Entretiens
Malgré tous ces malheurs, la productrice garde le cap, raconte-t-elle dans un long courriel rédigé en lieu et place d'une entrevue traditionnelle. Cette mère de famille nombreuse – cinq gars, cinq filles, tous grands aujourd'hui – continue d'exploiter, avec son fils Dominic, la ferme porcine de Saints-Anges de Beauce qu'elle a bâtie de toutes pièces avec son mari depuis 1981.

Se qualifiant elle-même de « ministre des Finances », elle s'occupe du volet administratif de la ferme, tandis que Dominic gère tous les aspects techniques de la maternité, de la gestation et de l'engraissement des porcs. Sous la supervision de son fils, elle veille également au bien-être des 150 truies du troupeau, qu'elle surnomme affectueusement ses « toutounes ».

« Depuis l'automne dernier, le contexte du marché porcin nous oblige à réfléchir sur de nouvelles stratégies, écrit-elle. Notre plan d'action est établi, mais nous sommes en attente de réponses des autorités fédérales et provinciales pour pouvoir amorcer notre nouvelle orientation. »

Ayant fait des études de commis comptable, Diane Jacques travaille par ailleurs pour la municipalité de Saints-Anges à titre d'administratrice adjointe depuis 2009. Elle siège également au conseil d'administration d'Unicoop, l'une des plus importantes coopératives du réseau.

Elle y est entrée en 2011, à l'invitation du président. Ce dernier lui proposait de prendre la place de son défunt mari, qui avait été, pendant sept ans, un dirigeant très apprécié. Elle a d'abord refusé, mais elle s'est finalement laissé convaincre par le président. « Je n'avais pas l'expérience de mon mari, qui était aussi conseiller municipal et commissaire à la commission scolaire, mais je me suis dit que je gérais déjà une ferme et une grande famille. » Ayant aussi travaillé à l'extérieur, notamment comme administratrice adjointe à mi-temps pour une entreprise de transformation d'acier inoxydable de Sainte-Marie et pour sa municipalité, elle savait de plus parfaitement jongler avec la conciliation ferme-travail-famille.

Siégeant aujourd'hui aux comités vie associative, audit et femmes de la coopérative, la dirigeante se sent appréciée et respectée par ses collègues du C.A. Non pas comme remplaçante de son conjoint, remarque-t-elle, mais pour elle-même.

« Les administrateurs me disent que ça fait du bien d'avoir une femme au C.A., car je leur fais penser au côté humain des choses. Nous formons une superbe de belle équipe, ajoute-t-elle. Chacun a droit à ses idées et à ses différences. On discute et on en vient à une décision d'équipe... comme dans une famille! »

Diane Jacques y trouve aussi un soutien moral qui l'aide à surmonter ses difficultés, confie-t-elle. « Lors de la dernière réunion du comité des femmes d'Unicoop, mes collègues m'ont dit qu'elles voulaient venir souffler ensemble les nuages qui planent au-dessus de ma maison pour que le beau temps revienne. Je les remercie de leur compréhension, de leur complicité et de leur amitié sincère. Avoir du bon monde sur ma route m'aide énormément! »
 
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