Entretiens
Conformément à sa priorité de donner une valeur ajoutée à la production laitière de ses membres, Nutrinor lançait tout récemment deux nouveaux laits au chocolat en comarquage avec Laura Secord. Cette stratégie de commercialisation commune constitue une première pour la coopérative du Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui entend percer hors de son marché primaire.
L'idée de base est que la surtransforma­tion rapporte plus de bénéfices à la coopérative, donc plus de ristournes aux membres », fait valoir son directeur général, Yves Girard. Or, à l'heure actuelle, sur les 150 millions de litres de lait produits annuellement par ses fermes membres, Nutrinor en transforme seulement 25. Le reste est vendu à d'autres entreprises du Saguenay–Lac-Saint-Jean (40 millions de litres) ou de l'extérieur de la région.

Mais comme ce volume transformé lui permet déjà d'accaparer 70 % du marché local des produits laitiers, Nutrinor doit nécessairement trouver de nouveaux débouchés pour croître dans ce secteur, poursuit le gestionnaire. « N'ayant pas les moyens des grands transformateurs pour commercialiser le lait de base à grande échelle, nous voulons plutôt aller sur les grands marchés avec des produits différenciés », confie-t-il.

Partenariat Nutrinor-Laura Secord
Au nombre des produits de niche figurant dans le pipeline de projets de la coopérative, la mise en marché d'un lait au chocolat noir semblait la plus prometteuse. « Nous voulions qu'il soit haut de gamme et différent des boissons de la concurrence. Nous voulions aussi le vendre dans un contenant plus attirant que des cartons de un ou deux litres. »

Or, pendant que Nutrinor élaborait son concept, Nutriart – entreprise québécoise propriétaire de la marque et des 120 boutiques Laura Secord depuis 2010 – songeait elle aussi à produire un lait au chocolat pour diversifier son offre. Le partenariat entre Nutrinor et Laura Secord est né de cet heureux concours de circonstances, résume le gestionnaire. « Les négociations ont été fructueuses et nous avons décidé de lancer deux laits au chocolat sous nos deux noms, dont un au chocolat noir. »

Dans les faits, ce partenariat est une entente de commercialisation sous licence. « Nous versons une redevance pour utiliser le nom Laura Secord, que nous considérons comme une marque forte et un gage de qualité, explique M. Girard. Mais c'est nous qui avons créé le produit et qui en assurons entièrement la commercialisation. »

Produits à 100 % québécois, le lait au chocolat
et le lait au chocolat noir Laura Secord, de Nutrinor, sont fabriqués par la coopérative à son usine d'Alma. Ils contiennent du vrai chocolat Laura Secord, transformé par Nutriart à sa nouvelle chocolaterie de Québec. « Le chocolat est fondu à notre usine, ce qui confère à notre produit une onctuosité qui n'existe pas dans les boissons concurrentes, généralement faites avec du cacao en poudre », affirme M. Girard.

Les boissons chocolatées sont offertes en format de 450 et de 200 ml, dans des bouteilles en plastique ergonomiques, qui tiennent bien dans la main et dans le porte-gobelet des voitures, souligne le directeur général. Distribuées librement au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans le reste du Québec elles sont vendues dans les dépanneurs Couche-Tard et les épiceries Metro.

Nutrinor est également en négociation avec une grande chaîne d'alimentation de l'Ontario, où la marque Laura Secord a été créée il y a 100 ans. « Dès le départ, il était clair que nous irions en Ontario avec ce produit. La marque est encore plus forte là-bas, car Laura Secord est une héroïne ontarienne », rappelle M. Girard.

