Entretiens
Prix Transfert de ferme, texte et photos d'Etienne Gosselin
Tenu les 24 et 25 novembre derniers à Drummondville, sous le thème « Coopérer pour mieux vivre », le 11e Colloque annuel des coopératrices a connu une assistance record cette année. Est-ce le thème, le programme, la perspective de réseauter ou celle de faire une petite pause bien méritée qui est à l'origine de ce formidable succès? À en croire les commentaires des participantes, c'est un peu tout ça!
Après une première journée où elles ont pu s'enivrer du parfum des roses chez Rose Drummond, démystifier la fabrication du fromage au Centre d'interprétation Saint-Guillaume et échanger entre elles pendant un souper de réseautage, les 76 coopératrices présentes ont eu droit à une surprise lors de la deuxième journée du colloque : pour la première fois en 11 ans, c'est un homme qui a ouvert la séance du matin!

Sachant que Denis Richard était en route pour Lévis, les coorganisatrices et coanimatrices du colloque, Sophie Bédard et Colette Lebel, en avaient profité pour l'inviter à venir saluer ce groupe exclusivement féminin. Dans son allocution, le président de La Coop fédérée n'a pas manqué de rappeler que les entreprises ayant des femmes à leur conseil d'administration – « idéalement, plus de 25 % », a-t-il tenu à préciser – étaient plus performantes. C'est pourquoi ce facteur avait été ajouté à la liste des critères pour le concours de la Coop étoile, a-t-il poursuivi. C'est aussi pourquoi le conseil de La Coop fédérée planchait sur un nouveau plan d'action pour une meilleure représentation des dirigeantes.

À titre d'administratrice de La Coop fédérée et de membre du comité exécutif, Sophie Bédard a d'ailleurs présenté un bilan du dernier plan en la matière. Parmi les actions de ce plan, elle a notamment souligné la publication de 40 portraits de femmes dans Le Coopérateur agricole ainsi que la tenue, en 2010-2011, de 58 rencontres régionales, qui ont attiré un total de 448 femmes. Elle était également fière du fait que le nombre d'administratrices dans le réseau a grimpé à 88 (15,3 %), comparativement à 72 (11 %) en 2005, et ce, malgré la diminution du nombre total de sièges.

Apport de la coopération
Pour illustrer le thème du colloque, la directrice des affaires coopératives de La Coop fédérée, Colette Lebel, y est allée d'un exposé émaillé de citations très inspirantes et révélatrices sur la nature profondément grégaire des humains. À titre d'exemple, cette phrase de Robert Putman : « Adhérer à un groupe entraîne une diminution de moitié du risque de mourir dans l'année qui suit. » Ou celle-ci d'un professeur de l'Université Emery, à Atlanta : « Dans le cerveau, l'acte de coopérer stimule les mêmes récepteurs que le plaisir de manger du chocolat! »

Mais c'est pendant les ateliers que les parti­cipantes ont pu prendre la pleine mesure de l'apport concret de la coopération à la qualité de vie des gens. En effet, six invitées sont venues expliquer comment leur coopérative contribuait au mieux-être de leurs concitoyennes (voir Six coops qui favorisent le mieux-être).

« Chacune avait quelque chose de bien différent à faire partager et j'ai bien aimé la formule dynamique des ateliers », a commenté la présidente de La Coop AgriEst, Francine Cayouette.

Bon nombre d'agricultrices ont été agréablement surprises par la diversité des services rendus par certaines coopératives. « Nous avons toutes eu la même réaction, a constaté Rachel Lebeau : ça existe! Comment peut-on le faire chez nous? »

S'il s'agissait d'une première participation pour cette membre de La Coop des Appalaches, qui est aussi directrice de comptes chez Desjardins, « ce ne sera pas la dernière, a-t-elle assuré. Des réunions comme celle-là nous rendent fières d'être membres d'une coopérative et nous permettent de dire à notre entourage : voici ce que les coopératives apportent au milieu! »

Les participantes ont également été invitées à réfléchir sur la manière de profiter de l'élan créé par l'Année internationale des coopératives pour promouvoir la coopération. De toutes les suggestions, c'est celle de Julie Boudreau qui a reçu l'accueil le plus enthousiaste. L'adjointe de direction de La Coop Comax a raconté comment sa coopérative avait créé l'Escouade Comax pour surmonter la difficulté à joindre ses membres agriculteurs durant la Semaine de la coopération. Pendant trois jours, a-t-elle expliqué, des équipes d'employés ont sillonné les rangs pour aller voir les producteurs au champ, à l'étable ou au garage et leur apporter un goûter et un café dans une tasse isolante Comax. « Ce dont je rêve pour la Semaine de la coopération 2012, a-t-elle continué, c'est de voir des centaines de véhicules ornés des drapeaux de chacune de vos coopératives se promener dans tous les coins du Québec pour rendre visite à vos membres et, pourquoi pas, à ceux qui ne le sont pas encore! »
Les ateliers ont permis aux participantes de discuter de coopération, mais aussi de créer des réseaux de contacts.
Le colloque s'est terminé en après-midi avec une conférence animée par Marie-Josée Tardif, journaliste et conseillère en potentiel humain. Intitulée « Le crocodile, le lion et l'Homo sapiens en nous », cette conférence a notamment permis aux participantes de découvrir leurs cordes maîtresses et leurs cordes sensibles. L'expérience a d'ailleurs donné lieu à de beaux moments d'émotion, en particulier pour Sophie Bédard, dont le parcours et le dynamisme font manifestement l'admiration de nombre de ses consœurs!

SIX COOPS QUI FAVORISENT
LE MIEUX-ÊTRE

La coopération qui facilite
la conciliation famille-travail

Membre de La Coop Agriscar, Amélie St-Jean a présenté la coopérative qu'elle a créée avec une dizaine d'autres jeunes familles d'agriculteurs de L'Isle-Verte pour permettre aux femmes de mettre davantage à profit leur expertise d'agricultrices. À l'exemple des coopératives d'utilisation de main-d'œuvre (CUMO) pour le partage des ouvriers agricoles, cette initiative permet de partager les services d'une aide familiale, qui vient périodiquement à la ferme pour garder les jeunes enfants, faire du ménage ou préparer des repas. Amélie St-Jean souhaite d'ailleurs que le concept soit repris ailleurs au Québec pour qu'un programme d'appui de l'État puisse être mis sur pied. Les personnes désireuses de fonder une nouvelle branche dans leur région peuvent contacter la coordonnatrice de la CUMO du Littoral, Nathalie Morin, au 418 775-8100, ou à coopdulittoral@cgocable.ca; site Web : www.coopdulittoral.com.

La coopérative qui veille
sur nos enfants

La présidente de La Coop Covilac, Muriel Dubois, a raconté comment ses concitoyens de Sainte-Brigitte-des-Saults et elle avaient mis en place la Coop de solidarité Service de garde Le Carrousel, après la fermeture du service de garde subventionné de l'école du village, il y a huit ans. Pour la collectivité, c'était là une mesure indispensable pour maintenir et attirer les familles dans la municipalité. S'occupant aujourd'hui d'une trentaine d'enfants, cette coop demeure la seule coopérative de garde en milieu scolaire au Québec.

La coopération qui aide la relève
Partenaire de l'entreprise laitière et acéricole familiale et membre de La Coop des Appalaches, Marie-Pier Béliveau a parlé avec enthousiasme du Fonds coopératif d'aide à la relève agricole, dont elle a personnellement bénéficié. Créé par La Coop fédérée, ce fonds a pour but de promouvoir la coopération auprès des jeunes agriculteurs admissibles de 18 à 40 ans en leur donnant le goût de s'engager dans leur coopérative. Le Fonds offre un appui financier sous forme d'escomptes sur l'achat d'intrants, un programme de développement des compétences et de participation aux activités associatives de La Coop, de même qu'un soutien professionnel. (Renseignements auprès de la coopérative agricole de votre territoire.)

La coopération qui prend soin des gens
Directrice des opérations et du développement du Centre de recherche et d'expertise en service de santé (CRESS), Vicky Champoux est venue parler de détresse psychologique chez les agriculteurs et plus particulièrement du programme d'aide offert aux membres de certaines coopératives, dont celle des Bois-Francs, par l'entremise du CRESS. En vertu de ce programme, les membres peuvent bénéficier de trois heures de consultation gratuites avec un spécialiste : psychologue, travailleur social, sexologue, nutritionniste, planificateur financier, etc. (Renseignements auprès des coopératives participantes ou du CRESS : www.cresspae.com, 1 888 799-0303.)

La coopération qui soutient le
développement régional durable

Natacha Lambert a présenté La Mauve, une coopérative de solidarité en développement durable de Bellechasse dont elle est présidente. Fondée en 2002, cette coopérative fait le lien entre une quarantaine de producteurs et les consommateurs par l'intermédiaire de son épicerie-boucherie, de son service traiteur et de ses paniers ASC (agriculture soutenue par la communauté) livrés à Québec et à Lévis. En plus de sa mission d'éducation populaire, la coopérative encourage la microproduction biologique en favorisant le regroupement de ressources dans son jardin-vitrine de Beaumont. (www.lamauve.com)

La coopération qui contribue
à l'avancement des femmes des pays émergents

Conseillère à l'égalité entre femmes et hommes chez SOCODEVI, Katia Fecteau a été invitée à expliquer comment cet organisme de coopération en développement international avait contribué à l'amélioration des conditions de vie de nombreuses femmes au Honduras grâce à la création d'activités génératrices de revenus liées à l'industrie forestière. Traditionnellement peu présentes dans ce secteur, les femmes comptent aujourd'hui pour 29 % des membres de la coopérative forestière COOPFORH, avec un nombre proportionnel de dirigeantes.
(www.socodevi.org)

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