Entretiens
C'est l'Association acéricole du Nouveau-Brunswick (AANB) qui organisait cette année la rencontre annuelle commune du Conseil nord-américain du sirop d'érable (CNASE) et de l'Institut international du sirop d'érable (IISÉ). « C'était la première fois en 58 ans qu'on tenait l'évènement au Nouveau-Brunswick », souligne Yvon Poitras, directeur général de l'AANB et maître d'œuvre de ce congrès, qui a attiré 282 participants à Moncton du 23 au 25 octobre 2013.
Nous avons eu de très bons commentaires », se réjouit l'organisateur, qui a également été réélu à la présidence de l'IISÉ pour 2014.

Selon lui, les congressistes ont apprécié la nouvelle formule sur trois jours, suivie d'une journée touristique optionnelle. « Les rencontres des conseils d'administration des deux organisations ont eu lieu la première journée. Le jour deux était dédié aux assemblées annuelles et le troisième aux sessions techniques et au banquet de clôture », résume-t-il.

Congrès bilingue
Les participants, autant francophones qu'anglophones, étaient surtout ravis que la documentation soit entièrement bilingue et qu'une traduction simultanée soit offerte dans les deux sens par un interprète familiarisé avec l'acériculture. « C'est un service dispendieux, admet l'organisateur du congrès, mais ça en valait la peine ! »

« Cette année, nous avons été très choyés », estime pour sa part Cécile B.-Pichette, qui milite pour le bilinguisme des activités et des publications depuis deux ans à titre de présidente du CNASE. Même si elle cède sa place en 2014 à David Hamilton, président de l'Association du sirop d'érable de l'Indiana, elle entend continuer à travailler dans ce sens au conseil comme présidente sortante pendant encore deux ans, confie-t-elle.

La vice-présidente de Citadelle s'est par ailleurs montrée très fière de représenter sa coopérative au sein de cet organisme international voué à la promotion de la recherche en acériculture. « J'ai réalisé que Citadelle est importante pour les gens du Conseil nord-américain. Non seulement pour son expertise, mais aussi pour sa politique d'offrir des produits purs. »

Potentiel acéricole
Selon Mme Pichette, un des sujets qui a suscité le plus de discussions tout au long du congrès a été l'augmentation potentielle du nombre d'entailles. Les congressistes ont en effet eu droit à une séance d'information éclairante sur l'offre et la demande de sirop d'érable, qui regroupait Simon Trépanier, directeur général de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, Matthew Gordon, directeur général de l'Association des producteurs du Vermont, et Mike Farrell, de l'Université Cornell.

« Dans sa présentation, M. Farrell nous a montré l'ampleur du potentiel acéricole américain. C'est un sujet important, compte tenu de notre forte production au Québec et de notre fonctionnement avec des quotas », note Mme Pichette.

« Les possibilités d'expansion sont énormes au Québec également, de même que dans les États du Michigan et de New York, remarque Yvon Poitras. Mais si cette expansion se fait sans penser aux conséquences, ça pourrait faire des dommages irréparables. »

Dans ce contexte, les dirigeants de l'IISÉ sont d'avis que les gouvernements devraient investir dans la mise en marché du sirop pour stimuler la demande, avant de penser à subventionner une production additionnelle qui ne trouverait peut-être pas de marché, résume le président de l'Institut.

Lors de ses réunions, l'IISÉ a aussi fait état de la récolte 2013, qui a été exceptionnelle dans presque toutes les régions. La production totale des deux côtés de la frontière est en effet estimée à 170 millions de livres. À lui seul, le Québec a atteint 120 millions de livres, comparativement à 102 en 2012. « Le Nouveau-Brunswick, qui en fait normalement 4 millions, a produit 6,2 millions de livres », ajoute Yvon Poitras.

Classement standardisé
La priorité du président de l'IISÉ demeure toutefois le dossier du nouveau classement international standardisé du sirop d'érable. « Ça fait plus de 10 ans qu'on travaille là-dessus », rappelle-t-il.

Pour mémoire, le projet de nomenclature et de classement comporte quatre classes de sirop d'érable pur de catégorie A pour la vente au détail, désignées par la couleur (selon le niveau de transmission de lumière) et par la saveur :
• Doré, goût délicat (pas moins de 75 % de transmission de lumière)
• Ambré, goût riche (entre 50 et 74,9 %)
• Foncé, goût robuste (entre 25 et 49,9 %)
• Très foncé, goût très fort (moins de 25 %)

La proposition est présentement devant les gouvernements fédéraux, à Ottawa et à Washington, qui doivent tous deux l'accepter avant qu'elle puisse entrer en vigueur. « Au Canada, c'est fait », soutient Yvon Poitras, qui a été ministre du Nouveau-Brunswick au sein du gouvernement de Richard Hatfield. « J'ai travaillé personnellement avec les autorités en place, et le projet de loi devrait sortir incessamment dans la Gazette du Canada. »

Le Québec et l'Ontario ont déjà signifié leur appui, poursuit-il, tandis que le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse se plieront à la décision canadienne. Du côté américain, cela demandera un peu plus de temps, prévoit-il, parce que plusieurs des États producteurs doivent aussi adopter le nouveau classement une fois que Washington l'aura fait. « On s'attend à ce que l'implantation se fasse en 2015 », dit-il.


Pour une sixième année consécutive, les enfants du Club des petits déjeuners pourront compter sur la généreuse contribution de Citadelle et de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. En effet, 5800 litres de sirop d'érable seront donnés au Club cette année. Depuis 2007, la valeur de la contribution en sirop des deux partenaires se chiffre à plus de 513 000 $.

 
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