Entretiens
Le miel est le produit de l'abeille le plus connu et le plus vendu actuellement dans le monde. Jusqu'au XVIIIe siècle, il faisait partie des aliments de base de l'humanité. Cela dit, la variété de produits que peut offrir l'apiculture est bien plus grande. Chacun nécessite une préparation et une commercialisation différentes.
Le pollen
La vente de pollen est un débouché qui peut permettre à l'apiculteur de diversifier ses sources de revenus. Ce produit est d'autant plus inté­ressant que l'investissement requis pour sa récolte se rentabilise rapidement. Le pollen est doté de qualités alimentaires particulièrement recherchées par les gens qui veulent diversifier leurs sources de protéines végétales ou réduire leurs risques de carence en acides aminés essentiels.

Pour pouvoir récolter une partie du pollen recueilli par les abeilles, l'apiculteur installe sur ses ruches une trappe expressément conçue à cette fin. Selon qu'il s'agit d'une trappe frontale, à plateau ou d'un autre type, il la place soit à l'entrée de ses ruches, sur le plateau ou sur le dessus. Il doit choisir des ruches fortes. Les trappes sont conçues pour permettre une récolte maximale de 30 % du pollen apporté par les abeilles.

La période idéale pour récolter le pollen s'étend du mois de juin à la mi-août. La personne responsable de la collecte vide le pollen dans un contenant de qualité alimentaire, rigide et propre. La fréquence de la récolte varie d'un à trois jours, en fonction du volume des compartiments à pollen et des conditions météorologiques.

Afin de minimiser les risques de dégradation, le pollen est séché ou congelé dans les 48 heures suivant sa récolte. Après avoir été débarrassé de toute particule étrangère, il est mis dans des contenants ou des sacs hermétiques et opaques. Il peut ainsi se conserver d'un à deux ans, selon qu'il a été congelé ou séché.

La propolis
L'apiculteur aurait aussi tout à gagner à valoriser davantage la propolis. Celle-ci est un assemblage de substances résineuses très aromatiques que les abeilles domestiques collectent sur les bourgeons et les écorces de certains arbres et arbustes : le peuplier, le bouleau, l'aulne, le sapin, le pin et l'aubépine, notamment. Une fois dans la ruche, les abeilles modifient cet assemblage par l'addition de cire et de sécrétions salivaires. Elles en tapissent ensuite les parois internes des cadres, des hausses et du couvercle de la ruche.

Pour accroître sa rentabilité, l'apiculteur doit profiter de la gestion normale de son rucher pour récolter la propolis. Lors des opérations de routine, en juillet, août et septembre, il gratte les parois internes des cadres et des hausses pour recueillir la propolis. Ou bien il peut choisir d'utiliser des grilles à propolis, à raison d'une grille par ruche. Ce système de grilles a l'avantage de diminuer considérablement la quantité d'impuretés externes associées à la propolis. Le travail ultérieur d'extraction et de purification s'en trouve facilité.

L'intérêt de la propolis réside dans ses composés actifs, qui peuvent être utiles en phyto­thérapie ou dans le secteur des produits nutraceutiques.

La cire d'abeille
La cire fabriquée par les abeilles pour construire les alvéoles offre aussi un bon potentiel de diversification pour l'entrepreneur apicole. Elle peut en effet être utilisée dans de nombreux produits : crèmes hydratantes, baumes à lèvres, savons, bougies, produits de conservation pour le bois, etc.

Il existe deux types de cire d'abeille : la cire d'opercule et la cire des vieux cadres. Étant la plus belle, la plus odorante et la moins contaminée, la cire d'opercule est celle qui possède la plus grande valeur de vente. Cela dit, toute cire d'abeille réclame certaines manipulations avant d'être vendue : fonte, moulage, décantation et, suivant l'utilisation prévue, filtration et blanchiment. L'apiculteur a le choix de réaliser lui-même ces opérations ou de les confier à un tiers.

L'hydromel
Un autre produit dont peut tirer profit l'api­culteur est l'hydromel. Ce vin de miel, qui connaît un essor au Québec depuis une vingtaine d'années, est l'une des plus vieilles boissons alcoolisées au monde. Dans la mythologie grecque, chez les Gaulois ou les Celtes, plusieurs vertus bénéfiques lui étaient attribuées. Une coutume, en Europe du Nord, obligeait les jeunes mariés à ne boire que de l'hydromel durant les 30 jours suivant leur union, d'où l'expression « lune de miel », qui désigne encore de nos jours la période que vit un couple à la suite de son mariage.

L'hydromel de base est une boisson composée uniquement d'eau, de miel et de sels nourriciers, qui est fermentée à l'aide de levures alcooliques sélectionnées. Sous certaines conditions, des fruits et des substances aromatiques ou édulcorantes naturelles peuvent y être ajoutés. Selon la proportion de miel utilisée au départ et la quantité de sucre résiduel, le produit final sera sec, demi-sec, doux ou liquoreux. En utilisant la méthode champenoise, il est même possible de produire un hydromel mousseux ou pétillant.

L'équipement de base pour une fabrication à petite échelle est relativement simple, mais doit être de qualité alimentaire : cuve, cuillère, tuyau siphon, hygromètre, thermomètre, tourie, bouchonneuse, filtres, support rince-bouteille et bouchons de liège ou de plastique. Le processus de fabrication nécessite, quant à lui, plusieurs étapes qui exigent une gestion sanitaire rigoureuse : pasteurisation ou stérilisation, mise en fermentation, soutirage, clarification, filtration, mise en bouteilles, étiquetage et vieillissement.

Le secteur des boissons alcooliques étant très réglementé au Québec, il faut obtenir un permis avant de se lancer dans la production et la commercialisation d'hydromel. Le site Internet de la Régie des alcools, des courses et des jeux (www.racj.gouv.qc.ca) et celui du ministère des Finances et de l'Économie du Québec (www.mdeie.gouv.qc.ca/objectifs/conformer/boissons-alcooliques) fournissent à ce sujet beaucoup d'informations.

Pour en apprendre davantage sur les différentes tâches ou techniques associées à la préparation de l'hydromel, du pollen, de la cire d'abeille et de la propolis, mais aussi du miel et du miel en rayons, on peut maintenant se procurer un guide intitulé Préparation et commercialisation des produits de l'abeille, en version imprimée ou numérique, auprès du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ). Pour le commander, il suffit de se rendre dans la section des publications du www.craaq.qc.ca.
Retour

Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés