Entretiens
Prix Transfert de ferme, texte et photos d'Etienne Gosselin
La Coopérative fédérée de Québec, née en 1922 et récemment devenue La Coop fédérée, fête ses 90 ans. Pour l'occasion, Le Coopérateur agricole est allé à la rencontre de trois grands coopérateurs qui ont su conjuguer la coopération sous toutes ses formes et à tous les temps : passé, présent et futur.

Dans les terres familiales vallonnées de Valcourt où il habite, avec vue sur l'imposante étable laitière de son fils François et de ses petits-fils Dominic et Nicolas, Gérard Bourassa contemple avec émotion le labeur d'une vie entière consacrée à l'agriculture et à la coopération. Il a 82 ans.

Essentielle coopération
Conseiller municipal et maire de Sainte-Anne-de-la-Rochelle, animateur coopératif à la Coopérative de Granby dans les années 1970 agissant comme une sorte de propagandiste chargé d'informer les sociétaires et d'assurer le rayonnement de la coopérative dans tous les milieux, administrateur à Coopexcel pendant six ans et dirigeant pendant une cinquantaine d'années dans le Mouvement des caisses populaires Desjardins… Cet ancien producteur laitier, bovin, porcin et acéricole sait épeler le mot « coopération ».

« Mon père a été membre fondateur, avec d'autres producteurs laitiers, de la Coopérative agricole de Valcourt, fusionnée avec la Coopérative de Granby. Imaginez : les parts sociales se vendaient 300 $ chacune, une jolie somme pour cette période correspondant aux années de la Deuxième Guerre! J'ai aussi assisté à l'électrification rurale, à un moment où les grandes entreprises ne se bousculaient pas pour distribuer le courant dans notre rang. Heureusement, une coopérative avait été formée pour fournir ce service essentiel, et elle l'a fait jusqu'à la nationalisation de l'électricité, au début de la Révolution tranquille », raconte Gérard Bourassa.

« Je me rappelle que vers la fin des années 1940, poursuit-il, mon père faisait venir avec d'autres cultivateurs un wagon de train complet de gru de blé pour nourrir les bovins et les porcs. C'était ça : il fallait s'organiser pour avoir des services. Quand une coopérative naissait, elle répondait donc à des besoins cruciaux. Nous n'étions pas capables d'emprunter pour financer des projets de mécanisation ou de mettre en marché nos produits agricoles, comme la crème ou le sucre d'érable. »

Les anecdotes s'enchaînent. « Quand j'étais jeune, il y avait six beurreries artisanales dans les villages autour de notre ferme. Elles appartenaient toutes à des intérêts privés, jusqu'à ce que la Coopérative de Valcourt en achète une première. Finalement, elles ont toutes été achetées par la Coopérative de Granby, qui avait des visées régionales. »

Fusions et acquisitions, de bonnes choses? « Les fusions de coopératives ont été un mal nécessaire », soutient Gérard Bourassa, qui a dû prendre la décision de concentrer à Valcourt les services financiers de trois caisses Desjardins de trois villages différents. « C'était la seule façon d'offrir des services de plus en plus spécialisés et de diminuer les coûts administratifs. Il fallait être plus compétitif… ou on crevait! »

Aujourd'hui, les coopératives sont devenues la norme de référence pour les prix et la qualité des services, selon l'ex-agriculteur. « Quand il nous fallait vendre nos animaux, des entrepreneurs privés cognaient à notre porte et nous offraient des prix qu'eux disaient concurrentiels. On m'a même déjà offert un prix flottant pour mon sirop d'érable, basé sur le prix que la coopérative offrirait aux producteurs! »

Voyageant dans le temps, Gérard Bourassa se rappelle l'achat de sa ferme, en 1951, qui a abrité des Canadienne et des Suisse brune. Puis, en 1978, c'est dans une nouvelle étable et sur de nouvelles terres qu'il a vu son fils prendre la relève, avec une nouvelle race : la Holstein. Beaucoup de renouveau pour celui qui trayait 10 vaches à la main et qui a vu passer les trayeuses mécaniques puis les robots de traite à la ferme de François! Oui, 82 ans d'agriculture familiale et de renouveau, mais encore et toujours la coopération comme pilier central dans la vie bien remplie de Gérard Bourassa.



Coopération 101
S'il n'avait qu'une seule année à revivre dans les 86 années d'anecdotes que constitue sa vie, Paul-Émile Saint-Pierre, président de La Coop fédérée de 1980 à 1987, choisirait 1948. L'année de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme par l'Organisation des Nations unies. L'année de l'assassinat de Gandhi, homme politique et pacifiste indien. L'année où le fleurdelisé est devenu le drapeau du Québec, sous l'impulsion de Maurice Duplessis.

Mais 1948, pour Paul-Émile Saint-Pierre, c'est surtout l'année de son mariage avec Jeanne Comtois, celle qui lui offrira 11 enfants, dont 9 survivront. L'année aussi où il a acheté la ferme qui a permis de faire vivre, avec 80 hectares et 5000 entailles, cette famille nombreuse. Et l'année de tous les possibles : la ferme fait l'acquisition d'un tracteur à roues de fer, l'électricité aboutit dans le rang Scott, à Saint-Pierre-Baptiste, et Jeanne peut enfin compter sur une machine à laver digne de ce nom, qui ne fonctionne pas à la main ni avec un moteur à essence (oui, ça existait!).

« L'année 1948, c'est l'année où nous étions tout nouvellement amoureux! » lance Paul-Émile, mi-fier, mi-gêné, Jeanne à ses côtés, dans leur résidence de Victoriaville. Soixante-trois ans de mariage plus tard, leurs regards coquins se font toujours aussi pétillants de complicité. C'est connu_: derrière tout grand coopérateur – Paul-Émile Saint-Pierre a été décoré de l'Ordre du mérite coopératif en 1991 et admis au Temple de la renommée de l'agriculture du Québec en 2006 –, il y a une grande coopératrice, qui a mis les bouchées doubles quand son homme allait refaire le monde dans une réunion ou une assemblée.

Mais ne mettons pas la charrue devant le Farmall. D'abord élu administrateur de la SCA de Laurierville, en 1959, puis président l'année suivante (il le restera jusqu'en 1981), Paul-Émile Saint-Pierre crée des remous dans les Bois-Francs en 1964 lorsqu'il devient l'administrateur représentant la région au sein de la Fédérée, rôle traditionnellement dévolu au président de la coopérative de Plessisville, chef-lieu du secteur. Paul-Émile Saint-Pierre est alors président d'une des plus petites coops du comté. En 1983, on fusionnera d'ailleurs avec la SCA de Laurierville, petite mais rentable, les coopératives de Lyster et de Plessisville, pour créer la SCA des Appalaches.

En 1982, sous le règne présidentiel de Paul-Émile Saint-Pierre, on fêtera le 60e anniversaire de La Coop fédérée. Mais les réjouissances sont de courte durée, car il faut renforcer l'unité des troupes, plusieurs coopératives ne faisant pas affaire avec l'organisation centrale ni avec d'autres coopératives pour certains produits et services, ce qui déplaît au joueur d'équipe qu'est Paul-Émile Saint-Pierre. Un réseau de représentants régionaux s'installe donc pour raffermir les liens d'affaires.

Autre sujet chaud sous la gouverne de Saint-Pierre : les éternelles luttes opposant syndicalisme et coopération. Le président tente de calmer le jeu par l'entremise de la Commission professionnelle de l'agriculture, organisme de concertation visant à favoriser le dialogue avec l'UPA.

En somme, que de réalisations pour un homme qui n'avait pas dépassé la 5e année à l'école! « Des gens disaient que je ne gagnerais pas bien ma vie si je n'allais pas à l'université. J'y suis finalement allé, par la grande porte, quand j'étais président, pour prononcer une conférence sur la coopération devant les étudiants de l'Université Laval. » Petit cours de coopération 101 avec le professeur Saint-Pierre!



