Développement durable
La biomasse :
Avec pour partenaire la jeune entreprise manitobaine Prairie Bio Energy, leader de la valorisation de la biomasse agricole au Canada, La Coop fédérée mise sur l'exploitation d'une ressource d'avenir et durable qui profitera aux producteurs agricoles d'ici.
Dans le cadre de ce partenariat, plusieurs projets sont à l'étude : construction d'une usine de valorisation de la biomasse au Québec, aménagement d'installations de R et D au Manitoba et création de différents réseaux de production de chaleur et de biocombustibles avec Énergies Sonic, un secteur de La Coop fédérée qui table notamment sur le développement des nouvelles énergies.

Prairie Bio Energy a été lancée en 2004, à Winnipeg, par deux ingénieurs en aéronautique, Stéphane Gauthier et Eugene Gala. L'entreprise avait alors mis au point un biocombustible constitué principalement de paille densifiée et pouvant remplacer le charbon. Cette source d'énergie fossile est largement utilisée au Manitoba ainsi que dans le reste de l'Ouest canadien.


Eugene Gala, de son côté, avait conçu et mis en marché, en 1999, une chaudière appelée Blue Flame Stoker. Ce système de combustion novateur et très polyvalent permet de brûler tout type de biomasse (multi-fuel system). Prairie Bio Energy a déjà commercialisé plus de 140 de ces appareils au Canada et aux États-Unis. Plusieurs dizaines d'appareils sont notamment installées dans les colonies huttérites de l'Ouest canadien, où l'on s'en sert pour chauffer maisons, écoles et bâtiments agricoles.

Dans leur plan d'affaires, les deux entrepreneurs de Prairie Bio Energy avaient pour objectif de mettre en place une filière d'approvisionnement énergétique locale au profit des producteurs agricoles du Manitoba. « Ils nous auraient fourni de la paille et on leur aurait procuré en retour un carburant, explique Stéphane Gauthier. Mais voilà : un combustible à base de biomasse densifiée est plus cher que le charbon. Des producteurs agricoles ont décidé de brûler directement leur propre paille non densifiée. On a rapidement constaté que produire un carburant, au Manitoba, pour concurrencer le charbon était irréalisable dans les conditions actuelles. »

Nouvelle orientation
Avec l'abondance de résidus agricoles disponibles au Manitoba, Stéphane Gauthier et Eugene Gala revoient leur plan d'affaires. Ils cherchent à créer une chaîne de valeur pour extraire tout le potentiel de ces matières. Ils constatent que les produits faits à base de paille possèdent des capacités d'absorption d'eau très élevée.

Au Manitoba, en raison du déclin de l'industrie forestière, les copeaux de bois utilisés comme litière dans les élevages sont difficiles à trouver et, par conséquent, leur coût monte en flèche. Grâce à leurs propriétés d'absorption, les produits à base de paille pourraient avantageusement remplacer ces copeaux.

Une rencontre avec Cyrille Néron, directeur du Service innovation et croissance de La Coop fédérée, sera déterminante pour la suite des choses. « La compétence et l'expertise reconnues de nos partenaires manitobains en matière de valorisation de la biomasse agricole nous ont littéralement allumés, lance Cyrille Néron. Cet amalgame de savoir-faire nous a laissé entrevoir de nombreuses occasions d'affaires. On leur a donc suggéré de travailler avec nous à l'étude de la mise sur pied d'une usine de valorisation de biomasse au Québec. Cette usine permettrait de transformer différents types de biomasse pour créer de la valeur en région. Notre association avec Prairie Bio Energy, leader en la matière au pays, est très prometteuse. »

« Le Québec possède un excellent potentiel pour la mise en œuvre d'une filière énergétique à partir de la biomasse, car il y a une population suffisamment importante pour lancer plusieurs projets, indique Stéphane Gauthier. Et le coût des carburants fossiles y est plus élevé qu'au Manitoba. »

« C'est sans compter qu'il est inévitable que le coût de ces énergies monte à l'avenir, souligne Eugene Gala. Les bioénergies et bioproduits sont voués à jouer un grand rôle au cours des 20 prochaines années. »

« C'est un incontournable, croit Cyrille Néron. Si on souhaite être moins dépendants des énergies fossiles, il faut diversifier nos sources d'approvisionnement. Le réchauffement de la planète obligera tous les pays à mettre en place des mesures de réduction des GES. Mentionnons d'ailleurs que plusieurs produits issus de la biomasse ont l'avantage d'être carboneutres. »

« La biomasse, c'est l'or vert de l'avenir, poursuit-il. Et les sources sont multiples : plantes dédiées, résidus de culture, déchets de l'industrie alimentaire, huiles alimentaires déclassées, fumiers, carcasses. »



D'après le spécialiste, des centaines de milliers d'hectares de terres au Québec sont soit inutilisés, soit exploités de manière très extensive. Les chiffres qu'il avance en disent long sur ce potentiel. Les plantes dédiées pourraient fournir de deux à quatre millions de tonnes de matière sèche par année. Du côté des résidus de culture de maïs-grain, de soya et de céréales, on parle de 900 000 tonnes. Les foins déclassés pourraient, eux, contribuer à hauteur de 175 000 tonnes à cette manne. Au final, c'est de trois à cinq millions de tonnes de matière sèche de biomasse agricole dont on pourrait disposer, « sans gruger des terres consacrées à l'alimentation animale ou humaine », assure Cyrille Néron, qui n'écarte pas non plus la biomasse forestière (résidus de coupes en forêt et de transformation – rabotures, écorces, sciures, copeaux), dont le potentiel annuel s'élève à plus de trois millions de tonnes de matière sèche.

« Il y a un potentiel énorme pour les producteurs d'ici », croit Cyrille Néron, qui souligne qu'Énergies Sonic pourrait être le maître d'œuvre de plusieurs projets-pilotes d'implantation de réseaux de chaleur, de distribution de biocombustibles et de vente d'énergie au cours des prochaines années au Québec. Prairie Bio Energy croit en effet que l'expansion que prend La Coop fédérée au Canada, entre autres par l'acquisition d'entreprises du secteur des productions végétales (Agronomy Company of Canada, Agrico et Grower Direct Export), ouvre la porte à de multiples marchés. « La synergie est là! » dit Stéphane Gauthier.

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