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Un premier bilan
Issue des recommandations de ses parties prenantes (employés, clients et fournisseurs), la politique de développement durable de Nutrinor trace la voie vers la conjonction des pôles économique, social et environnemental dans toutes ses activités. Un premier bilan en fait état et propose des engagements pour les cinq prochaines années.
En 2009, quand la coopérative revoit sa planification stratégique, elle en profite pour reformuler sa mission : « Unir nos forces à celles de la terre pour accroître de façon durable la richesse collective ». Une mission qui allait de pair avec la vision de l'entreprise : « Devenir chef de file dans la transformation de produits agroalimentaires nordiques et dans la production de bioénergies. »

Les six engagements de Nutrinor

1. Instaurer une culture organisationnelle de développement durable
2. Communiquer de manière transparente et efficace
3. Assurer la pérennité des activités et la création de la richesse collective
4. Assurer un milieu de travail sécuritaire, stimulant, sain et plaisant
5. Favoriser les chaînes de valeur responsables 6. Réduire l'empreinte environnementale

Pour ne pas se faire taxer d'« écoblanchiment », les dirigeants de la coopérative, qui compte 1183 membres et près de 400 employés, lançaient en 2010 une démarche de déve­lop­pement durable. « On croit aux principes du dévelop­pement durable depuis longtemps, fait savoir Yves Girard, directeur général de Nutrinor. Il fait partie de nos valeurs, tout comme l'innovation, la reconnaissance et la responsabilisation, qui soutiennent toutes nos activités quotidiennes. »

Établie au Saguenay–Lac-Saint-Jean depuis plus de 60 ans, Nutrinor a d'abord évalué le côté durable de ses pratiques dans chacun de ses secteurs d'affaires : productions animales et végétales, transformation du lait et du porc, pétrole, propane et biocarburant, quincaillerie et matériaux, eau de source.

En 2011, la coopérative a rencontré ses parties prenantes internes et externes – employés, clients, membres, fournisseurs, banquiers, organismes communautaires –, bref, toutes celles qui gravitent autour de l'entreprise, pour connaître les perceptions qu'elles en avaient. « On a parlé avec plus de 300 personnes », indique Yves Girard.


« On a voulu
que notre politique de développement durable soit issue de la vision et des demandes de nos parties prenantes », indique Yves Girard, directeur général de Nutrinor.

Ces rencontres ont permis de formuler une politique de développement durable – entrée en vigueur en septembre 2011 – et de produire un premier bilan comportant six engagements (voir l'encadré). Chaque engagement comprend des objectifs et cibles à atteindre (voir le tableau ci‑contre). « Notre politique a été formulée d'après les attentes de nos parties prenantes », précise Yves Girard.

« Le développement durable, ce n'est pas que l'environnement, poursuit le directeur général. On doit aussi tenir compte de variables sociales et économiques. » Pour mesurer l'avancement de ses six engagements, l'entreprise s'est donné 11 indicateurs de performance. Ces indicateurs correspondent à ceux dictés par les lignes directrices internationales de la Global Reporting Initiative (GRI), organisation qui appuie et certifie la démarche de développement durable d'entre­prises partout dans le monde. L'obtention de la certi­fication GRI est la prochaine étape du programme de Nutrinor. « Elle apportera encore plus de crédi­bilité à nos pratiques », souligne Yves Girard.

Pour mettre en œuvre sa démarche, Nutrinor est épaulée par le Conseil québécois de développement durable (CQDD), à Alma, au Lac-Saint-Jean. Colette Lebel, directrice des affaires coopératives à La Coop fédérée, a, de son côté, animé les rencontres avec les parties prenantes. Un comité stratégique a également été formé au sein de la coopérative pour piloter l'implantation de la démarche. On y retrouve les principaux dirigeants de Nutrinor ainsi qu'Éric Morissette et Luc Turbide, respectivement directeur du Service de l'environnement et conseiller en environnement à La Coop fédérée.


