Entretiens

Prendre sa santé en main

Dur à croire que ce gaillard de 1,80 m, actif et respirant la santé, a déjà pesé plus de 135 kg (300 lb). Sylvain Veillette a défié tous les pronostics en perdant 45 kg en six mois. Pourquoi? Pour retrouver sa santé.
Textes de Patrick Dupuis et Céline Normandin
Après avoir publié, en février dernier, un article sur deux producteurs qui, dans le cadre d'un projet-pilote de sensibilisation, ont bénéficié d'un bilan de santé complet offert par La Coop fédérée, Le Coopérateur relance ce sujet avec un dossier composé de témoignages de producteurs qui, comme Sylvain Veillette, ont dû prendre leur santé en main rapidement, ou d'autres qui préviennent plutôt que guérir en pratiquant une activité physique et en maintenant un bon équilibre entre le travail, la vie sociale et l'engagement.

Selon la Dre Andrée-Anne Guay, avec qui Le Coopérateur s'est entretenu, l'état de santé des producteurs n'est ni pire ni mieux que celui du reste de la société. Toutefois, contrairement à tout employé d'entreprise, ils sont sans filet médico-social et peuvent difficilement se permettre d'être malades!

Qu'est-ce qui fait rouler Sylvain?
Sylvain Veillette, de la Ferme Dosyl, est un gars ordinaire. Marié depuis 25 ans avec Chantal Bélisle, il a deux enfants, Kim et Yanick, et exploite une ferme laitière à Saint-Séverin, tout près de Saint-Tite, avec son frère Dominic.

Comme bien d'autres agriculteurs, Sylvain menait une vie tranquille, réglée au rythme des travaux de la ferme et des champs. Bonne fourchette, il pouvait enfiler neuf hamburgers sans difficulté. Les kilos se sont accumulés avec les années. De petits ennuis de santé sont apparus : maux de tête réguliers et douleurs aux genoux. N'étant jamais malade, il ne fréquentait pas de médecin et n'avait pas eu besoin de monter sur un pèse-personne en 15 ans. Dans sa tête, il pesait autour de 110 kg.

Six mois déterminants
En mars 2010, Sylvain contracte une vilaine grippe qui risque de compromettre des projets de vacances. Pressé par sa conjointe, il se rend aux urgences, où une surprise l'attend : sa pression est tellement forte qu'on le garde jusqu'à ce qu'elle redescende. La nouvelle l'ébranle au point qu'il prend rendez-vous chez un médecin, où l'attend un autre choc. Au lieu des 110 kg attendus, c'est 130 kg qu'il lit sur le pèse-personne. Il s'apprête à partir du cabinet avec une ordonnance pour sa pression quand sa conjointe demande s'il y a un autre traitement que la médication. Cuisinière en chef dans un centre d'accueil, Chantal se disait que des changements d'alimentation pouvaient améliorer la santé de Sylvain. « Le médecin nous a alors parlé pendant plus d'une heure d'alimentation, de calories et des groupes alimentaires, raconte Sylvain. Il nous a demandé de revenir dans six mois. En passant la porte, je lui ai dit que je n'aurais plus besoin de pilules à ma prochaine visite. »

Sylvain décide de réduire radicalement la quantité de nourriture qu'il ingurgite. Avec les conseils des nutritionnistes du centre d'accueil, Chantal lui dresse un menu adapté. Adieu frites, pizza, poutines et croustilles, et bonjour salades, potages et viande grillée. « Je pouvais acheter 15 brocolis par semaine », se remémore Chantal.

Le producteur commence aussi à faire de l'exercice. Sur le tapis roulant flambant neuf de sa conjointe, il se met à la marche rapide. Il s'entraîne à raison d'une heure par soir, six jours par semaine. À son rendez-vous, en septembre de la même année, son médecin le dévisage de la tête aux pieds, se souvient Sylvain. Il n'a plus eu besoin de prendre de médicaments pour sa pression.

La motivation, clé du succès
Pour maintenir sa motivation, Sylvain a varié son entraînement. Après le tapis roulant, qu'il a usé à la corde, il décide de se rendre au centre de culture physique nouvellement ouvert à Saint-Tite, de cinq à six fois par semaine. Il consacre deux heures à son entraînement, déplacement compris. Fasciné depuis toujours par les cyclistes participant au Tour de France, il se laisse con­vaincre par son comptable de s'inscrire à une manifestation sportive, le Cyclo-défi Enbridge, qui vise à récolter des fonds pour lutter contre le cancer. La Coop Univert l'a d'ailleurs encouragé. Pour le Cyclo-tour, les participants devaient récolter 2500 $ en dons. Sylvain en a recueilli près de 6000 $.

