Entretiens
Il faut dire que la municipalité de Lamèque, située dans son île natale du même nom, c'est un peu « la Mecque » du mouvement coopératif dans la péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick ! En plus de la Société coopérative de Lamèque, on y trouve en effet l'Association coopé­rative des pêcheurs de l'île, la Caisse populaire des îles de même qu'une coopérative d'habitation pour personnes âgées et une coopérative d'énergie éolienne, toutes deux fondées conjointement par les trois premières.

Active dans les secteurs de l'alimentation, de la quincaillerie (Unimat), des meubles, des produits pétroliers et de la pharmacie, la Société coopérative de Lamèque compte à elle seule 79 employés et plus de 5200 membres. Elle sert une population environnante de 12 000 habitants, et son chiffre d'affaires dépasse les 16 millions $.

« Notre coop, c'est notre communauté. Ça nous appartient. Nous bénéficions tous des améliorations qu'elle nous apporte », soutient la dirigeante.

Son poste au conseil d'administration lui permet de se tenir au courant de ce qui se passe dans son milieu, estime-t-elle. « Cela nous permet aussi d'apprendre à communiquer en groupe et de découvrir de nouvelles choses. De plus, ça nous valorise et ça nous ouvre des portes », fait-elle valoir pour inciter d'autres femmes à se porter volontaires.

« Les femmes voient les choses différemment, poursuit-elle. Or, comme dans n'importe quoi, ça crée un équilibre d'avoir le point de vue des hommes et des femmes. » Elle affirme d'ailleurs cela en toute connaissance de cause, puisque deux consœurs siègent avec elle au conseil : Annie Chiasson, vice-présidente, et Rollande Duguay, secrétaire.

Tout comme sa coopérative, Murielle Larocque est très engagée dans sa collectivité. Après la naissance de ses trois enfants, aujourd'hui adultes, elle s'est impliquée dans les comités de parents, puis comme bénévole dans les camps d'été des Jeannettes, chez les Filles d'Isabelle et au comité liturgique de sa paroisse.

Cette femme qui dit préférer les postes de tête a également siégé au conseil d'administration de la Caisse populaire des îles ainsi qu'à celui du foyer de soins où elle a travaillé pendant 10 ans. « J'apprends mieux quand j'agis et quand je prends des décisions », confie-t-elle.

Après avoir quitté son emploi d'aide-cuisinière et de préposée aux soins et à l'entretien ménager pour des raisons de santé, elle a gardé des enfants à temps plein. « Sur une période de sept ans, j'en ai gardé dix », se souvient-elle.

Aujourd'hui retraitée, elle garde occasionnellement ses quatre petits-enfants et passe au moins deux mois par année chez sa fille qui vit à Gatineau, en plus de chanter dans la chorale paroissiale et de se livrer à ses activités bénévoles. Dotée d'un grand sens de l'organisation, elle est notamment engagée depuis huit ans dans le Relais pour la vie, de la Société canadienne du cancer.

Pour elle, l'esprit d'entraide et de communauté est une valeur essentielle. « En faisant des choses pour les autres, on s'aide soi-même, parce qu'on ne sait jamais quand on aura besoin d'aide à notre tour, croit cette coopératrice qui a connu de grandes épreuves. Ç'a été un plus pour moi de pouvoir partager avec les autres. C'est ce qui m'a aidée à continuer mon cheminement. »
 
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