Entretiens
Le retour des beaux jours annonce une période faste pour les centres de rénovation Unimat, qui voient leur chiffre d'affaires grimper entre les mois d'avril et juillet. Dans les campagnes, les projets de construction et de rénovation ne manquent pas et Le Coopérateur vous en présente trois, triés sur le volet.
En climat nordique, les structures sont coûteuses, mais indispensables. Bien conçues et bien construites, elles permettent de contribuer à la pleine expression du potentiel génétique des animaux, sans augmenter indûment la capitalisation de la ferme. Car ne l'oublions pas : les bâtiments sont un élément compressible, donc contrôlable, de l'actif, contrairement au quota ou aux terres.

Selon Statistique Canada, les bâtiments comptaient pour 5,6 milliards $ dans la valeur des fermes québécoises en 2010, bon pour environ 15 % des actifs des entreprises. Si c'est, en moyenne, moitié moins que la valeur du quota et trois fois moins que la valeur des terres, les bâtiments comptent plus que la machinerie et quatre fois plus que les animaux.

Mais au-delà des chiffres, des installations fonctionnelles et performantes rehaussent la productivité des entreprises, sans parler du moral des exploitants. Alors… à vos marteaux !

Quelques heures après l'incendie ayant ravagé sa grange-étable, Yoland Bérubé était déjà à sa table à dessin : il fallait rebâtir pour que se poursuive l'activité terrienne de la Ferme Béryol, qui accueillera bientôt sa septième génération.
Une occasion d'affaires

La Coop Saint-Alexandre-de-Kamouraska avait une quincaillerie Unimat, mais un service de matériaux à petite échelle. Depuis le sinistre ayant frappé la Ferme Béryol, l'expertise et la gamme de produits se sont grandement développés chez cette petite coop dynamique très branchée sur ses sociétaires, explique sa directrice générale, Hélène Boucher.
On pense que le feu a bêtement pris nais­sance en actionnant l'interrupteur d'une lumière », mentionne, penaud, Yoland. La grange ancestrale où le feu s'est déclaré était contiguë à la vacherie de la ferme, construite en 1996 et montée sur le principe des murs sandwichs – 4 po (10 cm) de styromousse entre deux couches de béton de 4 po. Affaiblie par l'incendie, la moitié des fermes de toit a dû être remplacée dans la vacherie. Cent poches de sable ont aussi été nécessaires pour nettoyer les murs de béton au jet de sable.

Chanceux dans leur malchance, Yoland et sa conjointe, Diane Dubé, ont pu compter sur un peu moins de 30 minutes pour sortir les vaches, qui auraient préféré rester bien au chaud dans l'étable en ce 18 février 2012. Une porte d'étable située à l'opposé du feu, qui avait été dégagée de sa neige quelques jours auparavant pour entrer des grosses balles, a pu servir à faire sortir les animaux. Si on déclare trois taures mortes dans les flammes, six vaches ont dû être abattues des suites de blessures sur la glace vive (éjarrement).



Yoland Bérubé, à la table à dessin


D'esprit cartésien, Yoland Bérubé est un maître de la praticité des installations. Se triturer les méninges sur l'ergonomie des lieux et l'économie de temps et d'espace le stimule grandement à plancher sur les plans qu'il dessine lui-même à l'ordinateur. Un exemple parmi d'autres : tous les fils électriques passent dans des tuyaux enfouis dans le béton, ce qui demande une grande planification, mais facilite grandement le lavage des installations. Et les rongeurs ne pourront jamais créer un nouveau brasier !

Pour reloger la relève du troupeau qui prenait place dans le bâtiment consumé, les familles Bérubé et Dubé et une armée d'ouvriers et de bénévoles ont construit dès mars une nouvelle étable à stabulation libre pour la relève du troupeau et une dizaine de stalles de plus pour loger des vaches en lactation. Avec un quota de 32 kg jour, la question du mode de stabulation ne s'est pas posée longtemps, d'autant plus que la vacherie n'avait pas été entièrement la proie des flammes. « Nous avons choisi la stabulation entravée pour des raisons de coût, de santé et de propreté des animaux », explique Yoland. Les exploitants ont toutefois cédé à la tentation de la traite robotisée du système Roboleo (Milkomax), programmé pour trois traites par jour espacées aux huit heures.

Comme la grange-étable des débuts 1900 servait aussi à l'entreposage du foin et de la paille à son deuxième étage, un spacieux entrepôt à grosses balles carrées et à machinerie (23 m sur 22 m sur 4,5 m de hauteur) a aussi été adjoint à l'ensemble des bâtiments. La laiterie, emportée dans le brasier, a aussi dû être reconstruite. Une chambre mécanique, une chambre d'entreposage des aliments qui sert aussi d'atelier, une salle de fabrication des rations et quelques boxes pour loger des chevaux complètent l'ensemble. Un espace est enfin disponible au-dessus de la laiterie pour une salle de réunion familiale ou, qui sait, un loft pour Yoan ou Stéphanie, les enfants du couple, tous deux étudiants en agriculture.

