Entretiens
La saison de culture 2012 pour les fourrages peut être qualifiée d'excellente sur le plan de la qualité, mais a probablement été moins bonne en matière de rendement, en raison du manque d'eau dans plusieurs régions du Québec. Fait à noter, les légumineuses en ont presque autant souffert que les graminées. On en vient alors à
se demander quelles espèces on devrait ensemencer.
La bonne vieille recette luzerne-mil tient-elle toujours la route? Elle peut sans aucun doute faire encore l'affaire dans plusieurs situations. Mais y a-t-il d'autres options intéressantes? Par exemple, un producteur désirant faire des rotations courtes (tous les trois ou quatre ans, en incluant l'année d'implantation), pour s'assurer de gagner en qualité et en rendement, devrait utiliser une stratégie de production de foin distincte de celle d'un producteur qui désire garder ses prairies pendant six ou sept ans. Voici donc quelques propositions pour différentes situations.

1) Rotation courte (trois ou quatre ans, en incluant l'année d'implantation); champ bien drainé; pH supérieur à 6,6; application d'une tonne à l'acre de chaux, chaque année; système de quatre ou cinq coupes au stade mi-bouton : implantation de luzerne Standfast à regain rapide (Actis) avec de la fétuque élevée.

Une luzerne à regain rapide, comme Actis, permet d'aller chercher une quatrième coupe au bon stade à l'automne et d'ainsi limiter les pertes de population dues à une insuffisance des réserves accumulées dans les racines pour passer l'hiver. Un gain sur le plan de la maturité, de trois à quatre jours plus hâtive que pour les luzernes « conventionnelles », permet à la luzerne Actis d'être fauchée plus rapidement, avec un regain plus rapide après la coupe, et donne par conséquent la possibilité d'aller chercher une coupe supplémentaire dans la saison. Comme cette luzerne a un rythme de croissance rapide, la fétuque élevée est le choix par excellence pour l'accompagner. Le regain de la fétuque convient bien à un système de quatre coupes, et sa forte croissance à l'automne rend possible une fauche tardive. Un autre de ses avantages est sa résistance à la sécheresse et à la chaleur, ce qui lui permet de bien pousser même en juillet.

La luzerne Actis (à droite) a un rythme de croissance rapide, et est de trois à quatre jours plus hâtive que la luzerne « conventionnelle ».

2) Rotation courte (trois ou quatre ans, en incluant l'année d'implantation); champ un peu moins bien drainé; pH aux alentours de 6; système de trois coupes : implantation de trèfle rouge à trois coupes avec de la fléole. Le trèfle rouge s'établit très rapidement l'année du semis (plus compétitif que la luzerne) et offre un bon rendement. Sa valeur nutritive est similaire à celle de la luzerne. Il est, de plus, beaucoup plus tolérant à l'acidité que la luzerne. Alors pourquoi s'entêter à semer de la luzerne là où elle ne pousse pas? Parce que le trèfle rouge ne sèche pas? Mais vaut-il mieux avoir de la qualité et du rendement que de la facilité à sécher? Optez pour un nouveau trèfle rouge multi­coupe, tel qu'Asteria. Il a été sélectionné pour sa performance en troisième coupe, son haut rapport feuille-tige et sa vigueur. C'est un trèfle rouge à haut rendement, et sa croissance élevée en fin de saison permet d'avoir un rendement supérieur à la moyenne à la deuxième coupe et aux coupes subséquentes. Le mélange avec la fléole est à encourager, puisqu'elle croît bien sur les sols modérément acides et possède une excellente capacité de survie à l'hiver. La fertilisation azotée est essentielle pour l'obtention de bons rendements.

3) Besoin de foin sec à faible bilan cation-anion, champ un peu moins fertile : mélange de graminées transition (fléole et brome hybride).

Asteria est un trèfle rouge qui a été sélectionné pour sa performance en troisième coupe, son haut rapport feuille-tige et sa vigueur.

L'hypocalcémie est un des troubles métaboliques les plus fréquents chez la vache laitière. Plusieurs recherches ont démontré qu'un régime anionique en période de transition avant le vêlage contribuerait à réduire l'incidence de la fièvre du lait. Pour y parvenir sans ajout de sels anioniques dans la ration, le réseau La Coop a élaboré le concept de Bo-Champ transition. Tout d'abord, il convient de semer les bonnes espèces fourragères dans un champ qui possède une analyse de sol faible en potasse (sous les 200 kg/ha). La fléole, qui contient le moins de potasse de par sa nature face aux autres graminées, suivie du brome constituent les espèces de choix à ensemencer. Le mélange Bo-Champ transition contient donc du mil à 75 % avec du brome hybride à 25 %. Le regain et la tolérance à la sécheresse du brome hybride assureront un rendement stable et augmenteront la compétitivité de la prairie à long terme. De plus, afin de maintenir un bon rendement et une faible teneur en potasse du champ, l'application d'azote minéral est à privilégier au printemps et après la première et la deuxième coupe. L'ajout du Chloromil (engrais qui assurera d'obtenir le plus faible bilan cation-anion possible) en mélange avec l'azote est aussi tout indiqué.

Plusieurs autres propositions peuvent être adéquates. Il n'existe pas qu'une seule recette. Toutefois, les trois proposées sont probablement les plus efficaces et les plus à la mode ces dernières années. Il faut prendre le temps d'analyser ce que nos champs peuvent nous offrir et, par la suite, nous pencher sur notre façon de produire les fourrages.  
Retour

Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés