Entretiens
Les quais de chargement doivent nous faciliter la tâche pour l'expédition des animaux vers l'abattoir.

Depuis de nombreuses années, les exigences de mise en marché ont incité les entreprises porcines à augmenter le poids d'abattage de leurs animaux. On a dû adapter les bâtiments et la gestion à cette nouvelle réalité de production de porcs plus lourds. Les quais de chargement n'échappent pas à cette nécessité de rénovation de ses installations.

Un fait vécu
Un exemple pratico-pratique d'un quai avant et après adaptation est présenté à la page 36. « Les porcs montent tout seuls dans le camion », s'accordent pour dire l'éleveur et le transporteur depuis les améliorations apportées au quai. Bien sûr, le fait que le passage de l'engraissement à la montée dans le camion n'ait pas ou presque pas de pente aide grandement. Autre détail important : le passage est exempt d'obstacles. Lors de la construction de cette annexe, le seuil de la porte a été enlevé. La porte de la montée de l'annexe extérieure, une fois ouverte, se fond dans le mur et la remorque du camion a la possibilité de se coller directement aux coussins d'étanchéité de la sortie de la montée.

Bref, dans ce cas-ci, avec la luminosité adéquate (on devrait être capable de lire aisément un journal à bout de bras dans la montée) et l'élimination des facteurs environnementaux (objets inconnus, courants d'air, lumière extérieure aveuglante), les porcs entrent aisément dans le camion et sans utilisation du bâton électrique.

Recommandations d'usage
Il est recommandé que les installations de chargement soient bien éclairées, de préférence avec un éclairage diffus à incandescence, car cela réduit les ombres et les contrastes qui peuvent conduire les animaux à résister. En outre, lors du passage vers une nouvelle zone, comme le camion, l'éclairage idéal est celui qui passe du plus obscur au plus clair, car les animaux ont tendance à résister à se plonger dans l'obscurité.

Figure 1
Après un sondage réalisé auprès de camionneurs de la région de la Montérégie, le constat est le suivant : il y a une très grande variabilité de conception de quais. Afin d'améliorer la sortie des porcs, le quai est certes important, mais la conception du bâtiment vers la sortie n'est pas à négliger, sans oublier l'attitude que devra avoir la personne qui manipule les porcs, bien entendu. Néanmoins, voici quelques points favorisant grandement le travail des camionneurs et des producteurs :

- Les corridors ne forment pas d'entonnoir (voir la figure 1).
- Le corridor devrait avoir entre 36 et 42 po (1,1 m) de largeur, assez pour permettre le passage de deux porcs en retrait l'un de l'autre.
- Les tournants à 90° sont à éviter.
- Il ne doit pas y avoir de pente à pic du bâtiment vers le camion.
- Le parcours idéal ne devrait pas comporter de pente du tout, et avoir un revêtement au sol et un corridor non contrastant avec le reste du bâtiment.
- Si une pente montante est nécessaire pour atteindre le camion, elle ne devrait pas excéder 20° et la surface de montée devrait être antidérapante avec des échelons tous les 6 à 8 po (20 cm) pour des porcs prêts pour l'abattoir.
La gestion de la sortie
On aura beau avoir le quai idéal et des corridors de la bonne largeur, mais si on ne connaît pas le comportement d'un porc normal, rien ne va plus !

Un autre élément qui facilite grandement le déplacement des porcs est l'absence de présence humaine directement devant eux (voir la figure 2). Les porcs sont pris en charge par le camionneur directement dans la montée grâce à une rampe ou à un corridor qui leur est adjacent. Pour que cela fonctionne rondement, il faut par contre avoir une longueur acceptable de montée, soit l'équivalent de cinq à six porcs en longueur. En plus de faciliter le travail, cette pratique répond bien aux exigences de biosécurité, car le camionneur reste dans l'annexe extérieure au bâtiment et « tourne en rond ». Les chances de retour des animaux du camion vers le bâtiment sont pratiquement nulles. Une fois la remorque bien apposée à la sortie du quai, les porcs sont moins affectés par les vents, la lumière aveuglante et les intempéries. De plus, si le manipulateur maîtrise mal la position à adopter pour déplacer les porcs (zone de fuite et comportement du groupe) et se place devant les animaux, cela oblige les porcs à battre en retraite (voir l'article « La manipulation des porcs avant l'abattage ou comment "penser cochon" » dans l'édition d'octobre 2011 du Coopérateur agricole). L'attitude du manipulateur y fait aussi pour beaucoup. Habituellement, une attitude calme et cohérente facilite grandement le chargement des porcs dans le camion.

Figure 2


Pour l'évaluation des quais

Les coordonnatrices, porc certifié La Coop, Josée Niquette et Marie-Josée Turgeon, ainsi que Catherine Michaud, conseillère logistique en production porcine à La Coop fédérée, ont collaboré au projet « Quais de chargement » du Centre de développement du porc du Québec (CDPQ). Elles ont entre autres participé à l'élaboration de l'outil d'évaluation des quais pour les producteurs porcins.
On peut consulter ce document à l'adresse suivante :
www.cdpq.ca/recherche-et-developpement /projets-de-recherche /projet-194.aspx.

En prenant une heure de son temps pour faire une auto-évaluation, qui sait combien de temps on pourra gagner par la suite !

De petits groupes de cinq ou six animaux sont plus faciles à déplacer. Il faut tenir compte du niveau de peur, de la volonté d'avancer des porcs – c'est-à-dire s'ils sont déjà de nature nerveuse ou calme –, des installations (obstacles minimes ou distractions) ainsi que de l'expérience des manipulateurs.

On sait que les distractions connues, comme le seuil et le cadrage des portes, le drain au sol ou de la quincaillerie dans le passage, ralentissent la progression ou la stoppent même, et peuvent conduire à ce que les animaux fassent demi-tour. Le déplacement des porcs s'effectue de façon efficace en petits groupes où on peut contrôler le porc de tête.

Un autre exemple de distraction souvent observée : les manipulations autres que le chargement en tant que tel. Par exemple, le tatouage des porcs devrait s'effectuer dans les semaines précédant la sortie et non pas en chargeant les porcs dans le camion (voir à ce sujet la fiche technique sur le tatouage du porc certifié La Coop).

Enfin, il importe de ne pas oublier la mise à jeun des porcs (entre 16 et 24 heures selon l'aliment), ce qui à la fois facilite le déplacement des animaux et permet l'économie de moulées non digérées. En plus, cela diminue les cas de porcs essoufflés, ainsi que les risques de mort durant le transport et de contamination à l'abattoir. À ce sujet, il faut lire ou revoir les articles « Mise à jeun des porcs : bien mesurer pour (encore) mieux gérer », dans l'édition de juillet-août 2012, et « Le jeûne avant l'abattage, payant pour tous ! », dans l'édition d'avril 2011.

Avec une bonne conception du bâtiment et de son quai de chargement, de même qu'une bonne gestion de la sortie des porcs vers l'abattoir, on réduit considérablement le stress et les risques de blessures chez les humains et les porcs, le nombre d'animaux fragilisés (porcs fatigués lors du chargement), les meurtrissures ou égratignures sur la carcasse une fois les porcs rendus à l'abattoir et, surtout, des pertes évitables dans le transport, dans le local d'attente à l'abattoir, de même que sur la chaîne d'abattage pour cause de parage.

Sortie des porcs avant et après la construction d'une annexe
 
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