Entretiens
Comment produire un porc plus performant, qui a la qualité de viande recherchée par les consommateurs et qui répond aux besoins des producteurs et des abattoirs?
Nicole Dion, agronome, Ph. D.
Généticienne Sogeporc
La Coop fédérée
C'est grâce aux programmes de sélection mis en place par notre généticienne que La Coop peut y arriver! Nicole Dion, agronome et docteure en génétique animale pour La Coop fédérée, sélectionne les animaux de race pure qui appartiennent au troupeau Sogeporc. Ceux-ci permettent de produire un porc qui possède les attributs recherchés en fonction d'objectifs bien précis.

Nicole est titulaire d'un baccalauréat en agronomie, d'une maîtrise en sciences animales et d'un doctorat en génétique animale de l'Université Laval. Bien que sa thèse de doctorat porte sur le Programme d'évaluation génétique (PEG) du porc au Québec, elle a commencé sa carrière en réalisant des contrats en génétique aviaire (poule et dindon) pour l'Agence canadienne de développement international et le MAPAQ.

En 1993, elle est « revenue à ses cochons » en devenant responsable du PEG au Centre de développement du porc du Québec (CDPQ), avant de se joindre à l'équipe de La Coop fédérée, en 1998.

Jamais sans mon ordinateur!
Pour Nicole, l'utilisation de bases de données fait partie intégrante du quotidien. Elle doit suivre méticuleusement toutes les généalogies d'animaux (parents-enfants) et analyser de nombreux éléments en même temps, par exemple la prolificité (taille de la portée), le gain journalier en phase de croissance, l'épaisseur de gras dorsal et la conversion alimentaire.

L'importance des sauvegardes informatiques prend tout son sens dans un travail comme celui de Nicole : sans les bases de données, c'est toute la sélection de Sogeporc qui tombe à zéro!

Être en avant de son temps!
Vous aurez sans doute remarqué que le porc du Québec a bien changé au cours des 10 dernières années, passant de gras à plus maigre. Le porc actuellement recherché doit notamment contenir un minimum de gras intramusculaire. Toutefois, ce n'est pas en criant « ciseaux » que l'on peut changer les caractéristiques du porc qui donnera la viande qu'on retrouve dans notre assiette. Nicole doit d'abord apporter les changements chez les animaux de race pure, puis chez les femelles hybrides et les verrats qui engendrent les porcelets à destination commerciale. On parle d'une durée de deux à cinq ans pour parvenir à l'obtention des nouvelles caractéristiques sur toute la chaîne.

Pour Nicole, il faut travailler fort aujourd'hui sans attendre de voir un résultat immédiat. Elle doit constamment se projeter 10 ans en avant pour être en mesure de créer dès maintenant ce qui sera recherché dans l'avenir. En concertation avec la Filière porcine coopérative, elle doit être à l'écoute des besoins pour cibler les bons objectifs de sélection.

Encourager la relève
Dans le domaine de la génétique, il y a les généticiens quantitatifs, qui travaillent avec les statistiques et les bases de données, comme Nicole, et les généticiens moléculaires, qui travaillent directement avec l'ADN. À ce jour, la relève des généticiens quantitatifs est trop peu nombreuse.

« Dans mon métier, on vit constamment dans l'incertitude, affirme Nicole : les probabilités que les parents ne transmettent pas les attributs biologiques recherchés aux descendants, les risques de consanguinité, qui causent le ralentissement des progrès de la sélection, et le manque de ressources pour l'obtention du matériel technologique qui facilite les tests. Une chose est certaine, on a besoin d'une relève forte, qui sera capable de composer avec cette incertitude et de voir plus loin afin de faire avancer la sélection en génétique animale! »

Nous remercions Nicole Dion pour le temps qu'elle nous a consacré et lui souhaitons encore de nombreuses années au sein du réseau La Coop!

 
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