Entretiens
Quand le point de vie feminin est important
Il y a bientôt six ans, Julie Rodrigue s'engageait comme administratrice dans le but de faire sa part pour assurer la survie du Magasin CO-OP de Saint-Ludger. Elle prenait alors la relève d'une autre dirigeante de cette petite coopérative qui a pratiquement toujours compté au moins une femme parmi les six membres de son conseil d'administration.
S'il fallait que notre coopérative ferme, il ne resterait plus qu'un petit dépanneur sans fruits et légumes ni viande à Saint-Ludger. Et il nous faudrait aller faire notre épicerie à 25 minutes de route », confie-t-elle pour expliquer sa motivation à vouloir demeurer au conseil au terme de son troisième mandat.

Fondée en 1943, cette coopérative qui regroupe aujourd'hui une épicerie Boni-Choix et une quincaillerie Unimat est durement touchée par la concurrence des grandes chaînes établies ailleurs dans la région beauceronne. Comptant seulement 250 membres et 17 employés, elle dessert essentiellement une clientèle locale, y compris des non-membres.

« Notre principal problème, c'est que Saint-Ludger est une petite paroisse de 1200 habitants, avec une population vieillissante, constate-t-elle. Nous essayons donc d'amener les jeunes à venir faire leur épicerie dans notre coopérative pour éviter sa fermeture, car ils sont portés à aller vers l'extérieur dans les gros magasins. » Au nombre des stratégies retenues cette année par le conseil pour les attirer, la dirigeante mentionne l'offre d'un bon d'un dollar par tranche de 20 dollars d'épicerie à chaque nouveau membre de la coopérative.

Selon Benoit Carrier, directeur général du Magasin CO-OP, l'apport de Julie Rodrigue est important pour la coopérative, tant pour le côté épicerie que pour celui de la quincaillerie. « Comme ce sont surtout les femmes qui font le marché, elle fait valoir le point de vue féminin – et celui des jeunes femmes en particulier », explique-t-il. Il ajoute que comme elle est également agricultrice et copropriétaire d'une entreprise de travaux agricoles à forfait avec son conjoint, elle représente aussi assez bien la clientèle type de la quincaillerie.

Une femme travailleuse
Ayant grandi dans un milieu agricole, cette native de Saint-Simon-les-Mines a exercé le métier de coiffeuse pendant sept ans avant de connaître son conjoint, Alain Pépin. Aujourd'hui, en plus de s'occuper de tout l'aspect administratif de leur entreprise de services d'épandage de purin, d'ensilage et de battage de grain, elle conduit le tracteur pendant les périodes de forte demande. Les deux conjoints sont également actifs dans le secteur des grandes cultures et songent d'ailleurs à augmenter la superficie de terres cultivables qu'ils louent.

Bien qu'elle n'en soit pas elle-même actionnaire, cette grande travailleuse prête aussi régulièrement main-forte à la ferme que son conjoint exploite par ailleurs avec sa mère, sa sœur et son frère. L'entreprise familiale compte 45 bovins d'élevage et 30 vaches laitières.

Travaillant souvent jusqu'à 14 heures par jour pendant la belle saison, Julie Rodrigue profite de l'hiver pour se reposer et s'adonner à une passion qu'elle partage avec son conjoint : la motoneige. « Quand le temps le permet, on part toujours pour une semaine sans les enfants ! »

Maman de trois jeunes (Roxanne, 13 ans, Miguel, 11 ans et Tommy, 9 ans), elle siège aussi au conseil d'établissement de son secteur à titre de représentante des parents de l'école Nazareth de Saint-Ludger, et ce, pour un quatrième mandat. Avec d'autres parents, elle s'est beaucoup démenée au conseil d'établissement et dans sa collectivité pour qu'un tout premier service de garde en milieu scolaire soit implanté à Saint-Ludger. Depuis la rentrée 2012, c'est chose faite !
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