Entretiens


« Tous ensemble, nous voulons augmenter l'étendue de l'action d'un mouvement coopératif qui inspire confiance parce qu'il agit de façon responsable et pour le long terme. »
Monique F. Leroux

Cette citation de la présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins est un des messages mobilisateurs qui ont été prodigués au Sommet international des coopératives, tenu du 8 au 11 octobre, à Québec. Les coopératives, a-t-on souvent déclaré, disposent de plusieurs atouts, mais on a aussi relevé les grands défis auxquels elles doivent faire face. Durant cette rencontre, on a rendu publiques diverses études faisant état de la situation actuelle des coopératives et montrant comment elles peuvent s'améliorer sur les plans, notamment, de la productivité, de la compétitivité et de la gouvernance. Le Coopérateur vous présente les résultats de quelques-unes de ces études* en plus de dresser un bilan très sommaire de ce grand événement, où s'étaient donné rendez-vous près de 2800 participants – dont des conférenciers de réputation internationale – en provenance de 91 pays.

* Vous pouvez consulter les fiches techniques d'autres études présentées pendant le Sommet à l'adresse www.sommetinter2012.coop/site/programmation/etudes.







Les trois co-hôtes du Sommet international des coopératives 2012
Dans l'ordre habituel : Dame Pauline Green, présidente de l'Alliance coopérative internationale; Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins et Dr Patricia Bradshaw, doyenne de la Sobey School of Business, de l'Université Saint Mary's, en Nouvelle-Écosse.


Entrevue post-Sommet


Denis Richard et Claude Lafleur, respectivement président et chef de la direction de La Coop fédérée, ont répondu aux questions des journalistes portant sur les différentes études présentées à l'occasion du Sommet.

Le Coopérateur agricole On a souvent mentionné le fait que la formule coopérative est une solution à ce que beaucoup appellent l'échec du capitalisme. Quelle est votre opinion à ce sujet?
Denis Richard Ce n'est pas la solution dans tous les domaines, mais on voit grandir des coops là où les humains sont le plus touchés – l'agroalimentaire, la finance, les services –, parce qu'elles sont soucieuses des propriétaires. Les entreprises à capital-actions continueront à dominer dans les secteurs à haut développement et à haut risque.
Claude Lafleur Les coopératives ne condamnent pas l'économie de marché, pas plus qu'elles font le vœu de pauvreté perpétuel. Mais les coopératives sont patientes, à l'image des gens de métier qui la composent et qui la gouvernent. Dans les moments de crise, les actionnaires ont tendance à retirer leur capital et à le réinvestir là où c'est payant. Dans les coopératives, le capital n'est pas soumis à la dictature des résultats trimestriels et de la bourse. Elles n'ont pas à raconter d'histoires pour maintenir les actions et la confiance de ceux qui les détiennent. La différence fondamentale, c'est que si le bateau prend l'eau, on colmate! Alors que les financiers se sauvent et choisissent un autre navire.

CA L'étude de PricewaterhouseCoopers (PwC)propose notamment un développement stratégique en amont et en aval. Or, La Coop fédérée est présente en amont, mais n'a pas de liens directs avec le consommateur. Y aurait-il un avantage pour elle à se rendre jusqu'à la vente au détail?
DR Il y aurait un avantage pour La Coop fédérée à faire de l'intercoopération avec des coopératives de consommation qui possèdent des épiceries, par exemple. En étant partenaire d'une chaîne de valeur, comme propriétaire d'une coopérative agricole, j'établirais un lien direct avec le consommateur. Cela pourrait se faire avec le porc La Coop. Alimenté et abattu dans le réseau La Coop, il serait vendu dans les coopératives de consommation.

CA D'après un sondage effectué par le cabinet-conseil McKinsey, 96 % des hauts dirigeants de coopératives considèrent la croissance comme une priorité dans leur stratégie d'affaires. Est-ce que La Coop fédérée croît au rythme de ses ambitions ?
DR Les propriétaires de coopératives voient la croissance comme l'amélioration de leurs activités grâce à l'usage de meilleurs produits et services pour le bénéfice des membres. Cela dit, La Coop fédérée croît au rythme de ses ambitions, à la vitesse des besoins et des opportunités qui se présentent.
CL Dans une économie de marché, la croissance est incontournable. Pour assurer la pérennité de l'entreprise, on doit diminuer les coûts, augmenter la masse critique collective des coopératives et porter le combat en dehors du Québec, afin de protéger nos acquis ici. Et cela passe par la croissance et les acquisitions. Nos concurrents se concentrent partout dans le monde et veulent accaparer nos marchés. Pour y résister, la meilleure défense, c'est l'attaque.

CA Une étude de McKinsey suggère de mettre en place une chaîne de valeur ou une façon de valoriser son produit pour faire face à une réglementation du marché dans laquelle il est difficile de trouver son compte. C'est ce que La Coop fédérée a fait en mettant sur pied la Filière porcine coopérative. Y a-t-il d'autres secteurs où une telle chaîne de valeur pourrait être mise en place?
DR Cela peut s'appliquer dans tous les secteurs de l'agroalimentaire là où le consommateur en fait la demande, car il est sensible à la façon dont les produits sont fabriqués. On verra donc apparaître différentes chaînes de valeur organisées. Pensons à Première Moisson, qui commercialise un pain fabriqué selon un cahier de charges qui touche toute la chaîne de production, du semis du blé jusqu'à la vente au consommateur.

CA PwC a déclaré que les coopératives devaient « raisonner comme des entreprises cotées en Bourse ». Ce qui a fait réagir l'audience. Qu'en pensez-vous?
DR Il y a des ressemblances dans la gouvernance. Les deux ont des propriétaires multiples qui ont délégué leur confiance à un conseil d'administration, mais dans une coopérative, il ne peut y avoir de propriétaires majoritaires. En revanche, l'objet est très différent. Pour l'entreprise cotée en Bourse, c'est le rendement du capital des investisseurs qui prime. Dans les coopératives, l'objectif est d'améliorer la relation avec les usagers afin que ceux-ci puissent optimiser le rendement de leur entreprise et consommer des produits de qualité, respectueux de l'environnement, au meilleur coût possible.
CL Un des avantages marquant de la coopération, c'est justement de ne pas se comporter comme une entreprise à la Bourse, qui cherche des résultats à court terme. On est complètement à l'opposé de ça. Deux exemples : on a mis cinq ans à concrétiser Chrysalide. Avec IFFCO (Indian Farmers Fertilizer Co-operative), on se positionne à long terme. Ce qui nous différencie fondamentalement, c'est que l'argent reste dans les collectivités, il n'est ni expatrié ni financiarisé. Toutes nos activités sont des activités de métier et toutes nos acquisitions servent à les valoriser.

CA McKinsey déclare que l'agilité organisationnelle est un défi à relever pour les coopératives, notamment en ce qui a trait à la prise de décision. Si tel est le cas à La Coop fédérée, quelles mesures devrait-elle prendre pour accélérer ce processus?
DR Une fois que les membres d'une coopérative ont délégué leur pouvoir à un conseil d'administration, une décision se prend à la même vitesse que dans une entreprise cotée en Bourse. Quand il y a des occasions d'affaires sur le marché, La Coop fédérée réagit aussi vite que les entreprises privées.
CL Je n'ai pas de souvenir qu'on ait échappé un seul dossier d'affaires en raison d'une prise de décision trop lente.

CA L'étude d'Ernst & Young propose d'accueillir, au sein du conseil d'administration, des membres invités qui ne sont pas membres de la coopérative, pour attirer une grande variété de gens de talents. Est-ce que les coopératives pourraient bénéficier d'une telle façon de faire?
DR Certaines coopératives le font déjà. C'est une bonne pratique de gouvernance dans des créneaux plus particuliers : en mise en marché, par exemple, où une expertise plus spécialisée que celles des membres est nécessaire afin de mieux cerner les enjeux.
CL Le conseil d'administration est l'ultime arbitre, le décideur final sur l'ensemble des orientations de l'entreprise. Avoir un ou des experts externes qui siègent au conseil d'administration – un expert e-*n finance, un expert en gouvernance, un expert des marchés –, ajoute à la richesse de l'organisation, mais le pouvoir doit rester entre les mains des membres. La gouvernance d'Agropur est un exemple heureux de cette diversité.

CA L'économiste Jacques Attali a dit que les entreprises privées adoptaient de plus en plus les valeurs coopératives. Est-ce devenu plus difficile pour les coopératives de se distinguer?
DR Pour les entreprises privées, surtout en raison de la vitesse à laquelle l'information circule dans les médias, les règles ont changé. C'est devenu pour elles une nécessité de copier nos valeurs d'intégrité, de transparence. Les coopératives sont liées à leurs membres par l'usage et par la propriété. Elles vont toujours se distinguer.
CL Les valeurs coopératives sont des valeurs humaines. Ce n'est pas étonnant que les entreprises privées se les approprient. La coopération, outre ses valeurs, c'est aussi un mode de fonctionnement – la démocratie, le partage de la richesse dans les collectivités – qu'on ne retrouve pas explicitement dans les entreprises privées. L'ADN fondamental d'une entreprise privée, c'est de faire du profit, ensuite de se comporter correctement. Nous, c'est l'inverse.

CA Quel bilan faites-vous de ce sommet?
DR C'est une grande première. Des coopératives du monde entier se sont réunies pour apprendre à se connaître, développer l'intercoopération, pousser plus loin la capacité d'influencer les économies du monde.
CL Deux choses. D'abord, avec toutes les études qui ont été produites, les coopératives disposent maintenant d'une riche documentation qui servira pendant plusieurs années à appuyer nos efforts de rayonnement et de développement. Ensuite, la présence de 91 pays et de 2800 participants a montré au monde la vivacité du mouvement coopératif québécois et, aussi, du Québec. Le Québec est riche de ses acteurs. On a beaucoup joué la carte de la culture, et c'est très important en affaires. Le Sommet, que tous ont estimé nécessaire, a été un succès sur toute la ligne. Le pari de Mme Leroux, de Desjardins, a été tout à fait réussi.



Des études pour

susciter la réflexion


Neuf études inédites ont été présentées durant ce Sommet. De grands thèmes au cœur des préoccupations des coopératives ont été analysés, notamment les enjeux et les défis, la stratégie de croissance, l'impact socio-économique à l'échelle mondiale, le financement et la capitalisation, la gouvernance et la compétitivité. Le Coopérateur vous en présente trois qui touchent particulièrement les coopératives agricoles.

Éric Lamarre, directeur associé, McKinsey & Compagny


McKinsey & Company

Cinq tendances et leurs implications pour les coopératives agricoles

Les marchés sont en mutation , les techno­logies se développent, les goûts des consommateurs évoluent. Le secteur agricole doit s'y adapter et les coopératives prendre leur place dans ce monde en changement.

Tendances

Nourrir la planète : l'impératif de
la productivité

Les prix des denrées seront à la hausse au cours de la prochaine décennie, en raison d'une demande croissante et d'un approvisionnement restreint. Les marchés émergents exerceront le plus d'influence sur la demande mondiale d'aliments, notamment de viande, exigeante en ressources. Puisque l'accroissement des rendements des céréales s'amenuise, à cause de la dégradation des sols, des manques d'eau et des changements climatiques, il faudra s'attaquer à la question de la productivité.
Jacques Attali, économiste et écrivain : « Il faut avoir les mêmes armes que les entreprises de l'économie de marché. Il faut consolider et internationaliser les coopératives. Se doter de moyens nouveaux de financement, adaptés au modèle coopératif. »
Les programmes alimentaires
des gouvernements
Touchés par deux crises alimentaires au cours des quatre dernières années, les pays émergents, hautement concernés par la sécurité alimentaire, plaident pour l'accroissement de la production agricole et achètent notamment des terres à l'extérieur de leurs frontières (Afrique, Asie, Amérique latine). Dans les pays développés, l'origine des aliments et la façon dont ils sont produits sont au cœur des préoccupations.

L'agriculture 2.0 : nouvelles
technologies

Les données que les nouvelles technologies permettent de compiler favorisent une prise de décision éclairée. L'environnement d'affaires, de plus en plus sophistiqué et mondialisé, est en mutation. La volatilité des prix des produits de base s'amplifiera en raison des capitaux spéculatifs. Pour en minimiser l'impact, les producteurs devront acquérir une expertise en gestion des risques financiers.

Les chaînes de valeur : le grand
bouleversement
Les producteurs ne peuvent ignorer les exigences des consommateurs et doivent faire la distinction entre modes passagères et tendances lourdes.

