Entretiens
Louise Dallaire
Christine Marcotte porte plusieurs casquettes. Mère de quatre enfants et agronome, elle est copropriétaire d'une ferme laitière, experte-conseil en production porcine à temps partiel à La Coop Seigneurie, administratrice à La Coop Univert et membre du conseil d'administration de Jersey Québec.
Pourtant, son milieu familial ne la prédisposait en rien à faire carrière en agriculture, confie cette native de Portneuf, dont le père était courtier d'assurances. « Il faut croire que j'avais ça dans le sang! »

Toute petite, raconte-t-elle, la première chose qu'elle faisait en se levant était de jouer avec sa ferme Fisher-Price. Puis, à partir de l'âge de quatre ou cinq ans, cette « fille à bestioles » passait le plus clair de son temps à la ferme laitière de ses voisins.

Sans surprise, elle entreprend donc un bacca­lauréat en agronomie à l'Université Laval. À la fin de ses études, en 1994, elle est d'abord embauchée comme ouvrière agricole dans une ferme porcine, où elle rencontre d'ailleurs l'homme qui deviendra son conjoint quelques années plus tard. Elle travaille ensuite comme experte-conseil pour La Coop Seigneurie, alors que son conjoint, Martin Sauvageau, devient gérant d'une ferme porcine pour la même coopérative.

C'est par un pur hasard que l'occasion d'acheter une ferme laitière se présente au couple en 2006. « J'étais prédestinée! » lance l'agricultrice, à qui on avait pourtant maintes fois répété à l'université qu'il était impossible de devenir proprié­taire d'une ferme laitière au Québec à moins d'être fils ou fille d'agriculteur.
Lors d'une compétition de patinage artistique de leurs filles à Québec, les Marcotte-Sauvageau apprennent d'un autre parent qu'une ferme de leur région est à vendre. Ils sont tout de suite intéressés, mais acquérir une ferme de plus d'un million de dollars exige des ressources qu'ils n'ont pas.

Ils réussissent tout de même, à force de détermination, à réunir le financement requis. Notamment en gagnant la confiance du vendeur, qui les choisit entre tous les acheteurs potentiels pour prendre la relève de cette ferme familiale qu'il doit laisser pour des raisons de santé. Afin de rendre la transaction possible, il accepte de demeurer créancier pendant une période de 10 ans.

Rebaptisée Ferme Marseau, l'exploitation compte aujourd'hui 50 vaches laitières et une trentaine de taures et génisses de race Jersey. « Depuis que nous avons pris possession de la ferme, en 2007, la productivité a augmenté d'au moins 1000 kg par vache en moyenne! » se réjouit Christine Marcotte.

Membre de La Coop St-Casimir depuis cette acquisition, elle en est devenue administratrice en 2009. Nommée au conseil provisoire chargé du projet de fusion entre les coopératives St-Casimir, Portneuf et CoopPlus pour former La Coop Univert, elle a ensuite été élue au conseil de la nouvelle entité en 2010, puis réélue sans opposition en février 2012. « Au CA, nous sommes là pour repré­senter nos membres, estime la dirigeante. Et je suis contente qu'ils me fassent confiance. »

Elle s'engage par ailleurs dans le développement de la race Jersey, entre autres au conseil de Jersey Québec, depuis février 2011. La coopératrice fait également partie d'un petit groupe d'éleveurs qui se partagent les coûts et les responsabilités lors des expositions agricoles auxquelles ils parti­cipent. Au dernier congrès de Jersey Canada, ils se sont même cotisés pour pouvoir acheter des embryons à 1500 $! « En coopé­rant, on se donne des moyens qu'on n'aurait pas autrement », conclut-elle.
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