Entretiens
Par l'entremise de cet article, je tiens à vous communiquer brièvement mon expérience d'initiation à la coopération internationale au Sénégal, en Afrique de l'Ouest, ainsi que les répercussions de cette expérience dans ma vie.
Comme il s'agissait de ma première expérience à l'international, j'ai décidé de ne pas partir seul. J'ai donc postulé pour un projet intitulé « Terres fertiles, terres d'avenir ». Ce projet a été mis sur pied par Mer et Monde, un petit organisme communautaire situé à Montréal, qui permet l'initiation à la coopération internationale en offrant des stages, en offrant des formations et en collaborant avec plusieurs petits organismes du Sud. Mer et Monde incite également les stagiaires à poursuivre leur réflexion et leur engagement en proposant des activités de suivi de stage, des pistes d'action ainsi que du bénévolat.

Le projet a été réalisé en partenariat avec Québec sans frontières (QSF), un programme créé en 1995 par le ministère des Relations internationales du Québec et qui permet aux Québécois de 18 à 35 ans d'effectuer des stages de solidarité internationale. De plus, ce stage a été réalisé avec la participation de la Faculté des sciences de l'agri­culture de l'alimentation de l'Université Laval.

J'ai donc participé à ce stage de 75 jours, spécialisé en agriculture. J'étais en compagnie de six autres personnes qui partageaient toutes une passion pour le milieu agricole ou encore pour la coopération. Le 19 février 2012, nous avons donc quitté Montréal en direction du Sénégal. Notre mandat était d'appuyer le Groupement de femmes Anda Ligue de Dougnane à établir un périmètre maraîcher et de leur faire partager des connaissances sur l'agriculture afin de permettre à long terme l'expansion du périmètre et, ainsi, d'assurer l'autosuffisance du village. Dougnane est un petit village sans eau ni électricité, mais où il fait bon vivre et où la téranga (l'accueil chaleureux et inconditionnel de l'autre) occupe une place prédominante.

Évidemment, notre but, en tant que stagiaires, n'était pas d'atterrir en plein milieu du village, de leur débiter nos connaissances d'une manière magistrale ou de leur imposer nos techniques et méthodes sans prendre le temps de les écouter ni de leur demander conseil. Le but de l'expérience était de vivre une immersion culturelle et de mettre en commun des connaissances, c'est-à-dire de donner, mais également de recevoir. Nous avons donc participé à des réunions avec le groupement de femmes afin de savoir ce qu'elles attendaient de nous, ce qu'elles désiraient entreprendre dans le périmètre maraîcher. Bien que certaines femmes maîtrisent la langue française, la grande majorité d'entre elles parlent le sérère lala, un dialecte qui nous était inconnu et difficile à maîtriser en quelques jours. Nous avons dû recourir à des interprètes (Gilbert et Ndongo) tout au long de notre séjour là-bas.

Pour faire suite à ces réunions, nous avons discuté avec les femmes des cultures qu'elles prati­quaient ainsi que de leurs méthodes agricoles. Nous nous sommes donc mis au travail et leur avons donné plusieurs formations concernant les semences, la pépinière, le système d'arrosage de type goutte-à-goutte, les transplantations aux champs ainsi que le contrôle des mauvaises herbes.

Tout au long du stage, nous avons dû faire plusieurs essais : travailler le sol une première fois de façon rudimentaire avec un cheval et une petite charrue à deux versoirs, ainsi qu'une seconde fois avec un tracteur afin d'ameublir suffisamment le sol. Nous avons utilisé la technique du semis en pots afin que les cultures ne soient pas détruites par les termites et autres insectes, et avons mis en place une pépinière pour optimiser la croissance des plants. Nous devions établir des parcelles avec un plan de rotation des cultures et aider à l'installation d'un système d'arrosage goutte-à-goutte, mais être rigoureux en ce qui concerne l'arrosage lorsque la pression d'eau n'était pas suffisamment forte. Le plus important de tout : il fallait prendre le temps de bien expliquer aux femmes, de connaître leurs besoins, de s'assurer qu'elles avaient bien compris nos méthodes, et ce, toujours en présence d'un interprète.


Grâce à un projet intitulé « Terres fertiles, terres d'avenir », mis sur pied par l'organisme communautaire Mer et Monde, un groupe de jeunes a pu effectuer un stage en coopération internationale au Sénégal. Dans l'ordre habituel : Jean-Philippe Chartrand, Émilie Bouchard, Catherine Delorme-Tétreault, Véronique Gagné, Gilbert Dione (interprète), Marilyne Gagné, Ndongo Mbaye (interprète), Andréane Saint-Hilaire et Olivier Gagné-Gaudreau.

Dans le cadre de cet échange, nous avons partagé le quotidien d'une famille sénégalaise. Nous avons participé activement aux tâches de la maisonnée, comme le ménage, la préparation des repas, le transport de l'eau, la lessive et quelques travaux aux champs. Participer à ces tâches a été très gratifiant pour moi, car cela a, en quelque sorte, facilité mon intégration dans la famille et permis de resserrer les liens. Les Sénégalaises et Sénégalais sont admirables. Ils font preuve d'un don de soi tout à fait hors du commun. Même s'ils ne possèdent pas autant de richesses que nous, ils n'hésitent pas à tout faire pour nous et à tout donner. Ces gens nous ont surtout appris à prendre le temps. Prendre le temps de vivre, de profiter pleinement de chaque moment, mais surtout d'apprécier les gens qui nous entourent, chose que l'on oublie souvent dans notre société.

Même si cette expérience a été l'une des plus enrichissantes et des plus passionnantes de ma vie, toute bonne chose a une fin. Il a fallu rentrer au Québec. Le retour ici m'a fait réaliser à quel point nous sommes chanceux d'avoir accès à trois repas par jour et à un bon niveau de confort. Cependant, les gens rencontrés là-bas me manquent, car ils m'ont apporté une certaine maturité et une vision différente de la vie.

J'espère vous avoir donné le goût de faire de la coopération internationale et, si c'est le cas, je vous incite fortement à vivre pleinement cette expérience.

Vous pouvez visiter les sites Internet de Mer et Monde et de Québec sans frontières afin de lire les témoignages des stagiaires ou encore afin de consulter les offres de stages : www.monde.ca/meretmonde et www.mri.gouv.qc.ca/qsf/index.asp.

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