Coopération émancipatrice
Antoni Bérard est un livre d'histoires vraies et vécues. Doyen de nos Trois Mousquetaires de la coopération, il est né en 1919 et cumule donc 92 printemps et automnes, et autant de semailles et de récoltes.

Ce nonagénaire fut l'un des cofondateurs de la coopérative Agrivert, située à Saint-Bathélemy, entre Louiseville et Berthierville, la terre sainte du sarrasin au Québec. « Nous en cultivions beaucoup quand j'étais jeune pour nourrir notre famille de 10 enfants, se remémore Antoni. Nous semions aussi sur nos 75 arpents de l'orge et de l'avoine pour nourrir les vaches, cochons, moutons, oies et poules. Aujourd'hui, mes fils Luc et François et mon petit-fils Jérémy sèment du soya, du maïs, et produisent du lait dans une ferme évaluée à plus de trois millions de dollars. Les choses ont beaucoup changé! »

Le Barthélemien se rappelle avec délectation les débuts de sa coopérative agricole. « Les parts sociales coûtaient 100 $ chacune et étaient payables sur quatre ans, à raison de 25 $ par année. Nous les achetions avant même la construction d'un premier bâtiment! Le gouvernement du Québec de Maurice Duplessis nous avait accordé une subvention de 10 000 $, pourvu que nous réussissions à regrouper 100 sociétaires qui mettraient au total la même somme. » Ce qui fut fait. En 1946-1947, Agrivert prenait forme, sous les marteaux d'employés payés 3 $ par jour!
Administrateur pendant sept ans dans les années 1970, comment l'homme a-t-il trouvé du temps et de l'énergie à consacrer à un tel projet collectif? « Je dois dire que j'étais hyperactif quand j'étais jeune. C'est la raison pour laquelle je suis arrivé à la ferme dès l'âge de 10 ans. Par la suite, lorsque vient le temps de s'impliquer, on trouve toujours de la motivation quand les choses nous intéressent vraiment. »

Dans ce temps-là, les coopératives étaient vues comme un outil indispensable d'émancipation des Canadiens français. Si les choses ont changé, les coopératives demeurent tout de même des locomotives économiques dans leur milieu. Avec ses 70 employés, Agrivert génère un chiffre d'affaires annuel de près de 50 millions $. Pas si mal pour un village de 2000 âmes!

Prix Transfert de ferme, texte et photos d'Etienne Gosselin
Que de chemin parcouru depuis le 29 décembre 1922, moment où la Loi sur la charte de la Coopérative fédérée de Québec reçoit la sanction royale. Cette loi consacrera la création de la fédération des coopératives agricoles du Québec, par la fusion de trois centrales coopératives : la Coopérative des fromagers du Québec, le Comptoir coopératif de Montréal et la Société coopérative des producteurs de semences de Sainte-Rosalie.
L'actuel siège social de La Coop fédérée, toujours situé au Marché central, à Montréal



La Coopérative fédérée de Québec (La Coop fédérée) a depuis étendu ses ailes dans plusieurs provinces canadiennes et aux États-Unis. Ses produits se retrouvent aux quatre coins du globe. Son statut de coopérative lui confère une structure inaliénable. À l'abri des dérives boursières, elle demeurera la propriété de ses coopératives membres et des producteurs agricoles. Avec des ventes records en 2011, La Coop fédérée a les atouts en main pour assurer son développement. Et démontrer au monde que le modèle coopératif est justement un modèle à imiter. Un modèle durable qui, sur son échelle de valeurs, place l'humain avant le capital.




En 1924, l'abattoir de Princeville est encore le seul abattoir coopératif de bétail de la province.
À sa fondation, La Coop fédérée est plus active dans le commerce d'animaux que dans l'abattage – elle ne possède qu'un seul abattoir, à Princeville. C'est pendant la Deuxième Guerre mondiale, époque où la demande en viande de porc sur le marché anglais est de plus en plus importante, qu'elle accroît ses abattages.

Au milieu des années 1950, elle procède à des acquisitions, dont l'abattoir Legrade et les Abattoirs de l'Est. La Coop fédérée possède alors deux abattoirs de volaille, un à Montréal et l'autre à Québec. Quatre autres abattoirs appartiennent à des coopératives : Marieville, Saint-Damase, Victoriaville et Saint-Félix-de-Valois. La Coop fédérée les achète tous et double la capacité de celui de Victoriaville.

En 1969, on ferme l'abattoir de Québec, et trois ans plus tard, on vend les Abattoirs de l'Est à des Ontariens. On concentre les investissements à Princeville. En 1973, la capacité de production de Princeville est de 250 000 têtes, dont 80 % de porcs.

Livraison de porcs à un abattoir dans les années 1950.
En 1975, La Coop fédérée acquiert Québec Poultry, qui comprend cinq abattoirs. Elle en conserve trois. Sur les 75 millions de poulets à griller que produisent les aviculteurs québécois, les deux tiers sont abattus par La Coop fédérée et les coopératives de Saint-Anselme et de Saint-Damase.

La Division de l'aviculture est instituée en 1978. Elle portera successivement les noms de Bexel, Unival et Aliments Flamingo. Les acquisitions s'enchaînent : Doria Boisjoli, Galco Foods (en Ontario) et, en 1991, Tyson Canada.

La Division des viandes adopte le nom de Turcotte & Turmel en 1978. De 1976 à 1980, le nombre de porcs abattus dans les trois usines de La Coop fédérée (Vallée-Jonction, Princeville et Le Bic) fait plus que doubler. Un tout nouvel abattoir est construit à Princeville en 1980.

De 1981 à 1986, la Division des viandes accroît ses abattages de 40 %. La Coop fédérée saisit également les occasions d'affaires qu'offre le marché de l'exportation, où elle fait figure de chef de file, notamment au Japon.

 
Deux époques... et le souci toujours constant
d'acheminer les produits aux consommateurs.
En avril 1991, La Coop fédérée et le Groupe Olympia fusionnent pour former Olymel. Toutes les activités de transformation des viandes de porc et de volaille y seront par la suite regroupées.

En 2001, Olymel s'installe dans l'Ouest canadien en achetant un abattoir de porcs à Red Deer. Cette usine exporte aujourd'hui 75 % de sa production au Japon, aux États-Unis, en Corée, en Russie, en Australie, au Mexique et en Nouvelle-Zélande.

En 2002, Olymel devient partenaire à 50 % des Aliments Prince, une division du Groupe Brochu spécialisée dans la production de bacon. En 2005, Olymel fusionne avec Supraliment, du Groupe Brochu, qui devient alors actionnaire d'Olymel.

En 2005, La Coop fédérée met en place le porc certifié La Coop, qui se veut une première étape dans la constitution d'une véritable filière porcine coopérative. Cette filière verra le jour en avril 2011.

Olymel est aujourd'hui un chef de file canadien dans l'abattage, la découpe et la transformation des viandes de porc et de volaille. Son chiffre d'affaires dépasse les deux milliards de dollars. Elle exporte près de 50 % de ses produits. Elle emploie plus de 9000 personnes, dont plus de 7000 au Québec. Elle est également implantée en Alberta, en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

À la fin de la première décennie de sa fondation, La Coop fédérée ne réalise que 10 % de son chiffre d'affaires avec ses coopératives affiliées. Le Département du beurre et du fromage constitue son plus important secteur d'activité. Jusqu'à la crise de 1929, La Coop fédérée s'occupera de 45 % de toute la production québécoise de fromage.

Avec l'appui de la Commission de l'industrie laitière et du ministère de l'Agriculture, les fabriques laitières coopératives se multiplient. Elles passent de 8 en 1930 à 288 dix ans plus tard. Les trois quarts sont affiliées à La Coop fédérée.

Les fusions de coopératives sont nombreuses des années 1956 à 1966. Elles touchent davantage le secteur laitier. La Coopérative de Granby (devenue Agropur en 1979) est la plus active sur ce plan.
De 1945 à 1975, le nombre total de coopératives passe de 590 à 234. Le nombre de sociétaires atteint un sommet en 1960, puis décline lentement. En 1975, il est encore supérieur à ce qu'il était en 1954, soit 61 000 contre 50 000.
Baratte à beurre mécanisée. Le marché des produits laitiers donne lieu à une concurrence féroce, notamment entre La Coop fédérée et le Comptoir coopératif de l'UCC (Union des cultivateurs catholiques).
En 1945, 313 coopératives possédaient un service laitier. En 1976, il ne reste que 10 coopératives laitières, dont 7 sont issues d'un regroupement de petites fabriques. C'est que les spécialistes préconisent les usines de grande capacité desservant une région entière et ayant une production plus variée.

Alors que les petites fabriques s'en tiennent aux produits traditionnels (beurre et fromage), Agropur se diversifie en se lançant dans la fabrication de caséine, puis de lait concentré sucré. La Coop fédérée appuie financièrement la coopé­rative laitière dans ses démarches.

Les autres coopératives actives dans le lait sont : La Coopérative laitière du sud de Québec (qui deviendra Agrinove), la SCA du Bic (Purdel), l'Association coopérative laitière du Saguenay–Lac-Saint-Jean (Nutrinor) et La Coopérative régionale de Papineau (Agrodor).

L'arrivée des coopératives laitières dans le domaine du lait de consommation renforce la position de la coopération agricole dans l'industrie agroalimentaire.

Livraison de lait à la fromagerie Perron, de Saint-Prime, au Lac-Saint-Jean.
La Division de l'industrie laitière de La Coop fédérée agit comme grossiste et courtier pour le compte des coopératives jusqu'en 1990. Elle écoule poudre de lait écrémé, beurre, cheddar et fromages fins au Québec, au Canada et sur les marchés internationaux.

À ce moment-là, à la suite d'une baisse de consommation des produits laitiers dans la population, les coopératives se regroupent pour relever le défi de la libéralisation des échanges. Groupe Lactel, qui réunit les actifs de cinq coopératives laitières du Québec et ceux de la Division laitière de La Coop fédérée, est formé en 1990. Il devient le plus important exportateur privé de produits laitiers au Canada. Agropur n'en fait pas partie. Cette dernière et Purdel consolident leurs actifs dans le lait nature, pour former Natrel.

En 2000, les actifs de Groupe Lactel sont vendus à Agropur.



Dans les années 1930, la sélection des sujets d'élevage et leur meilleure alimentation par l'emploi plus systématique des grains et moulées – appelées à l'époque « engrais alimentaires » – permettent d'améliorer la productivité.

Les rations équilibrées vendues sous les étiquettes Coopérative et Fédérée connaissent beaucoup de succès auprès des éleveurs.

Après la guerre, la fabrication de moulées constitue une activité majeure de La Coop fédérée et contribue à l'augmentation fulgurante du nombre de coopératives. On en compte 626 en 1945! De ce nombre, 436 sont affiliées à La Coop fédérée. En 1950, la province comptera 133 meuneries coopératives, la plupart affiliées à La Coop fédérée.

Au début des années 1960, en proie à un effritement de sa clientèle, La Coop fédérée réorganise son Service des grains et moulées. Elle acquiert le moulin de Saint-Henri et le modernise pour abaisser le coût des aliments et en hausser la qualité. On met sur pied une équipe de promotion des ventes auprès des coopératives affiliées.

En 1967, La Coop fédérée construit une meunerie ultramoderne dans la région de Québec, et plusieurs des meuneries du réseau sont rajeunies pour offrir de nouveaux services et produits, comme de la moulée en vrac ou en cubes.

La meunerie de Nicolet en 1945
Au cours des années 1960, un nouveau phénomène sème l'inquiétude : l'intégration, qui menace l'existence de la ferme familiale. La Coop fédérée réagit aux premières tentatives d'intégration en organisant des plans d'élevage pour les naisseurs et les finisseurs dans le porc.

En 1961, elle entreprend la location de truies à des producteurs. L'opération s'avère un succès, mais n'est pas rentable pour la coopérative centrale.

Parallèlement, La Coop fédérée investit dans les croisements génétiques et se place à l'avant-garde de la production de porcs de haute qualité. Au fil des ans, un réseau de maternités coopératif se développe.

