Entretiens
S’engager, pour apprendre
Administratrice à La Coop Compton depuis 2007, Julia Ferland est copropriétaire, avec sa sœur et son père, d'une ferme laitière située à Compton, dans les Cantons-de-l'Est. Ayant grandi dans cette ferme familiale bâtie par son grand-père paternel, puis rachetée par son père et son oncle (aujourd'hui décédé), c'est pourtant tardivement que Julia a décidé de s'y investir à son tour.
« J'ai toujours aimé les animaux, mais je n'avais jamais pensé prendre la relève. Je voulais plutôt devenir vétérinaire », confie la jeune femme de 30 ans.

Enfants, les deux sœurs n'avaient pas le droit d'aller à l'étable, raconte-t-elle. Leur mère, qui venait de la ville et était allergique aux animaux, avait une peur bleue des multiples dangers qui guettaient ses deux filles à l'étable et à proximité de la machinerie agricole. « Mon père n'insistait pas. Et dans le fond, ça ne nous intéressait pas vraiment à l'époque », admet-elle.

Au secondaire, toutefois, les deux sœurs ont commencé à travailler à l'étable pendant l'été pour se faire un peu d'argent. Julia a ensuite étudié en technique de santé animale au cégep de Saint-Hyacinthe. Puis, comme il lui manquait certains cours pour entrer en médecine vétérinaire, elle est revenue travailler à la ferme. Au bout d'un an, elle a entrepris un baccalauréat en agronomie.

« Même pendant mon bac, il n'était pas prévu que je revienne ici. Ça s'est décidé vers la fin. »

Au terme de ses études, en 2006, elle est finalement revenue à la ferme dans le but d'assurer la relève avec sa sœur lorsque leur père prendrait définitivement sa retraite. Si Julia n'est pas devenue vétérinaire, elle est maintenant responsable de la gestion du troupeau de 150 vaches de la Ferme Ferland et frères, ce qui englobe à la fois la santé, la reproduction et l'alimentation des animaux. Son intérêt pour cette spécialité l'a d'ailleurs amenée à assumer la présidence du comité organisateur d'un colloque annuel sur la santé des troupeaux laitiers, qui accueille 300 participants chaque année.

Pour sa part, sa sœur, maman de quatre enfants en bas âge, s'occupe essentiellement de la comptabilité pour l'instant, alors que son père délègue graduellement la responsabilité des champs et de la machinerie au conjoint de Julia. Les copropriétaires emploient aussi une personne à temps plein et des aides à temps partiel, mais visent une meilleure productivité et une plus grande autosuffisance dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre agricole.

Bien que Julia soit très prise par son travail à la ferme, son entrée au conseil d'administration de La Coop Compton s'est faite tout simplement. « On m'a approchée et j'ai dit oui! »

Il faut dire qu'elle savait à quoi s'en tenir, son père ayant déjà présidé ce conseil, en plus de s'impliquer de nombreuses autres façons dans son milieu. « Je voyais très bien que tout ça lui permettait de sortir de la routine de la ferme et de penser à autre chose », explique-t-elle.

C'est d'ailleurs ce qu'elle apprécie le plus de son rôle, confie la dirigeante, qui a été membre du comité du 75e anniversaire de la coopérative et de celui chargé de l'inauguration de la nouvelle quincaillerie, l'an dernier. « Ça me fait voir du monde et ça me permet d'apprendre des choses que je ne connaîtrais jamais en restant chez moi. »

Le plus difficile, estime Julia Ferland, est de se motiver à s'engager une première fois. « Après, on aime ça! » assure-t-elle.
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