Entretiens
L'année 2013 est à marquer d'une pierre blanche pour l'Association des Jeunes Ruraux du Québec (AJRQ), la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) et Quebec 4-H. Elle marque le centenaire de la fondation des premiers regroupements de jeunes en milieu rural au Québec. Le mouvement a survécu à deux guerres mondiales, de nombreuses crises économiques et de multiples bouleversements sociaux. Il peut aussi se vanter de figurer parmi les rares au Québec à jouir d'une aussi grande longévité.

100ans racontés

Si le printemps dernier nous a démontré quelque chose, c'est que les jeunes étaient loin d'être amorphes. Ce dynamisme est loin cependant d'être l'apanage des villes. En fait, les jeunes en milieu rural se regroupent, s'organisent et revendiquent leur place, et ce, depuis 100 ans.

Jean-Charles Magnan, agronome, sera l'instigateur du mouvement de jeunesse rurale au Québec, inspiré du modèle américain.
Le mérite de cet anniversaire revient en fait au ministère de l'Agriculture du Québec. Formé depuis peu, celui-ci décide, en 1913, d'engager des agronomes pour former les agriculteurs selon les nouvelles pratiques. « C'était l'époque des expositions universelles, où l'on faisait état des plus récentes découvertes scientifiques, raconte Louise Bienvenue, professeure spécialisée en histoire de la jeunesse au Québec à l'Université de Sherbrooke. Les groupes formés à l'intention des agriculteurs tentaient d'intégrer les modèles scientifiques basés sur la connaissance, en contradiction avec les traditions orales ou les superstitions. »

Certains pays, dont la France et les États-Unis, font partie des précurseurs. Le même désir de faire connaître de meilleures pratiques en agriculture mène à la création, en 1902, des cercles 4-H en Ohio, dédiés expressément aux jeunes agriculteurs, jugés plus réceptifs aux nouvelles idées. Le Canada emboîte le pas en 1913 et forme ses propres cercles, notamment au Québec.

Le modèle américain va servir d'inspiration à Jean-Charles Magnan, agronome récemment engagé par Québec et en poste à Saint-Casimir de Portneuf. C'est à lui qu'on doit la création du premier « cercle d'études suivies d'applications pratiques sur la ferme paternelle ». Les bases du mouvement sont posées : le groupe sera dédié aux jeunes et aura comme objectif la formation, deux orientations centrales encore aujourd'hui pour tous les groupes de jeunes axés sur l'agriculture.

Une popularité grandissante
Plusieurs autres groupes vont voir le jour par la suite. Le Cercle des fermières apparaît en 1915 et, sous l'encouragement des autorités provinciales, d'autres groupes sont créés dans les années 1920, soient les Cercles de jeunes fermiers, les Cercles de jeunes agriculteurs et les Cercles de jeunes éleveurs, ces derniers étant toutefois une initiative du fédéral. En 1930, plus de 2000 jeunes agriculteurs et jeunes éleveurs sont répartis dans 60 cercles au Québec.

La grande dépression des années 1930 sert de ferment à la naissance d'un autre groupe marquant : la Jeunesse agricole catholique (JAC). Cette fois, c'est le clergé qui lance le mouvement. « Les mouvements jeunesse explosent à cette époque. Les jeunes veulent s'affirmer et prendre leur place », explique Louise Bienvenue.

L'abbé Eustache Brault organise en 1935 le premier regroupement à Rock Forest, en Estrie. La JAC a pour mission de procurer un encadrement aux jeunes établis en milieu rural, à l'exemple de ce qui se fait déjà dans le monde ouvrier et chez les étudiants. Le père Irénée Gauthier reprend le flambeau du mouvement en 1937. Bien qu'il soit dirigé par le clergé, une grande place est laissée aux laïcs. « La JAC pose les premiers jalons de la tradition d'organisation dans le monde rural, raconte Louise Bienvenue. C'est une pépinière de leaders qui remplit aussi une fonction de sociabilité et permet de créer une identité positive. »

En 1945, la JAC compte près de 400 sections affiliées, au Québec et ailleurs au Canada, ainsi que près de 3600 militants.