Principaux défis des coopératives agricoles

La croissance de la population mondiale
En 1950, le nombre d'hectares cultivables par habitant était de 0,53; en 2050, il sera de 0,18 hectares. Il faudra produire plus avec une surface cultivable stable, voire en baisse, en raison, entre autres, de l'utilisation des terres pour les cultures destinées au biocarburant. À titre d'exemple, 40 % de la production de maïs américaine est affectée à la production de biocarburant.

La diminution du nombre de producteurs agricoles
La baisse régulière du nombre d'exploitants agricoles dans le monde contribue à réduire la possibilité, pour les coopératives, d'augmenter la participation des membres sous forme de parts sociales.

Le développement durable
L'agriculture consomme 70 % de l'eau douce dans le monde et émet 13 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les changements de température, prévues dans le monde, à l'horizon 2050, laissent croire que des mutations dans les processus de production et transformation seront nécessaires pour préserver des formes de cultures dans certaines régions.

La volatilité des cours des matières premières
Une forte volatilité rend les évolutions de prix moins facile à anticiper par les producteurs. La spéculation sur les cours notamment, rend plus complexe le positionnement à la vente et provoque des risques sur les marges des producteurs. Les coopératives doivent adapter leur organisation à une nouvelle approche de la gestion des risques.

Source : PwC
Grossir, encore et toujours
Faute de relève, le secteur agricole se consolidera au profit des grandes entreprises. De nouveaux types de propriétaires émergeront : des particuliers et des pays feront l'acquisition de terres pour sécuriser leur approvisionnement alimentaire, alors que des institutions et des sociétés d'investissement spéculeront sur la rareté des terres et le prix des aliments.

Implications

Renouveler et maintenir leurs
sociétaires

Devant une nouvelle génération de producteurs et de nouveaux types de propriétaires, les coopératives devront répondre aux besoins de chacun et adapter leur stratégie d'investissement.

Comment profiter de la croissance des marchés émergents?
Un accès à des marchés précis dans les principaux pôles de croissance de l'économie mondiale pourrait se traduire par des bénéfices directs pour les membres. Quel modèle d'affaires les coopératives devront-elles privilégier? Une approche terrain, un partenariat avec une entreprise locale ou internationale, une participation avec une autre coopérative, l'acquisition d'un distributeur ou d'un transformateur local, ou encore un partenariat avec le gouvernement d'un marché cible?

Sur quels avantages stratégiques peuvent-elles tabler?
Les coopératives devront acquérir de nouvelles compétences en matière de gestion des risques financiers et d'analyse des marchés, et faire profiter leurs membres de produits et services à valeur ajoutée, en s'appuyant sur la relation privilégiée qu'elles entretiennent avec eux.

Comment prévoir les changements des goûts des consommateurs?
En communiquant davantage avec eux, pour bien saisir leurs besoins et s'y adapter. Des questions surgissent : comment les coopératives peuvent-elles mieux utiliser l'information tirée des marchés? Doivent-elles pénétrer plus en aval la chaîne de valeur pour avoir un meilleur accès aux nouveaux marchés?

Mieux préparer leurs membres aux changements de réglementation
La révision des tarifs et des quotas est nécessaire pour favoriser le commerce international. La dérèglementation ne fait pas l'unanimité et son soutien varie considérablement selon les pays et les secteurs d'activité. Les coopératives doivent en comprendre clairement les enjeux et déterminer comment ceux-ci influenceront leur compétitivité. Il faut considérer la possibilité de faire valoir leur position auprès des diverses instances et de mettre sur pied des formations pour préparer leurs membres à ces réglementations. Les coopératives pourraient même participer à la mise sur pied de nouveaux standards de production qui leur permettraient de se positionner face à une nouvelle réglementation.

Source : McKinsey & Company

Yves Pelle, associé et leader européen, coopératives agricoles

PricewaterhouseCoopers

Cartographie et grands enjeux
du monde coopératif agricole
à l'échelle mondiale

Un des besoins criants des coopératives est d'accroître leur compétitivité. Les entreprises privées du secteur agroalimentaire sont fortement internationalisées et représentent une forte concurrence pour elles. De 2007 à 2011, ces entreprises ont enregistré une hausse de 10 % de leur chiffre d'affaires. Durant la même période, la hausse atteignait 8 % pour les 40 plus importantes coopératives agricoles au monde. Les coopératives réalisent donc en moyenne des résultats financiers inférieurs. Ce qui freine leur capacité d'autofinancement pour assurer un bon développement. L'étude de PwC présente différents choix de développement stratégique pour conserver ou accroître la compétitivité des coopératives.

L'internationalisation consiste à diversifier les débouchés dans un contexte de mondialisation et à prévoir les évolutions du marché en assurant une présence sur de nouveaux marchés.

Les fusions et acquisitions sont des moyens d'atteindre une taille critique indispensable face à la mondialisation des marchés et aux besoins d'investissements en R-D et innovation.

Le développement en amont permet d'accroître l'avantage concurrentiel des coopératives en sécurisant les approvisionnements grâce au contrôle de l'accès aux matières premières.

Le développement en aval permet de maîtriser toute la chaîne de valeur en s'orientant vers la transformation, la distribution et la vente au détail.

Madeleine K. Albright, ex-secrétaire d'État des États-Unis de 1997 à 2001, a affirmé que les forces du mouvement coopératif contribueront à bâtir un monde meilleur.
Sources de financement
Traditionnellement, les sources de financement des coopératives proviennent de l'apport en capital des membres et de la mise en réserve des profits. Elles sont également externes, par exemple l'endettement et les subventions de l'État.

L'étude présente d'autres sources de financement auxquelles les coopératives pourraient faire appel, soit la prise de participations dans des entreprises ou l'utilisation de l'épargne publique par la cotation en Bourse. La transformation de la coopérative en entreprise privée détenue par des investisseurs est aussi une voie proposée dans l'étude de PwC.

Une gouvernance bien maîtrisée
L'ouverture du capital des coopératives agricoles et les intérêts divergents du monde coopératif (esprit coopératif long-terme ou vision court-terme venant de l'entreprise privée) sont deux éléments qui peuvent remettre en question la structure, donc la gouvernance de la coopérative. L'exemple de l'Alberta Wheat Pool, qui s'est démutualisée autour des années 2000, démontre que les réflexions sur la gouvernance sont essentielles pour effectuer des changements de modèle, et maintenir le statut coopératif.

Source : PwC


La coopération agricole dans le monde



Anne-Marie Hubert,
associée directrice, services consultatifs, Ernst & Young


Ernst & Young

La gouvernance éclairée
des coopératives

Une étude d'Ernst & Young indique que la gouvernance des coopératives inspire confiance, mais que l'équilibre entre le rendement économique et les principes et valeurs de leurs actions au quotidien demeure complexe.

Le défi des coopératives est de démontrer que, grâce à leurs valeurs, à leur culture et à leur souci du bien commun, elles sont très bien outillées pour réussir dans une économie mondiale qui évolue rapidement.



Les piliers du succès
Trois principaux éléments ont été avancés. D'abord, la promotion d'une relation de proximité avec les membres, dont la clé repose sur une gouvernance structurée et des dirigeants engagés. Quelques facteurs de succès ont été identifiés : des canaux de distribution et une gouvernance adaptés aux besoins des membres; une gestion efficace du changement et des communications claires, et des investissements importants en technologie.

Deuxième élément : la création et la promotion d'une marque. Les coopératives doivent promouvoir de manière efficace la qualité et la valeur de leurs produits et services pour se différencier de la concurrence. Leur présence au sein d'une collectivité est un élément important de différenciation et un avantage concurrentiel.

Troisième élément : la compétitivité. L'adaptation aux tendances en évolution du marché est la clé du succès. Les conseils d'administration doivent prendre des décisions d'affaires rapides – comme l'acquisition d'un concurrent ou l'investissement dans une nouvelle technologie – tout en étant à l'écoute des sociétaires.
Obstacles à une gouvernance éclairée

Rôle et mission de la coopérative confus

But de la gouvernance et rôle du conseil d'administration flous

Risque de contrôle par un petit groupe

Risque d'émergence de conflits entre les principes de rentabilité et les objectifs sociaux

Faiblesses des mécanismes de surveillance et de contrôle

Manque de règles claires sur la manière de s'adapter aux changements du marché

Méconnaissance du statut des coopératives : ce sont des entreprises privées

Pourquoi les coopératives ne sont-elles pas encore reconnues comme des éléments moteurs modernes de l'économie?

