Entretiens
Ces résultats ont été atteints grâce aux secteurs de l'Approvisionnement, qui ont poursuivi une croissance marquée, entre autres dans les productions végétales et les grains, alors que les ventes au détail ont été plus modestes, mais conformes aux attentes.
Les secteurs de la Mise en marché (viandes) ont enregistré une bonne performance, tant pour la volaille que pour le porc, quoique la situation demeure difficile dans le porc frais et le bacon au Québec.

Une année intense
En juin 2012, La Coop fédérée a annoncé l'investissement, par le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec et par Capital régional et coopératif Desjardins, de 100 millions $ dans son capital social.

Quelques semaines plus tard, une entente est intervenue avec Financement agricole Canada pour la reconduction et l'augmentation d'une facilité de crédit de 60 millions $.

Que ces piliers de l'économie québécoise et canadienne, possédant une excellente compréhension des enjeux liés au développement du mouvement coopératif, appuient La Coop fédérée augure très bien pour notre avenir.

Cette marque de confiance n'est pas étrangère à la reconnaissance de la qualité de l'équipe de direction de La Coop fédérée, qui a su livrer des résultats en constante amélioration depuis quelques exercices, et au constat de plusieurs intervenants de la finance que le modèle coopératif est résilient. Une étude de l'Organisation internationale du travail a démontré que les entreprises coopératives sont celles qui ont le mieux résisté à la crise financière qui s'est amorcée en 2008.

Pourquoi ? D'abord, c'est que les coopératives sont réfractaires à abolir des postes en déplaçant leur production dans le but de gagner 1 ou 2 % de profit. Ensuite, puisqu'elles ne sont pas soumises à la dictature de la Bourse, leur valeur ne s'effondre pas lorsque les trop-perçus opérationnels chutent temporairement, et leurs membres ne les abandonnent pas au moindre soubresaut venu.

Je suis toujours étonné que l'on ne tienne pas compte du secteur coopératif quand on dresse le portrait économique du Québec ou, pire encore, que l'on hésite à inclure nos membres dans la catégorie des gens d'affaires.

Si nous ne sommes toujours pas considérés comme des gens d'affaires avec un chiffre d'affaires cumulé de plus de 8,5 milliards $, soit deux fois plus que celui de Facebook, je ne sais pas ce que ça prendra!

L'autre grand évènement du dernier exercice a été l'annonce, à l'occasion du Sommet international des coopératives, d'un partenariat avec une importante coopérative indienne pour la construction d'une usine de fabrication d'urée à Bécancour.

L'investissement de 1,2 milliard $ devrait, dès 2017, sécuriser nos approvisionnements en urée et nous mettre partiellement à l'abri de la volatilité des marchés dans ce secteur.

Notre partenaire, l'Indian Farmers Fertilizer Co-operative, regroupe près de 40 000 coopératives agricoles servant plus de 55 millions de membres. C'est un chef de file reconnu mondialement dans la construction et l'exploitation d'usines de fertilisants.

Avec ses récentes acquisitions en Ontario et dans les Maritimes, La Coop fédérée est maintenant le plus important distributeur de fertilisants de l'est du Canada. Grâce à cet investissement, La Coop fédérée écoulera la moitié de la production de l'usine de fabrication d'urée dans son réseau de distribution ainsi que sur les marchés du nord-est des États-Unis.

Enfin, l'offre d'achat par le conseil d'administration de La Coop fédérée, d'une importante entreprise de production de porcs de la Saskatchewan, acceptée au début de 2013, se voulait une action défensive visant à assurer l'approvisionnement de notre établissement de Red Deer, en Alberta, et à conserver la valeur de nos actifs de l'ouest du pays.

Big Sky Farms Inc. est le deuxième producteur de porcs en importance du Canada et cette acquisition, jumelée au développement de nos activités d'approvisionnement vers l'Ouest, devrait permettre de consolider notre développement dans cette partie du pays.

Nous avons également poursuivi le travail amorcé depuis bientôt cinq ans avec la mise en place du projet Chrysalide en productions animales. La dernière phase du projet s'amorce, cette année, dans le respect des échéanciers et des budgets alloués à cette restructuration.

On peut concevoir l'impact considérable qu'aurait eu le maintien du statu quo pour la majorité des coopératives du réseau La Coop si la réduction du nombre de meuneries n'avait pas été courageusement commandée à nos gestionnaires il y a près de cinq ans.

Le projet Fidelio, qui vise à unifier les systèmes d'information du réseau La Coop et le faire entrer de plain-pied dans la modernité, se poursuit rondement. Mentionnons aussi le projet Chrysalide, dans le Secteur des Énergies Sonic, qui devrait être déployé au cours du prochain exercice et, en matière d'amélioration de nos processus, les activités de la Filière porcine coopérative.

Le nombre de membres de la Filière est en progression et la coordination assurée par les producteurs de la Filière permet de répondre plus rapidement aux exigences des marchés. Les revenus générés par la Filière ont permis de verser l'an dernier une première ristourne très appréciée. Beaucoup reste à faire, mais je demeure optimiste, eu égard à cet audacieux pari de redresser l'industrie porcine coopérative québécoise, si tous les intervenants de la Filière s'appuient sur les bases du travail effectué.