Lancement montréalais
« L'idée de ces laits au chocolat est que la surtransforma­tion rapporte plus de bénéfices à la coopérative, donc plus de ristournes aux membres. »

Yves Girard,
directeur général,
Nutrinor
Pour mieux toucher la clientèle cible du nouveau produit, son lancement provincial s'est déroulé à Montréal, le 5 juin dernier, en présence de sa porte-parole officielle, Alexandra Diaz. Selon Yves Girard, la populaire animatrice incarne parfaitement l'image que la coopérative souhaite projeter. « Le lait au chocolat est probablement la boisson la plus régénérante et énergisante qui soit après une activité physique, soutient-il. C'est pourquoi nous voulions une porte-parole non seulement connue dans tout le Québec, mais aussi reconnue comme une personne active qui prend soin de sa santé. C'était le cas d'Alexandra Diaz, une jeune mère de famille qui court des marathons et qui anime la populaire émission culinaire Cuisine futée, parents pressés. »

Terroir et traçabilité
Par ailleurs, la coopérative entend miser sur l'intérêt accru des consommateurs pour les produits du terroir et la traçabilité des aliments afin de valoriser la production laitière de ses membres. « Tout le lait qui est transformé à notre usine d'Alma provient exclusivement du terroir du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Nous sommes la seule laiterie coopérative au Québec qui peut se vanter de cet avantage-là », lance Yves Girard.

Pour développer ce créneau, Nutrinor compte notamment sur son réseau de laitiers indépendants de la métropole, où elle écoule déjà deux millions de litres de lait. « Dans la région de Montréal en particulier, les gens recherchent l'authenticité. Ils cherchent aussi à se rapprocher le plus possible de la ferme », remarque-t-il.

Nouvelle
acquisition
pour Nutrinor


Au moment d'écrire ce texte, Le Coopérateur apprenait que Nutrinor acquiert 75 % des actions de Charcuterie  L. Fortin, entreprise située à Alma qui se spécialise dans la transformation des viandes : jambon et autres dérivés du porc. Cette transaction permet à cette coopérative du réseau La Coop, qui est déjà propriétaire à 40 % de Boucherie Charcuterie Perron, de poursuivre sa croissance, car « les produits de Charcuterie L. Fortin sont distribués partout au Québec et même à l'extérieur du pays », dit Yvan Morin, le président. Fondée en 1969, Charcu­terie L. Fortin emploie plus de 80 employés, et son chiffre d'affaires atteignait 13 millions $ à la fin de son dernier exercice financier.
Or, selon lui, le lait Nutrinor a une saveur caractéristique, qui s'explique par le climat nordique de la région et par l'alimentation des vaches, nourries au pâturage et au grain d'orge plutôt qu'au maïs, comme ailleurs au Québec. Ce goût familier est particulièrement prisé par les Jeannois et les Saguenéens qui vivent loin de leur région natale, ajoute-t-il.

De plus, Nutrinor est la première et la seule laiterie québécoise à offrir des produits laitiers traçables de la ferme à la table. « Le consom­mateur n'a qu'à entrer le code du produit sur le site laitnutrinor.com pour savoir de quelle ferme il provient », précise le directeur général.

Cette traçabilité n'est actuellement offerte que pour un nombre limité de produits. C'est le cas pour le lait biologique Nutrinor 1 %, 2 % et 3,8 % ainsi que pour la crème biologique. C'est vrai également pour Le Complait et pour le tout nouveau lait Le Complait sans lactose, officiel­lement lancé sur le marché régional le 21 juin dernier. Lauréat d'un prix Distinction régionale, du MAPAQ, ce dernier produit a aussi été finaliste au concours Tendances et Innovations, au SIAL 2012, tenu à Montréal.

Rappelons que Nutrinor est présente dans quatre secteurs d'activité : agriculture, agroalimentaire, énergie et quincaillerie. Elle est la propriété de 885 membres producteurs agricoles de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et emploie plus de 400 personnes. À la fin de son exercice terminé le 26 octobre 2012, son actif s'élevait à près de 83 millions $ et son chiffre d'affaires à 341 millions $. Son rapport annuel et son rapport de développement durable sont accessibles sur le site www.nutrinor.com.
 
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