Entretiens
La production en serre de transplants de légumes demeure une étape cruciale, qui se révèle le reflet de la future récolte au champ. Des plants forts et sains assurent un bon départ. Il importe donc de respecter plusieurs principes de base afin d'en optimiser la production.

Tout d'abord, pour partir du bon pied, il est primordial de prendre une analyse d'eau avant chaque début de saison. L'analyse révélera plusieurs valeurs importantes, dont le pH, la salinité, l'alcalinité (CaC03) et la teneur en plusieurs minéraux. On pourra par la suite interpréter les valeurs obtenues et déterminer, par exemple, s'il faut ajouter de l'acide pour corriger son pH. Tout au long de la croissance des plantes, il est essentiel d'avoir toujours sous la main un pH-mètre et un salinomètre afin d'effectuer des tests simples et rapides, de façon à valider si l'eau et le terreau conviennent aux plantes. Les niveaux élevés de salinité, de pH, de sodium, de bicarbonate, de calcium et de magnésium augmentent les pourritures de racines et réduisent la disponibilité des éléments fertilisants.

La désinfection des serres est aussi une étape à ne pas négliger après la saison ou au tout début de celle-ci. Tout doit être désinfecté : structures, tables, rampes d'arrosage, buses, ainsi que les plateaux multicellulaires et les caissettes réutilisées. Il faut rincer les plateaux multicellulaires à l'eau avant de les désinfecter de manière à éliminer la saleté et la terre qui pourraient rendre le désinfectant inactif ou inefficace. Il est nécessaire de désinfecter même s'il n'y a pas eu de problèmes au cours de la précédente saison de production. De nombreux produits sont offerts sur le marché : il importe de choisir son désinfectant en fonction des problèmes ciblés et non en fonction du prix du produit. L'utilisation d'un désinfectant ne vise pas à détruire les insectes, mais bien les germes qui causent les maladies. Il est donc parfois utile de faire aussi un traitement insecticide afin de détruire certains ravageurs présents, même si l'hiver a été rigoureux.

Idéalement, le choix du terreau devrait correspondre aux plateaux multicellulaires utilisés. Si on utilise de petites cellules, par exemple de calibre 200, il faut alors s'assurer d'avoir un terreau contenant de plus petites particules. Un terreau contenant de la perlite et de la vermiculite permet d'assurer une bonne rétention en eau et une bonne aération au niveau des racines. La gamme complète des terreaux Fafard offre des produits de qualité pouvant répondre à ses exigences. Il est également possible de travailler avec les mycorhizes : ce sont des champignons microscopiques qui colonisent les racines des plants et favorisent ainsi l'absorption des éléments nutritifs et de l'eau (voir l'article en page 50). On peut inoculer ces champignons en enrobant ses semences avec ceux-ci ou encore en les mélangeant directement au terreau. Les mycorhizes de la compagnie Myke pro sont offertes dans tout le réseau La Coop.

Le choix de la dimension des cellules devrait se faire selon l'espèce produite. Par exemple, les cucurbitacées demandent des cellules beaucoup plus grandes que celles requises pour les oignons.

Semis et fertilisation
Quand son semis est fait, il faut s'assurer de bien gérer la température le jour ainsi que la nuit lors de la germination et de la croissance des plants. Afin d'assurer une levée rapide et uniforme, on placera idéalement dans une salle de germination ses plateaux pendant quelques jours à la température optimale pour la culture. Par la suite, on pourra alors transférer les plateaux dans la serre et maintenir une température de croissance propice à l'espèce. Les crucifères demandent des températures beaucoup plus fraîches que les cucurbitacées, qui adorent la chaleur. De plus, il faut noter qu'un grand écart de température entre le jour et la nuit aura entre autres comme effet de produire des plants aux entre-nœuds longs. La ventilation des serres est également un élément à ne pas négliger : elle permet d'obtenir une température plus uniforme, une humidité moins élevée et des plants en meilleure santé.

La fertilisation est déterminante et il est nécessaire de maintenir un bon équilibre des éléments nutritifs. Un ratio de 3-1-3 est idéal pour le N-P-K. Par contre, il ne faut pas oublier le calcium et le magnésium, en respectant un ratio de 2 :1 pour ces éléments. Pour ce qui est de l'azote, il faut privilégier un produit composé à 85 % de nitrate (NO3) et à 15 % d'ammoniac (NH3). Lorsque la teneur en azote d'un produit dépasse les 85 % sous forme de nitrate, celui-ci favorisera alors des plants plus compacts, aux entre-nœuds plus courts et aux tiges plus robustes et plus grosses. Il est important d'ajuster sa quantité de ppm (parties par million) d'engrais selon le stade de croissance et les conditions climatiques. Mieux vaut fertiliser avec de petites quantités d'engrais chaque jour pour éviter d'augmenter la salinité trop rapidement, ce qui pourrait causer des brûlures aux racines. Un apport en oligoéléments est indispensable afin de favoriser une croissance normale.

Les mycorhizes augmentent le nombre de poils absorbants.
La salinité devrait se situer autour de 0,5 à 0,75 mS (millisiemens) par cm au stade cotylédons-vraies feuilles. Dans les dernières semaines de croissance, elle peut varier de 0,75 à 1,5 mS/cm (maximum 2 mS/cm). Une salinité trop élevée rend les jeunes plants beaucoup plus fragiles aux maladies racinaires (fonte de semis).

Étant donné que les engrais ont un effet acidifiant ou alcalinisant, il faut surveiller le pH du terreau afin qu'il se maintienne idéalement entre 5,5 et 6 (maximum de 6,5). Pour cette raison, il peut être nécessaire d'ajouter un acidifiant dans l'eau avant d'appliquer l'engrais, de façon à neutraliser les bicarbonates. L'importance du pH réside dans le fait qu'il est l'indicateur de la solubilité des éléments nutritifs dans le substrat. Il joue un rôle très important dans la disponibilité des éléments nutritifs pour la plante.

De la serre au champ
Avant de procéder à la transplantation au champ, il faut prévoir une période d'endurcissement. Un passage brusque des plants de la serre au champ risque d'endommager les plantules non préparées aux conditions de fort ensoleillement, de températures extrêmes et d'humidité réduite, ainsi qu'au vent. Selon les espèces, l'endurcissement doit se faire de 3 à 10 jours avant la transplantation. L'utilisation d'un engrais transplanteur contenant une hormone d'enracinement, telle que l'AIB (acide indole-3-butyrique), favorise une reprise rapide et vigoureuse des transplants.

Il faut retenir qu'une fertilisation équilibrée permet d'obtenir une excellente santé des transplants. Ces derniers résisteront alors mieux aux maladies et insectes environnants et donneront un meilleur rendement.

Retour

Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés