Bilan
Prix Transfert de ferme, texte et photos d'Etienne Gosselin
 
L'activité Approvisionnements a généralement connu des résultats en nette amélioration. Soulignons, entre autres, la croissance soutenue de nos activités dans les secteurs des productions végétales et de la commercialisation des grains.

Par ailleurs, les gains enregistrés dans le secteur des viandes découlent de l'amélioration de la marge viande du porc, tant sur nos marchés locaux qu'internationaux.

Les efforts des producteurs membres de la Filière porcine coopérative, visant à produire un porc qui répond davantage aux attentes des clients, ne sont pas non plus étrangers à l'amélioration des résultats dans ce secteur d'activité.

Les faits saillants de 2011
Le 7 juin dernier, le gouvernement du Québec, après des mois de tergiversations, déposait fina­­lement son Livre vert pour une politique bioalimentaire.

D'entrée de jeu, soulignons que ce Livre vert fait une juste lecture de la situation de l'agroalimentaire québécois.

Les orientations stratégiques qu'il propose sont pertinentes, mais il serait maintenant temps d'accélérer la préparation du projet de loi permettant d'atteindre les objectifs visés, surtout que la situation n'appelle pas à un bouleversement majeur de nos façons de faire.

Les aléas de la vie parlementaire étant ce qu'ils sont, il est à craindre qu'au rythme actuel le dépôt du projet de loi devant donner vie à cette réforme ne soit renvoyé à une prochaine législature.

Or il est primordial, tant pour nous producteurs que pour nos industries de transformation, que le gouvernement annonce rapidement et concrètement ses couleurs.

L'incertitude actuelle est néfaste et nuit au développement du secteur.

Bien avant un Plan Nord, c'est d'une politique agricole et agroalimentaire d'envergure que le Québec a besoin pour assurer la survie de sa deuxième industrie en importance.

L'attente d'une politique agricole et agro­alimentaire adéquate ne doit cependant pas constituer une excuse à l'inaction. Heureusement, le réseau La Coop s'est mis en marche depuis quelques années.

Les projets que l'on a appelés nos grands chantiers, et qui visent à intégrer davantage les activités du réseau La Coop pour gagner en efficacité cheminent bien.

Le projet Chrysalide, dans le Secteur des productions animales, suit son cours et respecte ses échéanciers ainsi que son budget de réalisation. La dernière phase du redéploiement des volumes de production dans les meuneries sélectionnées devrait s'amorcer au cours du prochain exercice financier, pour se terminer en 2013.

Le projet Fidelio, après une pause salutaire, a repris sa vitesse de croisière. L'ensemble des coopératives, ayant adhéré au projet, devrait également bénéficier de cette nouvelle solution d'affaires d'ici 2013.

La mission Performance en quincaillerie, qui vise à augmenter la rentabilité des ventes au détail par la mise en place des meilleures pratiques de l'industrie, accuse quant à elle un certain retard, dû au manque de disponibilité des personnes-ressources dans les coopératives participantes. Il ne fait aucun doute à mon esprit que, vu l'importance des enjeux de ce projet pour les coopératives du réseau, la priorité sera donnée à sa finalisation dans les prochains mois.

Finalement, la portée et le calendrier de réalisation du projet Chrysalide, en productions végétales, ont été revus pour tenir compte des nombreux projets en cours dans le réseau. Ce projet n'est cependant pas mis de côté, et un projet-pilote est en cours, avec trois coopératives du sud-ouest de la province, pour tester différentes hypothèses.

Comme vous êtes à même de le constater, ça ne chôme pas dans le réseau La Coop, et la modernisation de nos outils d'approvisionnement va bon train.

À mon avis, trois nouveaux éléments dans ce cheminement pour la modernisation de notre réseau méritent votre attention cette année.

Dans un premier temps, nous nous sommes officiellement associés aux coopératives européennes du Mouvement pour une organisation mondiale de l'agriculture, le Momagri, afin de mettre en place une agence de notation agro­alimentaire.

Après le développement d'un modèle économique qui tienne compte des particularités de l'économie agricole, cette nouvelle étape du plan d'action Momagri s'inscrit dans la volonté d'élaborer des outils de prise de décisions mieux adaptés aux réalités du monde agricole.

Dans le contexte politique canadien et à la lumière du projet de démantèlement de la Commission canadienne du blé, il s'agit pour nous d'une voie complémentaire au travail effectué par le GO5 pour promouvoir et défendre la gestion de l'offre au Canada.

Le deuxième élément qui mérite votre attention, c'est la démarche de développement durable entreprise par La Coop fédérée.

L'engagement de La Coop fédérée à cheminer vers le développement durable date de la consultation de ses membres dans le cadre de la préparation de son mémoire à la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois, en 2007.

Une autre étape vient d'être franchie cette année, avec le mandat donné à la société Samson Bélair/Deloitte & Touche de réaliser une analyse diagnostique des pratiques de développement durable à La Coop fédérée.

Honnêtement, je m'attends à ce que dans ce domaine, comme dans bien d'autres, les conclusions montrent que bon nombre de nos pratiques sont adéquates, mais non structurées.

Les coopératives poursuivent déjà une mission économique et sociale, et il ne faut pas croire que, même si l'on n'est pas parfait, on ne réalise pas déjà de belles choses.

Les gens s'attendent simplement aujourd'hui à ce que les entreprises soient responsables et qu'elles communiquent l'empreinte environnementale et sociale de leurs activités, ainsi que leurs plans d'action pour corriger ce qui doit être amélioré.

Le troisième élément qui mérite votre attention, c'est la mise en place, le 21 avril dernier, de la Filière porcine coopérative.

Composée à l'heure actuelle de plus de 150 producteurs, la Filière s'est donné pour mission d'offrir des produits porcins de qualité et de générer suffisamment de richesse pour que ses différents acteurs, notamment les producteurs, y trouvent leur compte.

Cette quasi coopérative, créée à l'intérieur de La Coop fédérée et bien arrimée avec les coopé­ratives du réseau La Coop, permet de créer un lien d'intérêt des producteurs de porcs du réseau avec Olymel s.e.c.

Déjà, les retombées positives de l'approche filière dans le domaine du porc sont perceptibles. Des coûts de production ont été réduits, et l'amélioration des composantes de qualité recherchées par nos clients nous a permis de conserver ou de récupérer des parts dans nos marchés les plus lucratifs.

Nous sommes bien conscients que, avec Chrysalide, la mise en place de telles filières bouscule l'ordre établi et suscite des questionnements légitimes et fondés de la part des intervenants coopératifs.

C'est pourquoi je suis en mesure de vous confirmer que le conseil d'administration de La Coop fédérée a autorisé la mise en place d'une vaste opération de réflexion stratégique à l'échelle du réseau La Coop.

Cette opération débutera au printemps prochain avec les premiers représentants des propriétaires, dans le cadre d'une réunion spéciale du Forum des présidents.

Forte d'une vision commune et d'un consensus sur les principes directeurs devant conduire notre réflexion, l'opération sera par la suite étendue aux autres parties prenantes de l'entreprise, en vue d'établir notre plan d'action.

2012 : l'Année internationale
des coopératives
Le Time Magazine, suivi par les grands journaux du monde entier, a désigné les Indignés du mouvement Occupy comme personnalité de l'année 2011.

En toute logique, la prochaine année devrait être celle des coopératives, puisqu'elles constituent une réponse concrète et éprouvée aux préoccupations des Indignés et que l'ONU a décrété que 2012 serait l'Année internationale des coopératives.

Je dis souvent que la coopération n'a pas la prétention d'être une solution à tous les problèmes, mais qu'elle a, à tout le moins, celle de faire partie des solutions.

Les coopératives ont certes une vocation sociale et une raison d'être plus larges et plus complexes que la simple poursuite du profit à tout prix.

Elles ne doivent pas pour autant occulter le fait qu'elles sont des acteurs économiques à part entière, qui doivent participer à la croissance des sociétés dans lesquelles elles évoluent.

C'est par la croissance de leurs activités et l'amélioration continue des avantages tangibles pour leurs membres que les coopératives pourront participer pleinement à l'émergence d'une société plus juste et plus équitable.

L'agriculture est au cœur du projet coopératif mondial depuis sa fondation, et les coopératives agricoles sont encore très présentes sur l'ensemble des continents.

Ce n'est pas pour rien que les agriculteurs ont de tout temps opté pour la formule coopérative. Nées du besoin de se donner des outils et des services de qualité en région, les coopératives agricoles sont encore très présentes aujourd'hui, parce qu'elles constituent un modèle de développement économique qui répond bien aux valeurs des gens de la terre.

Des activités et des communications sont prévues tout au long de l'année à venir pour sensi­biliser l'opinion publique et nos décideurs politiques à la solution de rempla­cement que constitue la coopération dans bien des domaines.

Ces activités culmineront à l'automne avec le Sommet international des coopératives, organisé par Desjardins, auquel seront conviées les grandes coopératives du monde, pour réfléchir à notre avenir collectif. Je vous invite à venir y prendre la mesure de la force de la coopération.

En 2012, je vous invite également à afficher fièrement votre appartenance et votre attachement à votre coopérative et au grand mouvement coopératif mondial, parce qu'il est grand temps que le monde mesure l'importance de la présence coopérative dans notre quotidien.

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