Entretiens
Prix Transfert de ferme, texte et photos d'Etienne Gosselin
 
Bien avant qu'un poussin ne fasse craquer sa coquille à la sortie d'un incubateur, des efforts considérables sont déployés en amont, dans les fermes de reproduction, pour que ce poussin ait toutes les chances de devenir un tendre et juteux poulet en pleine forme, qui sera élevé en un temps record et abattu proprement. Chanceux, va!
Un poussin à chair coûte en moyenne 70 ¢ aux éleveurs de poulets, et l'achat des animaux représente environ 20 % de leur coût de production. Cet achat n'est donc pas dépourvu d'incidences économiques pour les producteurs, qui sont en droit de s'attendre à des poussins de la plus haute qualité.

Dans ce premier d'une série de deux articles sur la qualité des poussins à chair – de la ferme de reproduction au couvoir –, Le Coopérateur agricole met ce mois-ci l'accent sur le virage « qualité totale » qu'a pris La Coop fédérée afin de produire les poussins de la meilleure qualité qui soit pour ses membres et clients.
La filière avicole de La Coop l'a depuis longtemps compris, mais les trois dernières années ont été riches en développements destinés à fournir aux producteurs la qualité attendue de la leader en aviculture qu'est La Coop fédérée. « On ne peut pas dire que nos poussins n'étaient pas de qualité avant les rénovations majeures qu'ont subies nos fermes de reproduction et notre couvoir, dit Roger Ménard, surintendant des fermes de reproduction de La Coop. Ni avant l'instauration de notre cahier des charges pour la production des œufs d'incubation, en 2011. Toutefois, nous n'avions jamais vraiment eu de procédures écrites et de rapports de validation pour démontrer non seulement la qualité des œufs d'incubation et des poussins à chair que nous produisions, mais aussi pour consigner les mille et un gestes accomplis pour obtenir cette qualité. »

Sylvain Lefebvre, premier directeur avicole de La Coop fédérée, rame dans le même sens : « Il nous faut mettre en valeur ce qu'on fait : de la qualité, de la poule à l'œuf et du poussin au poulet. Toute notre démarche s'oriente désormais vers la qualité, et il nous faut le dire haut et fort. »



Qualité et traçabilité
Vous voulez faire plaisir à Roger Ménard? Murmurez-lui le mot « qualité » à l'oreille, un mot qu'il affec­tionne particulièrement, parce qu'il revient constamment dans son discours.

L'homme est intarissable quand il expose les méandres de la production des œufs d'incubation, l'une des productions animales les plus difficiles en raison de la multitude de paramètres à surveiller pour l'atteinte de bons résultats. Car rappelons-le : on demande à des oiseaux dont la génétique est axée sur la croissance rapide de pondre des œufs en grande quantité, de manière à faire profiter leurs descendants de cet avantage génétique. Tout un défi!

Si vous voulez faire plaisir à Roger Ménard, surintendant des fermes de reproduction de La Coop, parlez-lui de la qualité des poussins que lui et son équipe produisent!
Pour exercer une vigilance constante sur la bonne marche des activités, il y a, au premier chef, le travail d'équipe, qui a été revu et corrigé. Roger Ménard : « Auparavant, le couvoir et les fermes de reproduction se parlaient par téléphone et par rapports télécopiés interposés. Aujourd'hui, j'ai au moins une réunion par semaine avec le directeur du Couvoir La Coop, Gilles Lizotte. De plus, nous avons un comité d'exploitation des fermes de reproduction pour mettre tout le monde au diapason. Fini le travail en silo! Tous font dorénavant partie d'une filière à but unique : produire des poussins d'une qualité exceptionnelle. »

De manière à établir une traçabilité sans ambiguïté, un cahier des charges a été… pondu par l'équipe avicole de La Coop. Appliqué tant dans les fermes coopératives que dans les fermes indépendantes, ce cahier des charges apporte une vision globale sur « quoi faire quand » aux éleveurs et à leurs employés : vaccination, programmes lumineux, tests de salmonelle, gestion des nids et des collecteurs, ratio coqs-poules et gestion des coqs, lavage et désinfection de la chambre froide et de la salle de travail, méthode d'identification des chariots à œufs… Toute question trouve une réponse dans ce guide de 48 pages, que le technicien en production avicole Patrick Pétrin a toujours sous son aile quand il visite les fermes.

Qualité et uniformité
Vous voulez faire plaisir à Roger Ménard? Susurrez-lui tendrement le mot « uniformité » à l'oreille, un mot qui ponctue allègrement ses phrases.

N'incubons pas l'œuf avant de l'avoir pondu : pour livrer des poussins uniformes, il a d'abord fallu regrouper et diminuer le nombre de lots d'élevage de poulettes et de coqs reproducteurs ainsi que grossir les lots, de manière à produire des reproducteurs uniformes. Le remaniement de l'élevage dans trois fermes (une ferme coopérative et deux indépendantes sous contrat) aura donc permis de diminuer le nombre de lots de 12 à seulement 4 par année. Le suivi technique de deux gros sites d'élevage est beaucoup plus facile et efficace que celui de plusieurs petits sites différents.

« L'uniformité, c'est aussi livrer aux éleveurs de poulets de chair des poussins uniformes quant à leur taille, l'âge de leurs parents et leur statut sanitaire, explique Roger Ménard. Ce faisant, on fournit également aux éleveurs l'assurance d'un démarrage plus facile de leur bande d'élevage. »

Le Couvoir La Coop est le seul à pouvoir offrir des poussins dont l'âge des parents à la ponte est uniforme. Cet âge, en nombre de semaines, est d'ailleurs indiqué sur les bordereaux de livraison.


Voilà beaucoup d'œufs à incuber, mais l'essentiel est invisible pour les yeux : ces œufs sont fertiles et de très haute qualité, de manière à voir un poussin craquer sa coquille plus de 8 fois sur 10 au couvoir.


En 2011, un cahier des charges a été pondu par l'équipe avicole de La Coop, de manière à standardiser les pratiques et de régulariser la qualité. Les effets se font déjà sentir, avec un pourcentage d'œufs incubables en hausse dans les fermes coopératives.
Qualité et quantité
Vous voulez faire plaisir à Roger Ménard? Parlez-lui de quantité, car qui produit de la qualité aimerait bien la partager et en faire profiter le plus grand nombre.

Au total, le Couvoir La Coop reçoit les œufs de 240 000 oiseaux reproducteurs, dont 125 000 sont de race Cobb et proviennent des quatre pondoirs que possède La Coop dans les municipalités de Saint-Jude et de Wickham. Un premier pondoir est celui de la Ferme Michaudville, qui compte quatre bâtiments, 16 parquets de ponte et 44 000 oiseaux reproducteurs, pondant dans des nids de bois; la collecte y est manuelle. Un deuxième pondoir, celui de la Ferme des 48, a été entièrement rénové en 2008-2009 et constitue, avec ses 68 000 volatiles, la plus vaste ferme de reproduction avicole entièrement automatisée au Canada. Un œuf pondu sur l'un des 12 parquets pourra donc voyager sur différents collecteurs sur une distance de près de 300 m (1000 pi) et traverser un couloir souterrain, avant d'arriver dans un poste de classement hautement technologique et d'être soigneusement inspecté et trié. Une seule personne peut superviser les activités de ponte quotidienne de l'ensemble de la ferme grâce à la trieuse-empaqueteuse automatisée.

Bref, non seulement la qualité est au rendez-vous, mais la quantité l'est tout autant. Prochain arrêt le mois prochain : le Couvoir La Coop (Victoriaville), où le mot qualité est aussi sur toutes les lèvres.

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