C'est quand un malheur frappe qu'on constate la générosité des cœurs, mentionnent Yoland Bérubé et Diane Dubé (à gauche sur la photo), touchés par les bénévoles venus prêter main-forte pour reconstruire les installations, ou laisser des victuailles sur le comptoir pour nourrir les volontaires. Hélène Boucher, aujourd'hui directrice générale de La Coop Saint-Alexandre-de-Kamouraska, a conseillé et soutenu le couple pour la reconstruction, avec toute son équipe.


Pas de tort

à mieux loger les taures


Offrir du confort aux taures, agrandir la vacherie et mécaniser les opérations : la famille Bouchard et son associé, Florent Tremblay, ont sorti le chéquier pour leur bien-être et celui de leurs animaux, élevés en mode biologique depuis 1985.


Carl Bouchard n'a pas la langue dans sa poche… surtout quand vient le temps de payer! Pour la construction et l'agrandissement de ses installations d'élevage, il a (finalement) opté pour Unimat.
Rock Pedneault a travaillé fort : les membres de la Ferme des Chutes voulaient les meilleurs prix. C'est ce qu'ils ont eu, en plus d'un service spécialisé et personnalisé.
Saint-Félicien, route Saint-Eusèbe : rencontre avec Carl Bouchard, fils de Gérard Bouchard, président de la Fédération d'agriculture biologique du Québec affiliée à l'UPA. Au menu : le projet de construction de 600 000 $ de la Ferme des Chutes.

On s'en doute, la pomme n'est pas tombée loin de l'arbre : Carl a des opinions tranchées, le sens du clip. « Le MAPAQ, Valacta, l'UPA, on critique toutes les organisations agricoles. J'ai passé les trois années de mon DEC à m'obstiner avec des professeurs qui connais­saient mal l'agriculture biologique ! Alors pourquoi en serait-il autrement de notre coopé­rative, La Coop des deux rives, et de notre quincail­lerie Unimat ? Nous voulions des prix imbattables. Devrais-je être un mauvais gestionnaire, mais un bon coopérateur ?
Ben voyons ! »

Les Bouchard et Tremblay ont donc négocié serré. Rock Pedneault, commis quincaillerie depuis 16 ans chez Unimat (et au même poste chez un concurrent les 20 années antérieures), en sait quelque chose. Mais à la fin, les avantages d'Unimat ont joué : connaissance des projets agricoles des conseillers en matériaux, service personnalisé, visites de chantier pour réajuster les livraisons ou les quantités. On a beau dire : à prix égal et à service égal, Carl choisira toujours La Coop parce qu'il en est propriétaire. C'est certainement sur ce genre de clients qu'Unimat table pour améliorer constamment son offre de produits et de services, pour ne pas dire sa compétitivité.

Les taures n'avaient pas la même chance que les vaches, logées en stabulation libre depuis 2003. Élevées en enclos dans l'ancienne étable datant des années 1950, les taures étaient entassées dans un bâtiment dont l'isolation et le système électrique étaient à refaire. On a donc sorti le pic, la pelle et le marteau au printemps 2012. En plus de la nouvelle étable, un bureau, un atelier chauffé, une salle électrique et des enclos de vêlage et d'expé­dition ont aussi été aménagés. La laiterie et la salle de traite, situées à mi-chemin de la vacherie, n'étaient pas touchées par la restructuration.

Et tant qu'à y être, on en a profité pour rallonger la vacherie de 26 m (pour une soixantaine de logettes). Prévoyants, les propriétaires n'avaient que vissé le mur du bout de l'étable en 2003 pour faciliter un agrandissement éventuel… finalement concrétisé !

En mode biologique depuis 1985, la Ferme des Chutes transforme le tiers de sa production laitière à la ferme en cheddar frais du jour, cheddar vieilli et brick



Construire et produire (sans trop se nuire)


Des marteaux-piqueurs, des grues, un va-et-vient incessant : quelques mois après le passage de la machinerie et des ouvriers, des problèmes de santé mammaire et reproductive apparaissaient dans le troupeau LISU. Les performances étaient heureusement très bonnes avant le bazar de la construction (1,1 saillie par taure et 1,3 saillie par vache, une moyenne de production de 6800 kg). Mais c'est quand un stress se produit que le maillon le plus faible de la chaîne casse, la moyenne chutant à 6100 kg. « Ça a pris au moins trois mois pour que les performances reviennent à la normale », dit Carl qui, lucide, ne peut accuser que le dérangement apporté par les travaux. Des producteurs laitiers affairés et moins assidus dans leur régie et les mauvais fourrages de 2012 expliquent aussi le fléchissement.



Construire… au galop !


Il fallait construire vite et bien l'écurie et le manège intérieur de la Ferme Ste-Rose : les clients affluaient et l'hiver cognait à la porte. Si le service des matériaux de La Coop Agrodor a d'abord failli à la tâche, il s'est ensuite repris de belle façon. Une histoire de coopérative à l'écoute de ses sociétaires.

Le manège intérieur de Lyne Morin, de la Ferme Ste-Rose, est solide et bien éclairé et sert aussi bien à entraîner des chevaux de niveau amateur que compétitif.



On voulait que la nouvelle écurie en appentis se marie bien avec la vieille grange de 1902, qui sert à entreposer les fourrages.
Il y a une quinzaine d'années et par un beau matin, Gilles Lalonde proposait à sa conjointe Lyne Morin d'aller faire de l'équitation. À 40 ans, Lyne tombait en amour avec les chevaux. Aujourd'hui, elle troque une carrière de haute fonctionnaire et gestionnaire pour celle d'instructrice et copropriétaire avec son mari de l'écurie, Ferme Ste-Rose. Ils y élèvent des chevaux destinés à la haute compétition (deux juments poulinières), prennent soin de ceux des autres et entraînent cavaliers et chevaux aux disciplines de chasse, de saut et de dressage, de niveau amateur ou compétitif.

En 2003, Gilles et Lyne achetaient une belle demeure de la banlieue immédiate de Gatineau. À l'arrière, une grange datant également de 1902 offrait un bon potentiel pour une éventuelle écurie. Prudent, le couple décidait d'abord de se faire la main à l'élevage des quadrupèdes en construisant un garage neuf comportant une écurie « expérimentale » de quatre stalles. « Nous avons choisi de tester différents équipements et dispositions de stalles avant d'arrêter notre choix », fait valoir Lyne. Quelques années et expérimentations plus tard, la vieille grange était prête pour une remise en état, soit à l'automne 2012.

Voici Arthur, libre d'aller et venir entre le manège à gauche, la petite écurie à droite et la grande écurie, où il se dirige d'un pas chaloupé.
Or, il fallait que le projet se réalise en quelques mois à peine. Coulées à la date limite du gel, les fondations de l'écurie en appentis (20 stalles d'environ 3 m sur 3,7 – 10 pi sur 12) et du manège intérieur (22 m sur 52) étaient prêtes pour la structure métallique, les différents revêtements de planches de pruche d'une scierie locale (Forespect) et les produits de tôle et de plastique Vicwest. Mais les retards s'accumulaient et la neige qui tombait sur le chantier devait être pelletée, voire fondue à l'aide de 900 m de serpentins chauffants.

Pour le directeur général de La Coop Agrodor, Patrick Therrien, le « cas exemplaire » de la Ferme Ste-Rose est un excellent modèle de coopérative qui réagit rapidement aux doléances d'un de ses membres. Lyne Morin reprochait notamment que les produits soient livrés en retard, qu'il y ait des erreurs dans les commandes, que les coûts soient croissants. Prise entre son fournisseur principal de matériaux, Unimat (choisi pour sa gamme de produits équins et agricoles, sa proximité et ses prix compétitifs), et son entrepreneur dont le travail était constamment ralenti, Lyne a dû faire connaître son insatisfaction.

L'administrateur d'Agrodor, Christian Girard, qui effectue régulièrement des tournées paroissiales chez les nouveaux et les bons clients, a donc dû mettre son pied à terre et accepter la tasse de thé que lui proposaient Lyne et Gilles. Patrick Therrien s'est lui aussi déplacé deux heures à la ferme pour écouter les attentes de la productrice agricole et en tirer des leçons pour l'avenir. « Tant M. Girard que M. Therrien ont été ouverts et encourageants et ils ont effectué un bon suivi par la suite », conclut Lyne.

Quelques mois plus tard, tout est rentré dans l'ordre et l'éleveuse continuera de fréquenter sa coop, surtout la succursale de Buckingham, qui présente un grand inventaire de produits équins et des ressources humaines spécialisées pour les proposer.

Écurie 4 étoiles

Des tapis de caoutchouc dans chaque stalle et dans l'allée principale, une douche intérieure pour les chevaux, un échangeur d'air, une grande sellerie, une grainerie bien organisée pour préparer les rations propres à chaque animal, des paddocks drainés et bien équipés : à la Ferme Ste-Rose, le confort de Maximus, Viva Colonel, Viva Sunset Rose, Sofeeha et Bossa Nova est primordial. Certains équins, hébergés chez Ste-Rose, compétitionnent même sur la scène nationale.

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