Entretiens
Afin de faire la guerre aux agents pathogènes dans ses bâtiments d'élevage de poules pour la production d'œufs d'incubation, La Coop fédérée a mis en place un protocole de biosécurité novateur qui va au-delà des exigences de l'industrie.
Une attention toute particulière est accordée aux futurs poussins !
Les microbes ne prennent jamais de vacances, dit la Dre Francine Dufour, médecin vétérinaire avicole à La Coop fédérée. Il faut tout mettre en œuvre pour les tenir en échec. Et cela passe par une gestion serrée de chacun des maillons de la chaîne de valeur qui s'étend de la production des œufs dans les fermes de reproduction jusqu'à leur éclosion au couvoir. »

Avec 70 000 oiseaux de trois âges différents sur un seul emplacement, la Ferme des 48, située à Saint-Jude, en Montérégie, abrite le plus important troupeau de poules pour la production d'œufs d'incubation du réseau La Coop. Cette ferme est également le principal fournisseur d'œufs du couvoir La Coop, d'où des millions de poussins d'un jour sont expédiés chaque année pour peupler les parquets d'élevage des producteurs de poulets de chair.

Au-delà des exigences
Les conséquences d'une contamination dans un tel troupeau peuvent être très lourdes : quarantaine, interruption de l'approvisionnement du couvoir, abattage du troupeau, mise à pied des employés, pertes de revenus. « Des bactéries, il y en aura toujours, ajoute Francine Dufour. Les éliminer à 100 % est impossible. L'objectif, c'est de tendre vers le meilleur contrôle qui soit pour mettre toutes les chances de notre côté. »

« Ce qu'on a mis en place à la Ferme des 48, on le fera dans tous les élevages de poules de reproduction du réseau, indique Jean-Michel Charbonneau. On veut démontrer que ça fonctionne et que ça s'intègre dans une routine quotidienne. »
« Notre objectif est d'expédier au couvoir des œufs uniformes, exempts de contamination et d'une qualité totale », indique Jean-Michel Charbonneau, surintendant des fermes de reproduction avicoles à La Coop fédérée. « En plus de nous conformer aux exigences obligatoires du Programme canadien de qualité des œufs d'incubation [PCQOI], un programme dont le suivi est assuré au Québec par la Fédération des producteurs d'œufs d'incubation, nous avons monté notre propre cahier des charges, qui se veut complémentaire au PCQOI. »

Alors que le programme national s'appuie sur les normes HACCP, axées principalement sur la sécurité, le cahier des charges de La Coop fédérée met en plus l'accent sur la gestion de l'élevage, de la reproduction, de la préponte et de la ponte, de même que sur la tenue de nombreux tableaux de bord qui génèrent de l'information très précise. De multiples contrôles sanitaires ont également été mis en place : stationnement des véhicules à l'écart des bâtiments, douche à l'entrée et à la sortie, bottes et vêtements différents pour chacune des sections d'élevage, entreposage réfrigéré des oiseaux morts à l'extérieur des bâtiments, entreposage du fumier dans un abri en retrait des élevages. Une personne est aussi attitrée 40 heures par semaine au lavage et à la désinfection des lieux.

Francine Dufour et Jean-Michel Charbonneau, respectivement médecin vétérinaire avicole et surintendant des fermes de reproduction avicoles à La Coop fédérée.
Baye Madiop Niang, contremaître de la Ferme des 48. Chaque poulailler possède sa propre couleur. Pour éviter les possibilités de contamination, les bottes et le matériel qu'on utilise dans chacun sont peints de la couleur correspondante et ne servent que dans ce bâtiment.
L'équipement utilisé fait également partie de la recette pour produire un œuf de qualité totale. C'est ainsi que l'installation de planchers lattés à la Ferme des 48 a fait bondir le niveau d'innocuité des œufs. « Dans un poulailler au plancher non latté, les poules ont naturellement tendance à pondre au sol, dans la litière, ce qui augmente de façon très importante les risques de contamination des œufs, indique Jean-Michel Charbonneau. Avec un plancher latté, les poules pondent dans les nids. Ainsi, au lieu de finir un lot avec un pourcentage d'œufs au sol élevé, on obtiendra, de la 30e à la 60e semaine de production, moins de 0,5 % d'œufs au sol. Quand on parle de qualité totale, on est en business ! »

« Conséquemment, lorsqu'on envoie un œuf de qualité totale au couvoir, cela se traduit par une meilleure éclosion et un poussin de meilleure qualité, ajoute-t-il. C'est vraiment un pas en avant important. » Édith Descarreaux, conseillère spécialisée au Couvoir La Coop, signale ce qui suit : « De 2011 à 2012, nous avons remarqué une augmentation de l'éclosion de l'ordre de 1,2 % due à une combinaison de facteurs, soit l'amélioration de la qualité des œufs, de la génétique et des manipulations au couvoir. Nous croyons qu'au moins la moitié de ce niveau d'amélioration peut provenir de la qualité des œufs. »

« La Ferme des 48 est la première ferme du réseau La Coop où des mesures de biosécurité ont été haussées, il y a un peu plus d'un an, au-delà des exigences du PCQOI, ce qui est unique dans le milieu, fait savoir Francine Dufour. Le but est que tous nos bâtiments répondent graduellement aux mêmes exigences. »

Pour approvisionner son couvoir, La Coop fédérée possède 15 bâtiments d'élevage, soit quelque 175 milliers de poules, et compte sur sept producteurs d'œufs d'incubation, dont le cheptel se monte à 95 000 oiseaux. Au total, 51,5 millions d'œufs sont mis en incubation annuellement.

Qualité totale, phase 2
Au site de production de Sainte-Élisabeth, où sont logés des grands-parents de la lignée Sasso brune, on a installé un système de livraison de moulée à distance (voir le tuyau). Pour des raisons de biosécurité, les camions ne sont pas autorisés à s'approcher des bâtiments.
« Pour des raisons d'antibiorésistance, informe Francine Dufour, le couvoir cessera à moyen terme l'usage des antibiotiques administrés dans l'œuf, simultanément avec le vaccin contre la maladie de Mareck, lors du transfert de l'incubateur à l'éclosoir. Ces antibiotiques servent actuellement à contrôler des bactéries indésirables, mais le but, c'est de les remplacer par des mesures d'hygiène très élevées et soutenues, dans le cadre d'un processus d'amélioration continue. Cet objectif nous a amenés à repenser tous nos processus. »

« On a énormément progressé depuis un an et ce n'est pas terminé, ajoute Jean-Michel Charbonneau. On a même déjà dépassé notre propre cahier des charges, en mettant en place de nouvelles mesures de sécurité et de contrôle. »

Travail d'équipe
Dans tout projet d'envergure, comme dans toute chaîne de valeur, le travail d'équipe est la base de la réussite. « Les employés ont toujours été bien informés des objectifs, des enjeux et de l'avancement des projets. Leur collaboration a été exceptionnelle. Et c'est pour ça qu'on a un œuf de qualité et un poussin de qualité pour les éleveurs. C'est un beau succès d'équipe », dit Baye Madiop Niang, contremaître des fermes de reproduction avicoles à La Coop fédérée.


Poules et poulettes


L'élevage des poulettes de reproduction, qui dure 20 semaines, se fait dans des fermes du réseau La Coop ainsi que chez des producteurs indépendants. La lignée Cobb est la plus commune dans le réseau. À l'âge de 20 semaines, elles sont accueillies dans les poulaillers de ponte, où elles amorcent une période d'acclimatation de 5 à 6 semaines. La ponte commence ensuite et se prolonge jusqu'à 62 semaines d'âge. C'est alors la fin du cycle. Chaque poule aura permis la production d'environ 130 poussins. Les mesures de biosécurité mises en place par La Coop fédérée ont un impact économique important pour les fermes d'élevage de poules de reproduction, car les producteurs sont payés au poussin éclos !



Un des employés de La Ferme des 48 inspectant un des parquets d'élevage.

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