Entretiens
La ferme Rosendale Dairy (ci-dessus) compte 8000 vaches réparties dans deux bâtiments de 381 mètres sur 128. Elle est l'une des quatre fermes de l'entreprise mère Milk Source qui compte au total 22 000 vaches. Ocean View Genetics(ci-dessous) a adopté une toute autre philosophie d'affaires. Avec ses 40 vaches de très haut statut génétique, elle mise sur la vente de sujets et d'embryons.

Le titre « America's Dairyland » est une fierté bien ancrée. On le retrouve jusque sur les plaques d'immatriculation des voitures. Cela fera pourtant 20 ans cette année que le Wisconsin, qui le détenait depuis 1930, l'a perdu aux mains de la Californie pour ce qui est de la quantité totale de lait produite. Le département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) indique en effet que le « Golden State » produit 185 millions d'hectolitres de lait par année, contre 120 millions pour le Wisconsin. Mais dans cet État où évoluent les Packers de Green Bay, la fameuse équipe de football de la NFL, on ne s'avoue pas vaincu facilement. L'appellation de « capitale laitière américaine », croit-on dur comme fer, lui revient toujours. Et pour cause.

C'est au Wisconsin qu'on trouve le plus grand nombre de producteurs laitiers au pays, soit un peu plus de 12 000 (23 % du total). Ensemble, ils se partagent un cheptel de 1,27 million de vaches – le deuxième aux États-Unis –, ce qui représente en moyenne 105 têtes par exploitation. La productivité par vache s'élève à 9400 kg. L'État produit un peu plus de 13 % du lait au pays et compte faire grimper son volume à 136 millions d'hectolitres d'ici à 2020.

Son industrie fromagère, soutenue par un dynamique office de mise en marché – le Wisconsin Milk Marketing Board (WMMB) –, est florissante. Elle est la plus importante des États-Unis (25 % du marché) avec 1,2 milliard de kilos produits par année, sous la supervision de 1200 fromagers agréés. À elle seule, elle est la quatrième au monde, tout juste derrière celle de France. Quelque 600 variétés de fromage sont mises en marché (spécialités, cheddar, mozzarella et autres produits américains et italiens). On recense 210 usines de transformation laitière, dont 140 fromageries. Un modèle d'affaires qui, selon la Wisconsin Cheese Makers Association et le Wisconsin Department of Agriculture, Trade and Consumer Protection, positionne l'État comme le centre national de l'excellence laitière pour les décennies à venir. Pas étonnant que la coopérative Agropur ait récemment investi 100 millions $ pour moderniser des infrastructures qu'elle possède là-bas.

De leur côté, les producteurs de lait bénéficient, depuis 2004, d'un crédit d'impôt pour l'investissement en production laitière (dairy investment tax credit), qui a permis à nombre d'éleveurs d'agrandir et de moderniser leurs infrastructures.

D'après le WMMB, avec une contribution de 26,5 milliards $ à l'économie de l'État et 146 000 emplois, le secteur laitier y est de loin (40 %) la plus importante activité agricole.


Les éleveurs commerciaux qui achètent des sujets de préfixe Ocean-View ont entre les mains un bagage génétique impressionnant, avec des bêtes comptant plusieurs générations de vaches TB ou EX et la capacité de produire de grandes quantités de lait sur plusieurs lactations.

« On ne se présente plus aux expositions... Ce sont les gens d'exposition qui viennent à nous. » - Pam et Daryl Nunes
Élever des vaches et produire du lait peut se faire partout au pays où le contexte est favorable. C'est ce que croient Daryl et Pam Nunes. Ces éleveurs de sujets de très, très haut statut génétique ont donc quitté la Californie il y a quelques années pour s'installer au Wisconsin. « Dans le nord de la Californie, où nous étions, il n'y avait pas d'expertise et de services adéquats en matière de transfert d'embryons, explique Daryl. De plus, l'État règlemente beaucoup les ventes à l'exportation. On a transféré une partie de notre cheptel au Wisconsin, où les conditions pour ce genre d'activités sont beaucoup plus favorables. De plus, le marché de la génétique est concentré dans l'est du pays. »

