Entretiens
Louise Dallaire
Imaginez un poussin en bonne santé, ayant toutes les chances de survivre – et surtout d'être performant lors de son démarrage en parquet. C'est la promesse du Couvoir La Coop.
Des pattes lisses et luisantes. Un duvet de belle qualité et en bonne quantité. Un nombril bien cicatrisé. Des yeux ronds, expressifs. Un caractère vigoureux, éveillé. Quarante-trois millions de fois par année, ce genre de poussin à l'anatomie parfaite et à la physiologie fonctionnelle est produit par le Couvoir La Coop et livré chez les éleveurs de poulets, pour leur plus grande satisfaction.

À vos marques, prêts…
Dans une course de 100 m, l'efficacité du départ est cruciale pour espérer la victoire. Le sprinteur Usain Bolt l'a appris à ses dépens aux derniers Championnats du monde, victime d'un faux départ qui l'a écarté des finales et du podium. Le parallèle avec la production avicole est évident : on ne peut aspirer à des lots performants au bout de 35-40 jours sans un départ canon 0-10 jours.

Éric Dion, agronome et directeur des ventes avicoles pour neuf coopératives de la Montérégie et du Centre-du-Québec, l'a bien compris. Il a embauché en janvier dernier une technologue, Caroline Couture, qui s'occupe surtout d'accompagner les éleveurs de poulets pendant la phase critique 0-10 jours.

Dans les fermes qu'elle visite, Caroline passe en revue des paramètres précis : température de l'air et de la litière, humidité relative de l'air, hauteur des trémies et des abreuvoirs, concentration en chlore et pH de l'eau, température rectale des oiseaux (typiquement de 40,5 °C, pour s'assurer qu'ils ne sont pas en train de combattre une infection), état général des oiseaux, etc. Les visites et les appels téléphoniques s'effectuent de manière systématique, soit quelques heures après l'arrivée des poussins, puis trois jours et onze jours après le démarrage, pour effectuer un bilan chiffré (mortalité et poids à sept jours, notamment).

« En tant que fournisseur de choix, notre rôle premier est d'assurer des démarrages impeccables chez nos clients, à qui nous devons fournir tous les outils, explique Éric Dion. À cet effet, Caroline est un atout essentiel. Son rôle est aussi important pour le couvoir que pour l'aviculteur pour assurer la performance de nos élevages. » L'excuse facile « les poussins n'étaient pas beaux » devrait donc être invoquée moins souvent par les éleveurs pour justifier des performances qui ne sont pas à la hauteur de leurs attentes.

Ferme C.M. Fournier
Claude Fournier et son fils, Michel, possèdent 95 kg de quota laitier et un poulailler de deux niveaux (quatre parquets) leur permettant d'entreprendre entre six et sept lots par année, pour un total d'environ 150 000 oiseaux – exclusivement des poulettes, qui sortent à 38 jours, à un poids optimal de 2,10 à 2,20 kg.

Des lots d'oiseaux, Claude Fournier en démarre depuis 1965. Il a donc été aux premières loges pour voir évoluer l'alimentation, l'équipement, la gestion et les soins vétérinaires. De même que la génétique. « Ça fait 35 ans que j'achète des poussins au Couvoir provincial », explique cet agriculteur du rang Casimir, à Ange-Gardien.

Claude Fournier est fier de ses résultats techniques. La mortalité est toujours basse – il venait d'obtenir 0,45 % de mortalité 0-10 jours. « L'élevage du poulet n'est pas compliqué : il faut être présent et porter attention aux petits détails qui font la différence, expose le Gardangeois. Et si on rate un lot, on peut vite se reprendre avec le prochain. »


Par exemple, des oisillons qui battent fréquemment les ailes et halètent sont l'indice d'une température trop élevée, alors que des attroupements autour des éleveuses sont le signe d'une température trop basse. En règle générale, Claude Fournier place la consigne à 88 °F (31 °C) au démarrage, 87 °F le lendemain et 82 °F au bout d'une semaine. « Mais il faut réagir vite en observant le comportement des oiseaux, qui doivent être actifs et se tenir debout quand on effectue les tournées », explique l'homme de 67 ans.



Claude Fournier connaît sur le bout de ses doigts les bonnes pratiques d'élevage, puisque ses premiers lots de poulets remontent à 1965.



En plus des trois rangées de trémies, les oiseaux peuvent aller picorer de la moulée sur une bande de papier déroulée sous une des rangées. Ils trouvent aussi de la moulée dans des boîtes de carton qui, en plus d'encourager la consom­mation, enrichissent l'environnement des jeunes oiseaux pendant les trois premiers jours. « Les oiseaux doivent manger rapidement après leur arrivée pour refaire leurs réserves, parce qu'ils vivent encore de l'énergie procurée par le jaune d'œuf, explique l'aviculteur Claude Fournier. J'observe d'ailleurs un léger pic de mortalité quelques jours après l'entrée. »




 
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