Entretiens
Pourtant, la coopératrice apporte une expertise non négligeable à cette coopérative dont le chiffre d'affaires dépasse 21 millions $. Élevée dans une ferme avec ses trois frères, Mireille Giguère est en effet devenue copropriétaire, en 2001, de la ferme laitière de son conjoint, François Cantin, située à Tingwick. Du coup, elle est aussi devenue membre de La Coop Pré-Vert. Elle était active et assistait assidûment aux assemblées annuelles et aux différentes activités. De plus, ayant été secrétaire-trésorière et présidente de l'Association de la relève agricole des Bois-Francs ainsi que membre et présidente du conseil d'établissement de l'école élémentaire de ses quatre enfants, l'agricultrice était déjà bien rompue au fonctionnement des instances démocratiques. Possédant un baccalauréat en comptabilité de l'Université de Sherbrooke, un titre de CGA et 10 ans d'expérience en cabinet comptable, elle avait aussi toutes les compétences requises pour siéger au comité de vérification.

Ce n'est donc pas un hasard si Marie Chouinard – administratrice qui a été la toute première présidente de conseil du réseau La Coop – l'avait dans sa mire comme relève potentielle. Lors d'un colloque des coopératrices, au début des années 2000, Marie Chouinard et Aline Lavallée (qui siège toujours au CA) ont semé dans son esprit le germe d'un engagement éventuel.

« Mes enfants étaient très jeunes à l'époque », relate la principale intéressée. « Je n'étais pas rendue là, mais je les voyais venir ! » ajoute-t-elle en riant.

Lorsque Marie Chouinard lui a officiellement demandé de lui succéder, en 2010, elle a d'abord hésité en raison de son engagement bénévole en milieu scolaire. « Comme mon mandat de présidente arrivait à terme, j'ai finalement accepté, en me disant qu'une telle occasion ne se représen­terait peut-être pas de sitôt. »

Trois ans plus tard, elle apprécie toujours le fait de pouvoir prendre part aux décisions qui concernent sa coopérative. Quant à son avenir au conseil, elle ne dit pas non à la possibilité d'assumer un jour de plus grandes responsabilités.

Pour l'heure, toutefois, ses obligations familiales, ses mandats de comptabilité pour les entreprises agricoles de ses frères et sa charge de travail quotidienne lui laissent bien peu de répit. N'ayant pas d'employés, son conjoint et elle se partagent le gros du boulot, et les enfants (respectivement âgés de 10, 12, 14 et 15 ans) ont chacun leur petite tâche. « Ça les fait sortir de la maison et des jeux vidéo ! » se réjouit leur maman.

Elle espère aussi que l'un d'eux aura un jour envie de s'investir davantage dans l'entreprise familiale, « mais pas avant d'avoir obtenu un diplôme », insiste-t-elle.

Lauréats de l'Ordre national du mérite agricole dans la catégorie Argent en 2011, les Cantin-Giguère s'efforcent constamment d'améliorer leur entreprise, qui compte 125 hectares et un cheptel de 95 bovins Holstein. Victimes d'un incendie en 2003, ils en ont profité pour reconstruire des bâtiments plus fonctionnels et pour renouveler l'équipement. D'année en année, ils améliorent aussi le drainage et la productivité des champs. « Notre but n'est pas de grossir. Mais si jamais un des enfants prend la relève, on ne veut pas être trop endettés au moment du transfert. »
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