Entretiens
Prix Transfert de ferme, texte et photos d'Etienne Gosselin
 
Le renouvellement des reproducteurs est certes l'un des éléments de conduite des élevages les plus importants dans le maintien d'un troupeau stable et performant. Fondamentalement, l'introduction de nouveaux sujets dans le troupeau doit permettre l'accès à des animaux génétiquement supérieurs, qui contribueront à l'amélioration des performances. Sur le plan sanitaire, l'arrivée de ces « intruses » (cochettes de remplacement) constitue une étape qu'il faut réaliser correctement, en fonction des caractéristiques de chaque élevage. Une bonne méthode et de la rigueur : voilà les ingrédients qui procurent à Sogeporc la capacité de s'adapter à tous les types de clientèle.
Sylvain Pagé, agr., M. Sc. Directeur ventes et marketing Sogeporc inc.
La Coop fédérée sylvain.page@lacoop.coop

En collaboration avec : Brigitte Boucher, DMV Médecin vétérinaire Consultante pour
La Coop fédérée
Soyons réalistes : de nombreux éleveurs sont craintifs à l'idée de faire entrer de nouveaux sujets dans leur troupeau, car il y a toujours une possibilité que ces introductions nuisent à la stabilité sanitaire du troupeau receveur. Dès le départ, il est facile de comprendre qu'on doit bien connaître le statut sanitaire des nouvelles cochettes qui entreront dans ses installations de production. Sur ce point, Sogeporc a des protocoles stricts et bien définis d'évaluation des sujets. La communication entre le médecin vétérinaire traitant et le médecin vétérinaire de Sogeporc – communément appelée « vet to vet » – viendra sécuriser ces informations. Cette étape est d'ailleurs obligatoire avant qu'il y ait une première livraison de cochettes Sogeporc chez le client.

Toutefois, plusieurs autres étapes doivent être franchies afin d'assurer le succès d'un renouvellement profitable. C'est là que la notion d'équipe prend toute son importance.

La méthode Sogeporc
1. Connaître les besoins de la ferme
C'est, bien sûr, la première étape. Sur une base annuelle, combien de cochettes de remplacement faudra-t-il pour assurer un renouvellement efficace du troupeau reproducteur? En fonction de la taille du troupeau, du taux de réforme visé et des objectifs de production, l'éleveur et son expert-conseil établiront les besoins. Ces besoins seront ensuite communiqués au directeur des ventes du réseau Sogeporc.

2. Connaître les limitations physiques
(le cas échéant)

Les installations de la ferme comportent-elles certaines limitations pouvant influencer la façon de réaliser les entrées de cochettes de remplacement : absence d'une quarantaine extérieure, espace en pouponnière et en engraissement, présence d'une section acclimatation, etc.? La disponibilité et la disposition de l'espace auront un impact direct sur la façon de faire le renouvellement (nombre de bêtes par introduction, âge des cochettes, etc.).

3. Connaître précisément le statut sanitaire
L'éleveur et le vétérinaire qui assure le suivi de l'élevage doivent s'assurer de bien dresser l'inventaire des pathogènes présents, en déterminant ceux que le producteur aimerait voir éliminés, si possible, et ceux avec lesquels il est prêt à continuer la production. Cette réflexion permettra de bâtir un protocole d'acclimatation personnalisé à l'élevage.

4. Décider de la catégorie de cochettes
à introduire

Une fois les trois premières étapes franchies, il reste à établir la catégorie de cochettes à introduire dans l'élevage. Sogeporc peut fournir des cochettes de remplacement de différents poids (âges), selon les besoins (7, 25, 50 et 110 kg). Cette disponibilité donne beaucoup de flexibilité au réseau Sogeporc.

L'observation régulière des nouvelles venues
(en quarantaine) permettra de réagir rapidement à tout problème pouvant survenir.
5. Décider du nombre d'introductions
par année

Actuellement, il y a une tendance à réduire le nombre d'introductions (risques de contamination due au transport). Nous transportons ainsi plus de sujets par chargement, de façon à réduire les coûts de transport. Il y a aussi la conduite en bandes (de deux, trois ou quatre semaines), qui nécessite une disponibilité importante de cochettes de remplacement à des moments très précis. L'espace disponible et les différents pathogènes présents dans le troupeau receveur peuvent également venir conditionner les façons de faire en la matière (p. ex. : entrées moins fréquentes de cochettes d'âges différents). À ce chapitre, le vet to vet permet souvent d'optimiser le travail, par le partage des expériences des intervenants.

6. S'assurer du succès de l'acclimatation
C'est connu, le succès de l'introduction de nouvelles cochettes dans le troupeau receveur réside dans l'efficacité à les acclimater. L'acclimatation est le processus par lequel on met progressivement les nouvelles cochettes en contact avec les pathogènes présents dans le troupeau receveur, tout en évitant une relance des symptômes dans l'élevage. Il est très important que le succès de l'acclimatation soit validé – par une évaluation physique et sérologique des sujets – pour les trois premières entrées de cochettes.

Il est important de bien connaître le statut sanitaire
des nouvelles cochettes qui entreront dans ses installations.
7. Apporter les correctifs nécessaires
En tout temps, il est très important qu'il y ait une bonne communication entre les différents intervenants impliqués dans les dossiers de renouvellement : producteur, expert-conseil, vétérinaire traitant, vétérinaire Sogeporc et directeur des ventes. C'est une question de suivi. Si, pour différentes raisons, un problème survient dans le troupeau receveur, la vitesse de réaction sera importante pour éviter les dérapages. Les correctifs appliqués rapidement sont souvent les plus efficaces.

Du travail bien fait
Quel que soit l'âge des cochettes à l'entrée dans le troupeau reproducteur, le respect d'un bon protocole et la rigueur sont gages de réussite. u On pourra voir dans les encadrés ci-contre, deux exemples de travail bien fait. Ces exemples confirment qu'il existe différentes façons de faire pour réussir le renouvellement. Les protocoles sont adaptés en fonction des différentes situations et des réalités des fermes (bâtiments, espace, statut sanitaire, mode de fonctionnement). Cependant, une chose est claire : il faut accorder le temps et l'espace nécessaires à la réussite.

C'est donc possible. Le développement soutenu de la production de porc certifié La Coop amène de plus en plus de producteurs à utiliser la génétique femelle Sogeporc. Pour beaucoup, cette nouvelle orientation entraînera une modification de leur source d'approvisionnement de femelles de remplacement. L'accès à une génétique de haut niveau et la possibilité de produire du porc certifié La Coop représentent des avantages économiques importants pour les entreprises porcines. L'introduction de nouveaux sujets de remplacement Sogeporc ne constitue pas un obstacle infranchissable, bien au contraire. Lorsqu'elle est réalisée correctement, en fonction des recommandations de votre vétérinaire et selon un mode d'emploi bien établi, vous pouvez être rassuré. Les « petites nouvelles » ne vous causeront pas d'ennuis. Sécurisez votre accès à une génétique performante et vous serez gagnant!

Ferme du Beau Porc (2001),
Saint-Luc-de-Vincennes

Propriété de Denis Beaudoin, la Ferme du Beau Porc est une maternité de 800 truies. Le renouvellement du troupeau est réalisé avec des cochettes Sogeporc, qui entrent dans l'élevage toutes les sept semaines (26 de 120 jours et 22 de 140 jours). Dès leur arrivée à la ferme, les cochettes sont placées dans un bâtiment de quarantaine, à l'extérieur du bâtiment principal.

Très bien aménagée (surface et conception des parquets), cette quarantaine permet l'observation efficace des sujets et un développement optimal. Des prélèvements sanguins sont effectués sur l'ensemble des sujets 21 jours après leur entrée en quarantaine, à des fins d'évaluation sérologique du statut sanitaire.

Au total, les cochettes passent environ 45 jours en quarantaine avant leur transfert dans le bâtiment principal. Une fois arrivées là, elles seront gardées dans la section acclimatation pendant une période de 28 jours. Dans cette section, le protocole d'acclimatation (vaccination) établi par le médecin vétérinaire qui fait le suivi de l'élevage est scrupuleusement respecté. L'éleveur laisse le temps aux cochettes d'atteindre le poids et l'âge idéals pour la première saillie. À la Ferme du Beau Porc, dans le jargon du métier, tout est fait « by the book ».



Ferme Rive-Sud,
Honfleur

Propriété de Rémi Audet, la Ferme Rive-Sud est une entreprise naisseur-finisseur de 200 truies, conduite à la semaine avec sevrage sur place.

Le renouvellement du troupeau est réalisé avec des cochettes Sogeporc (Alterna) depuis plus de trois ans. Les cochettes entrent par groupe de 24 (12 de 6 kg, 12 de 10 kg) toutes les 13 semaines. Dès leur arrivée, elles sont placées dans la même section du bâtiment que les porcelets nouvellement sevrés, jusqu'à ce qu'elles atteignent un poids d'environ 21 kg. Elles sont ensuite transférées dans une section préengraissement, où elles resteront jusqu'à un poids d'environ 35 kg

Durant toute la période d'engraissement, les cochettes sont placées dans des parquets qui leur sont réservés dans des chambres particulières. Pour toute la durée de la période pouponnière-finition, les groupes de cochettes demeureront inchangés.

On leur accorde également l'espace nécessaire à leur bon développement à chaque stade de croissance. Avant leur entrée dans le bloc saillie, toutes les cochettes passent aussi par une section d'acclimatation. À la Ferme Rive-Sud, on a le souci d'accorder aux cochettes tout le temps nécessaire à leur adaptation au microbisme de l'élevage et tout l'espace voulu pour leur préparation à une carrière productive. Cela se traduit par une stabilité sanitaire et un taux de récupération dignes de mention.



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