Une nouvelle ère
Durant les années 1950 et 1960, tant la JAC que les cercles de jeunes ruraux se transforment. Peu à peu, les autorités publiques se retirent pour laisser de plus en plus la place aux jeunes.

En 1956, le ministère de l'Agriculture du Canada confie à son pendant québécois la supervision des Cercles de jeunes éleveurs. Afin de s'adapter à la nouvelle composition de son effectif, la JAC devient en 1960 la Jeunesse rurale catholique. Deux ans plus tard, les Cercles de jeunes éleveurs et les Cercles de jeunes agriculteurs fusionnent pour devenir les Cercles de jeunes ruraux.

La popularité des associations rurales pour les jeunes ne se dément toutefois pas. En 1967, l'ancêtre de l'AJRQ, le Mouvement des jeunes ruraux, compte 221 cercles et 6500 membres.

Annie Chabot, directrice générale de l'AJRQ
Et comme partout ailleurs sur la planète, la jeunesse issue du baby-boom de l'après-guerre s'organise. En 1967, des jeunes du Saguenay fondent le Centre régional des jeunes agriculteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean, un groupe voué à la relève agricole. De fil en aiguille, le mouvement prend de l'ampleur. Il s'associe à l'UPA et devient en 1982 la Fédération de la relève agricole, qui regroupe quatre régions : le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Beauce, Québec et Saint-Hyacinthe. « Les groupes de relève se sont créés et ont pris rapidement contact, raconte André Drapeau, directeur des affaires institutionnelles à l'UPA et secrétaire de la FRAQ de 1982 à 1996. Après quelques rencontres, il est devenu évident que si tous les groupes se mettaient ensemble, ils parleraient d'une même voix pour défendre leurs intérêts. » De quatre, le nombre de syndicats passe à huit deux ans plus tard. Des gains importants sont réalisés dès le début, ce qui aidera à faire connaître le groupe.

Durant la même période, les Cercles des jeunes ruraux amorcent des changements à la suite du retrait du ministère de l'Agriculture du Québec. Ils deviennent en 1981 l'Association de la jeunesse rurale du Québec (AJRQ), gérée pour et par les jeunes.

De la revendication à la crédibilité

Josiane Chabot,
présidente de l'AJRQ
Durant ses 30 ans d'existence, la FRAQ a gagné en crédibilité et peut compter de nombreuses victoires à son actif. Normand Marcil, président de 1984 à 1987, se trouvait aux premières loges lors des débuts de la FRAQ. Il est à l'origine de la mise en place du programme d'aide à la relève laitière sous forme de prêts de quota. « Je suis fier d'avoir convaincu les plus vieux de l'importance de soutenir les jeunes et d'avoir pu arrimer la formation aux primes à l'installation », ajoute-il quant à son passage à la FRAQ.

Les anciens présidents de la FRAQ n'ont que des bons mots pour décrire l'organisme. École de leaders, ce dernier leur a aussi permis d'ouvrir leurs horizons. « Mon expérience m'a donné confiance et crédibilité, témoigne Jacques Demers, président de 1993 à 1996. Elle m'a appris à construire un argumentaire face à d'autres personnes. » Il garde aussi de précieux souvenirs de son passage à l'AJRQ : « C'est là que j'ai vécu mes premières réussites. On vit des expériences qui nous donnent confiance en nous. »

À la barre de l'AJRQ depuis 1999 à titre de directrice générale et présidente du conseil d'administration les trois années précédentes, Annie Chabot a aussi vu le mouvement évoluer avec les années. L'aspect social y est toujours aussi important, tout comme l'apprentissage de la démocratie. De nouvelles activités se sont greffées avec les années, ce qui a permis de renouveler l'intérêt des générations plus jeunes.

Les groupes jeunesse se sont aussi dotés d'une Table de concertation de la jeunesse rurale du Québec, regroupant l'AJRQ, la FRAQ et Quebec 4-H.

La mission de ces groupes a par contre peu changé, malgré plus de 100 ans d'histoire. « L'AJRQ constitue encore le point de ralliement pour les 15, 16 ans qui ont un intérêt en agriculture, indique Annie Chabot. Elle contribue à créer un sentiment d'appartenance. »



Jeunesse d'aujourd'hui

Après plus de 100 ans d'existence, comment se portent les groupes représentant les jeunes en milieu agricole ? À l'image d'une société en évolution, les jeunes tentent de se redéfinir tout en restant fidèles à leur raison d'être.

Magali Delomier, directrice générale de la FRAQ et Alain Audet, président
En ce début d'année du centenaire, Annie Chabot a de quoi se féliciter. L'activité phare de l'Association des Jeunes Ruraux du Québec, la Classique des Jeunes Ruraux, a attiré 175 jeunes en 2012, soit 25 de plus qu'en 2011, un résultat qui fait foi de la vitalité de l'organisme, selon la directrice générale. « Le mouvement va bien. Le membership est un peu en baisse, mais c'est normal, puisqu'il y a moins de fermes au Québec. »

À la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ), le ton aussi est positif. Le groupe voudrait naturellement que ses dossiers progressent davantage, mais aucun nuage ne se profile à l'horizon. « Ça pourrait toujours aller mieux, mais le groupe va bien, dit son président, Alain Audet. Les jeunes sont de plus en plus ouverts, formés et informés. »

Quebec 4-H, présent avant tout auprès de la population rurale anglophone de la province, partage l'opinion de ses pairs. « Les cercles organisent de nouvelles activités d'année en année pour répondre aux attentes des jeunes », explique Lorelei Muller, directrice générale du groupe. L'année 2013 revêtira aussi une signification toute particulière pour celui-ci, puisque le mouvement 4-H au Canada fête également son centenaire.

Les chiffres semblent d'ailleurs donner raison à ces associations : la FRAQ compte près de 2000 membres, il y en a 1100 à l'AJRQ et 439 à Quebec 4-H.

Une adaptation pas toujours évidente
Tout n'est pas rose pour autant dans le monde rural. Depuis que l'AJRQ et la FRAQ ont adopté leur structure actuelle, au début des années 1980, bien des choses ont changé dans les campagnes. L'aspect social de ces groupes, si primordial auparavant pour toute une génération, n'a plus la même portée.

« C'est plus difficile d'aller chercher de nouveaux membres, confie Josiane Chabot, présidente de l'AJRQ. Les jeunes d'aujourd'hui ont plus d'activités qui demandent des déplacements constants, comme le hockey, le patinage artistique, le football, la danse ou même des compétitions de tous genres. Les parents ont moins le temps de s'impliquer ailleurs. Et pour que l'association ou les associations rurales fonctionnent, il faut clairement que des parents soient impliqués. »

Annie Chabot, directrice générale de l'AJRQ depuis 13 ans et tante de Josiane, reconnaît que garder l'intérêt des jeunes représente un défi à relever d'année en année. « Avant, les gens avaient besoin de se rencontrer. Aujourd'hui, c'est tellement différent. C'est beaucoup plus facile de prendre des nouvelles et de créer des liens avec les nouvelles technologies. »

Si l'aspect social de l'AJRQ est surtout touché, c'est sur le plan de la mobilisation que la FRAQ ressent les répercussions du rythme de vie plus rapide de notre époque. Alain Audet le constate sur le terrain. Pas toujours évident de convaincre les collègues d'assister à des réunions en plus du travail et des études, dit le président. « Certaines régions sont plus dynamiques que d'autres. Un de nos défis est de continuer à nous mobiliser. »

Des projets à profusion
Cela dit, les groupes de jeunes en milieu rural ne restent pas les bras croisés devant ce constat. Partout, des projets abondent pour brasser les idées et dynamiser les rangs.

Lorelei Muller, directrice générale de Quebec 4-H.
En entrevue, Lorelei Muller, de Quebec 4-H, dégage un enthousiasme contagieux. « Notre objectif est d'augmenter notre visibilité et d'aller chercher de nouveaux membres tout en gardant l'agriculture comme point de ralliement. » Et si cela ne dépendait que de Mme Muller, elle fonderait de nouveaux cercles partout où la demande se fait sentir; mais elle doit concentrer ses efforts, budget oblige. Son truc pour garder l'intérêt de ses jeunes ? « Nous les consultons beaucoup. Nous voulons être à l'écoute de leurs besoins et de leurs centres d'intérêt. » La mission sociale de Quebec 4-H est toujours aussi importante, puisque la communauté rurale anglophone est parfois très dispersée sur le territoire. « Les jeunes aiment socialiser, ajoute-t-elle. Ils ont besoin de rencontrer d'autres personnes qui vivent la même réalité. »

Pour la FRAQ, le défi est de déployer davantage son réseau, qui est considéré comme sous-exploité. « On voudrait mieux coordonner les questions laissées en ce moment au bon vouloir des fédérations régionales, mais qui n'avancent pas nécessairement, parce que ces fédérations sont elles-mêmes surchargées par d'autres dossiers, lance Alain Audet. Nous voulons être plus efficaces et offrir un meilleur service. »

Magali Delomier, directrice générale de la FRAQ, considère aussi que le lobby gagnerait à être renforcé par la base. « Le groupe souhaite engager des permanents voués à la relève afin de repérer et de former des leaders, explique-t-elle, et ce virage est un changement de mentalité majeur. Nous voulons devenir un incubateur de la relève syndicale. » La solution passe aussi par l'éducation des jeunes à l'action collective, selon la directrice. Les jeunes ne voient pas toujours l'intérêt d'assister à des réunions.

À l'AJRQ, la solution réside dans l'élargis­sement de sa base. « Il va falloir aller chercher des membres qui ne sont pas nécessairement en lien étroit avec l'agriculture ou l'agroalimentaire, avance la présidente, Josiane Chabot. Il faut que les jeunes s'impliquent pour qu'ils puissent encourager leurs pairs à faire partie de l'association. »

Un même constat
Les groupes jeunesse pourront toutefois compter sur des appuis de taille pour continuer à évoluer.

Mathieu Rouleau, président de Quebec 4 H
Les présidents qui se sont succédé, autant à l'AJRQ qu'à la FRAQ, ont le même discours quant à la qualité des expériences acquises au sein de ces organismes. Pour eux, ces derniers remplissent auprès des jeunes des fonctions importantes, qu'il faut préserver et encourager. Écoles de leaders ou écoles de vie, ce qu'ils y ont vécu leur sert encore au quotidien. « L'AJRQ et la FRAQ ont été de véritables formations de vie pour moi, témoigne Nathalie Malo, présidente de la FRAQ de 1991 à 1993. On ne sait jamais quel combat on devra mener dans la vie, et ces expériences nous donnent la force d'affronter les choses. Grâce à elles, on est devenus de meilleurs êtres humains et, par conséquent, de meilleurs agriculteurs. »

Mathieu Couture, président de la Table de concertation de la jeunesse rurale du Québec, compte aussi sur le centenaire pour braquer les projecteurs vers les jeunes et leurs réalisations, qui ne sont pas reconnues à leur juste valeur, estime-t-il. Il est d'ailleurs convaincu que c'est grâce à ces groupes qu'aujourd'hui ses enfants s'intéressent à l'agriculture. « C'est là qu'ils se sont fait des amis et qu'ils se sont construits un réseau. Il y a une vitalité et un dynamisme au niveau de la ruralité qui sont trop souvent oubliés et qu'il faut souligner. »



La parole aux jeunes


de 7 à 77 ans


Les jeunes en milieu agricole se regroupent depuis maintenant 100 ans. Bien qu'on ne pratique plus l'agriculture de la même manière, les raisons de se regrouper, elles, n'ont pas tellement changé ! Quelques témoignages.