Manque de sensibilisation de la part des politiciens sur le rôle des coopératives

Négligence par les universitaires d'en faire des sujets d'étude

Absence de stratégie de communication visant le grand public, les membres, les gouvernements et les autorités de réglementation.
Pour relever ces défis, les coopératives doivent tirer profit d'une structure de gouvernance flexible et en surmonter les obstacles (voir l'encadré). Voici quelques recommandations de l'étude pour valoriser le statut des coopératives :

  • S'assurer de l'indépendance des membres des conseils d'administration.
  • Attirer des gens de talent; nommer des membres « invités » du conseil d'administration qui ne sont pas membres de la coopérative.
  • Se concentrer sur la composition plutôt que sur la taille du conseil d'administration, afin de rassembler des compétences diverses.
  • Remettre en question la pertinence d'une limite imposée sur la durée du mandat, et assurer la planification de la relève ainsi que le mentorat et la formation.
  • Créer un environnement qui favorise la transparence et l'engagement éthique grâce à une communication complète des informations sensibles.


  • Source : Ernst & Young


Programme des futurs

leaders coopératifs


À l'occasion du Sommet, un programme d'activités avait été préparé pour les futurs leaders coopératifs. Plusieurs organisations, dont La Coop fédérée, commanditaient des jeunes pour participer à ce grand événement. Tirés au sort parmi tous les intéressés, Valérie Ouellet, coordonnatrice des communications à La Coop Univert, et Stéphane Dufour, producteur laitier et membre du conseil d'administration de La Coop Agrivoix, ont été les heureux invités de La Coop fédérée. Voici ce qu'ils ont retenu de ce sommet.






Valérie Ouellet

coordonnatrice des communications
La Coop Univert

« Je repars d'ici avec une tonne de connaissances, de constats, de problèmes et de pistes de solution. Nous étions issus de plusieurs coopératives qui évoluent dans des secteurs différents, j'ai donc pu constater que les problématiques se ressemblent partout.

« Comme le programme des futurs leaders coopératifs comportait plusieurs activités parallèles, j'ai eu l'occasion de faire du réseautage avec des gens d'ici, mais aussi avec des gens d'autres pays.

« Ce que j'ai particulièrement retenu de ce sommet pour le futur, c'est l'expression "innovation", souvent mentionnée. Et pour moi, l'innovation, c'est pour tout type d'activités, telles que la communication-marketing, le développement durable et le financement. Je vais donc veiller à l'intégrer au quotidien de ma coopérative. »





Stéphane Dufour

Producteur laitier
Administrateur à La Coop Agrivoix

« J'ai beaucoup apprécié l'aspect socioéconomique qui a été abordé tout au long de l'événement, alors que je m'attendais à des conférences qui portaient surtout sur l'aspect économique. Ce sommet m'a permis d'apprendre, par les différentes études présentées, que les coopératives se tirent bien d'affaire; par contre, on a vu que pour l'aspect financement, c'est plus difficile.

« Ce que j'ai retenu de ce sommet pour le futur, c'est l'éducation. On a vraiment du travail à faire sur ce point-là. Il a été dit qu'il fallait en parler davantage dans les institutions d'enseignement, mais il faut le faire aussi dans nos collectivités.

J'ai aussi été très impressionné par le nombre de gens, venant de 91 pays différents, qui se sont déplacés pour assister à cet événement. »

Affaires et culture sont des incontournables dans un Sommet mondial.
À l'occasion du Gala, Angèle Dubeau, violoniste virtuose; Grégory Charles, dotée d'une culture musicale incomparable et le Cirque du Soleil, connu à travers le monde, ont fait sensation auprès des invités.

Déclaration commune sur l'avenir du modèle coopératif

Le Sommet international des coopératives 2012 a conclu ses travaux à Québec par l'adoption d'une Déclaration commune de la part des trois co-hôtes, dans laquelle on réaffirme la contribution des coopératives au mieux-être économique et social des personnes, en plus d'identifier les principaux enjeux d'affaires du mouvement coopératif dans le monde. Cette déclaration a été présentée à l'assemblée générale de l'Alliance coopérative internationale, à Manchester, en Angleterre. Elle sera également transmise à l'Organisation des Nations Unies. Forts de la réponse aux besoins des participants, de l'appui des co-hôtes et de l'ensemble des partenaires, les organisateurs de ce premier Sommet songent à la possibilté de tenir un second Sommet en 2014.

Le texte de la Déclaration est disponible à l'adresse suivante :
http://www.sommetinter2012.coop/site/communication/declaration/fr

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