Entretiens
Diplômée de l'Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière en 2008, lauréate du Mérite de la relève agricole du Bas-Saint-Laurent en 2013, Cynthia Coulombe a toujours voulu être agricultrice. « J'avais 8 ans quand j'ai pris la décision », confie la jeune femme de 26 ans, qui est aujourd'hui actionnaire majoritaire de sixième génération d'une ferme laitière à Saint-Fabien.
Depuis décembre 2010, elle est également administratrice de La Coop St-Fabien, une coopérative d'approvisionnement agricole qui regroupe plus de 400 membres, dont une soixantaine de producteurs. Elle est entrée au conseil à la demande de son père, qui souhaitait céder sa place après 25 ans. « J'étais très impliquée à l'école pendant mes études et je trouvais important de continuer à le faire dans mon milieu », raconte cette femme engagée, qui est également administratrice du groupe local de relève Agro-Essor, secrétaire du Club Ayrshire du Bas-Saint-Laurent et trésorière de la Fondation de l'Écomusée de l'Est-du-Québec.

Cynthia Coulombe est fière de faire partie d'une coopérative qui contribue à la qualité de l'agriculture dans sa région et qui n'hésite pas à faire de la place aux jeunes. Sur un total de cinq administrateurs, son conseil comporte quatre membres de moins de 40 ans, dont deux de moins de 30 ans ! « C'est à l'image de ce qui se passe à Saint-Fabien, remarque la coopératrice. La relève est très présente, parce qu'il y a eu beaucoup de transferts de fermes ces dernières années. »

Première femme à faire partie du conseil de cette coopérative fondée il y a plus de 80 ans, elle a été agréablement surprise de l'accueil de ses collègues masculins. « Ils étaient heureux qu'une femme jeune prenne enfin la parole et leur donne un point de vue extérieur à leur réalité. C'est gratifiant », résume-t-elle.

Agriculture et famille
Son entreprise et sa famille demeurent toutefois ses priorités. À la ferme, l'agricultrice est notamment responsable de la gestion et des soins du troupeau (qui compte une cinquantaine de vaches Ayrshire en lactation) ainsi que de la gestion administrative de l'exploitation. Son père, toujours copropriétaire, s'occupe pour sa part de la régie des champs et de la machinerie.

« C'est une entreprise très familiale, souligne-t-elle. Mon frère et les sœurs de mon père viennent nous aider tous les étés. Et ma sœur, qui est allergique à tout ce qu'on trouve dans une étable, se rend utile en gardant les enfants ! »

En attendant de pouvoir racheter les parts du beau-père, son conjoint, Jonathan Lagacé, est employé au sein de l'entreprise, tout en travaillant à mi-temps comme représentant pour le Centre d'insémination artificielle du Québec. Le couple a plusieurs projets : améliorer la génétique des animaux, construire une nouvelle vacherie et augmenter le troupeau à une soixantaine de vaches en lactation. « Dans 5 ou 10 ans, souhaite mon conjoint, mais plutôt 10 ou 15, selon moi, nous visons à avoir un troupeau d'élite dans notre race. »

Pour le moment, elle est passablement occupée avec son nouveau-né, Lucas, et ses deux fillettes, Dylann, 4 ans, et Alexe, 19 mois. « D'ici à ce que mon père se retire du processus décisionnel de la ferme, dans trois ou quatre ans, il peut pallier le fait que je sois moins présente », remarque cette jeune femme déterminée et prévoyante, qui a justement choisi d'avoir ses enfants tôt pour cette raison. « On veut profiter de l'enfance de nos enfants. Ça passe tellement vite ! s'exclame-t-elle. Quand ils seront plus vieux, on en profitera pour prendre du temps pour nous. »
 
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