Martial Pépin, 77 ans,
Ferme Pépinoise, Warwick
« Mes parents étaient très impliqués socialement et je me suis impliqué tout naturellement à mon tour, surtout à la fin de mes cours à l'école d'agriculture de Nicolet, en 1954. Ça s'appelait alors les Jeunes ruraux, et il y avait des ateliers et des réunions délibérantes. On participait aux expositions, mais à l'époque il y avait des conflits entre le Cercle des jeunes éleveurs, qui relevait du fédéral, et les Jeunes ruraux.

« Je devais avoir un tempérament de leader, parce qu'on m'a ensuite élu président de mon canton, et je suis allé siéger à des comités provinciaux. J'ai aussi fait partie de la Jeunesse agricole catholique. C'était surtout centré sur la religion et le social, mais c'est par le biais de réunions de la Jeunesse agricole catholique que j'ai rencontré ma femme, qui était de la paroisse voisine.

« On avait une ferme de 25 à 35 vaches en lactation et une douzaine de taures. Mon père était assez avant-gardiste. Il a été le premier de la province à installer un nettoyeur à raclettes auto­m­atisé dans l'étable. On a aussi été dans les premiers à se procurer des trayeuses. On n'avait pas de tracteur, car on faisait tout faire à forfait. En 1952, mon père a décidé de vendre ses chevaux. Les voisins n'en revenaient pas; un culti­vateur sans chevaux, ça n'avait pas d'allure ! »

Denis Vallée, 63 ans,
Ferme Lacoulée et filles
« J'ai commencé sur le tard, vers 22, 23 ans. Mes parents n'avaient pas de ferme, mais j'aimais l'élevage. J'avais toujours travaillé chez mes voisins cultivateurs et je participais aux expositions. J'ai acheté mon entreprise en 1972, et comme il n'y avait pas de cercle de Jeunes ruraux dans mon coin, j'ai décidé d'en partir un. On est alors monté à 8 cercles et on en a formé d'autres pour atteindre le nombre de 15. On était alors présents partout au niveau provincial. À ce moment, le ministère de l'Agriculture voulait nous incorporer dans la relève sur le modèle des 4-H, mais je m'y suis toujours opposé. Il fallait garder une place pour l'élevage pour les plus jeunes.

« J'ai adoré mon expérience chez les Jeunes ruraux, c'était un travail valorisant. Ça nous apprend à travailler en équipe et ça nous permet de "compétitionner" entre nous. Un père de famille m'a déjà dit que son garçon ne se serait probablement pas installé en agriculture si ça n'avait pas été des Jeunes ruraux. « Quand j'ai acheté mon entreprise, j'avais un troupeau de croisées, je voulais m'en aller vers des races pures. J'en ai fait des journées de 18 heures à l'époque, mais ça dérange moins quand on est jeune ! »

Guy Labrecque, 42 ans,
Ferme Labrise, Saint-Césaire
« Au départ, j'ai participé aux Jeunes ruraux pour les concours de présentation de génisses. Je me suis impliqué au niveau de la direction pour le plaisir et pour l'aspect social. J'ai pris vite le goût d'organiser les évènements de mon club local. Je me suis impliqué de 1981 à 1992, soit de 11 à 22 ans. J'ai occupé différents postes, dont celui de président de mon club et de deuxième vice-président de l'AJRQ. Je suis aussi administrateur et deuxième vice-président de La Coop Excel de Granby depuis sept ans.

« Avec mes implications, j'ai développé mon leadership au fil des années ainsi que mes capacités à gérer dans la vie de tous les jours. Ma participation aux jeunes ruraux a été une école très enrichissante pour ma vie de producteur agricole, tant à la ferme qu'à La Coop Excel.

« J'ai commencé à travailler à la ferme très jeune, aux alentours de 12 ou 13 ans. Je faisais alors de tout : la traite des vaches, l'alimentation des génisses, les soins des animaux, etc. »


Mylène Ostiguy, 24 ans,
relève à la Ferme Janot, Ange-Gardien
« Ma première participation a eu lieu en 1998. J'avais alors 10 ans. J'ai emmené la génisse que j'avais domptée à l'exposition. J'avais entendu parler des Jeunes ruraux aux Clubs Holstein et aux Journées d'étable. Ma sœur s'impliquait aussi dans le conseil d'administration du cercle local, et je me suis impliquée à mon tour plus tard.

« Ce que j'aimais le plus était l'exposition. C'était le moment de l'année que tout le monde attendait. On finissait la journée fatigués, mais contents. J'ai voulu faire partager ça aussi quand j'ai été présidente de mon cercle. J'avais envie de faire découvrir à d'autres le plaisir de l'activité, pas seulement le côté compétitif, mais aussi l'aspect social et le party.

« Plus jeune, je suivais mes parents partout à la ferme. Je soignais les animaux de temps à autre. J'ai commencé à m'impliquer en aidant avec les génisses.

« Maintenant, je fais de tout à l'étable, que ce soit l'alimentation, la régie ou la gestion des animaux. Je touche aussi à tous les aspects côté exécution dans les champs, du printemps jusqu'à l'automne. « J'ai suivi une formation en technique de productions animales à l'ITA. Ce que j'aime le plus, c'est d'être dehors. Même si la routine prend une grande place, on voit la différence de ce qu'on fait auprès des animaux, on ne travaille pas pour rien. Il y a toujours quelque chose à améliorer. »


Julien Michaud, 14 ans,
de la Ferme Val d'Espoir, Saint-Philippe-de-Néri
« Je fais partie du Cercle des jeunes ruraux, parce que je voulais m'impliquer dans le domaine agricole et que cette organisation regroupe des jeunes qui partagent tous une passion pour l'agriculture, comme moi. Ce que j'aime le plus, c'est d'être en contact avec d'autres jeunes d'agri­culteurs, et aussi les activités, comme la Classique des jeunes ruraux québécois.

« Ma principale responsabilité à la ferme est de m'occuper des génisses d'exposition quand ma sœur est absente. Je m'occupe aussi un peu de l'alimentation des génisses en général, des travaux aux champs, et j'exécute la plupart des tâches de routine à la ferme. Finalement, ce que j'aime le plus du fait de vivre dans une ferme, c'est la proximité avec les animaux. »






DE 1913 À 2013

Un jugement de la race Ayrshire au milieu des années cinquante. Les sujets ont tous des cornes contrairement à aujourd'hui.
1913 Jean-Charles Magnan, agronome engagé par le nouveau ministère de l'Agriculture du Québec, fonde à Saint-Casimir de Portneuf le premier Cercle d'études suivies d'applications pratiques sur la ferme paternelle, basé sur le modèle du mouvement 4-H américain. L'initiative sera reprise dans de nombreuses régions de la province.

1928 Deux groupes voient le jour, chacun géré par un palier de gouvernement différent : les Cercles de jeunes agriculteurs (ministère de l'Agriculture du Québec), et les Cercles de jeunes éleveurs (Agriculture du Canada).

1935 L'abbé Eustache Brault organise, en 1935, le premier regroupement de la Jeunesse agricole catholique à Rock Forest.

Hermel Giard de Saint-Simon, remet un prix au jeune Laurent Bousquet pour son premier rang dans une classe pour jeunes ruraux dans l'aréna L.P. Gaucher à l'Exposition de Saint-Hyacinthe au début des années 1960.
1956 Le ministère de l'Agriculture du Canada confie à son homologue québécois la supervision des Cercles de jeunes éleveurs.

1962 Les Cercles de jeunes éleveurs et les Cercles de jeunes agriculteurs se fusionnent pour devenir les Cercles de jeunes ruraux.

1967 Le premier syndicat de la relève voit le jour dans la région du Saguenay sous le nom de Centre régional des jeunes agriculteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

1969 Les premières primes à l'établissement sont mises en place.

Les jeunes anglophones du milieu agricole fondent la fédération Quebec Young Farmers. Onze clubs joignent les rangs de la nouvelle association : Brome, Hatley, Haut-Saint-François, Howick, Huntingdon, Lachute, Montérégie, Ormstown, Richmond, Sawyerville et Shawville.

