Entretiens
C'est par son dynamisme, sa volonté d'innover, mais surtout par son esprit de famille qu'Agrivert s'est démarquée pour conquérir le titre d'Étoile-Coop 2013. Voici le portrait d'une organisation performante au visage humain.
À cause de l'ambiance et de l'esprit d'équipe. » On aurait cru que les employés s'étaient tous concertés pour donner la même réponse à la journaliste qui leur demandait pour quelle raison ils croyaient qu'Agrivert avait remporté le prix Étoile-Coop 2013. Pourtant, personne n'avait eu vent de la visite du Coopérateur agricole, hormis le directeur général et le président. Et les employés ont tous été interrogés séparément!

Cela confirme ce que le jury a constaté en décernant le titre d'Étoile-Coop à Agrivert : pour les employés, les membres et les administrateurs, leur coopérative est davantage qu'une entreprise, c'est une seconde famille. D'ailleurs, l'ancienneté d'une grande partie des employés et des administrateurs en témoigne. Ils ne sont pas rares ceux qui comptent plus de 15 ans au service d'Agrivert. Le directeur général, Mario Gagnon, mène la barque depuis plus de 25 ans, alors que François Drainville préside le conseil d'administration depuis 17 ans, après y avoir siégé quelques années en tant qu'administrateur. Un employé, Jean-Pierre Valois, commis d'entrepôt, est même fidèle au poste depuis 40 ans!

Cette stabilité du personnel se traduit par un solide lien de confiance avec les membres. « Il faut vivre une assemblée annuelle ici pour comprendre la relation qui existe avec les membres, dit François Drainville. La participation est excellente. Les jeunes de la relève emmènent leurs enfants, ce qui crée une ambiance familiale. Si bien que le secrétaire général de La Coop fédérée, Jean-François Harel, croyait qu'il s'était trompé d'endroit quand il est venu pour la première fois à notre assemblée et qu'il a vu des enfants courir partout dans la salle! »



Les activités sociales, telles que le tournoi de golf, la randonnée de motoneige et le dépouillement d'arbre de Noël, connaissent aussi une grande popularité. Membres-agriculteurs et employés s'y côtoient avec plaisir. L'automne dernier, une quinzaine d'employés et d'administrateurs ont rendu visite à des membres avec l'escouade La Coop dans le cadre de la Semaine de la coopération. L'activité fut un grand succès. « Je savais déjà que nos experts-conseils faisaient un bon travail, mais j'ai pu voir à quel point ils étaient appréciés par les membres », raconte François Drainville.

Myriam Simard, caissière réceptionniste
L'augmentation constante des effectifs (30 nouveaux membres réguliers et 400 membres auxiliaires l'an passé), malgré la diminution du nombre de fermes, résulte de cet engagement de la part des ressources humaines et de la perception que la population a de la coopérative. « Les gens adhèrent parce que la coop est bien vue dans le milieu », soutient Mario Gagnon.

Une équipe de travailleurs compétents et engagés, ça se bâtit à coups de communication et de respect. La direction organise quatre rencontres par année pour les employés, au cours desquelles elle présente les résultats financiers, les nouveaux membres, l'évolution des projets, les activités, etc. Elle publie aussi un bulletin mensuel, le CoopExpress, qui est envoyé tant aux membres qu'aux employés. De plus, la coopérative tient le concours « Employé distinction », qui reconnaît annuellement l'excellence d'un employé depuis maintenant 17 ans.

Julie Barette, adjointe administrative, croit que les travailleurs se sentent véritablement responsables et impliqués dans l'entreprise parce qu'ils sont informés et considérés. « Nous sommes traités avec respect, nous sommes au courant de ce qui se passe, nous avons le droit de parole et nous sommes écoutés », dit cette femme qui travaille chez Agrivert depuis 20 ans et siège à divers comités de la coopérative. Fait à mentionner : la plupart des 84 employés sont d'ailleurs membres auxiliaires de la coop.



Un C.A. et une direction
générale solides

À Les membres du conseil d'administration d'Agrivert se caractérisent par leur diversité et leur complémentarité. Sur les sept sièges, trois sont occupés par des jeunes de moins de 35 ans, dont deux femmes. Plusieurs productions agricoles y sont aussi représentées : lait, porc, grandes cultures, petits fruits, culture biologique. Selon son président, la coopérative est entre bonnes mains : « La coop évolue au rythme de ceux qui la dirigent. C'est pourquoi nous avons toujours cherché des gens impliqués dans leur ferme, qui ont des business en croissance et de l'ambition. Car s'ils ont de l'ambition chez eux, ils en auront ici aussi. » Le directeur général abonde dans le même sens et attribue une grande part du succès d'Agrivert à son C.A. : « Ce sont tous des innovateurs et des développeurs qui sont engagés et efficaces. »





Portrait de famille

Siège social : Saint-Barthélemy

Territoire : de Berthierville (Lanaudière) à Trois-Rivières

Secteurs :
  - Quincaillerie : trois centres de rénovation, à Louiseville, Yamachiche et Saint-Barthélemy
  - Produits pétroliers
  - Alimentation animale (ruminants)
  - Productions végétales
  - Grains

• 302 membres réguliers

• 1519 membres auxiliaires

• 84 employés

• Chiffre d'affaires : 58,7 millions $

• Excédent avant ristournes et impôts : 5,1 millions $

• Ristournes : 360 000 $

• Fonds de roulement : 1,7 million $
Chacun des administrateurs s'occupe lui-même de recruter quelqu'un pour lui succéder avant de tirer sa révérence. C'est ainsi que Chantal Pipon, qui a laissé récemment le poste de vice-présidente après 17 ans de loyaux services comme administratrice, est allée chercher une jeune productrice dynamique pour la remplacer en la personne de Karine Lamy. La préparation de la relève est une des forces d'Agrivert, selon Normand Dussault, conseiller en gestion à La Coop fédérée : « Les administrateurs ont une très grande préoccupation de continuité et de compétence. »

Mario Gagnon roule sa bosse dans le réseau depuis 34 ans. Il a fait ses premières armes comme représentant de territoire en productions végétales avant de devenir directeur général du Centre agricole coop de Saint-Barthélemy, en 1986. Il n'en est jamais reparti. « Si je suis toujours ici, c'est parce que nous avons dû affronter plein de défis tout au long de ces 25 ans et que j'ai rencontré une foule de personnes intéressantes », argue-t-il. Il risque donc de porter le flambeau encore quelques années, puisque des projets et des défis, ce n'est pas ce qui manque chez Agrivert.

Le directeur général croit que son style de gestion correspond à son image : il est consultatif et participatif. « Je crois beaucoup à la théorie des petits pas », dit-il. C'est ainsi que la coopérative a fait son petit bonhomme de chemin et que, depuis son retour à l'autonomie, en 1991, son chiffre d'affaires est passé de 5 millions $ à tout près de 60 millions $ l'an dernier.

François Drainville tient à souligner l'apport à ce succès des gens des services-conseils de La Coop fédérée, dont Normand Dussault, qui les accompagne depuis plusieurs années. « Une partie de cette réussite et de ce trophée leur revient. Ils font un travail extraordinaire. »

D'un quasi-naufrage à la vitesse
de croisière
Le parcours qui a mené Agrivert à cette victoire méritée fut loin d'être sans remous. C'est en 1946 que commence l'aventure, quand 67 agriculteurs des paroisses de Saint-Barthélemy, Saint-Cuthbert, Maskinongé et Saint-Justin s'unissent pour fonder la Meunerie coopérative Saint-Barthélemy. Les affaires continuent jusqu'en 1980, époque où deux années difficiles dans la production porcine mettent la coopérative au pied du mur.

La Coop fédérée rachète alors les actifs de la Meunerie et paie ses créanciers afin de maintenir les activités de ce qui devient le Centre agricole coop Saint-Barthélemy. Les agriculteurs sont dorénavant des membres directs de La Coop fédérée et le conseil d'administration agit à titre consultatif, les décisions étant prises au niveau de la fédération. Cette situation dure une dizaine d'années, jusqu'à ce que le retour de la coopérative à la santé économique et financière permette à La Coop fédérée de lui redonner son autonomie. Agrivert, coopérative agricole régionale naît en août 1991. Depuis, elle ne cesse de progresser, autant par l'accroissement de son effectif que par le développement de ses activités.

Dans les projets pour 2013, un nouveau centre de productions végétales, afin de regrouper toutes les activités qui y sont liées (fertilisants, semences et produits de protection des cultures).

En 1994, la coopérative se réapproprie la distribution du pétrole. En 1996, elle construit son centre administratif à Saint-Barthélemy. Deux ans plus tard, elle bâtit une quincaillerie à Yamachiche, qui devient d'ailleurs la succursale prototype du réseau Unimat. Le centre de grains est construit en 2000. En 2008, Agrivert agrandit la quincaillerie de Saint-Barthélemy, et en 2011, elle fait l'acquisition des actifs d'un détaillant Rona à Louiseville pour ouvrir un troisième centre de rénovation. Et ce n'est pas fini. Le projet de construction d'un centre de productions végétales est à l'étude, afin de regrouper toutes les activités qui y sont liées (fertilisants, semences, produits phytosanitaires). Le prochain projet sera d'augmenter la capacité d'entreposage du centre de grains.

Agrivert exploite trois centres de rénovation, à Louiseville, Yamachiche et Saint-Barthélemy..

Dynamisme et innovation
Un projet n'attend pas l'autre chez Agrivert. Sans rechercher les coups d'éclat, la coopérative demeure toujours proactive. Elle est une des seules à récupérer les plastiques d'enrobage des fourrages. Et elle est toujours parmi les premières à s'investir dans les idées proposées par le Réseau La Coop. Citons à titre d'exemple qu'elle fut la toute première coopérative-vitrine pour le projet Fidelio, qu'elle n'a pas tardé à fermer sa meunerie pour donner suite à l'implantation de Chrysalide productions animales et qu'elle fait aussi partie du projet-pilote Chrysalide Énergies Sonic Rive-Nord. « C'est une coopérative qui a le réflexe de travailler en réseau et qui n'a pas peur d'être une pionnière », affirme Normand Dussault, qui collabore souvent avec Agrivert.

Ces plongeons vers l'inconnu n'effraient ni les administrateurs ni à la direction, car des gestionnaires chevronnés les entourent, l'équipe est soudée, les membres sont fidèles et le bilan financier est solide. « Quand je suis arrivée, il y a un an et demi, j'ai été surprise par la diversité des secteurs dans lesquels la coopérative est présente, raconte la contrôleuse, Catherine Dufresne. C'est vraiment une fierté de travailler pour une entreprise qui a su mener sa barque. »

La coopérative innove et sait passer à l'action après la prise de décisions. À la suite de la planification stratégique de 2009-2014, tous ont mis la main à la pâte, si bien que la majorité des objectifs ont déjà été dépassés. Parions que les gens d'Agrivert ne comptent pas se reposer sur leurs lauriers pour autant.

La coopérative a récemment investi pour renouveler son parc d'épandeurs à engrais. L'objectif : répondre à la demande au moyen d'épandeurs bien calibrés, afin de réduire le gaspillage de fertilisants.

 
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