Daryl et Pam font tout dans la simplicité et avec passion. Les bâtiments sont modestes, la grosseur du troupeau (40 vaches) détonne avec ce dont on entend habituellement parler au sud de la frontière. Et enfin, ces sympathiques et affables éleveurs, bien conscients de leur force en matière d'élevage – leur troupeau est un des berceaux de la génétique Holstein américaine –, ne cherchent pas outre mesure à se retrouver sous les feux de la rampe. « On ne se présente plus aux expositions, dit Daryl : ce sont les gens d'exposition qui viennent à nous. »

Outre les vaches, une soixantaine de génisses et taures composent le troupeau. Le chiffre d'affaires de l'entreprise de Deerfield provient en bonne partie, chaque année, de la vente d'embryons et d'une vingtaine de vaches de premier veau. Comme ces producteurs le disent si bien : « It's in the genes » (c'est dans les gènes). En effet, ils travaillent énormément sur le type. Les taureaux qu'ils privilégient : Braxton, Sanchez, Atwood, Aftershock.

La production de lait de leur propre troupeau n'est pas une priorité, bien qu'elle avoisine les 11 340 kg. Mais le potentiel en est nettement plus élevé. Au sein même de l'élevage des Nunes, on dénombre 32 vaches Excellente dont le pedigree s'appuie sur huit générations de vaches EX et TB et issues de familles ayant une moyenne de 93 points. Voilà qui exprime bellement leur savoir-faire.



« On pourrait vivre une vie plus facile, mais on aime ce qu'on fait », lance Yogi Brown, enthousiaste copropriétaire, avec son conjoint, Brian, de la ferme Sunburst Dairy.

Toucher 20 $ pour 45 kg (100 lb) de lait, selon celle qui se qualifie de chef des finances de l'entreprise, est insuffisant. « Il nous faut 3 $ de plus pour arriver », dit-elle, en exprimant du même souffle son opposition à un quelconque système de contingentement de la production. Brian, lui, c'est le chef de la direction. « Pour bien s'en sortir, on mise sur l'efficacité et le contrôle serré de tous les coûts de production », dit-il.



Yogi et Brian Brown. À 14 500 kg, la production de leur troupeau est la plus élevée du Wisconsin. Leur secret : le confort des animaux.
Le couple possède un troupeau de 500 vaches en lactation, dont la production moyenne – 14 500 kg, à 3,7 % de gras et 3 % de protéine – est la plus élevée du Wisconsin. Une gestion réglée au quart de tour et le souci du détail sont à la base de ce succès : propreté des bâtiments, des mangeoires et des abreuvoirs, ventilation omniprésente et à haut débit, ration de texture et de composition homogènes, aliments repoussés devant les vaches six à huit fois par jour, vêlage à 23 ou 24 mois, confort des animaux (les stalles sont toutes recouvertes d'un tapis de caoutchouc et le sable est la litière de prédilection) et attention toute particulière accordée à la période de transition.

Le troupeau est réparti dans deux vastes étables en stabulation libre (une pour les taures de premier veau, l'autre pour les vaches). Pour construire le bâtiment des vaches, en 2007, Brian et Yogi ont fait confiance au savoir de Nigel Cook, professeur à l'Université du Wisconsin. Ce dernier, lors d'observations effectuées à l'aide de caméras installées dans diverses étables, a fait la constatation suivante : les problèmes de pieds et membres ne sont pas liés à l'alimentation, mais au manque de confort. L'expert a alors recommandé d'offrir aux vaches des stalles plus spacieuses, ce qui devait se traduire, selon lui, par une production plus élevée, un plus faible comptage leucocytaire (la baisse du comptage à 135 000 cellules a donné raison à l'expert) et une fertilité accrue.