En 1965, La Coop fédérée s'affilie au réseau Cooperative Research Farms (CRF).

En 1970, l'alimentation animale représente 80 % des revenus de la Division des moulées et fertilisants.

Cinq ans plus tard, le Secteur de la meunerie, qui englobe les productions animales et végétales, les grains et les activités porcines, représente les deux tiers du chiffre d'affaires total des coopératives.

Poupon +, une moulée spécialisée pour porcelets, lancée au début des années 1990.
En 1984, tous les produits et services liés à l'approvisionnement de la ferme sont regroupés sous une même direction, à l'exception du pétrole. Le Secteur des productions animales s'occupe de la fabrication des suppléments, prémélanges et moulées.

Les centres régionaux de séchage et d'entreposage de grains se sont multipliés au Québec. Le Service des grains de La Coop fédérée s'est adapté à cette évolution en s'engageant dans la mise en marché de la production locale.

En 1989, les coopératives affiliées comptent plus de 125 représentants. La Coop fédérée met sur pied Sogeporc, qui a pour but d'améliorer le statut génétique des troupeaux porcins. L'année suivante, La Coop fédérée inaugure une nouvelle usine de minéraux et prémélanges à Saint-Romuald.

Le nombre de coopératives affiliées à La Coop fédérée est passé de 179 en 1976 à 95 en 1995. Elles constituent le principal réseau provincial de fournisseurs d'intrants et de services techniques aux producteurs agricoles.

En 1998, La Coop fédérée adhère à Gène +, une coopérative européenne de génétique porcine.

Le projet Chrysalide, qui consiste en une vaste réforme du modèle d'affaires de La Coop fédérée et de ses coopératives affiliées, est mis en branle en 2008. Il vise à obtenir des économies d'échelle, tout en maintenant le maximum de coopé­ratives engagées dans leur milieu.



La Société coopérative des producteurs de semences de Sainte-Rosalie est née, en 1914, du besoin d'améliorer le rendement des grandes cultures. Au Québec, la qualité des semences laisse à désirer, et de nombreux producteurs utilisent des semences importées.

Au courant des années 1920, l'arrivée de la coopérative dans les engrais minéraux fait chuter les prix. Ses ventes décuplent en trois ans. Du même coup, la clientèle pour les semences s'accroît de 150 % grâce aux agronomes du ministère de l'Agriculture.

Au début des années 1930, La Coop fédérée décentralise ses activités liées aux semences au profit des coopératives paroissiales mises sur pied expressément à cette fin. Dix-sept de ces coopératives sont ainsi créées de 1931 à 1935, et le volume d'affaires monte en flèche.

Dans les années 1920, La Coop fédérée ne vend pas encore de machines agricoles, mais elle transmet les commandes d'outils aratoires aux fabricants.
Dans le domaine des fertilisants, les ventes subissent le contrecoup de la crise de 1929 et passent d'un sommet de 16 000 tonnes en 1931 à seulement 8400 en 1933. Elles remonteront à 20 000 tonnes en 1939.

Dès la fin de la guerre, une grande variété de produits chimiques est offerte pour la protection des cultures. Le scepticisme des producteurs envers ces nouveaux produits fait rapidement place à un réel engouement.

En 1966, La Coop fédérée acquiert une entreprise de criblage et de commerce à Saint-Philippe-de-La Prairie. De nouveaux mélanges de semences sont commercialisés sous la marque Co-op.

Du côté des engrais, la concurrence est vive, et la coopérative centrale est désavantagée parce qu'elle ne fabrique pas elle-même ses produits. Elle remédie à cette situation en s'installant à l'usine de William Houde, à La Prairie, en 1965. Elle se dote ensuite d'un réseau de postes de livraison en vrac qui couvre les principales régions.

Le regain d'intérêt des producteurs pour les cultures à partir des années 1970 se répercute sur les ventes du Secteur des productions végétales. Depuis 25 ans, elles sont passées de 7,5 à plus de 100 millions $.

La Coop fédérée acquiert une participation dans CF Industries, propriété de coopératives américaines et canadiennes. Elle sécurise ainsi ses approvisionnements en phosphore et en potasse.

Le Secteur des grains, chef de file dans ce domaine, assure aujourd'hui l'approvisionnement des meuneries, les marchés industriels, les ventes à l'exportation et le conditionnement de la fève soya.

La Coop exploite à Saint-Hyacinthe une ferme de recherche en productions végétales de 104 hectares.

Un laboratoire d'analyse agroalimentaire permet de caractériser sols, fourrages et aliments pour le bétail.

Les centres de distribution de fertilisants que possède La Coop fédérée à Sillery et à Sainte-Catherine totalisent 145 000 tonnes.

En 2008, La Coop fédérée acquiert Agronomy Company of Canada Ltd., une importante entreprise de distribution de fertilisants. Trois ans plus tard, elle achète deux autres entreprises ontariennes du secteur des productions végétales :

Agrico, un important distributeur d'engrais, et Growers Direct Export, spécialisée dans la commercialisation des grains. Avec 850 000 tonnes d'engrais vendues, La Coop fédérée devient le plus important fournisseur de matières fertilisantes de l'est du Canada.







En 1949, La Coop fédérée signe un contrat d'exclusivité avec Oliver Corporation, ce qui mène à la mise sur pied d'un vrai service de machinerie agricole. En 1951, elle inaugure un entrepôt pouvant contenir près de 200 tracteurs, des machines aratoires et des pièces. Des succursales à Rimouski et à La Sarre sont organisées pour desservir les régions.

En 1953, six gérants de territoire sont engagés pour travailler à l'organisation de la distribution régionale.

L'entreprise fait des démarches auprès de la société Oliver pour que celle-ci traduise toute sa documentation en français. Les premiers dépliants sont distribués à l'assemblée générale de février 1951.

Le Service de la machinerie agricole répond à une demande exprimée depuis longtemps par les coopérateurs. Bien qu'il pèse lourd sur les finances de la centrale et des sociétés affiliées, on le verra longtemps comme un mal nécessaire. Dans les années 1950, certains producteurs ne sont pas encore convaincus qu'un tracteur peut remplacer complètement un cheval.

Au cours des années, La Coop obtient et perd la distribution des marques de tracteurs Renault et Fiat.

En 1970, elle obtient la distribution des instruments à foin Hesston et de l'équipement d'ensilage Dion. Le plus grand succès du Service de machinerie agricole a été dans le domaine des silos. D'abord les silos Harvestore, avec lesquels il aura une mauvaise expérience. Puis les silos en béton, en 1967. Jusqu'en 1975, la coopérative vendra 80 % des silos de la province, sans compter les fourragères, les souffleurs à ensilage et les videurs de silos.

Au début des années 1980, la conjoncture économique difficile pousse à rattacher le Service des machines agricoles à celui de la quincaillerie, le tout centralisé à Trois-Rivières.

L'entreprise vend aujourd'hui plusieurs marques réputées d'équipement pour la culture, la fenaison, l'ensilage, la foresterie et la manutention par l'entremise de coopératives affiliées ou de concessionnaires privés. Certaines coopératives du réseau distribueront par elles-mêmes diverses marques de tracteurs.





La Coop fédérée s'engage dans le secteur du pétrole en 1958, à la suite d'un besoin exprimé par les producteurs. Elle acquiert d'abord une compagnie en faillite de la région de Joliette. Un certain nombre de coopératives locales deviennent détaillants.

Le commerce du pétrole se révèle très rentable pour la coopérative. En 1965, La Coop fédérée est de plus en plus active dans la distribution du pétrole, ce qui allège le fardeau des sociétés affiliées. Elle se lance dans le commerce des appareils de chauffage et acquiert une entreprise de gaz propane de la région d'Upton en 1968.

Après 1970, le marché se transforme avec l'arrivée des tracteurs diésels. C'est le début de l'installation de réservoirs souterrains dans les fermes. La Coop fédérée favorise l'ouverture de stations-services pour répondre aux besoins des populations rurales.

