Entretiens
En 2013, voilà une affirmation qui suscite certainement des interrogations chez de nombreux producteurs naisseurs ou naisseurs-finisseurs. L'amélioration constante de la prolificité des truies depuis plusieurs années et, du même coup, la diminution du poids moyen des porcelets à la naissance nous amènent à penser que le défi est de plus en plus difficile à relever. Y a-t-il un mode d'emploi ?
Fondamentalement, le poids des porcelets au sevrage constitue l'élément clé de notre définition de la qualité. En effet, pour le naisseur, ce poids influence directement le prix de vente et a un impact direct sur les perfor­mances techniques obtenues lors des étapes suivantes du cycle de production du porc (pouponnière-engraissement). Dans un contexte de production d'un porc lourd (plus ou moins 100 kg carcasse), chaque kilo de poids compte.

Plusieurs facteurs peuvent influencer le poids des porcelets au sevrage. Parmi ceux-ci, la mise à la reproduction de la cochette et la préparation à la première mise bas peuvent être qualifiées de facteurs indirects. Il va de soi qu'un bon démarrage de la carrière reproductive d'une truie aura un effet important sur ses performances futures. Le poids à la naissance, la croissance durant la lactation et l'âge au sevrage des porcelets auront un impact plus direct à chaque cycle de production. Nous nous attarderons plus particuliè­rement sur ces trois points dans le présent article.

Le poids à la naissance
L'augmentation du poids des fœtus pendant la gestation atteint un maximum lors des 14 derniers jours de vie intra-utérine. Ainsi, leur poids augmentera de 40 % au cours de cette période. Durant les quatre derniers jours, ils peuvent même prendre 80 g/jour. Comme la durée de la gestation a une influence directe sur le poids des porcelets à la naissance, il faudra être avisé concernant l'induction (le déclenchement) de la mise bas (113-114-115 jours). Certains producteurs, aujourd'hui, ne déclenchent les mises bas qu'au jour 117. Chacun aura donc avantage à bien établir sa façon de faire en fonction de ses objectifs (surveillance, adoptions, etc.).

Un autre facteur qui a une influence directe sur le poids à la naissance est la taille de la portée. La littérature scientifique est très claire sur ce point. À mesure que la taille de la portée augmente, le poids moyen des porcelets à la naissance diminue. Une telle constatation peut laisser croire qu'il n'y a pas que du positif à augmenter la taille de la portée. Mais regardons cela de plus près et posons-nous la question : nos truies ont-elles tant changé ?

Sogeporc travaille pour vous

Le graphique 1 donne un aperçu des performances des truies de génétique Sogeporc au cours des 10 dernières années. La banque de données AGREPP indique que les performances ont augmenté de près de 20 % pour ce qui est des nés totaux et nés vivants, et de près de 15 % pour les porcelets sevrés. Pas de doute, la génétique Sogeporc permet l'atteinte de performances de haut niveau, et ce, dans différents milieux d'élevage. À l'intérieur d'une même portée, l'affirmation voulant que le poids moyen à la naissance diminue à mesure que la taille de portée augmente est toujours observable (graphique 2).

Toutefois, en ce qui a trait aux troupeaux de sélection Sogeporc, malgré une augmentation de plus de deux porcelets par portée au fil des dernières années, le poids moyen à la naissance de l'ensemble des porcelets augmente (graphique 3). Voilà un point très positif pour l'avenir. Il est logique de penser que cette caractéristique génétique est transmise aux truies F1. Cela est rassurant pour les producteurs commerciaux qui utilisent la génétique Sogeporc.