Il s'est ensuite inscrit à d'autres mani­fes­tations sportives, dont le Granfondo Louis Garneau, qui est une course contre la montre. Il rêve même de participer l'an prochain au Grand défi Pierre Lavoie.

Une nouvelle vie
Rien de tout ça n'aurait été possible sans le soutien de son entourage. « Chantal, c'est 75 % de ma motivation », fait valoir Sylvain. Le soutien du conjoint est essentiel, selon lui. Les enfants ont aussi contribué à leur manière. Ils n'ont jamais rechigné en voyant leur menu changer ou encore en entendant rouler le tapis jusqu'à tard le soir.

« Aujourd'hui, je peux monter dans le tracteur sans problème, me pencher pour traire les vaches ou encore monter dans le silo », relate-t-il. Chantal y voit aussi un moyen d'évacuer le stress : « Au printemps, au lieu de s'en faire et de tourner en rond en regardant la pluie, il a pris son vélo. »

Les liens familiaux ont aussi été resserrés par l'expérience, puisque Sylvain est plus en forme et donc plus présent pour ses enfants et sa conjointe. Le défi sportif a également permis au couple – Chantal était bénévole – de se faire de nouveaux amis, en plus de renouer avec des membres de la famille.

De plus, l'exemple de ce producteur fait des petits : son gendre s'est mis au vélo et plusieurs agriculteurs s'entraînent maintenant au gymnase du coin. Sylvain estime d'ailleurs que certaines perceptions doivent changer. « Les agriculteurs ont le droit de prendre du temps pour eux. Il faut chercher et trouver quelque chose de motivant et persévérer. Et surtout, il ne faut pas se décourager. »

Pour une campagne en bonne santé





Elle se dit d'abord agricultrice, puis médecin. Née dans une ferme, la Dre Andrée-Anne Guay exploite, avec son frère, son conjoint et ses enfants, une entreprise bovine à Sainte-Cécile-de-Milton. Sa profession, elle l'exerce dans une clinique privée à Saint-Césaire. Sept ans d'université, 30 ans de pratique et une vie entière au contact de la terre et des producteurs agricoles font d'elle un témoin privilégié du monde rural et de son état de santé, physique et mental.



Le Coopérateur agricole : Quel constat faites-vous de la santé des producteurs agricoles?
Andrée-Anne Guay : Elle est à l'image du reste de la société. Tant sur le plan physique que cardio. Les producteurs vivent les mêmes problèmes. Par exemple, j'observe le même pourcentage d'obésité. Eux aussi travaillent moins physiquement, en raison de la mécanisation. Les femmes sont en meilleure forme que les hommes. Elles font davantage de travaux répétitifs et physiques, comme la traite, l'alimentation, le nettoyage. Parmi les producteurs que je connais, seul un très faible pourcentage s'adonne à une activité physique régulière.

CA Les producteurs font-ils souvent appel à vous?
AAG Les jeunes agricultrices consultent davantage, pour des questions de contraception, les grossesses et le soin aux enfants. Les hommes attendent que la « machine » ne fonctionne plus. Il y a deux catégories de gens dans la société. Ceux qui travaillent pour des entreprises : s'ils font une pneumonie, ils restent chez eux, se soignent et la paye continue de rentrer. Puis il y a ceux qui travaillent à leur compte, comme les agriculteurs. En général, ils n'ont pas de filet médico-social. Leur prescrire deux semaines de repos est irréaliste. Ils vont donc travailler avec 104 de fièvre. S'ils se blessent, tout est à leurs frais. Les producteurs sont disciplinés et habitués de se prendre en main. Mais les organismes ne sont pas adaptés à leur réalité pour les consultations.

CA Qu'est-ce qui interfère le plus dans leur qualité de vie?
AAG L'alourdissement de la bureaucratisation est une course d'obstacles pour les producteurs. Après les soucis financiers, c'est le plus important facteur de stress dans une exploitation. Il n'est pas rare que les producteurs doivent consacrer plus de 35 heures par semaine à la seule gestion de la paperasse. Ils doivent être conformes aux normes, sans plus-value pour leur produit, ce qu'on n'impose souvent pas aux denrées provenant de l'extérieur du pays. Le statut de chef d'entreprise laisse peu de temps pour soi, pour se retrouver en famille, pour piqueniquer le dimanche, pour se détendre, pour faire du sport.

CA Quelles en sont les conséquences?
AAG Les agriculteurs, c'est une race de monde à part. Ils vivent beaucoup d'isolement. C'est une grande problématique en agriculture. Le jugement de la société est très dur. Les citadins ne sont pas solidaires des producteurs. Ceux-ci les dérangent. Les citadins en sont venus à leur imposer une régie des épandages… Quand il a du pouvoir sur sa vie, l'être humain peut faire preuve d'une imagination sans bornes. Lorsque tout lui est imposé de l'extérieur, il devient morose, déprimé, anxieux.

CA Que recommandez-vous aux producteurs, afin qu'ils reprennent un peu plus le contrôle de leur vie?
AAG La santé mentale influe sur la santé physique. Quand on ne dort plus, on n'a pas l'énergie pour pratiquer une activité physique ni même, parfois, pour bien s'alimenter. Je leur recommande de se trouver une passion. Un jardin secret. Une folie! Il faut retrouver le plaisir dans ce que l'on fait. Puisqu'on a peu de contrôle sur les évènements, c'est notre attitude face à ces évènements qui influencera notre état d'esprit. On peut ainsi se donner du pouvoir sur notre vie. On parle beaucoup de protéger les terres agricoles et l'environnement, mais il faudrait aussi songer à protéger tous ceux et celles qui, chaque jour, prennent soin de la terre… Pour paraphraser le slogan de l'UPA, « Pas de nourriture sans agriculture », j'ajouterais : pas d'agriculture sans agriculteurs…




Mieux vaut prévenir que guérir

Des producteurs nous font part de l'importance qu'ils accordent à la forme physique et des façons dont ils s'y prennent pour intégrer des activités dans leur quotidien.

Conrad Robitaille, l'infatigable
Conrad Robitaille a toujours eu du mal à s'arrêter. Même semi-retraité, il maintient la cadence. Sa ferme de bovins de boucherie, de cultures de céréales et de foin, son poste de président du Centre d'engrais Portneuf-Mauricie ainsi que ses fonctions d'administrateur à La Coop Univert, à la Promutuel de Portneuf-Champlain et au syndicat de base de l'UPA Québec Jacques-Cartier, tout cela le garde très occupé. À un point tel que l'homme de 63 ans se réveille la nuit, songeur, pour analyser ses dossiers et chercher des solutions. Pour faire contrepoids à ses préoccupations, il a ses échappatoires. D'abord, le sport. Il en a toujours été un grand adepte. Il fait entre 400 et 500 km de ski de fond chaque hiver. Sur ses propres terres de Québec et dans les centres de ski de Stoneham, Beauport et Duchesnay. On le voit aussi beaucoup à vélo. Quelque 500 km chaque été. La veille de notre entretien, il en avait parcouru une centaine. Puis, il y a la marche – Conrad Robitaille est un actif trotteur – et, enfin, dans une moindre mesure, le golf. Lorsqu'il avait ses vaches laitières, jusqu'en 2009, c'est à vélo qu'il sillonnait ses terres pour déplacer les vaches d'une parcelle de champ à l'autre. On s'en doute, il n'a pas une once de gras en trop. Il faut dire qu'il soigne son alimentation. L'immense potager dont s'occupe sa conjointe, Johanne Houle, les approvisionne abondamment en légumes frais une bonne partie de l'année.

Gaston Blais fait comme
les extraterrestres

Gaston Blais se serait sûrement esclaffé si quelqu'un lui avait dit qu'un jour il pratiquerait le tai-chi, un sport d'extraterrestre, disait-il pour blaguer il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui, on peut le voir les jours de beau temps faire sa routine matinale à l'extérieur, tout près de sa maison.

À 65 ans, M. Blais ne regrette pas son choix de sport. Les douleurs à l'épaule qui en avait fait un abonné aux soins du chiro pendant plusieurs années ont quasiment disparu. Il a gagné en flexibilité et, surtout, il se sent plus en forme. « Je sens que l'énergie circule mieux après avoir fait du tai-chi », explique-t-il. Il a, en plus, trouvé une activité à pratiquer avec sa conjointe, une des raisons qui l'avait poussé à s'inscrire aux cours de cet art martial aux allures de gymnastique douce.

En plus du tai-chi, Gaston Blais fait des étirements de quatre à cinq fois par semaine. Étant responsable des travaux dans les champs à la ferme familiale, il reste souvent durant de longues heures dans les mêmes positions, la tête tournée vers l'arrière. Il se lève plus tôt pour faire ses exercices ou, quand le temps manque, il profite des occasions dans la journée. « Au lieu d'attendre dans le tracteur, je descends maintenant et je fais quelques étirements. »

M. Blais fais aussi plus attention à son alimentation. Il rationne les aliments contenant du gluten ainsi que les fromages. « Certains pourraient dire que se maintenir en forme n'a pas de lien avec l'aspect économique de l'entreprise, mais être en bonne santé, c'est primordial, avance M. Blais. Si on est en forme, on a plus d'énergie et l'on pense plus positivement, ce qui se traduit par de meilleurs résultats à la ferme. »

La passion de courir
La passion, tout simplement. « Je crois que quand on a une passion, on peut en avoir deux », lance Nathalie Dumais. Elle en est elle-même la preuve. Depuis 2001, elle a enfilé 33 marathons un peu partout sur la planète, tout en continuant de travailler à plein temps dans son entreprise laitière, la Ferme Rotaly, située à Sainte-Hélène-de-Kamouraska.

C'est un mal de dos, en 2000, qui décide la jeune femme. Incapable un matin de lacer ses espadrilles sans aide, elle se jure de ne pas finir chez le chiro, comme bien d'autres agriculteurs. Elle décide de reprendre sa santé en main, et la course s'impose comme moyen d'y arriver. Tout ce qu'il lui fallait était une bonne paire de chaussures de sport et un peu de temps. Aujourd'hui, elle s'ennuie si elle doit manquer un de ses cinq entraînements par semaine.

Si Nathalie réussit à combiner course et travail, c'est à force de détermination et d'organisation. En préparant son dîner le matin, elle gagne suffisamment de temps pour enfiler ses chaussures le midi, après avoir avalé une bouchée. Elle a aussi une entente tacite avec son conjoint, qui nourrit de son côté une passion pour les vaches laitières de grande qualité, ce qui l'amène à visiter des expositions agricoles. Pendant ses absences, elle se débrouille à la ferme et vice-versa.

Aujourd'hui, sa passion fait des petits : sa grande fille de 20 ans a déjà un marathon à son actif, et la plus jeune, qui a 16 ans, joue au hockey et compte assurer la relève de l'entreprise. Pour Nathalie, son exemple et celui de son mari ont inspiré la jeune géné­ration à suivre leurs traces, à sa manière toutefois. Il n'y a pas de meilleur exemple pour la relève, agri­cole ou autre, que des parents heureux et accomplis, estime l'agricultrice‑marathonienne.

Une famille sportive
Samuel Benoit, Geneviève Manseau et leurs six enfants (Myriam, Guillaume, Gloriane, Sandrine, Gabrielle et Sarah) sont établis dans une ferme laitière de Saint-Nazaire-d'Acton depuis 2001. La pratique d'activités sportives fait régulièrement partie de leur quotidien, ce qui est, pour tout ce beau monde, un excellent moyen de décompresser, de s'initier à une vie active et de poser un autre regard sur l'agriculture. « Aux enfants, on présente l'agriculture positivement, dit Geneviève. Il y a la ferme, mais il y a aussi le plaisir en famille. »

Le sport leur coule littéralement dans les veines. Après les longues journées de travail qui débutent dès 5 h pour les parents, il fait bon se détendre, même si cela demande une solide logistique. Geneviève est entraîneuse de soccer, sport que pratiquent cinq enfants du couple. Samuel, de son côté, joue au hockey une fois par semaine et est entraîneur de l'équipe de hockey de Guillaume. Gloriane pratique également ce sport.

« Me défouler au hockey dans une ligue de garage me fait le plus grand bien, dit Samuel. Pendant une heure et demie, j'oublie tout. Je laisse mon cerveau dans le vestiaire avant le match et je le reprends après. À mon avis, la pression de l'entreprise et de la famille, faut que ça sorte. Le sport est une excellente façon d'évacuer ce surplus de stress, en plus d'être excellent pour la santé.

Je suis convaincu que je suis un meilleur gestionnaire d'entreprise de cette façon. Si plus de gens faisaient ça, il y aurait moins de violence dans les familles et moins de burnout. J'essaie de donner ces valeurs à mes enfants pour qu'ils comprennent que le but premier de faire du sport, c'est de se défouler et de s'amuser, avant la performance, une valeur malheureusement trop souvent véhiculée dans la société. »

« Pour moi, fait savoir Geneviève, accompagner les enfants à leurs activités sportives me permet, en plus de voir du monde, de leur consacrer du temps et de les voir accomplir des efforts dans le sport qu'ils aiment. »

Outre le sport, il y a aussi l'engagement dans la collectivité qui procure satisfaction et bien-être. Myriam, l'aînée des enfants, est membre des Jeunes ruraux. Geneviève et Samuel s'impliquent aussi depuis plusieurs années dans de nombreux organismes locaux.

Ce n'est pas tout. Le couple s'offre également des vacances. « Il faut des congés à l'occasion, dit Samuel. L'agriculture, c'est le fun, mais si tu ne fais que ça, tu deviens fou. » Bref, tout est une question d'équilibre.

Pour lire un article complet sur Samuel Benoit et Geneviève Manseau, rendez-vous à l'adresse suivante : www.lacoop.coop/cooperateur/articles/2012/09/p28.asp.


L'obésité, un problème trop répandu

Selon une étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Canada figure au sixième rang des États membres où les problèmes d'obésité chez l'adulte sont les plus sérieux. D'après l'étude, 24,2 % de la population canadienne adulte est obèse, comparativement à 33,8 % aux États-Unis et à 26,5 % en Nouvelle-Zélande.

Chez l'enfant, le problème est un peu plus marqué. Le Canada figure au huitième rang des 34 pays de l'OCDE, mais le pourcentage de jeunes de 5 à 17 ans aux prises avec un problème d'obésité grimpe à 26,1 % chez les filles et à 28,9 % chez les garçons. La Grèce occupe le premier rang : 37 % chez les filles, 45 % chez les garçons. Les États-Unis occupent la deuxième place avec, respectivement, 35,9 et 35 %.

D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le surpoids et l'obésité représentent le cinquième facteur de risque de décès au niveau mondial.

L'alimentation en sept points

Selon l'auteur Michael Pollan, l'alimentation santé se résume à de petites choses toutes simples. En effet, devant le foisonnement de renseignements, bien souvent contradictoires, et les interminables listes d'ingrédients qui figurent sur les emballages d'aliments et qui confondent le consommateur, Pollan recommande de mettre en pratique trois choses : eat real food, not too much, mostly plants (manger de vrais aliments, pas trop, et surtout des végétaux).

Ses recommandations
1. Ne mangez rien que votre grand-mère ne reconnaîtrait pas comme un aliment.
2. Ne mangez aucun aliment contenant plus de cinq ingrédients ou dont vous ne pouvez prononcer le nom.
3. Lorsque vous êtes au supermarché, évitez les allées centrales. Tenez-vous-en au périmètre du magasin, où se trouvent, en général, les véritables aliments (fruits et légumes, produits laitiers, viandes et poissons).
4. Évitez les aliments qui ne pourrissent pas. Il y a des exceptions, bien sûr, le miel par exemple.
5. Ne tenez pas compte seulement de ce que vous mangez, mais également de votre façon de manger et de la quantité consommée. Sortez de table même si vous n'êtes pas encore totalement rassasié. Nombre de cultures mettent cette règle en pratique, notamment au Japon, en Allemagne et dans les pays islamiques.
6. Mangez vos repas en famille et entre amis, avec les gens que vous aimez.
7. N'achetez pas de nourriture là où vous achetez de l'essence. Aux États-Unis, 20 % des repas sont consommés dans la voiture.

michaelpollan.com/books/in-defense-of-food


Mode de vie et comportement
La première cause de l'obésité et du surpoids est un surplus de calories consommées par rapport à celles dépensées, indique l'OMS. On observe que la consommation d'aliments riches en graisses, donc très calorifiques, a beaucoup augmenté, alors que l'activité a diminué en raison de l'accroissement de la sédentarité de nombreux emplois et formes de travail ainsi que de l'évolution des modes de transport.

Le surpoids et l'obésité représentent d'importants facteurs de risques de pathologies, telles que les maladies cardiovasculaires (notamment les cardiopathies et accidents vasculaires cérébraux), le diabète, les troubles musculosquelettiques (en particulier l'arthrose) ainsi que certains cancers (de l'endomètre, du sein, du côlon).

On peut souvent éviter l'obésité et les maladies qui y sont associées en contrôlant son apport énergétique, en consommant davantage d'aliments sains (fruits, légumes, légumineuses, céréales entières, noix), ainsi qu'en faisant de l'exercice régulièrement (60 minutes par jour pour un enfant et 150 minutes par semaine pour un adulte), recommande l'OMS.

Calculer son taux d'obésité

Pour évaluer le surpoids et l'obésité, l'OMS se base sur l'indice de masse corporelle (IMC). L'IMC se calcule en divisant le poids en kilos par le carré de la taille en mètres. Il s'exprime donc en kg/m2. Un IMC égal ou supérieur à 25 indique un surpoids. S'il est égal ou supérieur à 30, c'est signe d'obésité.

Sources :
OECD Obesity Update 2012
http://www.oecd.org/health/49716427.pdf

Organisation mondiale de la santé
Centre des médias : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs311/fr/


Bouger, c'est la santé!

Depuis cinq ans, Pierre Lavoie fait bouger le Québec avec son Grand défi, qui mobilise plus d'un million de personnes chaque année au mois de mai.

Pierre Lavoie n'a pas toujours été l'icône de santé que l'on connaît aujourd'hui. Âgé maintenant de 50 ans, l'athlète a déjà été un fumeur typique avec quelques kilos en trop. Il a tenté en 1989 son premier triathlon… où il a terminé avant-dernier. Après plusieurs années d'entraînement, il a participé en 1992 à sa première compétition Ironman, où il a terminé premier, toutes catégories confondues. L'athlète rappelle toutefois « qu'être en forme ne veut pas dire courir un marathon! »

Et tout le monde peut s'entraîner, même les agriculteurs. M. Lavoie les connaît bien, puisqu'il a déjà travaillé dans une ferme pendant quelques étés. Il est conscient des dures conditions de travail, des horaires parfois insensés et de l'isolement qui sont souvent le lot de ce métier. « Ce sont des gens qui vivent un stress énorme, tant physiquement que mentalement. En étant en forme, on peut traverser ces périodes sans prendre de pilules. » Il souligne par exemple que malgré leur mode de vie plus actif que la majorité de la population, les capacités cardiomusculaires des agriculteurs laissent souvent à désirer. Et l'âge n'arrange pas les choses. « Avant 50 ans, on va être capable de "livrer la marchandise", mais après, on prend tout un recul », avertit l'athlète engagé.

Pierre Lavoie prodigue trois conseils pour se garder en forme. Le premier : s'entraîner tôt le matin, avant d'avoir trop d'obligations et pendant que le niveau d'énergie est encore élevé. Pour les agriculteurs, qui se lèvent souvent aux aurores, pas d'excuse : il suffit de trouver le meilleur moment de la journée pour le faire, conseille-t-il.

Deuxième recommandation : faire 30 minu-tes d'exercice de quatre à cinq fois par semaine.

Le meilleur sport, selon Pierre Lavoie? La marche rapide, parce que le vélo n'est pas praticable à l'année et que les risques de blessures sont présents dans la course. Il estime que 10 000 pas par jour, calculés à l'aide d'un podomètre, sont suffisants. Pas besoin de s'entraîner non plus de manière intense durant toute l'année. Lui-même relâche son entraînement après le mois de mai, à la suite du Grand défi, de la même manière qu'un agriculteur ferait relâche durant les semences et pendant les récoltes.

Pour terminer, l'athlète recommande de s'inscrire à des manifestations sportives pour maintenir la motivation. Il considère d'ailleurs que les deux milieux – le sport et l'agriculture – sont faits pour s'entendre. « Ceux qui font du sport sont des gens heureux, qui ne se lamentent pas. Il faut que ça aille vite, faut pas que ça niaise! »

Ce qui rend heureux,
selon différentes études scientifiques


1. Être généreux
2. Relever trois moments de bonheur par jour
3. Sortir de sa routine
4. Anticiper les bons moments
5. S'exposer à la couleur bleue (le ciel, par exemple)
6. Se fixer des objectifs
7. Demeurer neutre, éviter les disputes
8. Se recueillir, méditer
9. Dormir au moins six heures
10. Limiter à 20 minutes le trajet pour se rendre au travail
11. Avoir au moins 10 amis
12. Rester positif, sourire
13. Trouver le ou la partenaire idéal(e)

Source: www.huffingtonpost.fr/2013/07/05/sentir-heureux-astuces-prouvees-scientifiquement_n_3550465.html?utm_hp_ref=mostpopular

 
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