Le couple a donc construit un bâtiment comportant six rangées doubles de stalles, installées en tête à tête. Chaque vache dispose de la sienne, d'une largeur de 130 cm (51 po) et d'une longueur de 2,6 m (8,5 pi). Les vaches y sont regroupées par lactation. À la recommandation du professeur Cook, le bâtiment des taures de premier veau, construit en 1999, a récemment été agrandi pour qu'on puisse réaménager les stalles.

Ces améliorations ont effectivement porté leurs fruits sur le plan de la productivité.

Le couple s'est défait des moins bonnes vaches. Il vend chaque année une cinquantaine de sujets de 45 à 60 jours en lait, la demande étant forte. Depuis quelques mois, Brian et Yogi enregistrent tous leurs sujets à la naissance. Les taureaux, pour la plupart éprouvés, sont sélectionnés d'après leur capacité à améliorer les pieds et membres, la production de lait, les composants et la productivité à vie.

Leurs 200 ha de terre servant à la culture de l'ensilage de maïs et de luzerne ne suffisent pas pour nourrir le troupeau. Ils ajoutent à son alimentation graine de coton, petit lait de fromagerie, paille de blé, supplément protéique et mélasse.

Pour les appuyer, Brian et Yogi peuvent compter sur une équipe de neuf employés. Deux sont attitrés à l'alimentation et à la santé du troupeau. Les sept autres se chargent de la traite, trois fois par jour, dans un salon double-10.

Un des quatre enfants des éleveurs étudie l'agriculture à l'Université de Madison. Ce jeune homme de 21 ans n'est pas encore fixé quant à son choix de carrière. Brian et Yogi attendent sa décision avant d'agrandir le troupeau, de façon à ce que tous puissent bien en vivre. Une croissance, il va sans dire, qui aura l'efficacité comme pierre angulaire.



Lloyd et Daphne Holterman, propriétaires de la ferme Rosy-Lane Holsteins. Leurs deux filles étudient l'agriculture et l'alimentation à l'Université de Madison.
Lloyd et Daphne Holterman disent pour blaguer qu'ils sont des producteurs de lait paresseux. C'est une façon détournée d'affirmer qu'ils sont des adeptes de l'efficacité et du travail bien fait. « On déteste s'occuper de vaches aux prises avec des maux de pattes ou souffrant d'une fièvre du lait », dit Lloyd, copropriétaire de la ferme avec sa conjointe, Daphne, et leur associé, Tim Strobel.

L'exploitation, constituée en société en 1999 et installée dans la ville de Watertown, possède 900 vaches Holstein, dont 800 en lactation. Sur 550 ha, on récolte entre autres de l'ensilage de maïs (sous forme de shredlage) et de foin, du maïs-grain et de la graine de coton.

« Plus nos employés nous facilitent la vie, plus on les paie », dit Lloyd, qui leur a versé 40 000 $ en primes l'an dernier. L'entreprise embauche 20 personnes à temps plein et plusieurs autres à temps partiel. Ce sont pour la plupart des Mexicains. Certains ont commencé à travailler à 14 ans et comptent plus de 15 ans d'ancienneté.

Tendance : l'étable de stabulation libre à ventilation latérale (cross-ventilated freestall barn). 64 m sur 82 (210 pi sur 270). Capacité de 500 vaches. Dans le mur nord, de l'eau circule pour rafraîchir l'air entrant dans le bâtiment. Des rideaux intérieurs favorisent la circulation de l'air. La température à l'intérieur enregistre moins d'écarts au cours de l'année : de – 9 °C (15 °F) l'hiver à 24 °C (75 °F) l'été, plutôt que de – 26 °C (– 15 °F) à 35 °C (95 °F) pour une étable traditionnelle. Côté sud, 38 ventilateurs expulsent l'air à l'extérieur.
À l'été 2012, six semaines se sont écoulées sans qu'aucune des vaches du troupeau soit traitée. L'an dernier, seules huit d'entre elles ont été réformées pour cause de santé. « Le rôle de notre gérant, Jordan, un jeune diplômé de l'Université du Wisconsin, est de s'occuper du troupeau sous toutes ses facettes et non pas de passer son temps à régler des problèmes », déclare Lloyd.