Du lait, SVP
Aide-mémoire
+ 100 g à la naissance
+ 400 g au sevrage

+ 1 jour au sevrage
+ 300 g au sevrage

+ 1 kg au sevrage
+ 2 kg sortie pouponnière
+ 4 kg sortie engraissement

Objectif de consommation moyenne d'aliments en lactation
(21 jours) = 7 kg/jour
100 g de plus à la naissance se traduit par un gain de poids de 400 g au sevrage. Retarder le sevrage d'une journée se traduit par un gain de poids de 300 g au sevrage. Un kilo de plus au sevrage se traduit par deux kilos de plus à la sortie de la pouponnière et par quatre kilos de plus à la sortie de l'engraissement.
La période de lactation est assurément le moment déterminant pour l'atteinte d'un poids de sevrage élevé. Afin d'assurer sa croissance, le porcelet ne pourra compter que sur le lait maternel, du moins pendant les 14 premiers jours de sa vie. Nous savons aussi que la production laitière de la truie est fonction de la stimulation de la glande mammaire par des porcelets vigoureux. Donc, tous les points de la conduite du troupeau qui auront un impact sur la survie et le démarrage des porcelets doivent être optimaux : propreté, surveillance, lampes, assèchement, prise de colostrum, uniformisation des portées, température, ventilation. N'hésitez pas à faire appel à votre expert-conseil pour vous aider à passer en revue l'ensemble des points importants.

Avons-nous une idée de la quantité de lait produite par une truie qui allaite 12 porcelets au cours d'une journée ? Eh bien, chez les meilleures truies, la quantité de lait peut atteindre plus de 12,5 kg/jour à partir du 10e jour de lactation. Vu le poids moyen d'une truie en lactation, on réalise à quel point les truies nourricières sont sollicitées et méritent que tous les facteurs qui contribueront à leur fournir un environnement répondant à leurs besoins et convenant au maintien d'un fort appétit soient au poil ! On parle ici de la température ambiante (18 °C), d'une eau abondante et de qualité, de la disponibilité d'un aliment frais, appétent et de qualité répondant à tous les besoins nutritionnels de la truie et de sa portée. Avec de tels niveaux de production, il faut bien comprendre qu'aucun de ces facteurs ne doit faire défaut et ainsi venir limiter la prise alimentaire des truies durant la lactation. Pour un sevrage à 20-21 jours, nous pouvons fixer comme objectif l'ingestion de 7 kg/jour en moyenne pendant la durée de la lactation.

L'alimentation à la dérobée
Depuis toujours, la distribution d'aliments aux porcelets en cage de mise bas fait l'objet d'un questionnement. Dans notre recherche de diminution des coûts de production, et avec une durée de lactation de 18-21 jours, pouvons-nous réaliser des économies en abandonnant cette pratique ? Des tests réalisés à la ferme de recherche CRF confirment que les porcelets de portées nombreuses tirent un avantage certain à consommer un aliment solide en cage de mise bas. Plus la taille de portée est importante, plus les porcelets ont un besoin en nutriments non comblé par le lait de la truie (graphique 4). De plus, il semble aussi très clair que ce sont les plus petits porcelets de la portée qui profitent le plus de l'alimentation à la dérobée (graphique 5).



Autre point intéressant, les porcelets qui ont eu accès à l'aliment en cage de mise bas ont terminé leur séjour en pouponnière avec un poids supérieur de 1,5 kg à celui des porcelets qui n'en avaient pas reçu. Étant donné la production actuelle d'un porc lourd, l'alimentation à la dérobée doit faire partie de vos techniques d'élevage. Le défi consiste à augmenter le pourcentage de porcelets qui consomment de l'aliment avant le sevrage. L'utilisation d'un aliment très savoureux et servi en petite quantité quelques fois par jour est certainement un moyen d'y parvenir.

L'âge au sevrage
Il est généralement observé qu'à la fin de la période de lactation (jour 20-21), le poids moyen des porcelets augmente d'environ 300 g/jour (250 à 350 g). C'est donc dire qu'à lui seul, l'âge au sevrage a un impact considérable sur le poids de sevrage.

La génétique, la nutrition, l'alimentation, les techniques d'élevage et l'équipement ont certes des rôles importants à jouer dans notre recherche d'augmentation du poids des porcelets au sevrage. Mais le facteur qui a le plus d'impact, et le plus rapidement, est l'âge au sevrage.

Cela dit, je crois qu'il peut être intéressant de prendre un peu de temps pour faire le point sur l'âge au sevrage dans chacune de vos structures de production de porcelets. Vous avez peut-être certaines contraintes : conduite en bandes (aux deux, trois ou quatre semaines), statut sanitaire, journée fixe de sevrage dans la semaine (transport, lavage, main-d'œuvre). Toutefois, il faut se rappeler qu'une journée ou deux de plus au sevrage, c'est 300 à 600 g de plus. Nous voulons souvent tout structurer selon des journées fixes, mais nous ne devons pas oublier que nous travaillons avec des animaux et qu'ils ne savent pas quel jour nous sommes…
 
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