« Pour intégrer une telle culture dans une entreprise, il faut que les dirigeants en prennent le leadership, autrement ça ne fonctionnera pas, fait savoir Yves Girard. C'est pourquoi un suivi de l'évolution de la démarche de développement durable apparaît à l'ordre du jour de toutes les rencontres du comité de direction et du conseil d'administration. De même, dans chacun de nos secteurs d'activité, au moins une réunion sur deux doit traiter de l'évolution de la démarche. »

Nutrinor vise à implanter une véritable culture d'innovation dans tous ses secteurs d'activité. Des produits comme la toute nouvelle boisson laitière Le Complait – sans lactose et contenant plus de calcium, des prébiotiques, des probiotiques et des oméga-3 –, récemment lancée au Salon international de l'alimentation de Montréal, de même que des charcuteries fines issues de porcs élevés localement ou encore des plantes destinées à la production de biocarburants, en sont de bons exemples. « Nous essayons d'être créatifs pour mettre au point des produits inimitables, provenant d'une agriculture nordique », indique Yves Girard.


Le plus grand défi consiste à communiquer et à instaurer cette culture au sein de tous les secteurs, en tenant compte de leurs réalités et problématiques. Par exemple, les pétroles et la transformation laitière ne sont pas concernés par les mêmes enjeux.

Il y a eu une certaine résistance au début, car on voyait dans l'implantation de cette démarche une surcharge de travail. « Ces craintes se sont estompées rapidement lorsque tous ont réalisé que si certaines pratiques sont plus difficiles à implanter ou alors minent la crédibilité de la démarche dans son ensemble, il est possible de prendre un temps d'arrêt pour revoir les façons de faire », précise Yves Girard.

Les employés se sont finalement montrés extrêmement enthousiastes à l'idée de voir le développement durable s'implanter dans l'entreprise. « Un sondage a révélé que 86 % des employés considèrent que la démarche sera bénéfique pour la coopérative et que 79 % reconnaissent l'engagement réel de la direction envers le développement durable, mentionne Yves Girard. Quand on dit aux employés qu'on veut mettre en place une démarche qui a pour but de léguer aux générations futures une coopérative saine sur les plans environnemental, économique et social, c'est très porteur. »


Plus de 300 personnes
ont été rencontrées dans le processus d'élaboration de la politique de développement durable de Nutrinor

Le dépôt du premier bilan de développement durable de Nutrinor a déjà eu des répercussions positives sur l'entreprise. « On pense que ça aura des impacts sur nos affaires à court terme, croit le directeur général. Par exemple, des entreprises dans le secteur laitier, pour lesquelles on effectue de l'emballage, ont pris connaissance de notre bilan et s'en servent pour faire la promotion de leurs produits auprès de leur propre clientèle. Il y a une demande de plus en plus forte de produits et services issus d'une démarche de développement durable de la part des consommateurs et de grandes chaînes d'alimentation. Ce n'est pas juste une mode, c'est une tendance lourde. Je crois que ça nous donnera une longueur d'avance sur de nombreuses entreprises. »

« Nutrinor est également partenaire du projet de guide de pratiques durables à la ferme », informe Yves Girard. Cette démarche en cours avec des producteurs agricoles vise à réaliser un guide de pratiques durables pour les fermes conçu à partir de leur expérience. Elle a été mise en œuvre par le CQDD, qui travaille présentement avec le Groupe conseil agricole du Lac-Saint-Jean-Est, La Coop fédérée et plusieurs autres partenaires experts et financiers.

Pour en savoir plus :
Nutrinor : www.facebook.com/nutrinor
Global Reporting Initiative : www.globalreporting.org

« La démarche de développement durable permettra, au cours des prochaines années, l'amélioration continue des résultats sociaux, environnementaux et économiques de la coopérative dans tous ses secteurs d'activité. S'engager dans la démarche de développement durable constitue une force et un atout pour la coopérative, puisqu'elle vise à pérenniser les activités régionales. »
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