Entretiens
Louise Dallaire
« Il y a juste une femme dans notre conseil, mais elle se fait entendre! » Ce commentaire à son sujet, Louise Dallaire l'a entendu l'an dernier de la bouche d'un confrère qui la présentait ainsi à une personne qui ne la connaissait pas encore. Si ces paroles l'ont surprise sur le coup, elle admet avec le recul qu'elles l'ont aussi réconfortée, à un moment où elle se demandait justement si sa participation au conseil avait une quelconque influence.
Élue en 2009, Louise Dallaire est la troisième femme à occuper un poste au conseil d'administration de La Coop Agrivoix, coopérative qui compte 773 membres, dont 135 producteurs, et qui emploie 32 personnes, dont 40 % de femmes. Son actif s'élève à 4,2 millions $ et ses ventes pour 2011 à 16,2 millions $.

La dirigeante est arrivée en poste à une époque où la coopérative avait plusieurs gros dossiers à gérer, notamment celui de sa fusion avec La Coop Haute-Côte-Nord, qui allait l'amener à desservir un immense territoire s'étirant le long du fleuve, de Sainte-Anne-de-Beaupré à Baie-Comeau. « J'ai été initiée assez vite aux responsabilités d'administrateur! » raconte-t-elle.

Cette « fille de la ville » (Baie-Saint-Paul), devenue agricultrice par la voie du mariage, n'en était toutefois pas à ses premières expériences d'engagement dans son milieu. Avant de se joindre au conseil de sa coopérative, elle avait déjà siégé pendant près de 11 ans à celui du Syndicat des agricultrices de son secteur. Très engagée du côté spirituel et membre du Mouvement des femmes chrétiennes, elle avait aussi œuvré pendant 10 ans dans l'animation pastorale de sa paroisse.

Étant par ailleurs copropriétaire avec son conjoint, Norbert Bergeron, d'une ferme porcine à Saint-Hilarion, dans Charlevoix, elle a souvent eu à prendre des décisions d'affaires difficiles et audacieuses. Ainsi, à son arrivée, en 1996, à la ferme de ses beaux-parents, qui regroupait à l'époque une cinquantaine de vaches laitières, des animaux de boucherie et une porcherie de 85 truies, elle et son conjoint décident d'augmenter le cheptel porcin à 180 bêtes. Puis, lorsqu'ils ont pris la relève de la ferme familiale, c'est encore eux qui ont fait le choix d'abandonner la production laitière pour se consacrer entièrement au métier de naisseur porcin à partir de 2001. La Ferme Maternière – « ma » pour maternité, « ter » pour terre et « nière » pour pouponnière, explique celle qui s'occupe surtout du côté administratif de l'entreprise aujourd'hui – compte 400 truies et produit 10 000 porcelets par année.

Bien qu'ils soient encore loin de la retraite, les Dallaire-Bergeron réfléchissent actuellement aux meilleures décisions à prendre pour pouvoir léguer une entreprise prospère à leur relève. Le couple a deux garçons, Gilles (30 ans) et Guillaume (20 ans), ainsi qu'une fille de 18 ans, Samantha, qui étudie présentement en gestion et exploitation d'entreprise agricole.

« Avec les années difficiles que nous traversons dans l'industrie porcine, il faut souvent prendre des décisions plus vite qu'on le voudrait. Mon expérience au conseil m'apporte beaucoup de ce côté-là. En y côtoyant des gens d'expérience, j'apprends aussi à mieux comprendre le sens de la coopération et à m'ouvrir à d'autres visions des choses, tout en apportant ma touche personnelle », affirme cette femme engagée, qui a été reconduite à son poste en 2011 pour un mandat de trois ans.
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