Entretiens
Il y a de quoi être perplexe quand on fait la rétrospective des coûts d'alimentation de la dernière année. Mais alors, par où commencer pour améliorer la rentabilité de son entreprise ?
À moins d'avoir habité sur une autre planète, vous savez tous que la sécheresse aux États-Unis, la spéculation de plus en plus importante et la variation du prix des grains ont marqué l'actualité de la dernière année. Mais quels impacts ces événements ont-ils réellement eu sur les coûts d'alimentation ?

Tel qu'illustré dans le graphique 1, plusieurs constats se dessinent. Tout d'abord, malgré l'appréciation considérable du prix du tourteau de soya et du maïs, l'impact a été beaucoup moins important qu'on l'avait prévu sur les prix des suppléments et des moulées complètes. Cette situation s'explique, en partie, par la possibilité de pouvoir substituer des ingrédients dans la formulation des produits cubés et d'ainsi limiter la hausse des coûts par rapport à l'utilisation de grains dans les rations.

Toutefois, quelles sont les répercussions sur les coûts d'alimentation par hectolitre et sur l'argent qu'il vous reste dans les poches ?

Tel qu'illustré dans le graphique 2, la même tendance se répercute bien sûr chez l'ensemble des producteurs. Le coût des concentrés par hectolitre est à la hausse et suit les mêmes tendances que le prix des grains. Si on calcule la marge sur l'alimen­tation (revenus de la vente de lait moins les coûts d'alimentation du troupeau) pour chaque kg de gras produit, l'argent dispo­nible pour payer l'ensemble des autres dépenses a connu une baisse, puisque la hausse du prix du lait n'a pas été suffisante pour couvrir la hausse du prix des concentrés. Il devient donc de plus en plus important que vous connaissiez votre situation.

À partir de ces constats, que fait-on ?
Tout d'abord, contrairement à ce qui est trop souvent véhiculé, ce qu'on devrait viser, ce n'est pas de réduire son coût d'alimentation à tout prix, mais plutôt d'augmenter sa marge bénéficiaire (les revenus moins les dépenses). De plus, il faudrait toujours tenir compte des autres variables techniques et économiques qui influencent sa rentabilité. Par exemple, abaisser son coût d'alimentation, c'est bien, mais si on ne fait pas ses journées additionnelles de production d'automne, ou alors que les vaches présentent d'importants troubles métaboliques, on ne sera peut-être pas gagnant. D'où l'importance de concentrer ses efforts sur la marge dégagée et pas simplement sur les coûts.

Étape 1 : Se mesurer
En gestion, il existe une règle d'or : « Pour améliorer un point, il faut trouver une façon de le mesurer ». C'est pourquoi le réseau La Coop vous propose une façon toute simple de mesurer la marge sur alimentation dégagée par votre entreprise et de résumer les principales infor­mations de gestion de votre troupeau. Ces éléments, qui viennent habituellement influencer directement vos coûts d'alimentation, vous permettront de suivre l'évolution de votre cheptel. C'est un tableau de bord indispensable – et gratuit ! –, qui se génèrera automatiquement à tous les mois. Parlez-en à votre expert-conseil La Coop.

Étape 2 : Monter un plan d'action

Il existe plusieurs stratégies pour améliorer ses coûts d'alimentation :
  • valider les coûts d'alimentation de différentes options d'alimentation;
  • faire de meilleurs fourrages;
  • augmenter le lait produit par vache grâce à l'alimentation (meilleure transition, favoriser la consommation de matière sèche, etc.):
  • améliorer le confort et la gestion des animaux (bol à eau, tapis, éclairage, etc.);
  • garder les animaux plus longtemps et en élever légèrement moins;
  • comparer différentes stratégies alimentaires (RTM à 1 groupe vs 2-3 groupes);
  • maximiser les escomptes de volume, utiliser le paiement préautorisé, etc.;
  • faire les journées additionnelles de production; et
  • optimiser les composants dans son lait.




Cependant, il est important de bien cibler les objectifs de son entreprise et de voir quelles occasions d'amélio­ration sont possibles et quels en sont les impacts financiers. Votre expert-conseil La Coop dispose d'un outil (Optilait) qui permet d'effec­tuer des simulations écono­miques des différentes stratégies et de montrer les pistes d'amélioration et leurs impacts. Il sera alors plus facile de se faire un plan d'action en connaissant les résultats économiques attendus.

Étape 3 : Réaliser les changements proposés
Il ne vous reste qu'à mettre en œuvre les recommandations et de suivre l'impact économique sur votre tableau mensuel le mois suivant. Et on recommence…

Que nous réserve l'avenir ?
Il n'y a actuellement pas de consensus sur le prix exact des grains pour la prochaine année. Une stratégie précise est donc difficile à élaborer. Cependant, tous les économistes s'entendent pour dire que la volatilité du prix des grains sera très importante au cours des prochaines années. Alors, avec cette volatilité, il sera de plus en plus difficile de simplement comparer ses résultats avec des résultats antérieurs, où le prix des grains était complètement différent. Pourquoi alors ne pas se comparer avec les valeurs actuelles et non avec celles de l'an passé ou d'il y a deux ans ? Encore là, le réseau La Coop se démarque et dispose de données mensuelles d'analyse de groupe. Consultez votre expert-conseil.

Des témoignages…


« Le tableau mensuel est un outil indispensable pour connaitre mon coût de production, car il me permet de connaître ma marge de profit par hectolitre. Par la suite, je suis bien outillé pour prendre une décision concernant un investissement futur. J'aime bien le tableau qui sépare les vaches, les taures et les veaux pour voir combien il m'en coûte d'élever mes futures vaches. »

Denis Beaudry
Ferme Denis Beaudry, Saint-Alphonse-de-Granby



« En un mot, il y a tout sur ces feuilles. Lorsque Robin, mon expert‑conseil, arrive chez nous, on prend 15 à 20 minutes pour regarder la production laitière de mon troupeau, que ce soit au niveau du quota ou des composants. J'aime bien suivre le nombre de kilos de gras produits par vache par mois : c'est ça, mon revenu ! Ça me permet également de voir mes faiblesses et de réagir plus vite qu'avant ! »

Simon Poulin
Ferme J.-P. Poulin et fils, Saint-Georges de Beauce



« Nous nous référons souvent au tableau mensuel. D'un simple coup d'œil, nous pouvons comparer notre évolution au cours de l'année. Cela nous permet de voir réellement la marge monétaire qui nous reste à chaque mois et d'en comprendre la provenance, par exemple les jours en lait plus bas, les kilos de gras produits par vache plus élevés, etc. »

Patrick Lemaire et Anny Madore
Ferme Lema, Sainte-Brigide-d'Iberville

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