Entretiens
Lorsqu'elle est entrée au conseil d'administration de La Coop Uniforce, il y a quatre ans, Louise Isabelle a été très surprise d'apprendre qu'elle était la première femme à y siéger. « On ne devrait pourtant pas être gênées d'y aller. On a de l'expérience et on connaît ce qui se passe sur nos terres aussi bien que les hommes », fait valoir l'administratrice, qui est par ailleurs responsable de la comptabilité et des ressources humaines au sein de l'entreprise maraîchère fondée par ses parents en 1946.
En plus du patriarche, toujours aux commandes, ses quatre frères, deux neveux et elle-même sont tous actionnaires de cette entreprise qui cultive carottes, oignons et pommes de terre sur une superficie totale de 440 hectares de terres noires et 15 hectares de terres franches à Saint-Michel-de-Napierville.

Isabelle et fils inc. a toujours été membre de La Coop Uniforce. De plus, l'entreprise fait partie de deux autres coopératives – Consu-Pak et Onipro – pour l'emballage et la distribution de ses carottes et oignons. « C'est important pour nous de nous regrouper entre maraîchers pour être plus forts », estime Louise Isabelle.

C'est d'ailleurs un de ses voisins maraîchers qui l'a incitée à lui succéder au conseil d'administration. « Je ne savais pas trop ce qu'on attendait de moi », se souvient cette diplômée de l'UQAM en comptabilité. « Je ne connaissais rien des grandes cultures et ça me paraissait bien gros », dit-elle à propos de cette coopérative qui est notamment le grossiste en semences maraîchères de tout le réseau La Coop au Québec.

Le défi était d'autant plus grand qu'on lui demandait son avis et celui des agriculteurs de son entourage sur une décision cruciale pour l'avenir de la coopérative. « Nous étions leaders dans le secteur maraîcher, mais nous avions des problèmes financiers avec celui de la machinerie », explique la comptable.

« À un moment donné, il a fallu se rendre à l'évidence, continue-t-elle. Même si on est une coopérative, une entreprise, il faut que ça roule ! » Depuis qu'elle s'est départie du secteur machinerie, en 2012, La Coop Uniforce est redevenue rentable, se réjouit l'administratrice.

S'il a fallu qu'elle bûche un peu au début de son mandat, Louise Isabelle apprécie beaucoup son rôle au conseil aujourd'hui. « C'est une belle expérience qui est complémentaire à mon métier et ça élargit mes horizons », résume-t-elle.

Très prise par son travail et élevant seule son fils adolescent, elle dispose en effet de bien peu de temps pour faire autre chose. À l'entreprise, aux champs ou lorsqu'elle organise des sorties du dimanche pour les employés saisonniers mexicains, guatémaltèques et québécois de régions éloignées, elle travaille souvent plus de 60 heures par semaine !

« En janvier, février et mars, j'ai un peu de répit : je fais seulement 40 à 45 heures par semaine ! » dit-elle pour plaisanter. Elle souhaiterait avoir du temps pour améliorer ses connaissances en informatique, en anglais et en espagnol. Mais la femme de 54 ans confie qu'elle aimerait surtout voyager davantage, elle dont l'ambition de jeunesse était de faire le tour du monde. Si elle a fait quelques petits voyages, ce rêve n'a pas encore été comblé à son goût. « Quand j'avais le temps, mon gars était à l'école », explique-t-elle.

« Présentement en 5e secondaire, il semble décidé à étudier la gestion agricole au cégep l'an prochain », dit-elle avec fierté. D'ici à ce qu'il intègre, comme sa mère, l'entreprise familiale, elle entend bien profiter des congés collégiaux de janvier pour explorer le monde avec lui !
 
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