Entretiens
Une assemblée générale annuelle est habituellement un moment solennel. Mais quand elle est tenue par des jeunes âgés de 6 à 25 ans qui y greffent des activités ludiques et éducatives, peut-elle se dérouler dans une ambiance bon enfant ?
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Pour souligner les 100 ans de jeunesse rurale au Québec, les anciens administrateurs de l'AJRQ avaient été invités à venir faire part de leurs souvenirs.
Votre assemblée générale annuelle est un très bon exercice démocratique et je constate que vous faites bien ça », s'est réjoui Mathieu Couture, homme aux éternelles joues rouges, qui est administrateur de La Coop fédérée et président de la Table de concertation de la jeunesse rurale du Québec. Avec un ordre du jour en 19 points, la 33e AGA de l'Association des jeunes ruraux du Québec (AJRQ) était certainement chargée, mais elle a été menée rondement par la centaine de membres réunis. Les cercles des jeunes ruraux Chesterville, de l'Érable, Saint-Valère et Warwick avaient été mandatés pour présenter l'AGA à Victoriaville.

L'évènement phare de l'AJRQ en 2012, la Classique des jeunes ruraux, aura permis de rassembler 176 participants de 29 cercles (sur une possibilité de 33), cinq races laitières, des ovins et un volet végétal. Cette 16e édition, tenue dans le cadre d'Expo Québec, était la dernière à avoir lieu à Québec, en raison de la décision inattendue d'Expo Québec de ne plus tenir à l'avenir de jugements d'animaux, jugés « folkloriques », selon les informations obtenues par la directrice générale de l'AJRQ, Annie Chabot. Au moment de mettre sous presse, nous apprenions que c'est l'Expo agricole de Montmagny qui décrochait la finale provinciale des jugements d'animaux, à laquelle devrait se greffer la Classique.

Le banquet de soirée a, de son côté, été l'occasion de remettre les convoités prix Tout-Québec jeunes ruraux et de dévoiler les Personnalités AJRQ 2012 : Mauranne Hébert (catégorie 15 ans et moins) et Lysanne Pelletier (catégorie 16-25 ans), membres de l'AJRQ depuis respectivement 9 et 10 ans. Quant au meilleur cercle de la dernière Classique, ce fut le CJR Beauce, avec 71,4 points. Un diaporama a enfin rappelé de bons souvenirs aux anciens membres des conseils d'administration de l'AJRQ venus célébrer les 100 ans de la jeunesse rurale au Québec. Certains ont d'ailleurs pu apprendre qu'Annie Chabot, l'actuelle directrice générale de l'AJRQ, fut la première femme présidente de l'organisme.

En fin de soirée, une activité réseautage nouveau genre incitait les jeunes à « tuer » au moyen de petits pistolets-jouets à fléchettes des jeunes dont les profils avaient été mis dans une enveloppe. Les plus vieux, quant à eux, étaient déjà morts… de fatigue !

Le lendemain, deux visites de fermes très différentes l'une de l'autre attendaient les jeunes congressistes. Premier arrêt : la Ferme JPL (troupeau Jersey), à Warwick, contiguë à l'École alternative La Fermentière. Alors que la première est propriété de Jean-François Boutin et Sophie Therrien, la deuxième appartient à la commission scolaire des Bois-Francs. La Fermentière est une école où de jeunes décrocheurs de 15 à 17 ans se rendent, loin des tentations de la ville, pour apprendre à leur rythme (enseignement individualisé et par module du français, de l'anglais et des mathématiques). Le travail cérébral est entrecoupé d'activités diverses, notamment soins aux vaches, travaux d'ébénisterie, jardinage, cuisine, activités sportives et culturelles. Le gérant du troupeau, Jean-François Boutin, est diplômé en éducation spécialisée et est l'un des cinq employés de l'école. Avec une traite qui commence à 4 h 15, une journée de travail de 9 h à 16 h et une deuxième traite en soirée – sans compter ses trois enfants –, ses journées sont bien remplies. Il a acquis le quota actuel de 17,3 kg et les animaux avec ses propres économies, car la commission scolaire ne contribue pas aux actifs productifs. Bref, la Ferme JPL, par son mandat éducatif d'accueil de jeunes souffrant de problèmes d'apprentissage, de comportement, de consommation de drogues ou de santé mentale, se démarque par son approche unique au Québec. Une démarche qui semble fonctionner, comme en témoigne ce mot d'un élève affiché dans l'étable : « Je ne pensais jamais dire ça, mais… j'aime l'école ! »


Le banquet de soirée a été l'occasion de remettre les convoités prix Tout-Québec jeunes ruraux et de dévoiler les Personnalités AJRQ 2012. Dans l'ordre habituel : Mauranne Hébert, accompagnée de Roger Béliveau, notamment ancien administrateur à La Coop fédérée, reçoit le trophée qui porte le nom de ce dernier. Lysanne Pelletier remporte le trophée Jean-Paul-Vermette. Il lui est remis par Florent Fortier, membre du conseil d'administration du Salon de l'agriculture.

Le cortège s'est ensuite déplacé vers Tingwick pour rendre visite à la famille Roux, de la Ferme Roulante. À voir : une impressionnante étable à stabulation libre de 46 m sur 160 et le plus gros carrousel de traite au Québec, qui permet une traite en continu de 50 vaches. Cette ferme, lauréate en 1999 du titre provincial des Jeunes agriculteurs d'élite, cultive plus de 800 hectares et effectue la traite de 475 vaches. Les animaux sont logés à quatre endroits, selon leur âge ou leur état physiologique. L'ancienne étable à comble français a été rebaptisée l'« étable Séraphin » et sert à loger les vaches ayant récemment vêlé, les animaux en traitement vétérinaire et les animaux encore capables de donner du lait, mais destinés à la réforme (pour éviter les problèmes éventuels, le lait de cette vacherie est entreposé dans un réservoir distinct de celui de l'étable principale). Entre l'ancienne étable et la nouvelle, on trouve quatre chambres-pouponnières dernier cri (avec louves) gérées en tout plein, tout vide et qui permettent d'héberger les veaux en stabulation libre. Dernier fait à noter : la ferme a déjà compté jusqu'à six robots de traite, qui ont été remplacés par le carrousel, en 2011, pour des raisons écono­miques, de performance et de simplicité.


Une nouvelle présidente
Après deux années à la présidence, Josiane Chabot a passé le relais de l'AJRQ à celle qui était trésorière de l'association jusqu'au 2 mars dernier, Marie-Pier G. Vincent, du Cercle des jeunes ruraux Bagot–Saint-Hyacinthe. La jeune femme de 22 ans a fait ses premières armes dans l'entreprise familiale, la Ferme Vinbert, d'Acton Vale. Diplômée en technologie des productions animales du campus de Saint-Hyacinthe de l'ITA, Marie-Pier travaille actuellement à la Ferme Cerpolait, à Saint-Aimé.


Le dimanche, les congressistes avaient rendez-vous à l'École alternative La Fermentière et à la Ferme JPL, à Warwick, qui accueille de jeunes décrocheurs souffrant de différents problèmes.

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