Entretiens
Du 16 au 18 novembre dernier, le Québec accueillait le Symposium Apimondia. Sous le thème « Élevage de reines, sélection et pathologie de l'abeille mellifère », cet évènement d'envergure internationale a rassemblé quelque 400 passionnés d'apiculture venant du Canada, des États-Unis, de l'Europe et du Mexique.
résenté en anglais avec traduction simultanée en français, ce symposium a affiché complet un mois avant sa tenue. Il faut dire que la programmation proposait des conférenciers de renommée mondiale, un hall d'exposition exceptionnel présentant les plus importantes et toutes dernières innovations en apiculture, un choix de circuits techniques et un souper thématique aux saveurs du Québec – de quoi séduire tous ces amoureux des abeilles !

De petites travailleuses acharnées
En pleine saison estivale, une colonie se compose de plus de 40 000 abeilles butineuses, qui visitent des millions de fleurs dans un rayon de plusieurs kilomètres. L'importance des abeilles pour l'humanité est reconnue. Elles produisent le miel et servent à la pollinisation de près de 80 espèces ou variétés de végétaux importants pour l'alimentation humaine. Selon un rapport des Nations unies publié en 2011, les abeilles améliorent le rendement des productions de fruits (bleuets, canneberges, amandes, etc.), de semences et de graines oléagineuses (canola, par exemple). Les auteurs du rapport estiment à près de 205 milliards $ CA la contribution de ces insectes à l'économie mondiale.

Une demande à combler
La demande d'abeilles domestiques est croissante et l'industrie apicole ne parvient pas à la combler. Depuis près de 10 ans, un phénomène de surmortalité des colonies est observé dans tous les pays industrialisés. Plusieurs équipes de chercheurs des États-Unis, d'Europe et du Canada tentent de découvrir pourquoi les colonies d'abeilles dépérissent. Le symposium avait pour principal objectif de faire le point avec les apiculteurs du Canada et d'ailleurs sur les actualités et les plus récents résultats de recherches apicoles de partout dans le monde.

Un évènement rarissime

Apimondia était le deuxième évènement apicole du genre présenté dans la ville de Québec. Le précédent, soit le septième Congrès international d'apiculture, avait eu lieu en 1924. Le coauteur de ces lignes, Pierre Giovenazzo, chercheur en apiculture du Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD) et chargé de cours à l'Université Laval, présidait l'édition 2012 de ce symposium, dont l'hôte officiel était le Conseil canadien du miel (CCM). La Fédération des apiculteurs du Québec (FAQ), le CRSAD et le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) ont collaboré à l'organisation de l'activité. (Voir un autre article sur le symposium publié en octobre 2012 : www.lacoop.coop/cooperateur/ articles/2012/10/p61.asp.)

Près de 40 conférenciers-chercheurs internationaux, dont les travaux ont contribué de façon importante à une meilleure compréhension de la biologie des abeilles mellifères, ont fait partager leurs connaissances aux apiculteurs présents pendant les trois jours d'activités. Cet évènement a permis aux participants d'en apprendre davantage sur plusieurs notions fondamentales et appliquées ayant trait à la pathologie, à l'élevage ou à la sélection génétique des abeilles mellifères.

Une programmation tout miel
Le chef du Château Laurier avait pris le soin d'inclure du miel ou des produits de l'abeille dans tous les menus servis dans le cadre du symposium, une attention hautement appréciée par les participants. Les représentants du secteur apicole québécois ont profité du souper thématique du vendredi 16 novembre pour rendre hommage à Émile Houle, technicien agricole du Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD), et souligner ses 33 années de loyaux services dans le secteur.

Une saison à préparer
Et tandis qu'une nouvelle équipe s'affaire à organiser la 43e édition du Congrès international Apimondia – qui se tiendra à Kiev, en Ukraine, du 29 septembre au 4 octobre 2013 –, les apiculteurs d'ici ont déjà commencé à sortir ou à déballer leurs ruches. Dans la plaine de Montréal et le sud du Québec, cette activité débute à la fin de mars, et elle a lieu de deux à trois semaines plus tard dans l'est et le nord de la province. Il s'agit de la première tâche d'une série de travaux importants pour le développement futur des colonies.

Les apiculteurs évaluent alors les réserves de nourriture et de pollen à l'intérieur des ruches. Ils doivent s'assurer qu'elles sont suffisantes, notamment en avril, puisqu'une dépense énergétique notable est exigée de la part des abeilles à cette période. Ils doivent aussi vérifier l'état des colonies et des reines. Si le nombre d'abeilles est insuffisant à l'intérieur d'une ruche, ils regroupent celle-ci avec une ruche plus forte, en s'assurant de l'absence de signes de maladies contagieuses et en prenant le soin d'éliminer l'une des deux reines. Au besoin, les apiculteurs nettoient le plateau des ruches et éliminent les cadres trop foncés ou défectueux.

Pour remplacer les pertes ou augmenter leur cheptel, certains apiculteurs se tourneront vers l'achat de nucléus ou de paquets d'abeilles. Les nucléus sont de petites colonies d'abeilles incluant de deux à quatre cadres de couvain et une reine, accompagnées d'un cadre de nourriture. Les paquets d'abeilles, qui proviennent habituellement de l'étranger, ont la forme de boîtes grillagées contenant environ deux kilos d'abeilles ouvrières (environ 14 000 abeilles) et une jeune reine fécondée. La qualité de ces produits est cruciale et devra faire l'objet de vérifications minutieuses.

De même, le choix de l'emplacement des ruches sera primordial. De ce choix dépendent, en bonne partie, le développement des colonies de même que la qualité et la quantité du miel qui sera récolté. En attendant les premières floraisons (entre la mi-mai et le début juin, selon les régions), les apiculteurs auront beaucoup à faire pour stimuler leurs colonies. Au fur et à mesure du développement de ces dernières, ils devront augmenter le nombre de cadres ou de hausses dans leurs ruches, y ajouter de la nourriture (sirop de sucre), surveiller l'état de leur matériel et la santé de leurs abeilles. Parions qu'ils ne verront pas le printemps passer !

 
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