La sélection génétique est une priorité. Une reproduction efficace, la facilité au vêlage et la qualité des pieds et membres constituent les éléments clés. « On sélectionne pour la longévité, pas pour le type », précise l'éleveur.

Pour accélérer le progrès génétique, les propriétaires ne s'y prennent pas d'une façon usuelle. Depuis quatre ans, ils misent à 95 % sur de jeunes taureaux génomiques. Ils n'utilisent des sujets éprouvés que si ces derniers possèdent des caractéristiques suffisamment élevées. « La génomique permet d'éloigner le plus possible l'influence des parents », dit Lloyd.

Les génisses sont toutes testées pour la génomique, et la moitié supérieure d'entre elles sont inséminées avec des taureaux génomiques. Les autres servent de receveuses. Il y a trois ans, l'entreprise ne vendait aucun taureau. Depuis, 80 sujets ont été vendus à des centres d'insémination au pays et à l'étranger. Trois de ses taureaux se sont classés parmi les 50 meilleurs aux États-Unis sur le plan de la génomique. Outre la génétique, une alimentation de pointe et peu coûteuse jumelée à un solide protocole de prévention permettent d'atteindre les objectifs des éleveurs.

Lloyd et Daphne sélectionnent également pour maximiser la production de kappa-caséine, protéine du lait directement liée au rendement fromager. « Une technologie bientôt implantée aux États-Unis permettra de payer le lait sur cette base », font savoir les éleveurs, dont environ 550 des sujets sont des descendants du taureau O-man, porteur du gène codant pour une production élevée de cette protéine.

À la ferme Rosy-Lane, la traite est une activité dont on ne cherche pas à se débarrasser. Elle se fait en continu, 24 heures sur 24, dans un salon de traite double-12, à raison de trois traites par jour. La production moyenne du troupeau, auquel on administre de la somatotrophine, est de 14 000 kg, à 3,9 % de gras et 3,1 % de protéine. Près de 125 vaches ont une production à vie supérieure à 45 000 kg, dont une à plus de 114 000 kg. Les taures vêlent en moyenne à 22,5 mois. L'intervalle entre les vêlages est de 13 mois. On utilise des podomètres pour détecter les chaleurs.

« Avec la venue de la génomique, les programmes d'épreuve et de classification des taureaux sont appelés à tomber, dit Patrice Simard, président et fondateur de TAG Genetics. La génomique permet d'utiliser de jeunes taureaux de 12, 13 ou 14 mois, sans devoir attendre une première épreuve, qui demande au bas mot quatre ou cinq ans. »

Un contrat de trois ans lie les éleveurs à un fromager. En raison des composants du lait de la ferme, il paie les 45 kg (100 lb) 2,50 $ de plus que le prix à la Bourse de Chicago (20 $), basé, au moment de l'entrevue, sur un lait contenant 3,4 % de gras et 2,87 % de protéine. Chaque mois, un prix minimum est déterminé par le gouvernement. Les éleveurs touchent également une prime de 32 ¢ les 45 kg pour chaque tranche de 100 000 du comptage leucocytaire sous la barre de 400 000. Celui de Rosy-Lane Holsteins se chiffre à 180 000.

« En août dernier, en raison de la sécheresse qui a frappé les États-Unis, la production totale de lait au pays a chuté, ce qui ne s'était pas vu depuis quelques années. On n'a pas besoin d'un système de contingentement, dit Lloyd avec le sourire : la nature s'en charge. » À défaut de foin, nombre de producteurs de lait ont dû abandonner la production…




John Vosters,
Jim Ostrom et Todd Willer
Rosendale Dairy, établie à Pickett, dans le comté de Fond du Lac, abrite 8000 vaches Holstein. Elle est la plus grande ferme laitière du Wisconsin. Mais en réalité, Rosendale n'est qu'un des quatre lieux de production appartenant à l'entreprise mère, Milk Source, qui possède au total 22 000 vaches (voir l'encadré). Un projet d'agrandissement est sur les rails pour ajouter à l'ensemble 4300 vaches.

Milk Source, issue d'un regroupement de fermes laitières en 1999, est la propriété de Jim Ostrom, John Vosters et Todd Willer. De toute évidence, le volume est au cœur du plan d'affaires de cette entreprise, dont les origines remontent en fait à 1965, dans la ferme des parents de John, Tidy View Dairy (située à Kaukauna), qui comptait alors une trentaine de vaches.

Clay Reese, gérant du troupeau Rosendale, nous fait voir sans prétention les deux carrousels de traite de 80 vaches que possède l'entreprise, comme s'il était tout naturel de fonctionner ainsi. À raison de trois traites par jour, les 8000 vaches du troupeau produisent en moyenne 40 kg de lait quotidiennement (à 3,71 % de gras et 3,19 % de protéine), pour un total de 302 000 kg. Treize camions-citernes de 24 000 kg chacun acheminent chaque jour le lait de la ferme jusqu'aux usines de transformation, principalement fromagères.

En plus de la production, Milk Source achète des vaches de haut niveau génétique pour produire et commercialiser des embryons.
L'âge moyen des vaches est de six ans. Et certaines d'entre elles demeurent en production jusqu'à 12 ans. Dans les deux bâtiments, de type stabulation libre à ventilation latérale, on utilise la litière de sable.
« On mise sur la production », indique Clay, qui doit entre autres gérer 20 vêlages par jour et un programme de reproduction complexe s'appuyant à la fois sur la synchronisation et la détection naturelle. « Chaque quart de livre de lait de plus produit par vache par jour représente 250 000 $ de revenus supplémentaires par année pour l'entreprise. » La qualité du lait est aussi sur la liste de ses priorités. Le comptage leucocytaire est de l'ordre de 300 000, ce qui, de l'avis des participants au voyage, s'avère très bon, étant donné la dimension de l'entreprise.

Les vaches en lactation sont réparties également dans deux immenses bâtiments de 381 m sur 128 (1250 pi sur 420) de type stabulation libre à ventilation latérale. Chaque étable loge environ 4300 vaches sur litière de sable. « Ce type d'étable a de nombreux avantages, souligne Clay. La température y est plus constante et elle est plus chaude l'hiver, ce qui améliore la reproduction et la conversion alimentaire.

Les vaches sont couchées dans leur stalle 14 heures par jour. Les problèmes respiratoires y sont aussi moins fréquents. »

Le programme alimentaire est constitué de cinq rations à base d'ensilage de maïs et de foin : tarie, prévêlage, postvêlage, haute productrice, fin de lactation. Une bonne dose de petit lait y est ajoutée, ce qui maintient l'homogénéité du mélange et évite le triage. Rosendale Dairy fabrique plus de 460 000 kg d'aliments par jour.

« Le commerce du foin est mondial, dit Clay Reese, gérant du troupeau Rosendale. Les fourrages de qualité produits dans l'est des États-Unis trouvent preneur jusqu'en Asie. La concurrence pour en obtenir, même chez nous, est parfois féroce. »
Les fumiers, entreposés dans une lagune, sont en bonne partie épandus sur les terres à l'aide d'un pipeline souterrain de plus de 10 km.

Et ce n'est pas tout, dans cet univers surdimensionné. Milk Source possède deux autres entreprises. L'une, Calf Source, s'occupe de l'élevage de ses génisses. Dès l'âge de six mois et jusqu'à la préparation au vêlage, elles sont gardées dans l'État du Kansas, dans des parcs extérieurs, là où les coûts sont moins élevés, notamment pour l'alimentation. Calf Source y élève 10 000 génisses. L'autre entreprise, Milk Source Genetics, est une ferme de 50 vaches où on prépare les sujets d'exposition. Soulignons que Milk Source a remporté le titre Grande Championne, dans la catégorie Holstein rouge et blanc, à la World Dairy Expo de Madison, en octobre dernier.

