à la fabrication de divers produits industriels, dont des pièces d'automobiles. La région où Biowert est établie compte d'ailleurs une forte concentration d'entreprises de ce secteur d'activité.

Des producteurs s'y mettent
Des producteurs agricoles ont aussi emboîté le pas sur les sentiers de l'exploitation de la biomasse. C'est le cas des propriétaires de la Ferme Ameskamp, une exploitation de 85 hectares en culture située à Cappeln, en Allemagne. Ces éleveurs de 200 truies ont fait l'acquisition, en 2006, d'un système de chauffage à eau chaude, alimenté exclusivement de paille non densifiée déchiquetée (blé, triticale), qui comble tous les besoins de chauffage de la ferme et de la maison.
L'entreprise allemande Verschoor Group conditionne la paille que lui vendent des producteurs agricoles. 68 000 tonnes de paille de blé et d'avoine sont commercialisées en Allemagne, en France et aux Pays-Bas sous forme de litière, granules ou balles rectangulaires compressées.
La paille provient essentiellement de leurs cultures. Par temps froid, l'exploitation peut consommer jusqu'à neuf balles de 500 kg de paille par jour. Un système d'alimentation automatique achemine la paille au brûleur. Les cendres, source de calcium et de potassium, sont épandues sur leurs terres. Le coût de l'installation de combustion, y compris les infrastructures d'entreposage, s'élève à près de 250 000 euros. Pour mettre en place le projet, l'entreprise a bénéficié d'un soutien financier de l'Europe à hauteur de 25 %.
D'autres entreprises, en revanche, conditionnent la paille que leur vendent des producteurs agricoles. Verschoor Group, établi à Klein Oschersleben, en Allemagne, et fondé il y a 12 ans, traite aujourd'hui 68 000 tonnes de paille (principalement de blé et d'avoine), qu'elle commercialise en Allemagne, en France et aux Pays-Bas sous forme de litière, granules ou balles rectangulaires compressées. Verschoor Group s'approvisionne auprès de producteurs situés dans un rayon de 80 km.

Cyrille Néron, premier directeur, Secteur innovation et croissance de La Coop fédérée, en compagnie des producteurs agricoles allemands Alfred et Josef Ameskamp, qui ont acquis un brûleur à paille pour chauffer leur résidence et leurs bâtiments d'élevage de porcs.
Enfin, l'institut de recherche TLL, situé à Jena, possède la plus importante station de combustion en Allemagne. Avec un potentiel de production de 1,75 mégawatt, cette station consomme chaque année, en fonction de la température et de la qualité de la matière première, entre 300 et 600 tonnes de paille (de blé, d'orge et de seigle) ainsi que de copeaux de bois. L'énergie dégagée sert à chauffer des écoles et autres établissements de la région. L'institut fabrique également, à partir d'écorce d'arbres, des matières absorbantes et, à l'aide de paille, des briquettes utilisées comme litière pour les chevaux de même que des granules pour la combustion.
Des briquettes de foin utilisées pour la litière des chevaux, mises au point par le centre de recherche TLL, en Allemagne.

En y mettant les moyens et à l'aide d'une réglementation claire et précise, l'Europe entend atteindre ses objectifs d'ici à 2020. Le Canada et le Québec pourraient sans doute s'inspirer de ces démarches. Cette tournée a d'ailleurs permis de nombreux échanges entre les directeurs généraux, qui évaluent les possibilités de mettre sur pied des projets de développement de la filière biomasse agricole, en collaboration avec le réseau La Coop, tout particulièrement avec Énergies Sonic. Cette démarche s'inscrit dans le positionnement en matière de développement durable de La Coop fédérée et du réseau La Coop.

 
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