La fédération de coopératives
Au chapitre des activités d'animation de la vie associative et de la représentation institutionnelle, la dernière année aura été exceptionnelle.

L'Année internationale des coopératives nous a donné l'occasion de porter le message coopératif sur plusieurs tribunes.

Que ce soit devant le comité spécial de la Chambre des communes sur les coopératives, au prestigieux Cercle canadien de Montréal ou au Conseil des relations internationales de Montréal, La Coop fédérée a été présente à plusieurs évènements afin de faire valoir la différence coopérative.

Nous avons également participé, avec les autres réseaux coopératifs, à la campagne nationale « Je Coop ». Lancée à Montréal en janvier 2012, cette campagne, qui utilise tout autant les médias sociaux et les plateformes Web que les évènements régionaux, a permis à différentes organisations coopératives de parler des multiples facettes de la coopération.

Je tiens à souligner l'initiative de plusieurs coopératives, lors de la Semaine de la coopération, d'organiser une tournée des employés auprès des membres pour parler de coopération. Souhaitons que cette tournée ait lieu régulièrement, puisque c'est cette proximité qui nous distingue le plus de la concurrence.

L'évènement phare aura été sans contredit le Sommet international des coopératives, tenu à Québec en octobre 2012. Plus de 2800 personnes provenant de 91 pays ont saisi l'occasion de discuter et réfléchir sur l'étonnant pouvoir des coopératives et sur les moyens dont nous disposons pour contribuer à l'émergence d'un monde meilleur.

Le succès du Sommet est attribuable à une foule de facteurs, en particulier à la forte présence de 163 conférenciers de réputation internationale et au dévoilement de neuf études inédites sur les coopératives, qui ont apporté un nouvel éclairage sur leur positionnement à l'échelle mondiale et sur les grands défis qu'elles ont à relever.

L'année 2012 aura aussi été l'occasion d'un changement à la tête de l'État québécois. Avec une nouvelle première ministre d'expérience et un nouveau ministre de l'Agriculture réputé pour son écoute et sa compréhension des enjeux régionaux, souhaitons que la politique agricole tant attendue nous soit enfin présentée.

Le Québec a besoin d'une politique agricole et agroalimentaire d'envergure pour assurer sa sécurité alimentaire et la survie et le développement de sa deuxième industrie en importance.

Dans les multiples consultations sur la question, La Coop a toujours présenté une position qui s'articule autour de trois priorités :
  • préconiser l'approche chaîne de valeur, c'est-à-dire favoriser la concertation des maillons d'une même filière;
  • améliorer notre compétitivité par des investissements structurants plutôt que par des dépenses conjoncturelles; et
  • susciter dans le monde agricole un climat d'affaires – un projet national – propice à l'investissement, à l'innovation et au recrutement.
J'aimerais souligner que le courage est l'une des qualités qui caractérisent notre profession d'administrateur et d'administratrice de coopérative : le courage de poser toutes les questions nécessaires pour bien connaître et comprendre les enjeux d'une décision, de dénoncer les conflits d'intérêts, de s'abstenir ou de se retirer lorsqu'une décision n'est pas conforme à nos valeurs.

Du courage, il en a fallu beaucoup à vos dirigeants en 2008 afin de mettre en branle le projet Chrysalide en productions animales, et il nous en faudra encore beaucoup pour mener à bien les réformes de nos façons de faire, que ce soit dans les secteurs de l'énergie, des produits de culture ou de la quincaillerie.

Les fondements économiques qui ont bouleversé notre secteur et qui nous ont amenés à mettre de l'avant le projet Chrysalide sont toujours présents et poussent les entreprises à se consolider afin d'augmenter leur masse critique.

Le contexte d'affaires change à une vitesse sans précédent. En 1930, quand La Coop fédérée avait 8 ans, la durée de vie des compagnies inscrites au S&P 500 était de 75 ans. Depuis le début des années 2000, cette durée de vie est tombée à 15 ans. L'adaptation des entreprises à ce monde en ébullition est une nécessité.

Avec Chrysalide, nous avons une approche originale pour nous doter des avantages d'une masse critique et de l'efficacité opérationnelle d'une grande organisation, tout en conservant l'indépendance et l'ancrage de nos coopératives dans leurs collectivités.

Il est possible de concrétiser un des grands principes coopératifs et d'établir une intercoopération plus poussée entre nous. Cette approche peut-elle être adaptée pour nos autres secteurs d'activité ? C'est une des nombreuses questions auxquelles vous aurez à répondre en cours d'année dans le cadre de l'exercice de planification stratégique du réseau La Coop.

C'est par la croissance de nos activités et l'amélioration continue des avantages pour nos membres que les coopératives pourront participer pleinement à l'émergence d'une société plus juste et plus équitable.

Nous sommes les héritiers de centaines de milliers de gens qui ont cru à l'action coopérative plutôt qu'au chacun-pour-soi et qui nous ont légué ce précieux patrimoine. Nous nous devons d'être à la hauteur de leurs espoirs et nous assurer de la continuité de cette belle et noble aventure humaine.
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