Entretiens
En effet, en 2007, elle a réussi à s'acheter – toute seule, dit-elle avec une légitime fierté teintée d'une pointe de regret – une ferme avec un lot complet comprenant un peu plus de huit hectares (20 acres) de terres cultivables en bleuets à Saint-Prime, au Lac-Saint-Jean.

Bien qu'elle ne la fasse pas encore vivre, sa petite bleuetière permet l'autocueillette depuis maintenant deux ans. « On a une superbe vue d'ici. On voit tout le lac Saint-Jean, Saint-Prime et Saint-Félicien. C'est merveilleux ! J'adore ça ! » s'exclame cette chef de famille qui a travaillé dans une ferme laitière jusqu'à tout récemment, en plus de faire de la comptabilité à son compte pour des entreprises agricoles et de siéger aux conseils d'administration de La Coop des deux rives et de l'UPA.

C'est de son père que Louise Gilbert tient sa passion pour l'agriculture. Lorsqu'elle était adolescente, ce dernier a acquis une ferme, aujourd'hui exploitée par deux de ses quatre frères.

Sa première expérience de travail dans le domaine a été de monter la toute première ferme éducative de l'exposition agricole annuelle de Chicoutimi, pendant ses vacances scolaires au secondaire. Puis, tout au long de ses études en gestion d'entreprise agricole, au collège d'Alma, elle a été active dans son milieu, entre autres comme représentante des étudiants au conseil de l'établissement.

Son diplôme en poche (enrichi par des études en comptabilité), elle a ensuite exercé plusieurs métiers liés à l'agriculture. Elle a notamment travaillé dans une serre, au Groupe conseil agricole Piékouagan et à l'UPA, avant d'être invitée à se joindre au conseil d'administration de La Coop des deux rives en 2010.

Première femme dirigeante de toute l'histoire de cette coopérative du Lac-Saint-Jean, elle a été pressentie en raison de son implication et de sa grande connais­sance des besoins des producteurs, qu'elle a acquise pendant ses quatre années comme techni­cienne au GCA Piékouagan. Cette admi­nistra­trice d'expé­rience a aussi été membre, puis prési­dente, du conseil de la garderie fréquentée par ses enfants.

La dirigeante, qui siège également au Comité Éduc Coop, est particulièrement fière des efforts d'intercoopération de sa coopérative. Pour souligner l'Année internationale des coopératives, l'an dernier, cette dernière a inauguré à Normandin la Place de la coopération, qui regroupe une quincaillerie Unimat, un dépanneur Sonic, un centre financier aux entreprises de Desjardins, un centre d'entraînement en coopérative et plusieurs autres commerces. « Depuis deux ans, ajoute-t-elle, on a aussi créé de beaux liens en tenant notre colloque annuel conjointement avec la Coopérative forestière de Girardville. » Modèles d'intercoopération, les deux coopératives sont aujourd'hui partenaires dans un nouveau projet d'exploitation de biomasse forestière : l'entreprise CFG Énergies, spécialisée dans le système de chauffage aux granules de bois.

C'est d'ailleurs à sa coopérative que Louise Gilbert a été exposée pour la première fois à la notion de développement durable. « Ç'a été une révélation, et j'ai adhéré à cent milles à l'heure ! » s'exclame-t-elle. On ne prend plus aucune décision sans tenir compte du développement durable, assure-t-elle. « C'est très satisfaisant de voir que ma coopérative s'appuie sur de telles valeurs. »
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