1974 L'embryon de l'Association de la Jeunesse Rurale du Québec est mise sur pied dans la région de Nicolet.

1975 Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec met en place le Service de la relève agricole. Le ministère cesse par la même occasion de superviser le Mouvement des jeunes ruraux.

La ferme Lagacé et fils, dont les proprié­taires sont Jean-Guy et Pierrette Lagacé, ont remporté les bannières de premier éleveur et de premier exposant Ayrshire en 1968.
1981 L'Association de la jeunesse rurale du Québec (AJRQ) voit le jour. La Coop fédérée et l'UPA s'y associent à titre de partenaires.

1982 à 1984 Dix syndicats – Estrie, Saint-Hyacinthe, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec, Bas-Saint-Laurent, Beauce, Lanaudière, Saint-Jean-Valleyfield, Côte-du-Sud et Outaouais-Laurentides – s'unissent pour former la FRAQ. Le mouvement se joint à l'UPA.

1986 Le programme d'aide à la relève laitière sous forme de prêt de quota est instauré.

1987 Le Centre-du-Québec et la Mauricie joignent les rangs de la FRAQ.

1988 Agri-génie tient sa première finale provinciale.

La ferme de Jules Nichols de La Présentation a remporté un prix chez les jeunes ruraux de la race Canadienne en 1970.
1989 Première édition de la Semaine de la relève agricole.

Années 80 Plusieurs événements provinciaux s'institutionnalisent à l'AJRQ, dont le Festival des jeunes ruraux, le Concours Agro-Jeunesse, l'Assemblée géné­rale annuelle et la parti­cipation à la foire agricole Hays Classic de Toronto.

L'AJRQ et la Quebec Young Farmers Federation se joignent au Conseil québécois 4-H pour les jeunes ruraux. Tous les membres de l'AJRQ deviennent, par conséquent, membres des 4-H du Canada.


1990
Un rabais de cotisation à l'ASRA est accordé aux jeunes de la relève agricole.

Célébrons!

Mathieu Couture, président de la Table de concertation de la jeunesse rurale du Québec
L'idée de célébrer les 100 ans de la jeunesse rurale émane de la Table de concertation de la jeunesse rurale du Québec, qui regroupe des représentants de La Coop fédérée, l'Union des producteurs agricoles, la Fédération de la relève agricole du Québec, l'Association des Jeunes Ruraux du Québec, Québec 4-H et l'Université McGill. Mathieu Couture, le président de la Table, a été désigné responsable des célébrations de cet anniversaire, avec la collaboration des trois organisations de jeunesse rurale. Sous le thème Un héritage pour l'avenir, une campagne de communication sera déployée tout au long de l'année 2013. Elle permettra à la fois de marquer l'ancrage des organisations dans notre patrimoine, mais également de réfléchir à leur impact sur l'agriculture de demain.

Vous pourrez en apprendre davantage sur le mouvement de la jeunesse rurale et sur les activités liés à ce 100e anniversaire en consultant le site Web www.jeunesserurale.ca. Plusieurs infor­mations vous seront aussi communiquées par l'entremise de votre magazine Le Coopérateur agricole et de La Terre de chez nous.



1992 Première remise de bourses d'études et première édition du Déca­thlon agricole Europe-Amérique

1994 L'Association de la jeunesse rurale du Québec devient l'Association des Jeunes Ruraux du Québec afin de refléter l'appellation utilisée par les membres. L'âge limite des membres est fixé à 25 ans.

1994 La Gaspésie–Les-Îles se joint à la FRAQ.

1995 Le Conseil québécois 4-H pour les jeunes ruraux est aboli. Il est remplacé par la Table de concertation de la jeunesse rurale du Québec qui regroupe les principaux organismes représentant la jeunesse rurale francophone et anglophone du Québec : AJRQ, QYF, FRAQ, Québec 4-H, ainsi que cinq organisations partenaires.

