Entretiens
Lorsqu'on implante une prairie, on le fait habituellement pour plusieurs années. Il est donc important de porter attention à tous les facteurs influençant le succès de l'opération pour s'assurer d'un rendement élevé, et ce, dès la première année de récolte. Bien sûr, le pH, le drainage et la qualité de la semence ont un impact important sur la réussite de toute culture, mais pour les plantes fourragères, une régie de semis adéquate est particulièrement cruciale.
Premièrement, un bon nivelage permettra d'éliminer l'eau, d'effectuer un semis plus uniforme et facilitera grandement la récolte et le transport au champ. De plus, l'épandage de fumier sera grandement facilité si le terrain est bien nivelé.

Il faut aussi garder en tête l'objectif de créer un lit de semence aéré en surface et ferme en profondeur. De cette façon, on s'assure d'avoir un bon milieu de germination : un sol qui se réchauffe rapidement en surface et qui, lorsque roulé, s'appuiera sur un sol plus humide qui fournira de l'humidité par capillarité. Il en résultera une levée plus rapide et plus uniforme. À ce chapitre, il existe une règle assez simple – mais combien efficace ! – pour vérifier si la profondeur du travail de sol est correcte : si vous marchez dans le champ avant le semis et que la terre cache l'embout de vos bottes, le travail est trop profond. De plus, il est capital de laisser une surface légèrement grumeleuse, mais sans mottes. Un sol travaillé en particules trop fines sera plus sensible à la battance et croûtera rapidement en cas de pluie. Cela aura pour effet d'affecter la levée, particulièrement dans les sols argileux.

La profondeur de semis est probablement le point le plus important à surveiller. Une profondeur de 0,5 à 1 cm (¼ à ½ po) est adéquate selon la grosseur de la semence. La luzerne, le trèfle et le mil doivent être positionnés un peu plus profondément que les graminées, comme le brome, la fétuque élevée ou le dactyle, qui gagnent à être semés plus en surface.

La minutie appliquée à chacune des étapes rapportera à chaque récolte de fourrage au cours des années suivantes.


À la suite du semis, un roulage, idéalement au rouleau Brillion, apportera la touche finale à votre travail en permettant un bon contact sol-semence qui facilitera la germination.

La température requise pour la germination des plantes fourragères est de 5 à 7 ºC. Un semis relativement hâtif est donc approprié. De plus, lorsque le semis est effectué pur (sans plante-abri), on gagne beaucoup à le faire plus tôt que trop tard. Habituellement, plus on avance dans la saison des semis, plus les conditions sont chaudes et sèches, les plantules de plantes fourragères courent alors un plus grand risque de souffrir de sécheresse que les semis d'autres cultures, étant donné que la semence est davantage en surface. Repousser l'implantation des plantes fourragères à la toute fin des semis réduit de beaucoup les chances de succès.

Pour les plantes fourragères, une régie de semis adéquate est particulièrement cruciale.
Finalement, l'éternelle question : avec ou sans plante-abri ? L'utilisation d'une plante-abri a ses avantages : diminution de l'érosion, réduction de la pression exercée par les mauvaises herbes et récolte de céréales l'année du semis. Cette méthode a toutefois les défauts de ses qualités : la plante-abri concurrence les plantes fourragères pour l'eau, la lumière, l'espace et les éléments fertilisants. La verse des céréales peut également affecter la qualité de l'implantation de façon importante. En outre, si la récolte de la plante-abri s'effectue seulement quelques jours avant les gelées mortelles, c'est alors l'équivalent d'une fauche quelques jours avant les gelées. Cela peut avoir un impact majeur sur la survie de la luzerne. Règle générale, un semis pur fait dans de bonnes conditions donne de meilleurs résultats qu'un semis avec plante-abri et, oui, permet aussi une récolte de fourrage l'année de l'implantation.

Par contre, si vous voyez plus d'avantages que d'inconvénients à l'utilisation d'une plante-abri dans vos champs, il est tout de même possible de réussir : l'important est de choisir une céréale hâtive avec une bonne tenue et l'orge devrait alors être votre premier choix. Un cultivar de blé hâtif est également une bonne option, le blé étant très résistant à la verse et ses feuilles étroites nuisant moins au passage de la lumière à travers le couvert végétal. Le taux de semis de la céréale utilisée en plante-abri doit être réduit à 70 % de celui du semis pur.

Comme vous pouvez le constater, le semis des plantes fourragères est une question de détails. Cependant, la minutie appliquée à chacune des étapes rapportera à chaque récolte de fourrage au cours des années suivantes. Bonne saison… des fourrages !
 
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