Entretiens
Très populaires depuis de nombreuses années dans les grandes érablières comme dans les plus petites, les concentrateurs d'eau d'érable ne sont pas toujours employés de manière optimale, constate Alain Boily, agronome et conseiller régional en acériculture du MAPAQ. « D'une année à l'autre, les acériculteurs ne se souviennent pas toujours des règles de base de leur utilisation », déplore-t-il.
C'est pourquoi cette pièce d'équipement aujourd'hui indispensable a fait l'objet d'une conférence lors des journées d'information acéricoles tenues en janvier. Donnée par le conseiller Donald Lemelin, la conférence était assortie d'un DVD explicatif produit par le MAPAQ. Les acériculteurs qui l'auraient manquée peuvent s'adresser à leur centre de services régional pour obtenir un exemplaire du DVD.

Avantages des concentrateurs
Rappelons que la concentration de la sève d'érable au moyen d'un concentrateur permet de réaliser de substantielles économies en temps et en main-d'œuvre, tout en permettant d'augmenter la rentabilité et la productivité d'une exploitation acéricole.

Ainsi, parce que la quantité d'eau à évaporer est déjà réduite par osmose inverse ou nanofiltration, moins de combustible – bois ou huile – est nécessaire pour l'étape d'ébullition. Celle-ci est conséquemment plus courte, ce qui libère l'acériculteur pour d'autres tâches dans l'exploitation et lui procure une meilleure qualité de vie pendant la saison des sucres.

Les gains environnementaux sont également non négligeables : en diminuant la consommation d'énergie, on réduit par le fait même la production de gaz à effet de serre.

Ces avantages disparaissent toutefois en partie lorsque l'appareil est mal utilisé ou mal entretenu. Cela se manifeste notamment par une perte d'efficacité, par des pertes de sucre dans le filtrat (qui diminuent d'autant la production de sirop d'érable) et, surtout, par une usure prématurée de sa membrane, explique M. Boily.

« Or, c'est la membrane qui fait le travail dans le concentrateur, rappelle-t-il, et son coût de remplacement est très élevé ! » Même si le prix des membranes a diminué sensiblement ces dernières années, on parle tout de même d'environ 1000 $ pièce et ce, peu importe qu'il s'agisse d'un gros concentrateur de 40 000 à 50 000 $ ou d'un plus petit appareil à 5000 $.

Pour maintenir la performance des membranes, il faut respecter le taux de rejet, le pourcentage de concentration et le cycle d'entretien, poursuit le spécialiste. « L'improvisation et les méthodes soi-disant "miracles" peuvent être fatales pour les membranes. Il faut donc se garder d'utiliser une recette conçue pour un autre type de concentrateur, surtout lorsque les appareils ne proviennent pas du même fabricant. »

Comme la vie d'un concentrateur lui-même est associée à la vie de la membrane, il faut prendre soin de cette dernière, renchérit‑il. Il faut en connaître les limites, tant pour les produits d'entretien que pour la façon de faire fonctionner le concentrateur.


Aide-mémoire


Pour faciliter le travail des opérateurs de concentrateur et optimiser l'utili­sation de leurs précieuses membranes, l'agronome Alain Boily résume ici les principales recommandations faites à ce sujet lors des Journées acéricoles de janvier dernier.

1. Suivre une ou plusieurs formations avant l'achat d'un concentrateur d'eau d'érable, ce qui vous aidera pour le choix et le fonctionnement de l'appareil.

2. Désigner une personne comme opérateur du concentrateur d'eau d'érable. Cette personne développera une bonne connaissance de son appareil et trouvera des trucs pour régler les problèmes.

3. Faire bouillir le plus rapidement possible la solution concentrée.

4. Afin de préserver l'intégrité du produit, s'assurer que les solutions de nettoyage ou de remisage ne viennent jamais en contact avec la sève. 5. Bien rincer la tubulure après le lavage au chlore, afin d'éviter d'introduire ces produits d'assainissement dans une membrane non tolérante au chlore.

6. Lorsque l'eau d'érable devient de plus en plus difficile à concentrer – en fin de saison, notamment –, au lieu de monter la pression indûment, penser à :
    • fixer l'efficacité des membranes à 90 % au lieu de 85 % pour déclencher un entretien;
    • diminuer la pression de travail, pour diminuer le colmatage, même si le débit est réduit.
7. La planification de la concentration en fonction du transport d'eau peut obliger à réduire le débit en diminuant la pression pour ne pas arrêter le concentrateur en attendant un nouvel arrivage.

8. Ne pas s'approprier les recettes des voisins qui pourraient être fatales pour ses propres membranes.

9. Ne pas improviser en utilisant n'importe quel produit dit « de lavage » qui ne conviendrait pas aux membranes.
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