En 1974, le réseau de distribution compte 58 coopératives, 12 centres Fédérée et 75 stations-services.

La Coop fédérée devient rapidement la plus importante organisation pétrolière de la province, après les grandes compagnies possédant des
raffineries et les importateurs de produits finis.

La compagnie BP, qui exploitait une raffi­nerie à Montréal, demeure très longtemps le principal fournisseur de la coopérative; celle-ci s'approvisionne aujourd'hui auprès de plusieurs raffineurs.

La gamme de produits vendus sous la marque Fédérée, puis Sonic 500 et Sonic Co-op, s'étend avec les besoins des coopératives.

Rattaché à la Division de l'approvisionnement de la ferme jusqu'en 1985, le Service des pétroles devient alors la Division Sonic, qui comprend trois services : les véhicules moteur, les secteurs résidentiel et commercial, et le gaz propane. Le mazout, l'essence et le diésel représentent la plus grande partie de ses ventes. Le Service à l'automobiliste a connu des investissements majeurs de 1986 à 1991. Le nombre de stations arborant l'enseigne Sonic s'est accru le long des artères routières majeures et dans les villes.

Depuis 1993, la division s'est associée au consortium Norcan dans un terminal marin situé dans le port de Montréal. Un partenariat stratégique qui lui permet de s'approvisionner en pétrole sur le marché international.

En 1994, Sonic devient le premier distributeur québécois à offrir un carburant à base d'essence additionnée d'éthanol.

Sonic est devenue, au fil des ans, le plus important distributeur régional d'énergie au Québec. Par l'entremise de 103 coopératives, d'un réseau de 185 stations-services, d'un parc de

113 camions, de ses 9 postes d'entreposage et de ses 8 bureaux de vente, elle commercialise près d'un milliard de litres de carburants et biocarburants, et des produits énergétiques dérivés de la biomasse agricole, en plus de voir à l'installation et à l'entretien d'équipements.



La Coop fédérée vend de la broche, des clous et quantités d'autres accessoires depuis ses tout premiers débuts. Ce service connaît une croissance régulière au cours des années 1960, puis, à compter de 1972, une expansion remarquable qui correspond au début de la distribution des tuyaux de drainage en plastique.

L'acquisition dans les années 1970 de l'entreprise P.-A. Gouin, grossiste en quincaillerie et en matériaux de construction, a mis en place un nouveau secteur, qui complète l'offre de services aux producteurs. Ce nouveau secteur s'impose aux coopératives de plusieurs régions, qui y voient une façon de diversifier leurs activités. Son chiffre d'affaires passera de 18,5 à 100 millions $ en 20 ans. Aujourd'hui, peu de coopératives n'ont pas d'activité quincaillerie.

Le Service de la quincaillerie de La Coop fédérée est établi à Trois-Rivières en 1977.

Les améliorations apportées par La Coop fédérée, comme le système automatisé de commandes par téléphone, la livraison par camion aux coopératives et les catalogues en couleurs, favorisent la percée de ce secteur.

L'entrepôt de Trois-Rivières doit être agrandi à deux reprises, soit en 1989 et en 1995.

Des regroupements d'achats sont formés pour les produits de quincaillerie et de plomberie, les produits agricoles et horticoles ainsi que les matériaux de construction, par l'entremise notamment d'Interprovincial Co-operative et d'Independent Lumber Dealers Co-operative.


Le réseau dessert 178 quincailleries et centres de rénovation partout au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick, sous l'enseigne La Coop ou Unimat. Un réseau qui donne accès à plus de 25 000 produits. Plusieurs succursales intègrent également une jardinerie et un centre de décoration Inov.

En 2010, un système informatique efficace et convivial est lancé pour faciliter les achats de produits de quincaillerie qu'effectuent les coopératives par l'entremise d'un site Internet sécurisé.

Une nouvelle tendance se dessine dans le réseau avec l'ouverture d'une succursale Unimat à grande surface à Thetford Mines, en novembre 2011. On y offre plus de 16 000 produits sur
32 000 pi2 de surface (3000 m2).

 
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