1996 La Quebec Young Farmers se joint au Conseil Canadien 4-H.

1997 La région de l'Abitibi-Témiscamingue s'affilie à la FRAQ, ce qui en fait un mouvement présent sur l'ensemble de la province. La Table pancanadienne de la relève agricole est créée la même année.

La première édition de la Classique des Jeunes Ruraux Québécois est mise sur pied, une activité d'envergure se déroulant dans le cadre d'Expo Québec.

1998 Lancement de l'École des Jeunes Juges et du concours Tout-Québec Jeunes Ruraux. Ce concours couronne l'excellence des jeunes.

2000 Début des travaux de la Politique d'intégration des jeunes en agriculture

2001 La Table de concertation de la jeunesse rurale du Québec tient le premier forum sur la jeunesse rurale.

L'Association des Jeunes Ruraux du Québec lance son site web alors que la compétition d'expertise tient sa première édition.

2002 L'Association Quebec 4-H voit le jour à la suite d'un changement de nom de la Quebec Young Farmers. L'AJRQ lance une nouvelle activité, l'AJRQ-Génie, une compétition de style « génie en herbe » sur l'agriculture.

Un nouveau concours est créé, Personnalités AJRQ, pour souligner l'apport des membres à l'essor de l'association.

Le Ministre de l'agriculture du Québec avait aménagé, au cours des années 1980, à l'Exposition agricole de Saint-Hyacinthe, un kiosque faisant état de l'histoire du lait. On aperçoit un jeune visiteur en pleine séance d'information.
2004 Un programme d'appui financier à la relève agricole est mis en place.

L'AJRQ s'associe à plusieurs parte­naires de l'industrie laitière au Québec dans l'organisation de l'École d'élevage Holstein Québec.

2005 Le MAPAQ met en place sa Politique jeunesse-volet établissement et relève agricole, une politique qui vise à augmenter le nombre annuel d'établissements à 25.

2008 Le gouvernement du Québec met en place le Plan en faveur de la relève agricole. L'AJRQ lance son nouveau site web.

2010 Le gouvernement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ et Capital régional et coopératif Desjardins lancent les Fonds d'investissement pour la relève agricole (FIRA).

2013 Centenaire des associations de jeunesse rurale au Québec.



La Fédération de la relève agricole du Québec

La FRAQ regroupe des jeunes âgés de 16 à 39 ans ayant comme intérêt commun l'agriculture. Le mouvement a comme principaux objectifs la défense des intérêts de la relève agricole, l'amélioration des conditions d'établissement en agriculture et une meilleure préparation des jeunes par la formation et l'information. Elle compte aujourd'hui plus de 2000 membres, réunis dans 14 syndicats régionaux.

(www.fraq.qc.ca)




Association des Jeunes Ruraux du Québec

L'AJRQ est le doyen des mouvements jeunesse en milieu rural au Québec. Sa fondation remonte à 1913. Elle a pour mission de promouvoir la formation auprès de ses membres et de soutenir leur sentiment d'appartenance au milieu rural. Ses membres sont principalement issus du monde agricole et résident sur des fermes laitières. L'Association compte près de 1100 membres âgés de 6 à 25 ans, répartis dans 33 cercles locaux.

(www.ajrq.qc.ca)




Quebec 4-H

Quebec 4-H est un mouvement qui s'adresse aux jeunes de 6 à 25 ans, principalement en milieu rural et agri­cole. Le groupe est surtout composé de jeunes anglophones de la province et accueille les jeunes citadins. Plusieurs de ses cercles se situent d'ailleurs en zone urbaine. Les jeunes sont encouragés à déve­lopper leur confiance en eux et leur sens des responsabilités. Les quatre « H » représentent les valeurs principales du groupe : honneur, honnêteté, humanité et habileté envers le club, la communauté et le pays. L'association compte 439 membres en 2012.

(www.quebec4-h.com)

 
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