Entretiens
Louise Dallaire
Avec le succès remporté lors de la première édition de cette rencontre de haut niveau,
tenue au printemps 2010, à l'intention des 500 plus grandes fermes laitières du Québec et de l'est de l'Ontario, on ne pouvait que récidiver, et de plus belle encore!
Au total, 375 participants – dont 265 producteurs propriétaires de 160 entreprises
laitières et 110 intervenants entourant le réseau La Coop – ont afflué au cœur de la métropole pour assister à deux journées de conférences traitant des dernières nouveautés en matière de production laitière et de gestion d'entreprise. « Ensemble, vous êtes propriétaires
de 30 000 vaches et d'un actif en quota de 600 millions $ », a indiqué Sylvain Boyer, premier directeur du Service des ruminants de La Coop fédérée, lors de son allocution aux participants. Nous voulons vous aider à atteindre vos objectifs de production et financiers. »

« Comme vous, nous sommes des gens de métier. C'est pourquoi nous avons su nous adapter aux réalités de l'industrie et à vos besoins en constante évolution », a souligné
Claude Lafleur, chef de la direction
de La Coop fédérée.

Claude Lafleur, chef de la direction de La Coop fédérée, a ouvert le bal à titre de premier conférencier. « Comme vous, nous sommes des gens de métier, a-t-il souligné. C'est pourquoi La Coop fédérée a su s'adapter aux réalités de l'industrie, mais également à vos besoins en constante évolution. Nous sommes propriétaires d'un centre privé de recherche en productions végétales. Nous avons acheté Agronomy Company of Canada et Agrico, ce qui fait de nous le plus important distributeur de fertilisants de l'est du Canada. Notre participation au réseau de recherche en productions animales CRF nous donne un avantage concurrentiel indéniable en matière d'alimentation. Notre enseigne Unimat, dans le secteur de la quincaillerie et de la machinerie, a pignon sur rue partout en province, tout comme Énergies Sonic. La Coop fédérée a d'ailleurs récemment fait l'acquisition de Prairie Bio Energy, au Manitoba, le leader de la valorisation de la biomasse au Canada. Ce sont là des infrastructures stratégiques qui nous positionnent avantageusement pour l'avenir et qui font de nous des partenaires solides. La tendance est à la hausse en agriculture, et il y a de la place pour la relève. »

L'or vert des producteurs
On ne dira jamais assez l'importance des fourrages, l'or vert des producteurs laitiers, dans les rations alimentaires. David Arseneau, directeur du service technique à La Coop fédérée, a fait une démonstration éloquente du rôle crucial de cet aliment, qui est à la base de la pyramide des besoins alimentaires. La qualité est l'objectif numéro un à atteindre, car elle s'avère le facteur limitant tout au long de la lactation, a déclaré le spécialiste. Énergie, contenu en sucres, protéines et minéraux, digestibilité et conservation sont des facteurs qui influeront directement sur la consommation.

Des génisses qui valent leur
pesant d'or

« Les experts-conseils des coopératives, les directeurs de vente et l'équipe du Service des ruminants de La Coop fédérée n'ont pas ménagé les efforts pour faire de cette rencontre une réussite », a indiqué Sylvain Boyer, premier directeur du Service des ruminants de La Coop fédérée.

« En moyenne, on réforme les vaches après seulement deux ans dans le troupeau, a lancé Mario Boivin, nutritionniste en production laitière à La Coop fédérée. Est-il normal que vos animaux soient plus longtemps des taures que des vaches? » Poser la question, c'est y répondre. L'élevage des génisses peut être plus rentable lorsqu'on diminue le taux de remplacement et l'âge au premier vêlage. L'objectif d'un vêlage à 23 ou 24 mois est prôné depuis des lustres. Mais nous sommes loin du compte, bien que les études soient formelles : « Les taures qui vêlent en bas âge ont d'aussi bonnes performances laitières et reproductives, ne sont pas réformées plus tôt et ont une meilleure production à vie que celles qui vêlent à un âge plus avancé. »

Son collègue Jean-Luc Laroche, également nutritionniste en production laitière, a donné des pistes pour réduire le coût de remplacement des sujets, tout en leur faisant produire plus de lait après le vêlage. Le spécialiste a aussi insisté sur l'importance du colostrum et fait part du principe des trois Q : « quantité, qualité, quickness », c'est-à-dire fournir du colostrum de qualité, en quantité et aussi rapidement que possible après la naissance.

Pour poursuivre sur cette lancée, Nicolas Marquis, conseiller spécialisé en production laitière à La Coop fédérée, a placé l'argent au cœur de son allocution. « Couper 2 $ dans les concentrés pour économiser peut avoir des impacts importants et inattendus sur la production et la rentabilité de l'entreprise, a-t-il dit. Manquer le pic de lactation et ne pas maximiser le nombre de jours en lait sera autrement plus coûteux. Vos vaches sont des Formule 1. Si on veut plus de lait dans le réservoir, il faut miser sur les fourrages, la qualité de la ration, la santé des sabots, la cote de chair, et mettre en place une gestion rigoureuse et périodique de l'évolution des performances techniques et économiques. »


À l'appui de ces affirmations, Elliot Block, chercheur pour l'entreprise Church & Dwight, a aussi mis en lumière qu'il importe davantage de hausser ses profits que de réduire ses coûts. « Cela peut se faire en tirant le maximum de ses ressources existantes, a-t-il dit. C'est le principe de l'économie marginale (marginal economics), c'est-à-dire le kilo de lait supplémentaire, qui est très rentable, que l'on peut obtenir en améliorant simplement sa gestion. »



Protégés d'une mer houleuse
Peut-on tirer quelque enseignement de l'environnement économique dans lequel évoluent les producteurs laitiers américains et de la politique agricole qui soutient l'industrie? Voilà les questions qu'a posées Vincent Cloutier, directeur des affaires agricoles à La Coop fédérée.

« Aux États-Unis, les fermes laitières reçoivent peu de soutien de l'État, a-t-il souligné, et nombreuses sont celles qui n'entrevoient pas l'avenir avec beaucoup d'optimisme. Tout particulièrement les petites entreprises de moins de 100 vaches, qui ne rapportent presque rien à leurs exploitants et qui se trouvent difficilement transférables, notamment en raison d'importants retards technologiques et d'une faible rentabilité. Ces entreprises seront pour la plupart démantelées un jour ou l'autre. De plus, la très forte volatilité du prix du lait et l'absence de politique agricole structurante en ont amené beaucoup à privilégier une expansion, afin de bénéficier d'économies de taille. À peine 2 % des fermes américaines accaparent 50 % de la production, tous secteurs de production animale confondus. Dans le secteur laitier, ces méga-fermes comptent en moyenne 570 vaches. De toute évidence, les marchés sont incapables de se réguler eux-mêmes. C'est pourquoi La Coop fédérée appuie sans détour la gestion de l'offre. »

 
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