Malgré l'ampleur de leur entreprise, les éleveurs propriétaires disent ne pas avoir oublié leurs origines et vouloir demeurer proches de leur collectivité en contribuant à son essor économique et social.

Milk Source, en quatre temps

Tidy View Dairy, Kaukauna
77 employés
6500 vaches
65 000 gallons américains de lait par jour (252 000 kg)

Rosendale Dairy, Pickett
82 employés
8000 vaches
78 000 gallons (302 000 kg)

Omro Dairy, Omro
32 employés
2700 vaches
25 000 gallons (97 000 kg)

New Chester Dairy, Grand Marsh
49 employés
4300 vaches (8600 prévues en 2014)
39 000 gallons (151 000 kg)

Commentaires de participants au voyage

Daniel Drapeau
Expert-conseil, Groupe coopératif Dynaco
« On a vu de belles fermes. J'ai beaucoup appris. C'est une façon de penser différente. Certains modèles peuvent être appliqués ici, d'autres non. Le modèle canadien ne permet pas de développer en achetant des fermes de 8000 vaches, mais il y a une tendance à grossir aussi. La World Expo de Madison [que les participants au voyage ont également visitée], exclusivement consacrée au laitier, s'adresse au gars de show, mais aussi au producteur qui ne fait que du lait. Les centaines de kiosques permettent de voir les nouvelles tendances et les technologies qui vont arriver au Canada dans quelques années. Les Américains innovent beaucoup et utilisent rapidement les nouvelles technologies. »

Rémi Pelletier
Producteur de lait, président de La Coop des Bois-Francs
« Ce genre de visites nous permet de réaliser qu'il y a différents modèles, qu'il y a de la latitude et que tout est possible. Mais le but que tous partagent, c'est de produire un bon litre de lait. C'est la beauté de la chose. On constate, en visitant ces producteurs et cette exposition, que les animaux sont bien traités et qu'ils le redonnent en retour en étant productifs et en bonne santé. »

Laurier Lafrance
Producteur de lait, Ontario
« J'ai préféré les visites chez les producteurs. Apprendre ce qu'ils font. Ce qui marche et ne marche pas. Ils ont testé les équipements sur 2000-3000 vaches. Ça donne des idées. Le jugement de la World Dairy Expo est impressionnant. Je ne fais pas d'expositions, mais je voulais voir ça au moins une fois. Tout le monde y trouve son compte. Ce n'est pas juste pour les gros producteurs. »

Christian Houle
Expert-conseil, La Coop Agrivert
« Madison, c'est encore plus gros et plus prestigieux que Toronto. Il y a des jugements de belles vaches du début à la fin. Les États, c'est think big ! De nombreux trucs de gestion s'appliquent aux entreprises en stabulation libre. L'avancement, en matière de technologies, est incroyable : équipements de traite, systèmes d'alimentation et de nettoyage, génétique. Pour quelqu'un qui a des modifications à faire, c'est l'endroit. Mais pour adopter certaines technologies, ça prend du volume. Tant que la conjoncture économique permettra à nos producteurs de bien vivre avec 35 ou 45 vaches, ils ne se sentiront pas obligés de se lancer. Beaucoup de nos producteurs aiment les technologies et l'avancement. Ça influence à grossir, parce que la qualité de vie vient avec. Tout est en place pour avoir des fermes super-performantes, avec un peu moins de main-d'œuvre. »


Pour en savoir plus

USDA

www.usda.gov/wps/portal/usda/usdahome
www.nass.usda.gov/Publications/Ag_Statistics/2011/index.asp

Wisconsin Milk Marketing Board
www.wmmb.com/producers/overview.aspx

Wisconsin Dairy Business Association
www.widba.com

Professional Dairy Producers of Wisconsin
www.pdpw.org

World Dairy Expo
www.world-dairy-expo.com

Dairy Investment Tax Credit
datcp.wi.gov/Farms/Dairy_Farming/Dairy_TaxCredit/index.aspx
www.revenue.wi.gov/f aqs/pcs/dairy.html

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